Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie classique
GiL : Tempus fugit
 Publié le 16/09/22  -  21 commentaires  -  785 caractères  -  262 lectures    Autres textes du même auteur

Y a-t-il une vie avant la mort ?
Seamus Heaney


Tempus fugit



Tu vécus ta jeunesse en Pays de Cocagne
Et tu te croyais né pour marcher sur les cieux.
Alors que tu rêvais de châteaux en Espagne
Le Temps chaussa pour toi ses bottes de sept lieux.

Sur ses pas tu t’es mis à battre la campagne,
Tu l’as suivi sans but, la fièvre au fond des yeux.
Avec lui tu jouais ton âme à qui perd gagne,
Hélas ! tu l’as perdue, il trichait beaucoup mieux…

Sur le glacis du soir le soleil agonise,
Le passé se dissout et l'instant s’éternise.
Toi qui t'imaginais quérir la Toison d’Or !

Au fond du labyrinthe où rôdent tes pensées
Le Temps s’enfuit pieds nus le long d’un corridor,
Seul le silence attend sur les dalles glacées.

La Mort est embusquée en haut du mirador.


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Ioledane   
1/9/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Voilà un très beau sonnet dont j'apprécie et le fond et la forme.
Le Temps est ici personnifié avec originalité et un zeste d'humour, ce qui ne gâche rien :
"Le Temps chaussa pour toi ses bottes de sept lieux" (amusant jeu de mots)
"Le Temps s'enfuit pieds nus le long d'un corridor" (excellente image).
J'aime beaucoup également "Hélas : tu l'as perdue, il trichait beaucoup mieux".
Je trouve le dernier tercet particulièrement réussi. Au point que je me serais volontiers passée du vers final, quoiqu'il soit bien trouvé lui aussi.
En résumé, comment le Temps nous fait tomber du grenier à la cave ... Très bel écrit, rédigé qui plus est d'une plume au classicisme irréprochable, bravo.

   Jemabi   
6/9/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une belle évocation du temps qui passe (toujours trop vite) à laquelle nul ne peut rester insensible. On passe sa vie à courir après le temps qui s'enfuit, croyant le rattraper, alors qu'à la fin c'est lui qui nous attrape pour nous dévorer cru. À malin, malin et demi ! Tout cela est dit dans une langue claire et fluide, avec une efficacité qui ne paraît jamais appuyée. Transparaît entre les vers un sentiment d'impuissance et de désespoir, tant il est vrai que chacun sait déjà que son temps est compté.

   socque   
7/9/2022
 a aimé ce texte 
Bien
Je reviens à votre poème après une première lecture qui m'avait plu, mais m'avait découragée sur la fin. Je reviens, apprécie la fluidité et le rythme des vers, la trajectoire assurée du propos… Pourquoi donc n'avais-je pas commenté la première fois, surtout au vu de ce moment frappant, selon moi :
Le passé se dissout et l'instant s’éternise.
Toi qui t'imaginais quérir la Toison d’Or !
où se concentre à mes yeux l'essence de l'ensemble ?

J'arrive au dernier vers et je comprends, je retrouve ce net sentiment qu'il est de trop, trop insistant, qu'il déséquilibre sérieusement votre poème, en bref illustre à merveille ce proverbe que j'affectionne, « Le mieux est parfois l'ennemi du bien ».

   Donaldo75   
9/9/2022
 a aimé ce texte 
Bien
Voici un poème bien composé et dont j’aime le titre ; l’exergue ajoute un peu de mystère à ce dernier et ce n’est pas mal au vu de la composition classique qui va suivre dans ma lecture. Il y a donc de la symbolique, de l’allégorie, tout ce qui fait qu’un poème classique se détache d’une composition scolaire tout en racontant une histoire. Le format du sonnet quinzain est très adapté car le dernier vers ouvre la perspective et reboucle de manière mémorable avec le titre. La forme est réussie, que ce soit dans le rythme, la rime et sa musicalité ou sa coloration sonore, les images et surtout la progression narrative.

   Dupark   
16/9/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément
"Sur le glacis du soir le soleil agonise,
Le passé se dissout et l'instant s’éternise."

Tout est là.
S'ajoutent à ces deux images, d'autres... le Pays de Cocagne, les châteaux en Espagne, la Toison d'Or pour dire l'illusion d'une vie belle. Le bémol est dans le trop, peut-être.

C'est le seul.

Le reste me va. Adoré "Le Temps s’enfuit pieds nus le long d’un corridor," et... j'arrête.

C'est beau, c'est triste, c'est bien, c'est Dubonnet !

Encore !

   Hananke   
16/9/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour

Un très beau sonnet quinzain sur les turpitudes que le Temps
Peut nous faire endurer et il s'y connaît le coquin dans les tours
Qu'il peut nous jouer.
Pas trop fan des rimes en agne beaucoup trop restrictives à mon
Goût : on en a trop vite fait le tour.
Quelques beaux vers entre autres :

Le Temps chaussa pour toi ses bottes de sept lieux.
Avec lui tu jouais ton âme à qui perd gagne.

La Mort est embusquée en haut du mirador.

Je regrette un peu les 2 verbes agonise/éternise l'un en dessous
De l'autre mais ce sont des broutilles qui n'altèrent en rien
La qualité de ce poème.

   papipoete   
19/9/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour GIL
Tu rêvais de cocagne, et partis à sa recherche, par monts et par vaux !
Tu tentas tellement le diable, qu'à présent te voilà emprisonné, et ton rêve n'est plus que la réalité d'un corridor, d'où si tu tentes de t'échapper, du haut d'un mirador un gardien scellera ton sort...
NB une histoire que l'on pourrait rapprocher de bien des aventures dangereuses ( tricher au jeu, piper les dés, ou bien plus dramatique... traverser la Méditérranée sur un rafiot prenant l'eau, à la recherche d'un pays où règne la paix !)
Présentement, le héros a joué contre un adversaire, trichant beaucoup mieux que lui...
Je vois un peu de " Midnight Express " quand le final se dévoile.
Techniquement, j'avoue ne pas connaître le nom de cette forme de sonnet ! D'autre part, une remarque qui risque de faire des vagues au 4e vers :
" lieux " au masculin me semble erroné, alors que ces fameuses bottes permettaient de parcourir la distance de " une lieue X 7 "
sachant que sept " lieux " évoquent " sept " endroits "
Mon passage préféré va au second tercet et ce vers unique !
je ne puis noter la prosodie ( à cause du 4e vers ) mais le thème est bien narré, avec le dénouement en particulier
édit le 19 sept après les explications de l'auteur ; ma remarque concernant les " bottes de sept lieux " n'a plus de sens

   senglar   
16/9/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour Gil,


En voilà un (de plus) qui se retrouve gros Temps comme devant. Le Temps ici s'est fait Chat qui a joué avec sa Proie. on sait la friabilité des Châteaux en Espagne. Les dés étaient pipés au jeu de Qui perd gagne. La Toison d'Or est un mirage jaune et au fond du Labyrinthe patiente le Minotaure.
Souhaitons tout de même un bon gros rhube au Temps puisqu'il s'enfuit pieds nus sur des dalles glacées.

Pourquoi ce dernier vers qui renvoie à un autre univers, le Temps n'a pas lieu d'exécuter l'impossible fuyard ni d'abattre le possible gibier, la mort si elle peut se faire oublier n'a pas besoin de s'embusquer, puisque l'on sait déjà que le Temps a gagné, qu'il gagnera toujours.

Comment traduiriez-vous ici "Tempus fugit" ? ''Le temps fuit'' ou ''Le temps passe trop vite'' ? J'opterais pour la deuxième solution parce nul d'entre nous n'est dupe.

   Lotier   
17/9/2022
Ici, plus que le temps, c'est l'ambition qui gangrène, qui dépossède l'humain de son humanité. On ressent cette fuite en avant, où les objectifs sont avérés : « tu rêvais de châteaux en Espagne » sans l'être : « Tu l’as suivi sans but, la fièvre au fond des yeux.» Le temps de la fuite bien sûr n'est pas le temps des regrets, l'un file, l'autre s'enlise. Ce n'est qu'à travers cette gille de lecture que je ressens l'unité du poème. L'échec, les regrets se réverbèrent dans la salle des pas perdus :« Seul le silence attend sur les dalles glacées.»
Le narrateur semble être à la fois à charge et à décharge dans ce procès de la frustration.

   Anonyme   
17/9/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Gil,

J'aime beaucoup l'ensemble de ce sonnet quinzain sur le temps qui passe toujours trop vite.
La forme classique est parfaitement maîtrisée, et les alexandrins d'une belle fluidité.
J'ai tout de même une préférence pour les tercets et le dernier vers, très beaux.
Une très belle lecture.

   pieralun   
17/9/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Gil,

Beaucoup de belles images dans ce sonnet: le 4 eme vers et j’adore les 3 derniers vers.

   Cristale   
17/9/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément
Le poète modèle ses vers dans l'argile fragile des mots et n'a de cesse d'approcher la perfection de la sculpture d'un poème où même ce temps qui fuit, comme la forme de ce sonnet et son vers médaillon, s'effile entre ses mains qui le retiennent jusqu'au bout de ce moulage qui m'enchante.

"Le Temps s’enfuit pieds nus le long d’un corridor,
Seul le silence attend sur les dalles glacées."

Merveilleuse image !

Les "te-ta-tu-toi" me semblent quelque peu trop sonores dans les quatrains, peut-être aurait-il été possible d'en diminuer la fréquence.

Des alexandrins fluides et harmonieux où seule une petite faiblesse nous fait son pied-de-nez comme une gamine effrontée avec ses deux verbes à la rime. Que celui qui n'a jamais cédé à la moindre faiblesse nous jette la première boule de glaise !

Un poème élégant pour dire ce temps qui passe trop vite pour le gaspiller tant qu'il est encore temps.

Bravo et merci GiL
Cristale

Un passionnément parce que je n'ai pas le choix des mots mais j'aime grandement ce poème.

   VincentHeneman   
17/9/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour.
Il y a de très belles images dans cette poésie. Dans chaque vers. Il n'y a aucun répis prosaïque.
"Au fond du labyrinthe où rôdent tes pensées
Le Temps s’enfuit pieds nus le long d’un corridor,
Seul le silence attend sur les dalles glacées."
C'est très émouvant.

   inconnu1   
17/9/2022
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour,

Dans un premier temps, j'ai lu ce poème rapidement et je n'ai pas été emporté. Et puis, j'ai pris le temps de le lire lentement, vers après vers, et j'y ai trouvé beaucoup de belles choses. Une belle prosodie, une facilité de lecture, des rimes riches et lexicalement variées, donc tous les ingrédients d'un bon classique. De belles images dans le premier quatrain, le 8eme vers, un 9eme vers sublime, le dernier tercet. Bref je suis passé d'un beaucoup - à un passionnément. Comme quoi, il faut lire lentement les vers, à voix chuchotée et ne pas se contenter d'une première lecture

Bien à vous

   Yannblev   
18/9/2022
Bonjour Gil,

« Avec le temps, va tout s’en va… » comme dit Ferré. Ah ce temps qui file sans que jamais rien ne l’arrête. Le thème est éternel, ça va de soi. C’est peut-être pour conjurer cette réalité qu’on la consigne souvent sur la page blanche. Encore faut-il trouver les mots justes et les accorder avec rigueur, bloquer cette fuite avec des évocations et des images qui retiennent l’esprit du lecteur.
Ici vous vous y employez sans faille et le temps que l’on passe à lire votre sonnet n’est pas perdu, passé sans doute mais paradoxalement éminemment durable.

Merci pour ce temps là.

   GiL   
19/9/2022

   Myndie   
19/9/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Gil,

« Sur le glacis du soir le soleil agonise, »
« La mort est embusquée en haut du mirador ».
rien que pour ces deux vers , je craque.

Elégant dans la forme, votre poème l'est aussi dans son propos.
Au-delà de la douce ironie qui brosse avec délicatesse la fuite du temps, la vanité des ambitions humaines et leur corollaire, les regrets , votre poème est riche de sous-entendus, questionnement sur la vie et la mort, méditation sur un passé révolu et le temps à venir qui, on le sait bien, nous mène tous au mirador.

L'émotion ressentie est exprimée avec justesse ; vos images ont une puissance d'enchantement qui offrent au ressenti un magnifique espace de liberté.
Tout est dit, je suis sous le charme.

Myndie

   ferrandeix   
19/9/2022
 a aimé ce texte 
Bien
Le titre est prometteur, et j'aurais voulu, dans la suite, qu'il y eût plus d'allusions à l'Antiquité. Il y a la Toison d'or, le labyrinthe, mais il y a les bottes de sept lieux que je n'aime pas trop, mais surtout, il y al le mirador qui, à mon sens, dépare beaucoup, et détruit cette image de distinction antique qui prévalait au départ. Je trouve que les 2 premiers quatrains manquent un peu d'originalité, quoiqu'ils soient bien construits. Cela dit, on pourrait trouver bien des poèmes de poètes illustres qui sont bien plus médiocres.

Les 2 strophes suivantes me paraissent bien meilleures et introduisent même un certain pathétique. Des vers vraiment très beaux. Dommage que l'image finale du mirador détruise cette partie.

Sur le plan euphonique, trop de cacophonies de dentales en dt

   Ananas   
19/9/2022
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour GiL,

Je ne sais pas si vous avez eu droit à l'avertissement d'usage sur mon ton, donc : j'ai un ton. Faut pas le prendre personnellement, j'ai le même à la maison. Ceci étant posé.

Quel plaisir de suivre vos mots au fil de ce petit sonnet au titre qui m'a (désolée, je suis allergique à cette expression) complètement fermé la lecture pendant quelques temps. Et heureusement que j'ai dépassé mon premier réflexe (trèèèèèès subjectif) pour lire cette oeuvre.

Bon, pour être claire, je suis un ananas qui aime être surpris, agréablement de préférence (bien que j'aie un coté maso assumé, mais là n'est pas le propos ^^), de prime abord, rien dans ma première lecture en diagonale ne m'attire.

Le titre (hu_hu), le Pays de Cocagne (vieille France) marcher sur les cieux (planplan) ... et puis, sursaut numéro un sur le vers 4 que je trouve juste, évocateur à souhait.
Hop, on bat la campagne, je m'ennuie à nouveau, et puis re-hop les vers 6-7-8 sont dans la veine du 4, j'ai des images, des tournures fines, un fond moderne, qui claque. Hop à nouveau le glacis du soir, le soleil qui agonise bouhouhou et puis le vers 10 me semble assez peu inédit, et la Toison d'Or... pffff... et re-re-re-hop, la fin et les 4 derniers vers, superbes.

J'ai donc lu une poésie balle élastique, une poésie squash, un boomerang poétique, qui hop-hop-hop me fait bondir en première et en deuxième lecture de ouaaaaaiiiiis à oooooooh et inversément (StephTask si tu nous lis...), en troisième lecture (orale cette fois), je n'ai trouvé aucun défaut de rythme ou dans les sonorités.

Une parenthèse rigolote, j'ai une poésie L'Innommable (Adieu) qui pose une succession de vers libres assez proche de "Avec lui tu jouais ton âme à qui perd gagne,
Hélas ! tu l’as perdue, il trichait beaucoup mieux…" je le ressortirai donc, car pour moi, c'est le passage qui me parle le plus, anticipativement à votre publication, et c'est amusant, le parallèle.

Bref, une lecture agréable, un poème fin, finement ciselé. Merci.
Au plaisir !

   Myo   
25/9/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Gil,

Un poème qui nous rappelle combien le temps est précieux et qu'il ne fait pas bon le gaspiller ...

Mieux vaut ne pas parier sur l'avenir au risque d'y perdre son âme.
Mais apprendre à vivre pleinement le moment présent même s'il porte son lot de désillusions et de regrets... demain n'existe pas.
" La mort rode au dessus du mirador" ( superbe!)

Bravo pour la forme irréprochable et le thème abordé avec beaucoup de finesse. Il m'a juste manqué un petit quelque chose pour vraiment vivre votre écrit.

Myo

   Mireille   
22/11/2022
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Modéré: intervention sans rapport avec le texte


Oniris Copyright © 2007-2022