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Poésie contemporaine
Ithaque : Chopin me dit
 Publié le 02/10/17  -  16 commentaires  -  1813 caractères  -  187 lectures    Autres textes du même auteur

Hiver 1838. F.Chopin et G.Sand séjournent à Majorque. Bien que malade, il y compose, notamment, "Prélude N° 4, Op. 28".
À son retour, il me fait cette confidence...


Chopin me dit



« Je jouais, je jouais, ses regards m’inondaient,
Leurs iris dans les miens, douces planètes sombres,
Singulières lueurs embrasant ma pénombre
Et nos âmes unies, je crois, vagabondaient.

Valldemosa : souffrance, attente et longues nuits,
Un monastère, un cloître, et l’or de ma compagne,
Majorque, romantique, aux confins de l’Espagne,
M’arrachaient des douleurs et trompaient mon ennui

Loin des fines soieries des raouts parisiens.
« Préludes » s’achevait, Elle écrivait en prose,
Un roman* sur l’Hiver dans l’Île où ma névrose
Trouvait en son amour un refuge oasien.

Aggravant ma phtisie, des pluies accompagnaient
Les gens du lieu prenant des chemins de traverse
Pour ne point nous parler, anonymes, adverses,
Réfractaires, froussards et qui nous dédaignaient.

Nonobstant mes fantômes, ma toux et mon sang
Je poursuivais mon œuvre, aux heures soleilleuses
De meilleure santé, quand la muse rieuse
Parcourait mes portées d’un galop de pur sang.

La vie me revenait par les cris des enfants,
Le lierre et ses festons, les roses sous la neige,
Les guitares, au loin, et l’incessant manège
D’oiseaux venus fêter mon retour, triomphants.

Je composai beaucoup, romantisme fécond,
Perles de la douleur, sanctuaire sordide !
George, égérie modèle, écoutant, le cœur fluide,
Ma musique, charmée comme Dame au balcon.

Puis nous sommes rentrés en France après l’hiver,
Barcelone, Marseille, enfin la capitale !
Les fêtes, les amis, la nuit instrumentale
Et, toujours, près de moi, envoûtant univers,

Les battements de cils de Ses beaux yeux de moire. »


* G.Sand, Un hiver à Majorque


 
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   Queribus   
21/9/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Voilà un poème de main de maitre. Il n'y arien à dire sur la forme qui frôle la perfection; on dirait vraiment du Lamartine ou du Musset;
Sur le fonds, le sujet n'avait pas été traité jusqu'à présent à ma connaissance et il fallait y penser; l'exercice est particulièrement réussi; George et Frédéric doivent être ravis de cet hommage là où ils sont maintenant.

Bien à vous.

   Arielle   
2/10/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Le sujet est intéressant et ces confidences me paraissent recueillies avec un grand respect de la réalité. Dommage que quelques fautes de rythme viennent entacher cet hommage à un grand musicien.
"Nonobstant mes fantômes, ma toux et mon sang" le vers coupé en 7/5 n'est plus un alexandrin et boite un peu
"George, égérie modèle, écoutant, le cœur fluide" comporte 13 syllabes à moins que vous ne fassiez pas la diérèse sur flu-ide
Dans le second vers je trouve curieux et plutôt maladroit cet iris des regards au singulier.
A la fin du 4 eme quatrain le mot "froussards" me semble appartenir à un autre niveau de langage que l'ensemble que cette suite de quatre adjectifs alourdit par ailleurs sans nécessité
Cependant vous m'avez fait voyager agréablement entre Majorque et Paris et je vais, d'un clic, réécouter ce prélude en relisant vos vers...

EDIT : Vous avez corrigé le singulier d'iris depuis mon premier passage mais il me semble que les iris des regards demeurent, même au pluriel, assez incongrus. Peut-être ses iris conviendrait-il mieux ?

   Michel64   
2/10/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Ithaque,

J'ai aimé votre poème qui par le choix de ses mots paraît avoir été écrit à l'époque du récit (Nonobstant, Phtisie, Dame, ...)
Je crois que le premier quatrain reste mon préféré.

Ce vers, accroche un peu avec une césure en milieu du mot "fantômes" :
"Nonobstant mes fantômes, ma toux et mon sang"

Le mot "instrumentale" m'a parut une facilité pour la rime.
Peut-être "...longues nuits musicales".

Merci pour ce bon moment.
Michel

   Hananke   
2/10/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour

Un poème historique intéressant sur le voyage à Majorque.

Dommage que quelques fautes de prosodie viennent gêner la lecture
par endroits, fautes déjà signalées.
Mais l'ensemble émaillé de jolies perles tout au long du texte
se lit avec plaisir.

   Zorino   
2/10/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Ithaque,
Se glisser dans la peau d'un des Maitres du romantisme pour écrire cette lettre sous forme de poème a dû j'imagine vous demander beaucoup de travail. C'est un exercice qui peut s'avérer être dangereux, surtout au regard des puristes. Chaque mot doit être choisi et mesuré avec beaucoup d'introspection. La moindre erreur pourrait vous être fatale. Je pense que pour se lancer dans un tel ouvrage, il faut non seulement bien connaitre la vie de l'Artiste en question mais également l'aimer profondément, passionnément, éperdument. Dans votre poème où règne la sensibilité que pouvait avoir Chopin, j'ai retrouvé tout cela.
Je m’arrêterai là car vous m'avez fait voyager dans le temps à travers un Artiste que j'apprécie tout particulièrement. Je n'en demande pas plus. Je suis comblé.
Merci pour ce beau partage et tous mes compliments pour votre travail

   Damy   
2/10/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai réécouté avec beaucoup de plaisir le nostalgique prélude de Chopin.
Je n'avais plus en mémoire la liaison qu'il eût avec George Sand et votre poème m'en a ré-instruit et m'en a ému.
Les souffrances du pianiste ont atteint mes viscères, mais la présence de George dans ce "refuge oasien" lui permit de "parcourir ses portées".

Je trouve ce poème d'une très belle sensibilité et le contraste entre la maladie et l'amour est saisissant qui se parachève par un sublime dernier vers insistant sur les yeux, organes premiers de l'expression du sentiment amoureux... alors quand ils sont de moire...

Juste un petit bémol dans l'harmonie: je ne vois pas dans le prélude un "galop de pur sang", tellement il est calme et nostalgique.

Merci pour ce beau moment de lecture.

   papipoete   
2/10/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
bonjour Ithaque,
Quelle belle confidence de la part de Chopin, qui dit tout le bonheur qu'il a de composer près de sa mie, malgré " sa toux et son sang " ; il compose alors qu'elle écrit ;
NB une écriture au riche vocabulaire, aux images fort bien trouvées ( ... quand la muse rieuse/parcourait mes portées d'un galop de pur sang " et les 2 derniers vers superbes ! )
Le 27e vers " George égérie modèle ... " mesure 13 pieds ; est-ce cela qui classe votre poème en " contemporain " ?

   Ludi   
3/10/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Ithaque,

Certains vers sont magnifiques, desquels je dégage celui-ci :

« Perles de la douleur, sanctuaire sordide ! »

qui aurait pu être écrit par son concurrent Musset.

Par contre, je désapprouve totalement la facilité des rimes des verbes conjugués (m’inondaient / vagabondaient / accompagnaient / dédaignaient), la rime sang/pur sang, et le vers trop prosaïque « Puis nous sommes rentrés en France après l’hiver ».

Un vers boiteux :
« George, égérie modèle, écoutant, le cœur fluide, »
auquel il suffit d’enlever l’article le pour le remettre sur pied et peut-être pousser un peu la métaphore, pour en faire une synecdoque.



Un autre vers décroche du classicisme de l’alexandrin :

« Nonobstant mes fantômes, ma toux et mon sang »

mais la syllabe accentuée de fantômes partageant bien les hémistiches, il n’y a aucun problème de rythme à la déclamation :

« Nonobstant mes fantô/mes, ma toux et mon sang »

Bravo au passage pour l’allitération des m qui simulent bien la toux :)
Il en serait allé tout autrement si vous aviez choisi à la césure un mot sans e muet, c’est-à-dire une accentuation de la dernière syllabe, par exemple :

« Nonobstant mes revenants, ma toux et mon sang »

Là il y aurait un réel défaut de rythme, pour autant qu’on veuille rester dans un registre classique.

Ludi
batteur du groupe Odyssée

   Robot   
2/10/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Une confidence d'un membre du couple vedette de l'époque bien transcrite quoique manquant d'un peu de sel. A en croire les contemporains leur liaison n'était pas un long fleuve tranquille.

Aujourd'hui Chopin passerait à la télé dans les émissions "Talk Show". Chez Ruquier tiens ! En présence de Liszt pour animer le plateau.

Je les imagine Sand et lui avec une flopée de "papa rassis" à leurs trousses à travers Majorque.

   PIZZICATO   
2/10/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Cette " confidence ", en fait, un récit d'une période de la vie de l'Artiste, proche de la réalité sans trop de fioritures.

" Les gens du lieu prenant des chemins de traverse
Pour ne point nous parler, anonymes, adverses,
Réfractaires, froussards et qui nous dédaignaient." Ce, entre autre, qui avait provoqué l'animosité de Sand envers les autochtones

   Marie-Ange   
2/10/2017
 a aimé ce texte 
Un peu
Le titre a attiré ma curiosité "Chopin me dit", j'ai voulu
savoir ce qu'il en était.

Votre idée est originale, cependant vous n'avez pas
réussi à me convaincre.

Vous retranscrivez des événements de la vie de Chopin, connu de tous. Il me manque le côté atypique, plus personnel émanant de
votre émotion à son écoute. C'est Chopin, ce n'est pas rien tout
de même.

J'aurais aimé être emporté par l'exceptionnel, de ce moment,
au sein de son discours retranscrit, pas ce que je sais déjà,
mille fois entendu et lu.

J'aurais voulu ressentir l'échange plus prononcé entre vous
et Chopin. Ce recueil de confidences, n'est pas assez, pour moi,
perceptible. C'est trop convenu.

Votre tentative est louable, et ce poème, dans l'ensemble se lit.
bien.

   Antinoos   
3/10/2017
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjoute,


Très classique du point de vue de l'inspiration, un peu moins du point de vue prosodique. Et cela me déçoit un peu car, pour rendre tout à fait crédible le poème, soi-disant écrit à l'époque de Chopin (mort en 1849), il aurait fallu que les vers soient aussi rigoureux que ce qu'on écrivait dans la première moitié du siècle des Romantiques : toute une série d’assouplissements, visible ici, n'aurait donc pas droit de cité.

Ainsi : les couples de rimes masculines/féminines (sombres/pénombre) ; la synérèse sur "fluide" ; les e muets qu'on ne peut élider dans le corps des vers (ma phtisie, des pluies...) ; l'alexandrin tronqué : "Nonobstant mes fantômes, ma toux et mon sang" ; sang "rimant" avec pur-sang", n'auraient pu figurer dans une poésie romantique.
S'il n'y avait ce parti-pris chronologique, je ne serais pas aussi sévère.

J'ajouterais aussi quelques modifications dans la ponctuation, pour servir au maximum la poésie du sujet.
Ainsi, pour ne m'occuper que du premier quatrain, je l'aurais ponctué comme suit :

« Je jouais, je jouais ; ses regards m’inondaient,
Leurs iris dans les miens, douces planètes sombres,
Singulières lueurs embrasant ma pénombre,
Et nos âmes, unies, je crois, vagabondaient...
etc.

A.

   Alexan   
3/10/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J’ai passé un joli moment à lire ce poème. Tout d’abord je trouve que l’idée est bonne. Et puis c’est assez bien mené, on y croit ; je les vois presque… en tout cas je les imagine tous les deux dans ce qui m’apparait comme une courte accalmie au milieu de l’orage et des tourments.
Tout cela est évoqué avec finesse, fluidité, force et douceur… mais aussi une certaine pudeur, je trouve ; et un ton qui a réussi à m’entrainer au XIXe siècle.

   FABIO   
5/10/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour

C'est très bien écrit , avec des images claires et un style plus que rodé autour de votre plume, mais le thème ne me parle guère et la poésie
n'a pour moi ici pas un impact énorme.elle raconte mais elle ne déclenche aucun sentiment.

   Donaldo75   
6/10/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Ithaque,

J'ai bien aimé ce poème évocateur où j'entendais presque Chopin chuchoter.

Bravo !

Donaldo

   marin   
7/10/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↓
je trouve l'ensemble, dans la forme, plutôt bien fait.
mais quelques passages ou mots me semblent un peu faibles, des formules inégales :
"froussards" (décalé dans le ton avec le reste du poème)
"Nonobstant mes fantômes, ma toux et mon sang
Je poursuivais mon œuvre, aux heures soleilleuses
De meilleure santé, quand la muse rieuse
Parcourait mes portées d’un galop de pur sang." (un peu cliché)
"Je composai beaucoup, romantisme fécond," (faible)
"Puis nous sommes rentrés en France après l’hiver,
Barcelone, Marseille, enfin la capitale !" (trop commun)
mais ce n'est que mon avis, bien sûr.
je salue le travail.


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