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Poésie néo-classique
Ithaque : Ingoa
 Publié le 14/06/19  -  17 commentaires  -  1497 caractères  -  168 lectures    Autres textes du même auteur

Libres divagations à partir du tableau « La classe de danse » (entre 1871 et 74) d’E.Degas.


Ingoa



« Musique, s’il vous plaît ! En place !... talon... pointe,
Arabesque, groupez, déé-plo-yez, très gracieux !...
Et deux... et Entrechat... Fondu, les jambes jointes... »

***

Hilaire Edgar Degas, pas de loup, silencieux,
Chevalet sous le bras, traverse les coulisses,
Salue Jules Perrot – brigadier* judicieux ! –

Le maître de ballet, conduisant au supplice
Ces frêles corps fourbus d’étirements, brisés.
Les ballerines rient, exhibant le calice

De leurs gorges en feu. Le peintre, médusé
Par les gestes parfaits, croque leurs attitudes,
Les fixe sur la toile, et, rictus amusé,

Se gausse de les voir, ô espiègle habitude,
Bavardes, délurées, promptes à détaler
Au Bar de l’Opéra chercher la gratitude

Dans des calissons doux, avant de s’affaler
Sur des sofas en cuir en rêvant à la gloire...

***
Edgar hésite un peu, puis revient effiler

Le galbe en peau de soie de ce mollet ivoire,
Saisi dans un Sissonne° ou l’orbe d’un cerceau
De la belle Ingoa, créole aux yeux de moire,

Qu’il garde prisonnière aux poils de son pinceau.


* Brigadier : bâton (notamment au théâtre)
° Sissonne : saut vertical effectué après un plié et un appel des deux pieds, suivi d'une retombée sur un seul


 
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   Mokhtar   
18/5/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
« Garder prisonniers » une ambiance, une émotion, un éblouissement, un instant de vie… C’est la vocation du tableau, arrêt sur image sublimé par la sensibilité, l’oeil et la technique du maître.

Légèreté de la danseuse, légèreté de la jeune fille espiègle dans la souffrance. C’est le monde de Degas.

Quand trois arts se rencontrent…La danse et la poésie sont des formes d’expression si proches…

Ici s’imbriquent le monde des jeunes filles ardentes et pétillantes, le sujet et le thème récurrents du maître qui représente les tutus comme des nuages, lui-même « peint » dans sa démarche par le poète dont les émotions oscillent entre l’art en mouvement et l’art qui le fige.

C’est ce qui est exprimé dans les superbes quatre derniers vers.

Je suis très impressionné et conquis par ce poème d’un très haut niveau d’écriture et de poésie.

Mokhtar en EL

   Anje   
20/5/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Contemporain.
Le choix de la forme (tercets à rimes croisées) apporte une légèreté qui sied parfaitement au tableau. Les douze pieds de chaque vers sautent et retombent comme ceux des ballerines. Ici pas de pas d'éléphant mais de la grâce et de la souplesse. Mais pour atteindre ce beau résultat, il en a fallu des heures de travail, de répétition. L'auteur peut rêver de plumes dans un confortable sofa du bar de l'Opéra.
Anje en EL

   Queribus   
23/5/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

La bonne surprise du matin que ce poème tout en finesse, légèreté et humour avec de très belles images poétiques emplies de drôlerie avec de plus, une bonne maitrise de la prosodie néo-classique et une écriture moderne en même temps.

En résumé une écriture contemporaine bien comprise et bien maitrisée. Je ne regrette de m'être arrêté sur votre texte.

Bien à vous.

   troupi   
14/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'aime tout dans ce poème, le rythme, la musicalité, les images, la grâce des ballerines, la discrétion du peintre.

Mon passage préféré :

"Edgar hésite un peu, puis revient effiler

Le galbe en peau de soie de ce mollet ivoire,
Saisi dans un Sissonne° ou l’orbe d’un cerceau
De la belle Ingoa, créole aux yeux de moire,

Qu’il garde prisonnière aux poils de son pinceau."

Merci pour cette belle lecture qui touche vraiment le peintre que je suis depuis presque cinquante ans.

   eskisse   
14/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Ithaque,

Amoureuse de la danse, je trouve très difficile de transposer le mouvement en mots. ( Je m'y suis essayée en tâtonnant )

Vous y parvenez avec élégance par le biais du peintre-spectateur- danseur ( pas de loup ) qui s'immisce dans le ballet. Nous voyons à la fois ce que voit Degas depuis sa coulisse et ce qu'il a rendu dans son tableau, c'est un "tour" judicieux.
L'entremêlement de la voix, de la musique, de la peinture et de la danse est réussi.

En revanche, je regrette que l'art de la danse soit réduit à une souffrance et à la gloire. Il me semble qu'elle est aussi recherche du geste parfait et plaisir de l'exécuter. Mais ce n'est probablement pas ce qui se dégage du tableau.

Merci pour le partage.

   poldutor   
14/6/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Itaque,
On sent que dans une vie antérieure, vous fûtes "maître de ballet",
le vocabulaire de la danse classique vous est familier et employé à bon escient, à vous lire on se croirait dans le tableau de Degas.

Vous avez manifestement un faible pour "la belle Ingoa, créole au yeux de moire", comme on vous comprend !

Très belles rimes riches sur tout le poème, on se laisse aller à rêver...

Cordialement.
poldutor

   PIZZICATO   
14/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Une poésie aussi légère qu'un chausson de satin.
Une belle idée de décrire une classe de danse classique par le biais du tableau de Degas.
De belles images qui retracent le travail et la récréation ; une ambiance bien rendue.
" le calice de leurs gorges en feu "

" Le galbe en peau de soie de ce mollet ivoire,"
Jolie poésie.

Une réussite.

   leni   
14/6/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
salut cordial ITHAQUE

Merveilleux moment

c'est un poème distingué élégant gracieux imagé fluide sonore et parfois drôle Je vais citer pour me justifier

Ces frêles corps fourbus d’étirements, brisés.

croque leurs attitudes,
Les fixe sur la toile, et, rictus amusé,


Au Bar de l’Opéra chercher la gratitude

Dans des calissons doux, avant de s’affaler
Sur des sofas en cuir en rêvant à la gloire...

Le galbe en peau de soie de ce mollet ivoire,SUPERBE


Qu’il garde prisonnière aux poils de son pinceau.TROUVAILLE

D'un haut niveau d'écriture MERCI LENI

   taha   
14/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Ithaque,

Je connais ce tableau, je l'ai toujours regardé en passant, je le confesse.
Aujourd'hui je m'arrête, je prends le temps, je reviens à l'oeuvre de Degas et puis, clic ! la page Ingoa réapparaît.

Non, ce sont vos vers qui m'interpellent. Degas est la circonstance muette, figée vidée par les multiples visites de toute émotion; gisant comme une coquille vide.

Vos vers guident le regard, vous suggérez l'émotion, vous subblimez le mouvement du pinceau par la grâce des mots. les ballerines reprennent vie.
Moi je suis plutôt pour les mots.

Merci

   TheDreamer   
14/6/2019
 a aimé ce texte 
Bien
Un joli thème sur une belle musicalité des vers. Pour un poème sur la danse et indirectement la musique et donc le rythme, voilà qui est judicieux.

Une peinture de genre pour ainsi dire comme celles de Degas ayant choisi pour thème de prédilection la danse et les danseuses.

Un poème sur 7 tercets de rimes croisées auxquelles vient s'ajouter un vers final. C'est gracieux, léger, futile, pétillant et c'est pour moi ce qui emporte l'adhésion. La restitution de l'ambiance est juste et tout vient à propos.

Aparté - Degas est surtout connu pour son travail tant en peinture que sculpture sur la danse et les danseuses, mais, il a peint d'autres tableaux nettement moins connus du public, j'en conviens.

   Robot   
14/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Ce qui me paraît réussi dans ce poème, c'est le lien qui rassemble trois arts, la poésie, "votre poésie" Ithaque, avec la peinture et la danse. Votre écriture par son rythme animent les images du tableau de Degas et ses danseuses qu'il avait déjà saisi en mouvement.

Et cette description de la finesse du regard du peintre pour "effiler" son œuvre rend bien compte du travail de l'artiste.

Une belle réussite qui donne envie de retourner au musée d'Orsay pour admirer les tableaux de Degas.

   papipoete   
14/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Ithaque
" la classe de danse " vue par le peintre, et brossée sur une toile où l'on croit entendre les pépiements des ballerines, les " aïe " d'un faux mouvements. Et ça saute, et ça rit à gorges déployées tant et tant que secs paraissent les gosiers !
Et le peintre s'attarde sur une jeune créole, qu'il ne peint pas... la garde dans sa mémoire émue.
NB l'auteur semble manier une baguette de chef d'orchestre, où les musiciens jouent de leur corps, lancent des solos de jambes ivoire, et le ballet s'anime sous nos yeux admiratifs.
Les 3e et 4e strophes montrent ces demoiselles, acceptant le " supplice " qu'exige la danse... " en place, talon, pointe et on recommence talon, pointe ! " et beaucoup plus tard s'élancera sur le devant de la scène, la Danseuse Etoile
chaque vers a bien ses 12 pieds...

   ours   
14/6/2019
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour Ithaque,

Quel style, j'ai aimé le sentiment d'instantanéité propre à l'impressionnisme que procure votre poème où vous usez de toutes petites touches rapides qui prises individuellement sont belles mais sublimées dans leur ensemble.

Merci pour le partage.

Ours

   senglar   
14/6/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
Bonjour Ithaque,


Le poème lu on ne sait plus trop qu'admirer de votre mise en scène ou du tableau du maître.

Vous faites revivre une scène académique peinte par quelqu'un qui ne l'était pas, académique.

Vous redonnez une fraîcheur juvénile et espiègle à ces ballerines tantôt idéalisées en leur ballet.

C'est un bain de jouvence que vous nous offrez là au travers de l'éternité "De la belle Ingoa" dont je suis bien certain que les yeux valaient mieux que la "moire" ; rime oblige ?


Technique et poétique, juvénile et troublant.

Champony et Ruinart, doublement pétillant.


Senglar

   Cristale   
14/6/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Quel joli regard sur cette toile figée !

Le peintre, le maître de ballet, les danseuses, la musique, le décor, prennent vie et suggèrent le mouvement.

Des tierces-rimes en liberté qui donne le ton cadencé du poème.

Un regard que jalouserait le meilleur des photographes.

Bravo et merci Ithaque !

Cristale

   jfmoods   
15/6/2019
Ce poème en trois parties, composé de 22 alexandrins (présentés en tercets, distique et monostiches) est à rimes croisées, suffisantes et riches, alternativement féminines et masculines, consonantiques et vocaliques.

J'aurais mis une virgule à la fin du vers 20.

I) L'ambiance contrastée du lieu

1) Les exigences de Jules Perrot, maître de ballet

"talon... pointe, / Arabesque, groupez, déé-plo-yez, très gracieux !... / Et deux... et Entrechat... / Fondu, les jambes jointes...", "supplice", "corps fourbus d’étirements, brisés"

2) Le relâchement total des danseuses

"Bavardes, délurées, promptes à détaler / Au Bar de l’Opéra chercher la gratitude / Dans des calissons doux, avant de s’affaler / Sur des sofas en cuir en rêvant à la gloire..."

II) Un spectateur de choix

1) Le ravissement de Degas

"Les ballerines rient, exhibant le calice / De leurs gorges en feu. / Le peintre, médusé / Par les gestes parfaits, croque leurs attitudes, / Les fixe sur la toile"

2) L'obsession du détail

"Edgar hésite un peu, puis revient effiler / Le galbe en peau de soie de ce mollet ivoire... [...] De la belle Ingoa, créole aux yeux de moire, / Qu’il garde prisonnière aux poils de son pinceau"

Merci pour ce partage !

   Cat   
17/6/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Ithaque,

Le tableau de Degas sous ta plume s'anime de beauté, de vivacité et d'un je-ne-sais-quoi qui fait qu'il pétille. La mise en scène est délicieuse de précision, on s'y croirait !

Ce poème est très inspiré.
Tant sont resplendissantes ses diverses couleurs, qu'il tient la dragée haute au peintre en éveillant une musique que je ne lui connaissais pas.

J'applaudis des deux mains cette aura qui émane de tes mots.

A te relire


Cat


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