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Poésie néo-classique
GiL : Le glacier des Rocheuses
 Publié le 16/09/21  -  15 commentaires  -  742 caractères  -  296 lectures    Autres textes du même auteur

Sonnet écolo-parnassien inspiré par le superbe parcours entre Banff et Jasper.


Le glacier des Rocheuses



Le climat l’a vaincu depuis un siècle ou presque,
Ce titan qui grondait sur le flanc des ubacs
Et basculait l’ivoire usé de ses séracs
Dans l’eau verte où sombrait leur charge éléphantesque.

Au pied des sommets clairs il s’endort, gigantesque,
Tel un colosse las veillé par ses cornacs
Et sa vie en torrents écume vers les lacs
Dont s’allume au couchant la lointaine arabesque.

L’haleine des vents doux rosit le fond du ciel.
À l’horizon s’étend le règne artificiel
Qui resserre à l’entour son infrangible étreinte.

Car l’homme est là, partout, surgi de son néant !
Il est venu poser, sacrilège et sans crainte,
Son empreinte de nain sur celle du géant.


 
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Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Lebarde   
1/9/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un sonnet « écolo-parnassien » d’un classicisme sans faille apparente parlant joliment des « choses » de la nature: un glacier canadien, géant invincible et éternel que pourtant le réchauffement de la planète attaque sans pitié, pour abréger « sa vie en torrents d’écume vers les lacs ».
Bien sûr j’aime le sujet et son agréable traitement poétique.
De belles images, de belles métaphores, une écriture coulée et puis ces rimes très originales en « esque » et en « acs ».
Tout pour me plaire.
Merci .
En EL
Lebarde

   Miguel   
1/9/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Hérédia, Sully Prudhomme, Leconte de L'Isle, dormez en paix, la relève est assurée. Je ne me moque pas, je crie mon admiration. Tout dans ce sonnet rend à merveille la majesté de ce site, sa beauté : harmonie imitative. On croit le voir comme dans un reportage, on y est. Les vers sont d'une solennité bienvenue, et préparent parfaitement la chute dénonciatrice : "In cauda venenum".
Je ne tarirais pas d'éloges, mais je ne veux pas frustrer les autres commentateurs.

   socque   
3/9/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Eh bien, chapeau bas. Je trouve à votre poème une classe folle, beaucoup de force d'expression, un choix judicieux de rimes aux sonorités rocailleuses, brutales. (Ma préférée étant ciel/artificiel, qui n'illustre pas par le son mais m'évoque le fourvoiement des humains follement s'imaginant hors de la nature.) Très bien vu, pour moi, et la rigueur de la forme me semble ajouter à l'ampleur, la majesté du sujet. Les troisième et quatrième vers, à mon avis, sont sublimes. Encore bravo.

   Hananke   
16/9/2021
Bonjour

Selon moi, ce sonnet néo-classique (artificiel) soufre de ses rimes
très délicates à placer correctement et surtout naturellement.
Celles en ac ou esque sont parmi les plus difficiles à utiliser.
Ici, elles nuisent considérablement à la fluidité des vers :
les esque font comme une espèce de vers interminables
contrairement au ac qui donnent l'impression de se heurter à un mur.

J'aime mieux le premier tercet même si l'ultime vers contient
beaucoup de r ( resserre, tour, infrangible et étreinte).

Je ne comprends pas du tout le sens à donner au dernier tercet,
l'homme apparaissant venu d'on ne sait où.
Dommage que ses 2 premiers vers ne conduisent pas du tout
à l'ultime superbe.

Donc, dans l'ensemble, une impression très mitigée.

   Evariste   
16/9/2021
 a aimé ce texte 
Bien
bonjour GiL,
des rimes originales aux quatrains à n'en pas douter, où je peux deviner que "cornacs" est venu inspirer l'écriture éléphantesque
c'est peut-être ce qui me gêne dans ces deux premières strophes, dont cet "ou presque" dont je ne vois pas beaucoup d'utilité, et me joins aux impressions d'Hananke
d'ailleurs, s'il n'y a pas de répétition à proprement parler de "gigantesque" à "géant", les deux termes dérivent du latin gigas, ce qui fait redite et affaiblit la chute pourtant bien portée de ce sonnet
je ne saisis pas à quoi le néant se rapporte, de celui de l'homme ou de celui du glacier
l'artificiel artificiel de synérèse ne m'a pas gêné en seconde lecture
je ne vais pas dire que j'ai adoré cette lecture un peu froide, mais l'écriture y est plutôt fine et le vocabulaire riche, difficile, et c'est une performance saluable que je salue
Évariste

   Corto   
16/9/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
On ne plaisante pas avec ce glacier: "titan / colosse / géant / gigantesque ".
Je me suis facilement trouvé dans l'ambiance de ces immenses paysages où effectivement la présence humaine parait incongrue.
Les évocations sont bien formulées comme ici : "Ce titan qui grondait sur le flanc des ubacs".

Et puis l'homme resserre son emprise en prenant tous les risques pour le futur: ce n'est qu'un "nain" mais bien encombrant.

En dehors du fait que j'ai toujours rêvé d'aller voir les Rocheuses (!), je trouve ici descriptions et ambiance fort bien construites.

   papipoete   
16/9/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonsoir GiL ( je m'aperçois que j'écrivais faussement votre pseudo ! )
Depuis des temps immémoriaux, il se laissait couler d'une allure de sénateur sur les flancs enneigés des Rocheuses... il prenait tout son temps alors que le ciel déroulait ses quatre saisons... avant que l'industrialisation et le " progrès " ne défasse le cours du temps, neige en été, soleil ardent en hiver... Le grand glacier fond et finira par n'être plus !
NB l'imagerie déployée par l'auteur, en rapprochant ce géant de glace au dernier géant de chair, cet éléphant qui deviendra bientôt plus qu'une puce, est spectaculaire et la scène en " accéléré " put animer un premier film des Frères Lumières !
Le nain aura vaincu le titan, en rien de temps...
Le premier quatrain et son 3e vers sont magnifiques !
des alexandrins sans faute pour ce sonnet néo-classique, dont j'émets un infime bémol au 3e vers ( ses/sé )

   emilia   
17/9/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
L’évocation d’un superbe panorama pittoresque, autant « qu’éléphantesque », par une métaphore filée bien choisie (« ivoire/charge/colosse/cornacs) et rappelant une triste actualité à déplorer pour de nombreux glaciers en voie de disparition, souligne un engagement écologique accusant l’action humaine responsable par son « infrangible étreinte » car envahissante « partout » et se clôt de façon péjorative sur « l’empreinte sacrilège » d’un « nain » opposé au « géant » dont le narrateur se moque pour dénoncer « (son) règne artificiel »…

   Donaldo75   
17/9/2021
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour GiL,

Rien à dire, ce poème est vraiment bien composé. En parlant de composé, je ne vais pas rédiger un commentaire de ce type, vu qu’il y a longtemps que j’ai passé mon bac de français mais j’aime beaucoup la rime des quatrains car elle sonne comme le bruit des chaussures de montagne sur le glace ainsi que la richesse des images qui ne sonnent pas syndicat d’initiative ou office du tourisme. Après, n’étant pas fan du thème ou du fait de traiter ce type de thème, je ne me suis pas emballé outre-mesure pour le fond, et comme le fond et la forme importent dans une évaluation – je ne voudrais pas ouvrir un débat sur le sujet vu qu’il y en a déjà un – je dirais que le sonnet me plait bien et le thème ne me déplait pas.

Sacré moi, je suis en mode normand.

Merci pour le partage.

   Myo   
18/9/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un hommage inspiré à cette force de la nature bousculée dans son évolution par le changement climatique conséquence de l'arrogance humaine.

Il y a, au reflet de ces lignes, une forme de profond respect pour cette nature majestueuse.

De très belles formulations comme :
" Et sa vie en torrents écume vers les lacs
Dont s'allume au couchant la lointaine arabesque"

Le dernier tercet est sans concession pour notre humanité et nous rappelle combien de dégâts nous avons causés.

Un petit bémol pour cette récurrence dans la description:
Titan, éléphantesque, gigantesque, colosse.

Merci du partage
Myo

   embellie   
19/9/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Magnifique à tout point de vue ! Difficile d'ajouter un commentaire apportant un supplément aux commentaires précédents. Félicitations et grande admiration à l'auteur. Merci pour le partage.

   Cristale   
21/9/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Des voyelles éclatantes aux consonnes qui claquent, les rimes des quatrains s'accrochent et glissent le long des flancs amaigris du géant.

Et chantent les tercets la mélodie du vent, les lamentos du glacier à l'agonie.

L'Homme qui regarde n'a-t-il donc rien compris ?

Un très beau poème qu'il ma plû de lire et relire.

Bravo et merci GiL.

Cristale

   Virou64   
21/9/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une belle évocation du milieu montagnard soumis lui aussi aux effets néfastes du réchauffement climatique. L'intéressant parallèle avec l'éléphant renforce l'effet animal du glacier.
Petite réserve concernant le début du 2è vers: "Ce titan qui grondait" Le verbe gronder nous donne à entendre un bruit sourd, continu. Or, sur un glacier, c'est plutôt le silence qui règne, la plupart du temps, me semble-t-il.
J'aime beaucoup les vers 3 et 4 mais surtout les deux tercets et particulièrement le 9è vers :
L'haleine des vents doux rosit le fond du ciel.
Il m'est arrivé de bivouaquer en montagne . Cette image m'est tout à fait parlante et ravive chez moi de belles émotions.
Rien à dire sur la métrique, les rimes, impeccables à mon avis.
Bravo pour ce beau sonnet

   EtienneNorvins   
26/9/2021
 a aimé ce texte 
Bien
Le hasard a voulu que je découvre ce texte peu après la lecture d'un article sur la mort du plus haut glacier des Pyrénées françaises... Du coup, je suis partagé - comme devant un Detaille ou un Gérôme. Je suis impressionné par la maîtrise des lignes et des timbres, mais force est de me demander si cela me touche vraiment là où ça devrait... Il me semble qu'au final, c'est surtout la virtuosité du compositeur que j'admire, et que j'en oublie un peu l'abominable bouillasse que devient un glacier à l'agonie... Eternelle question de la sensibilité donc, ou bien ignorance des Rocheuses canadiennes...
Merci pour le partage,
Respectueusement,

   GiL   
25/9/2021


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