Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie contemporaine
Ithaque : La pomme au compotier
 Publié le 18/12/17  -  10 commentaires  -  1683 caractères  -  209 lectures    Autres textes du même auteur

Qui sait ce que chacun fera dans ces moments-là ? Le poète imagine qu’il pourrait en être ainsi…


La pomme au compotier



Alanguie dans un compotier,
Une pomme, un rai de lumière,
Un ruché de rose trémière
Près d’un banc, au bout d’un sentier.

Silencieux, couché, je regarde
Les ampleurs du fruit défendu :
La rosée, sur sa peau tendue,
Perle et suinte puis… s’attarde,

Indécise, au rond de sa joue…
Pour continuer sa chute lente,
Telle une larme qui serpente,
S’accroche… se lâche… et s’enjoue

De la pesanteur qui l’entraîne
À folle allure en contrebas,
Tandis… qu’alité… je me bats…
Contre ce chancre qui me traîne

Aux pires gémonies chaque jour !…
Ô pomme rouge, d’ocre et d’ambre,
Entraperçue depuis ma chambre
Où je demeure pour toujours,

Quémande à ce Dieu qui t’écoute,
D’abaisser, plus tard !… mon rideau,
Que j’ouvre encore deux cadeaux :
Mes yeux, pour toi, quoiqu’il m’en coûte !

Dis-lui qu’à t’avoir fait si belle,
Il ne peut te laisser ainsi
Seule, exposée, à la merci,
En me couchant à la tombelle !

Et que, sans doute, si je meurs,
Resteras-tu triste, orpheline,
Privée de ma cour masculine
Qui revigore mes humeurs…

Ou bien, s’il ne fait volte-face,
Qu’il me permette – accommodant ! –
De mordre en toi, à pleines dents,
Comme en la vie… dont il m’efface !

°°°°°°°°°°°°

Alanguie dans un compotier,
Une pomme… et, sous mes paupières,
Un papillon voit la Lumière
Et s’envole… à jamais… du sentier.




La pomme au compotier


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Cat   
18/12/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Au Jardin d’Eden d’Ithaque, coule le flot de l’amour idyllique. Enfin, idyllique dans le contexte du Paradis défendu…

Qu’elle est belle, cette pomme, dans son compotier !

Tes vers sont lumineux et chantent déjà leur propre musique.
Plus la tienne, celle que tu as composée aux sons des trilles de l’oiseau. Elle a quelque chose du rondeau de Rameau aux Indes Galantes…

Après, la métrique, c’est pas mon truc. Mais vu comment la lecture m’emporte sans heurt ni pied qui trébuche, suivant mon instinct je peux croire que les spécialistes ne trouveront pas grand-chose à redire.

Ton domaine artistique est vaste : poésie, musique et théâtre. Bravo l'Artiste !

Ta poésie a redonné des ailes à ma plume, ce matin. Merci.
Merci infiniment pour ce moment de partage

A te relire et t'écouter encore...


Cat

   papipoete   
21/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Ithaque
Le fruit défendu, dans son compotier est beaucoup trop tentant, pour ne point y mordre à pleine dent !
Défendu pour qui n'est pas son jardinier, or c'est ce dernier qui supplie Dieu de jouir de ce fabuleux spectacle offert à ses yeux gourmands !
NB poésie des mots, des images, des sensations à travers la plume de l'auteur qui nous laisse entrer dans son Eden, et regarder un instant, ce que lui voit chaque aube, alors que le jour se lève ...
A compter les pieds des vers, octosyllabiques au départ puis inégaux par la suite, je pense que le poète choisît d'emblée la forme contemporaine ?
Le 21 décembre, je tends l'oreille sous le compotier, où je crois entendre des accents de Malraux, étendant jusqu'à les rompre, vos fameux vers !

   PIZZICATO   
18/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
De l'originalité exacerbée ! Il fallait le trouver, ce sujet !

Des images superbes, une poésie débordante qui font naître l'envie de me glisser dans le compotier pour aller goûter cette pomme...

Garde m'en quand même un pot.
See you soon.

   Louison   
18/12/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Ithaque,

Comme ce poème est beau. Je l'ai d'abord lu une fois, en silence, puis, le rythme est si beau que j'ai eu envie de le relire à voix basse, les mots se découpent avec grâce, c'est magnifique.

   leni   
18/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour ithaque
que tous les gourmands d'ONIRIS ne finissent pas le pot La gourmandise est-elle un des péchés capitaux? A défaut de finir le rabe je déguste ce
poème Une écriture toute en aisance et des vers qui sonnent bien
Ou bien, s’il ne fait volte-face,
Qu’il me permette – accommodant ! –
De mordre en toi, à pleines dents,
Comme en la vie… dont il m’efface !

Joliment dit....à pleines dents
Merci de m'avoir si bien tenté
Merci pour cet excellent moment Salut cordial Leni

   Brume   
18/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Ithaque

Ça alors ! Mais quel regard ! Quelle sensualité...Pour une si jolie pomme. Il n'y a qu'en poésie qu'une plume de qualité a ce pouvoir de sublimer. Le narrateur, alité, a su capturer chaque détails pour nous mettre l'eau à la bouche et ainsi donner de l'émotion. Le narrateur, très mal au point, voit les choses d'un autre regard, plus intensément.

Un poème qui a le souci des jolis détails, très touchant, très beau. Il émane une atmosphère de bien-être assez particulier.


Petit bémol pour la voix, je trouve qu'il y a trop de souffles, c'est exagéré, mais c'est qu'une question de goût.

   myndie   
20/12/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Ithaque,

En quelques coups de pinceau, vous plantez le décor avec une précision diabolique, mais aussi avec talent et beaucoup d'élégance. Finesse de l'écriture et joliesse des vers.
Votre plume maîtrise la prosodie avec aisance et l'on en oublierait presque le travail qui se cache là derrière.
Le choix de l'octosyllabe est judicieux, qui confère à ce tableau frissonnant et plein de couleurs son rythme lent et son souffle en suspens (tout un symbole).
Concernant l'oralité, j'ajoute que je ne me prononce que sur la version écrite car je ne suis pas fan du tout de la version audio, pardonnez ma franchise.

Et sur le fond, alors, que dire d'autre que j'aime énormément le clin d'œil implicite et les non-dits qui sous-tendent vos vers. N'étant pas par nature portée sur les punitions divines en tout genre, je préfère relever la cruauté de la vie, du destin, appelons ça comme on veut , qui ajoute sa louche de souffrance supplémentaire en soumettant aux affres d'un désir inassouvible un malheureux se mourant d'avoir sans doute trop succombé aux plaisirs faciles.
Bien que ma préférence se porte sur la toute dernière strophe, riche à elle seule de toute la charge émotionnelle du poème, j'ai vraiment pris beaucoup de plaisir à cette lecture.

merci infiniment

myndie

   Cristale   
21/12/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Ithaque,

Tout va trop vite ! je n'ai pas eu le temps de commenter ce poème auparavant alors je viens vite par ici m'immiscer dans le compotier où j'ai découvert tant de belles et pommelées choses que je ne puis que comprendre la gourmandise visuelle du narrateur dont le corps est prisonnier de la maladie qui le ronge.

Je lis le plaisir du regard, j'entends le désir des sens, la sensualité exacerbée d'une folle envie de vivre et de mordre dans tous les délices offerts à portée des yeux, ces yeux, ce dernier lien :

"Quémande à ce Dieu qui t’écoute,
D’abaisser, plus tard !… mon rideau,
Que j’ouvre encore deux cadeaux :
Mes yeux, pour toi, quoiqu’il m’en coûte !"


Ma troisième lecture de ce matin et mon deuxième audio, et quelles lectures !

Pour ce poème également mon appréciation sera à la mesure de mon plaisir et mon admiration pour l'écriture.


Merci Ithaque
Cristale

   inconnu1   
13/1/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Beaucoup de belles choses dans ce poème et des métaphores très efficaces. Une seule petite remarque négative (mais si peu). Alors que vous faites l'effort de choisir des rimes riches, voire complexes (pas facile de trouver une rime riche avec joue) avec cette volonté que la richesse des rimes ne pèse pas sur le fluidité de la lecture, j'ai eu un problème avec les diérèses de la 2eme strophe (entre silencieux et suinte). Si on admet la diérèse pour suinte (pour obtenir 8 pieds), ne serait-il pas logique de l'accepter pour silencieux? Ce problème arithmétique m'a pris un peu de temps avant que je reprenne ma lecture très agréable.

   jfmoods   
21/3/2018
Certains poèmes vous touchent immédiatement. Il vous semble que vous pourriez rapidement les réciter par coeur tant le rythme, les images, la procédure, s'imposent à vous avec évidence. C'est le cas pour moi de "La pomme au compotier".

Ce poème est composé de dix quatrains. L'octosyllabe de rigueur fait place, au dernier vers, à un ennéasyllabe. Les rimes, embrassées, suffisantes et riches, sont majoritairement féminines.

L'être humain a pour moteur le désir. Il n'en est jamais plus conscient qu'au moment où la maladie le cloue au lit, où elle le contraint à n'être plus qu'un regard qui se pose sur un monde à présent resserré.

L'alitement évoqué ici est lié à une situation bien particulière : le locuteur y livre un combat journalier contre la mort.

La pomme devient, dès lors, le point de cristallisation d'un univers intime.

Baignée de sensualité, elle se pare des atours d'une femme désirée. Les yeux la caressent, doucement, fébrilement. Elle s'impose comme la raison d'être de celui qui, sachant son échéance venue, rêve d'une impossible rémission.

Elle figure l'illumination ultime d'un mourant.

Merci pour ce partage !


Oniris Copyright © 2007-2018