Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie libre
hersen : Village-sur-Avon
 Publié le 02/07/21  -  7 commentaires  -  825 caractères  -  187 lectures    Autres textes du même auteur


Village-sur-Avon



la nuit ronflote doucement
et les douces vibrations de son souffle caressent la pénombre
trouée par des vers luisants

une main posée, une jambe enlacée
dans le fourbi d’un lit
ils dorment

pendant ce temps

Un rossignol et son fameux penchant tragique,
Formation stratfordienne au pur classique,
À conserver le legs lointain bien fort s’applique :

il chante à pas d’heure

et la main et la jambe
surprises à ces trilles
tourneboulent
rosissant l’aurore

l’un ou l’autre des dormeurs
dans ce fouillis comment savoir lequel ?
chuchote dans le chaud des draps
tiens, une alouette !

Puis avec fougue
ignorant l’héritage
ils se jettent
dans ce matin grassouillet aux lèvres pleines


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   socque   
26/6/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un instantané efficace et cocasse, je trouve ; j'aime bien le fourbi du lit (au point qu'à mon avis vous auriez pu le répéter, renoncer à ce "fouillis" un poil convenu en comparaison), la confusion entre alouette et rossignol, et le dernier quatrain, pour moi, il est à tomber !

Vraiment chapeau pour ce ton désinvolte, tout simple mais qui à mes yeux en dit beaucoup : les amoureux confondent rossignol classieux, tragique, et alouette rustique, ils s'en foutent (ne le savent pas) et sont heureux. Amour, tendresse, lèvres pleines du matin grassouillet, j'imagine une belle tartine beurrée au p'tit dèje.

Ah, en rererelisant je note le tercet rimé :
Un rossignol et son fameux penchant tragique,
Formation stratfordienne au pur classique,
À conserver le legs lointain bien fort s'applique
non seulement rimé, majusculé à chaque début de vers, mais partout dodécasyllabé si on applique les deux diérèses au vers central (je pense que, canoniquement parlant, en vers classique on prononce strat-for-dienne, en synérèse ; caricature, quoi), suivi du trivial
il chante à pas d'heure
Cocasse, malin, joli !

   papipoete   
2/7/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour hersen
Une jambe enlacée par un bras ou l'inverse... ça roupille sous ses draps où la bataille de l'amour cette nuit, rêgna.
Un bras ou une jambe enlacés, dépassent du lit alors qu'une trêve repose ces combattants, aux armes de câlins et autres caresses... oh !
le rossignol aussi est content, et pour une fois nous joue " à point d'heure ", un air guilleret ! chut, on murmure sous les draps ! éloignons-nous sur la pointe des pieds...
NB c'est ce que j'ai vu à travers ce numéro de contorsionnistes... qui m'a fait sourire et songer " en voilà un sujet apaisant comme un baume magique ! ( tendre et rigolo à la fois )

   Bellini   
2/7/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Hersen,

La scène du rossignol revisitée (Roméo et Juliette – Acte III Scène V).
Je l’ai jouée pour mes 14 ans à la fête de fin d’année. J’étais Roméo et j’avais six répliques qui tenaient largement dans un sonnet. C’était ma dernière nuit d’amour avec Juliette, chez elle, dans sa chambre… Y’avait que nous pour joindre le sacrifice à l’amour... Elle voulait que je reste, moi je voulais me faire la malle dès l’aube, alors elle m’a sorti cette histoire romantique et absurde de rossignol, et moi j’ai répliqué alouette. J’ai dit que j’acceptais la mort en restant, alors, comme une chieuse qu’elle était, elle m’a demandé finalement de la quitter par amour. J’ai presque croisé mon hypothétique belle-mère, dame Capulet, en m’évadant de cette galère. Bref, c'est pour dire que ça se terminait moins bien que vous.

Tout ça conforte mon idée que comprendre le sujet permet de mieux juger la performance. Qu’en serait-il si vos deux amoureux étaient des quidams lambda ? Je dirais : « ouais, bof, ça casse pas trois pattes à un canard, cette amusette ». Mais l’angle Roméo et Juliette change évidemment la focale. Merci d’avoir donné aux curieux les armes pour trouver Stratford-sur-Avon.
Le reste coule de source, d’une eau autrement vivifiante que celle de Shakespeare. Votre esprit joueur a tapé dans ma cible, celle d’une poésie libre accessible et jouissive.
Bravo pour le style, pour les trouvailles, et pour le rappel de quelques souvenirs…

Bellini

   Eskisse   
2/7/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour hersen,

Le ton badin adopté par le narrateur témoin de la scène est réjouissant.
J'ai bien aimé : " Un rossignol et son fameux penchant tragique" et "la main et la jambe " " rosissant l'aurore."
Avec le chuchotement de l'alouette et la question " comment savoir lequel ?" c'est comme s'il y avait quelque chose d'inaccessible dans cette intimité et cette fusion que le narrateur ne parviendrait pas atteindre.
La dernière strophe toute en suggestions est un véritable hymne à la vie et les amants comme les oiseaux "se jettent dans ce matin" ( qui dit bien toute leur avidité ) .

Merci

   Luz   
2/7/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonsoir hersen,

Je n'aime pas trop le début : ronflote, doucement, douce..., mais j'adore tout le reste, et en particulier les 3 dernières strophes emplies de poésie.
Bravo !

Luz

   Cristale   
3/7/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
"Un rossignol et son fameux penchant tragique,
Formation stratfordienne au pur classique,
À conserver le legs lointain bien fort s’applique"

Un tercet au rythme du trimètre romantique 4/4/4 pour chaque vers, diérèse à "tra-di-ti-on" ainsi qu'à "straf-for-di-enne" (permettez que je révise un peu : la diphtongue "ien" s'applique en diérèse si elle termine un adjectif d'état, de profession, ou de pays), donc pour le classique c'est ok ^-^

D'autres rythme affirmés : octosyllabes, hexasyllabes, alexandrin, donnent aux différentes scènes ce tempo musical particulier. Je viens d'écouter https://www.youtube.com/watch?v=v8FYOXwp2AM
Un bon accompagnement pour ce poème.

J'aime bien la fracture libre/classique qui s'affranchit de tout prosaïsme et schématise la liberté de s'aimer "dans le fourbi d'un lit" pour ne pas dire l'insouciance, mais pas tant que ça, de nos deux protagonistes. La survenue du tercet dans son stricte carcan semble un avertissement : on enfreint pas les traditions.

Du classique évoqué en langage moderne, on ne peut pas reprocher à la narratrice de ne pas sortir des sentiers battus et rabattus :)

(Merci pour les indices laissés par Bellini ô grand manitou de la mémoire littéraire)

Ah les fous ! Les inconscients...quoi que...mais restons sur cette image :
"Puis avec fougue
ignorant l’héritage
ils se jettent
dans ce matin grassouillet aux lèvres pleines"

Dorénavant, je regarderai le matin différemment...

Il y a toujours cette impression de délicatesse d'écriture, une sensibilité à fleur de mots, graphiquement je me la représente comme tracée avec une (vraie) plume délicatement affûtée et les gestes lents d'une main étirant une encre fine sur un scénario mental parfaitement structuré. Bon, je suis une rêveuse, mais ce que je lis d'hersen titille mon imaginaire.

Merci pour ce partage.
Cristale

   hersen   
4/7/2021


Oniris Copyright © 2007-2020