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| Passant75
31/3/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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Exprimant une souffrance mentale intense, l’auteur rejette violemment le jour et le monde extérieur perçus comme des causes de vide et de douleur. L’évasion trouve place dans la nuit et l'idée de la mort. L’angoisse du poète est palpable, chaque jour qui passe devient une épreuve insupportable, jusqu’à l'anéantissement espéré quand la nuit tombe.
L’écriture est remarquable, elle allie une maîtrise de la langue à des métaphores puissantes. Les « doigts de rose » de l’aurore, « ce ciel d'azur qui transpire l'ennui », « la nuit qui se nécrose », « cet horizon brumeux que l’espérance arrose » sont des images qui créent une atmosphère très poignante. Par ailleurs, je considère le tercet final comme une réelle petite merveille. Opposant les affres du jour à la délivrance attendue quand vient la nuit, le texte dégage une émotion très forte marquée par un rejet du quotidien et une recherche désespérée d’évasion. La tension entre la qualité formelle du sonnet et le chaos intérieur des sentiments donne une grande puissance à ce poème. |
| Robot
31/3/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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Eh bien ce n'est pas réjouissant.
Mais la poésie, même sinistre, est bien là dans un sonnet classique qui me paraît sans fautes et orné de rimes excellentes pour la plupart. Rendre le désespoir avec cette beauté poétique, quel talent. |
| Curwwod
31/3/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
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Pour du Spleen, c'est du spleen. Tout ce qui fait le charme et la beauté de la vie vous rebute. Vous me faites penser à la chanson de Georges Brassens "L'orage" (Parlez-moi de la pluie, parlez-moi du gros temps/Le beau temps me chagrine et m'fait grincer des dents...). Mais vous avez ici des couleurs baudelairiennes dont on pense deviner la cause : un deuil cruel. "Un seul être vous manque et tout est dépeuplé" dit l'adage. vous en démontrez la réalité.
Le genre classique me paraît adéquat bien que je n'en sois pas un spécialiste et l'écriture, dramatique, me semble très aboutie. C'est un beau sonnet. |
| Cristale
31/3/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
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Noir c'est noir et l'encre est sans nuance. Le narrateur n'y va pas de plume morte... mais à l'agonie.
Rien ne va, rien ne vaut, le désespoir est poussé au paroxysme. Quand même, le pathos est plombant, je sais bien que c'est fait exprès et que... mais oui, c'est très bien fait. L'écriture en tant qu'antidépresseur c'est le top du top. Un sonnet bien sonnant. Pour un meilleur équilibre, le son "i" des quatre rimes des quatrains n'aurait pas dû se reproduire au premier tercet. Mais c'est un excellent poème. Cristale en espace lecture |
| Luron
1/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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Encore du spleen ! Encore du talent !!
Des expressions magnifiques et des images fortes : doigts de rose, désir écœurant, la nuit se nécrose, le soleil désert, les rives du soir. De l'orfèvrerie en poésie. Une progression inéluctable et une émotion saisissante de l'aurore au marbre de la tombe du soir. Quelle beauté dans cette névrose. Il n'y a pas un vers sans une petite merveille. Bravo, bravo de tout cœur. J'ose à peine commenter. En EL |
| Polza
6/4/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
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J’ai vraiment apprécié ce poème (sonnet) dans son ensemble,
Une minuscule réserve pour « nouvel aujourd’hui », j’ai un doute sur l’emploi de cette formule, sur la forme euphonique de nouvel à la place de nouveau dans ce contexte… Peut-être des spécialistes de la langue française pourront m’éclairer sur ce point et confirmer ou infirmer mon doute… ou peut-être est-ce une sorte de licence poétique de l’auteur, de l’autrice… Si j’aime le bonheur et ses propos comme l’écrivait Alain, j’aime également son absence, l’idée du poète maudit ou de l’âme maudite. Une répétition d’un mot ou d’une phrase dans une poésie classique ne me dérange pas plus que cela, mais ici, j’ai comme le sentiment qu’il y en a trop : « Je hais/Je hais…jour naissant/chaque jour… nuit qui se nécrose/la nuit tombe » « Et j’appuierai mon front au marbre de la tombe Pour l’instant d’abandon que le Néant vainqueur M’accorde chaque jour, tandis que la nuit tombe. » La chute m’apparaît nébuleuse, je n’en ai pas pleinement saisi le sens, mais ça ne vient pas forcément de l’auteur, de l’autrice ! « Et j’appuierai mon front au marbre de la tombe » j’ai du mal à concevoir cette image, l’intérêt d’appuyer son front au marbre de la tombe… Ça ne rentre pas dans les cases, mais mon schéma de logique (limitée) s’attendait plutôt à lire : « Et j’appuierai mon front au marbre de la tombe Pour l’instant d’abandon que le Néant vainqueur M’accordera chaque jour, tandis que la nuit tombe. » Je mets une appréciation que je me réserve le droit de changer en fonction des explications de l’auteur ou l’autrice à ce sujet… |
| Lebarde
17/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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La poésie classique est à l'honneur ces temps ci et bénéficie d'un réel engouement de la part des commentateurs; je serai donc le 7ème en EL à déposer un commentaire .
Je suppose que tout aura été dit sur ce sonnet dont le titre "Névrose" et le propos font dans le noir un peu déprimant. Mais qui donc n'a pas connu ces états d'âme dépressifs qui rejettent "le jour naissant"... "Le rire de l’Aurore", "Le désir...d’un nouvel aujourd’hui", "ce ciel d’azur"... L'atmosphère sombre, déprimante voulue par l'auteur(e) est superbement rendue avec des mots simples et justes, une écriture efficace et morose qui atteignent leur but. Bravo pour ce remarquable travail de composition réussi. En EL Lebarde Ed: Ce sera mon dernier commentaire pour un temps au moins. Ce sonnet d’une belle facture classique n’y ait pour rien et son ambiance volontairement sombre n’est pas fait pour m’aider à retrouver le goût d’écrire. |
| Cyrill
10/4/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
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Un « nouvel aujourd’hui » ni vierge ni vivace ni bel ! Le vocabulaire est bien choisi pour maugréer et ne lésine pas sur le dégoût qu’inspire la vie entière au locuteur. J’aime bien cette hargne décomplexée.
Névrose ? Pas sûr, je dirais plutôt dépression profonde dans laquelle se complaire. Ça fait du bien ? |
| Myndie
16/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime un peu
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Bonjour Gil,
vous lire ici est devenu un plaisir rare, alors je ne m'en prive pas. Je n'ai pas grand chose à ajouter aux commentaires nourris (et pour certains techniquement précieux pour moi qui n'ai pas votre maîtrise de la forme classique). Votre poème, lyrique et sombre, s'inscrit donc dans le mouvement romantique et décadent du XIXème siècle. J'en ai aimé les antithèses qui évitent le cliché redouté. Par exemple, «l'aurore aux doigts de rose » n'a rien de lénifiant et n'est qu'une tyrannie de plus pour le poète déprimé. J'en aimé le vocabulaire hautement suggestif : avec « la nuit qui se nécrose », on est plus proche de la putréfaction que de l'atmosphère éthérée du jour prêt à se lever. Ce qui m'a en revanche un peu plus gênée, c'est le caractère très académique du poème. Cette veine a déjà tellement été explorée par le passé (le spleen, la dépression) qu'à défaut d'un ton plus moderne, moins mélodramatique, elle peine à faire ressentir le mal-être, le dégoût de l'existence, la souffrance en un mot. Cela reste néanmoins un poème d'une grande classe. |
| Provencao
16/4/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
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Bonjour Gil,
Une ambiance lourde, pénible , compliquée qui se cisèle fort bien avec ce sujet du profond désespoir. Des mots lourds, puissants, déprimés, viennent " illuminer" cette noirceur dépeinte. Le Néant, l'âme morose, le ciel d'azur qui colorent cette âme pour ne pas nous laisser submerger par les contenus de l'inconscient. Belle écriture qui invite à une reflexion profonde sur cette douleur teintée de désillusion. Au plaisir de vous lire, Cordialement |
| papipoete
16/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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bonjour GIL
Ma vie est comme le ciel bleu...d'un ennui plus mortel que la couleur de mes jours ; je tue le temps tout le temps. Et je trainerai le reste de mes jours, ce qui reste de mon existence, n'espérant qu'en la nuit dans laquelle mon sommeil me laissera en paix... NB tel un capuchon noir rabattu sur mon coeur, voici dessous ce qui point de mon esprit...rien, le néant fort triste poème où chaque ligne semble dire - attend, j'en ai encore plus blême Et chaque strophe ainsi s'acharne à vouloir la précédente... La seconde me rappelle un ami récemment veuf... - que fais-tu de tes journées ? - rien ! - oui mais ? - rien, je ne fais plus rien ! Dans son infinie tristesse, le second tercet est mon passage préféré. Le classique va comme un gant ( noir ) à ces fameux alexandrins. |
| LeChevalier
16/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime un peu
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Comment d'autres commentateurs, je trouve que la forme est très aboutie, surtout en comparaison avec la grande majorité des textes publiés sur le site, alors que le fond me déplaît profondément, car j'y vois une louange de la mort, bien condensée dans la formule « le Néant vainqueur ».
Fétichisme du sonnet. C'est une forme brève (pour satisfaire le lecteur contemporain qui s'ennuie vite) et exigeante (surtout par sa rime quadruple). Il a déjà été dit qu'on a trois vers à la suite qui rime de fait (« enfui » - « vie » - « envie »). J'ajouterai que l'image initiale est un peu confuse : le jour réveille l'aurore, mais elle est la seule à recevoir une majuscule... Il me semble que l'aurore précède le jour mais on ne va pas se chipoter. « Je vais traîner une mourante vie » disait Don Rodrigue mais je trouve que le vers le plus puissant du sonnet est celui qui ouvre le dernier tercet : « Et j’appuierai mon front au marbre de la tombe ». Je n'arrive pas à discerner pourquoi il me séduit, cela a peut-être un rapport avec la triple apparition de la voyelle « on » et l'allitération en « r ». |
| Boutet
16/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime bien
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Un beau texte noir qui porte bien son nom. On ne peut pas dire qu'il existe ici une foi en l'avenir même si l'existence se termine toujours pareille. On retrouve un peu Lamartine en sonnet avec ses poèmes Le Vallon ou l'Isolement. Un beau texte, pas joyeux mais beau quand même.
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| Marite
16/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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Dès le début de mon apprentissage de cette forme poétique classique qu'est le sonnet j'ai toujours pensé qu'il offrait une possibilité infinie d'expression de ressentis et de sentiments provoqués par les divers aléas de la vie ordinaire et "Névrose" en est un très bon exemple je trouve. Si réaliste pour le fond, la forme décrit avec précision cet état de sidération et de stupeur qui envahit la personne touchée de plein fouet par la perte d'un être très cher. Les mots arrivent presque spontanément en échappant à la rationalité d'une analyse objective.
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| EtienneNorvins
17/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime bien
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Qu'ajouter ? La maîtrise technique est impressionnante, et le propos - noir comme un Soulages qui ne parviendrait plus à s'émerveiller des jeux de lumière...
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| Curwwod
17/4/2026
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"Un seul être vous manque et tout est dépeuplé" dit le proverbe. J'en ai la confirmation à la lecture de votre poème. Le monde entier a pris la couleur de l'absence et tout ce qui ne va pas dans le sens de votre désolation est radicalement rejeté (Je hais le jour naissant qui réveille avec lui //Le rire de l’Aurore entre ses doigts de rose/ Je hais ce ciel d’azur...Cet horizon brumeux que l’espérance arrose). Ici pas d'espoir (Je vais traîner, absent, les débris de ma vie/...sans but et sans envie).
L'attitude du locuteur correspond tout à fait au concept romantique du XIXe siècle exprimé en une écriture soutenue et des images tantôt classiques tantôt morbides (l’Aurore entre ses doigts de rose/ la nuit qui se nécrose). Je suis juste un peu perplexe à cause de cet excès de pathos qui comme tout excès porte préjudice à la crédibilité de la pensée. |





