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Poésie néo-classique
itans : Terre de femmes...
 Publié le 06/07/10  -  10 commentaires  -  669 caractères  -  248 lectures    Autres textes du même auteur

Où les brumes s'arriment au souvenir...


Terre de femmes...



Que j'aime tes faveurs sous le falot, si près
D'un désir sans clinquant. Rosace tu brasilles,
Entre chair et cancel, où ma pudeur auprès
De toi jaune d'argent ôtera les résilles...

Que j'aime ta décence et cette aube choisie,
Dans les néons obscurs engonçant les pagodes.
Femme de mes brumes, ma terre hâlée d'Asie
Où s'assoient des Bouddhas, luminescents apodes.

Que j'aime tes confins et ton détachement
Comme un vain continent d'espérances acquises,
Et nos fatalités au lointain serrement
Entre les bras du temps attendent là, rassises,

Qu'un jour le souvenir reprenne son voyage...


 
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   Lunastrelle   
10/6/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Un écrit très agréable à lire, mais où plusieurs questions subsistent, au niveau du fond:

Chaque quatrain correspondrait à un continent donné? On le croirait presque d'après les références, le premier étant l'Europe, le second l'Asie, et le troisième je ne sais trop... Ou bien n'est ce que le continent Asiatique qui est évoqué, mais avec les trois pays principaux si je puis dire: la Chine, pays du milieu, le Japon, pays du soleil levant, et l'Inde? (ou Corée, qui est le pays du matin)... J'ai comme l'impression de m'égarer légèrement, mais c'est à quoi me fait penser ton poème... C'est fou! Cet éloge de la femme est du coup très original... (Ou métaphore?)
J'arrête avec mes suppositions, sinon je vais encore dire des bêtises!

Sinon, au niveau de la forme il y a deux ou trois petits choses qui m'ont fait tiquer, que je n'aime pas tellement niveau effet ou sonorité:

"où ma pudeur auprès
De toi jaune d'argent, ôtera les résilles...": ici, c'est le jaune d'argent qui me pose un problème, je n'arrive pas à me faire une image précise, ou cela me fait une drôle de couleur... Donc ici, c'est uniquement niveau perception...
Dans le second quatrain, les deux derniers vers me dérangent aussi, parce qu'au second vers il y a un point, et dans le vers suivant je ne repère aucun verbe, mais ça encore ce n'est pas grave. C'est la découpe, la phrase me semble trop longue... Mais encore une fois, ce n'est qu'une question de perception!

   bulle   
21/6/2010
 a aimé ce texte 
Bien
L'Asie en forme de femme, de mère nourricière..
De belles couleurs, senteurs, ici..

Le texte dessine en fait une silhouette éthérée.
L'immatériel se concentre dans les sentiments et les sensations, tout en alliant les deux natures (humaine et environnementale).

Si l'ensemble est fluide et musical, je relève ceci :
"Femme de mes brumes, " le son redescend à l'hémistiche à cause de la finale du mot 'brumes', c'est un peu dommage (même en néo).

"apodes". Symbolique de la position du Bouddha, mais ce mot m'a accroché, il fait un peu appel à la rime.

Ce ne sont que des détails hein ? J'ai apprécié l'ensemble qui s'écoute agréablement.

   brabant   
30/6/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Ce texte est très beau, très délicat, ses images ne sont pas d'un accès facile.
Mais il s'en dégage un charme mystérieux d'épousailles avec l'Asie.
Thème du flou, du tamisé, du vaporeux hypnotique.

La première strophe, si je vois l'image générale, m'est difficile à comprendre. Ce "falot" entretient la lueur trouble "jaune d'argent" de la chair et de la lumière. Confondues/confondantes.
Il faudra m'expliquer: "Entre chair et cancel" et aussi ces "résilles" qui ne me semblent pas convenir à un "désir sans clinquant". Erotisme des maisons closes.

La deuxième strophe est très belle: ah ! "... les néons obscurs engonçant les pagodes" !

J'ai buté un moment sur le sens de la troisième, quand j'ai compris que "comme" signifiait "tandis que". Alors la strophe s'est faite éternité.
Je n'aime pas le mot "serrement", et cependant je suis sous le charme du vers:
"Et nos fatalités au lointain serrement"

Et le dernier vers, isolé comme un boomerang (pas le meilleur formellement mais nécessairement signifiant), vivifie le souvenir. Nostalgie a contrario. Nostalgie à l'envers. Nostalgie exotique.


Texte qui se mérite dans un premier temps, certes, mais qui se lit en boucle ensuite.

   jaimme   
1/7/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Un poème qui chante langoureusement à mes oreilles. Une musique occidentale pour un émerveillement oriental.
Mais avec un fond plus exotique, un amour teinté de regrets et d'espoir ("Qu'un jour le souvenir reprenne son voyage").
Dans le détail je suis un peu moins friand: la seconde strophe fait un peu trop "touristique".
J'apprécie particulièrement: "Que j'aime tes confins et ton détachement".
Une seule chose à dire: je lui souhaite ce voyage.
Merci.

   tibullicarmina   
6/7/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Du mal à saisir aux premières lectures l'idée maîtresse du poème.

Mais la musique de ces vers est bonne, très bonne. J'admire quelques petites audaces formelles qui prouvent que, même en néo, notre auteur prend grand soin de la forme poétique.
L'alternance par exemple. Un classique pur affirmera que la règle de l'alternance masculine/féminine n'est pas respectée. Faux! Elle l'est, mais selon la définition qu'en donna Appolinaire: est masculin un mot terminé par un son vocalique et féminin un mot terminé par un son consonantique. C'est pourquoi dans la deuxième strophe, l'auteur fait alterner sans faute "choisie/pagodes".

J'aime aussi la fluidité de la syntaxe. On ne trouve pas de ces abus de propositions relatives, de ces structures lourdes introduites par "en" ou "au" destinées à présenter images et autres métaphores. Ces défauts alourdissent souvent les écrits des meilleurs. Ici, l'auteur tire parti de toutes les subtilités de la souple syntaxe française (comme=tandis que...) tout en respectant à la perfection le rythme de l'alexandrin, hormis dans le vers 7 dont la césure est défectueuse. L'abus des adjectifs qualificatifs est aussi évité dans ce poème, c'est un défaut que l'on voit fréquemment.
Le "Que j'aime", placé en anaphore n'est nullement répétitif mais acquiert rang de refrain.

Pour le fond, il me semble que tout le poème est construit sur une métaphore entre le (les?) continent(s) et la femme. S'il s'agit bien de cela, cette métaphore traditionnelle depuis l'antiquité est traitée ici avec brio. La dernière strophe est superbe.

Dans l'ensemble, je regrette seulement le petit couac du vers 7.
Bravo et merci à l'auteur.

   Chene   
9/7/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Bonjour Itans,

Globalement ce poème me plaît pour son rythme et sa musicalité.

Quelques petites remarques :

- Dommage que le vers "Femmes de mes brumes, ma terre hâlée d'Asie" soit perfectible au niveau de la césure créant une rupture rythmique assez désagréable
- "rassises", je trouve à cet adjectif une connotation assez péjorative qui vient à l'encontre du sens global du poème (en créant de plus une rime juste suffisante, la seule d'ailleurs). A moins qu'il ne soit question du participe passé de "rasseoir", lui-même peu poétique... Merci à l'auteur de m'éclairer sur ce choix. Et puis pourquoi pas "requises"?

Bonne continuation et au plaisir d'une prochaine lecture.

Chene

   David   
11/7/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Itans,

Dans le titre "femmes" est au pluriel puis les vers semblent s'adresser à une seule. "cancel" serait un genre de barrière dans les églises "impénétrable au laïque" protégeant un "sanctuaire", le poème serait donc un amour sublimé. Les "résilles" renvoit peut-être au treillis qui forme le "cancel". La seconde strophe surprend un peu, après cette atmosphère liturgique, mais il y a comme une transition par la couleur : "brasilles" et "jaune d'argent" seront suivis de "aubes", "néons" et même "bouddhas" qui me semblent évoquer en l'encerclant une nuance de jaune.

Je ne veux pas passer sur le caractère absurde ou illuminé d'un vers tel que :

"Comme un vain continent d'espérances acquises,"

Si une espérance pouvaient s'acquérir, elle deviendrait une certitude, et c'est par son défaut qu'elle deviendrait "vaine", tout et son contraire dans un seul vers, mais dans le contexte, ça ne surprend pas, celui de la sublimation je veux dire.

Une évanescence réussie dans ce poème, et sans écrire le mot, bravo.

   Lechat   
13/7/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour itans

Beaucoup aimé cette composition. Comme une estampe sur laquelle le regard se pose pendant trois strophes avant de reprendre son voyage.

Le dernier vers m'a fait l'effet d'une sonnerie pour indiquer au lecteur que la rêverie était finie.

Très beau travail sur les mots, les sonorités, les rythmes brisés, pour rendre au plus près la douceur asiatique (quelques passages d'"In the mood for Love" me sont revenus).

Merci

   silene   
19/7/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je trouve cette évocation d'une femme d'Asie subtile et imagée, avec un voile de brume qui donne à penser à la distance qu'établit le temps. J'aime le soin apporté à la construction et au choix des mots, notamment ceux sertis dans la châsse du texte.
J'aime ce parfum à la fois précieux, mais sans maniérisme et cette émotion pudique et sobre.
Tri zouli.

   Anonyme   
29/11/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Je trouve au contraire un certain maniérisme (ce n' est pas une critique, cela s' accorde avec l'atmosphère orientalisante du poème):
dans le choix des mots, leur ambiguité (ainsi "rassises", féminin de rassis comme le vieux pain ou ré-assises ? sont-ce les" résilles" qui sont" d' argent" et "toi" qui es "jaune", pour éviter l'illogique "jaune d'argent" ? et le "serrement" un peu ancien qui nous oblige à penser à son omophone "serment".
La seule fausse note est dans le vers:
"Femme de mes brumes,ma terre hâlée d'Asie": en effet, le reste du poème est en alexandrins réguliers; or ici on a 13 syllabes car il faut décompter " mes-bru-mes-ma terr(e)hâlée...", le e muet de brumes étant suivi de consonnes doit être prononcé; et si on ne le prononçait pas, par licence "moderne", le vers serait cacophonique avec la rencontre des deux m dans "brum'ma terre".En général,d'ailleurs, on évite de mettre e muet+consonne à la césure de l'alexandrin.
Se dire ses vers à haute voix, pour entendre s'ils sonnent bien !


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