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Poésie contemporaine
Ithaque : Longs baisers de plume
 Publié le 13/02/19  -  20 commentaires  -  1403 caractères  -  230 lectures    Autres textes du même auteur

Correspondance d'antan...


Longs baisers de plume



Elle était à l’abri, sous le poids d’un caillou,
Dans une niche ouverte aux quatre vents. Sa frise
De cœurs entrelacés, l’enveloppe cerise,
Ou le dessin d’un chat poussant un gros miaou,

M’indiquaient à coup sûr d’où la lettre venait !
Ma sœur, en la lisant, seule, dans son silence,
Partait, je ne sais où, dans un lieu d’indolence
Dont rien ne l’éloignait. Et, lorsqu’il m’advenait

De vouloir entacher ce temps de volupté
D’un fétu d’ironie, d’une infime vétille,
De la moindre question, je sentais que Bertille,
Lasse, ulcérée, durcie, pouvait, au débotté,

Muer ses yeux velours en dentelles d’ortie !
J’ignorais tout, alors, des longs baisers de plume
Écrits par les amants, douces fleurs sous la glume,
Parfumées de désir, d’attente consentie,

De prémisses encrées qui affûtent l’envie,
Audaces sur papier Chambord, fervente étreinte
Des mots incandescents tatouant leur empreinte,
La promesse en feuillets d’un amour pour la vie !

********
J’ai, plus tard, chiffonné de multiples brouillons,
Mille fois raturé l’incipit sans étoffe
De titres ampoulés ou de premières strophes,
Avant de conserver mes plus beaux ardillons

Pour celle à qui j’écris... en guettant le facteur...
Dans l’attente d’un Oui, toujours la même lettre !


 
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   Corto   
28/1/2019
 a aimé ce texte 
Bien
La scène est réaliste. Cette grande sœur qui reçoit des lettres d'amour et qui "en la lisant, seule, dans son silence,
Partait, je ne sais où, dans un lieu d’indolence".

Avec cette lettre "Dans une niche ouverte aux quatre vents" on a presque envie de venir réparer la boite aux lettres...

Aux yeux de l'enfant il se passe quelque chose de bizarre avec "La promesse en feuillets d’un amour pour la vie".

Revanche, revanche, l'enfant a grandi et à son tour c'est lui qui "en guettant le facteur...Dans l’attente d’un Oui, toujours la même lettre!"

La scène de vie est bien rendue, même si le thème n'est pas vraiment très original. On se doute qu'il ne faut pas y voir un tableau de la vie moderne où les approches amoureuses n'ont plus les mêmes lenteurs.

A vous relire.

   STEPHANIE90   
29/1/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

que de fraicheur dans ce poème d'antan ! Je me laisse volontiers embarqué par cette lettre cerise aux cœur entrelacé, me rappelant soudain toute la gourmandise des papiers chatoyants de ces lettres d'antan parfumés bien souvent...
Je soulève un doublon au 24ème vers, qui sera certainement corriger avant envoi., je ne vais donc pas en tenir compte. Ce Chambord au vers 18, ne me plaît guère, je dérape dessus à la lecture. Pour le reste, à part, un petit chiffonnement concernant les strophes que je n'aurais pas disposé de la sorte, je trouve là, matière pour un bon moment de lecture sur la correspondance amoureuse.
Ces 2 strophes m'ont tout particulièrement plu :
De vouloir entacher ce temps de volupté
D’un fétu d’ironie, d’une infime vétille,
De la moindre question, je sentais que Bertille,
Lasse, ulcérée, durcie, pouvait, au débotté,

Muer ses yeux velours en dentelles d’ortie !
J’ignorais tout, alors, des longs baisers de plume
Écrits par les amants, douces fleurs sous le glume,
Parfumées de désir, d’attente consentie,

Merci pour la missive du cœur,

Stéphanie

   Gabrielle   
31/1/2019
 a aimé ce texte 
Bien
L'histoire se perpétue à travers les mots...

Qu'il y a t-il de plus charmant qu'une correspondance entretenue par deux amants se promettant un amour pour la vie ou celle d'un coeur alangui qui attend une réponse de la part de sa bien-aimée avec laquelle il souhaite passer le restant de sa vie ?

Merveilleuse correspondance d'antan qui se fit témoin d'instants heureux !

Au plaisir de vous lire.

   Eki   
13/2/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Quel très joli titre pour un poème romantique !

Ah ! le bel embrasement où brille la flamme de la passion...

L'attente avant l'inespéré...superbement décrite par vos mots adorables...

Bravo pour cet écrit, Ithaque !

Eki dans l'exaltation

   domi   
13/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Très joli texte, qu'on relit plusieurs fois avec plaisir !
AU début, les enjambements pratiquement systématiques m'ont gênée, ensuite je les ai ressentis comme un certain suspens, (cette fameuse attente consentie ?), comme une histoire interrompue pour mieux attendre ...
Belle description de la grande soeur et du mystère pour l'enfant plus jeune "ignorant tout des longs baiser de plume", bien vu l'attente et la correspondance rendant les baisers plus "longs" !
Très poétiques images, dont ces "dentelles d'ortie", belle écriture.

   papipoete   
13/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
bonjour Ithaque
Quand passait le facteur avec une lettre pour ma soeur, je prenais un malin plaisir à la taquiner sur l'expéditeur...à voir son air émoustillé de lire ces mots d'amant qui, d'une phrase vous font rosir d'émotion !
Quand vint ce temps pour moi d'écrire à ma mie, bien des brouillons il fallut pour écrire ma lettre, toujours la même dont j'attends encore la réponse...
NB que n'a-t-on pas embêté soeurette, dont l'ouverture d'un pli montrait la fébrilité ! " alors, que te dit-il aujourd'hui ? qu'il t'aime plus qu'hier et moins que demain ! " je la vois encore cette enveloppe, serrée comme une feuille morte, que pourrait envoler le vent ; plus précieuse qu'un trésor !
C'est fort imagé sans jamais abuser " muer ses yeux de velours en dentelles d'ortie " en est un exemple majeur !
La 5e strophe est un souvenir pour les amoureux que nous fûmes, quand le smartphone n'était pas encore entre les mains des amants...ah, la lettre qu'on attendait !
Un unique bémol ; je n'aime pas beaucoup le système des enjambements ( et là, il y en a plusieurs ! )
je ne vois pas ce qui s'oppose au néo-classique ?

   PIZZICATO   
13/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'ai pris plaisir à me glisser dans un temps qui n'est plus, en lisant cette poésie emplie de fraîcheur, de romantisme.

Cette fièvre de l'attente d'un courrier du coeur est bien exprimée.

" Ma sœur, en la lisant, seule, dans son silence,
Partait, je ne sais où, dans un lieu d’indolence
Dont rien ne l’éloignait." Il faut prendre le temps et choisir l'endroit pour la relire vingt fois...

J'aimerais bien t'entendre, comme tu sais si bien le faire, déclamer cette poésie.

   Cristale   
14/2/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Les relations épistolaires, d'avant l'immédiateté d'internet, si bien contées ne peuvent que me plaire, nul n'en doutera, et quand elles sont relatées par une plume aussi élégante, mon plaisir est décuplé.

Le regard du petit frère dans sa grand innocence est parfaitement reproduit "J’ignorais tout, alors, des longs baisers de plume"
Tout est dit en un seul vers, un vers magnifique !

Et ce vers craquant de la soeur dérangée dans sa lecture intime :
"Muer ses yeux velours en dentelles d’ortie !"

"De désir et d'attente consentie", "de prémisses encrées qui affûtent l'envie" "des mots incandescents" que tout cela est décrit bien la passion de ses échanges épistolaires ! Bravo !

Aujourd'hui, sans doute avec cette image dans sa mémoire de l'amoureux invisible qui faisait rosir les joues de sa soeur de ses baisers de plume, c'est lui qui espère une réponse :
"Pour celle à qui j’écris... en guettant le facteur...
Dans l’attente d’un Oui, toujours la même lettre !"

Techniquement, la fluidité des vers est telle que les enjambements ne nuisent nullement à la lecture. Rythme et musicalité accompagnent un discours clair et moderne.

De jolies scènes pour un film romantique des années 50 que j'ai beaucoup aimé.

Merci Ithaque.
Cristale

   Stephane   
13/2/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Ithaque,

Tout n'est que merveille dans ce poème. Les tournures de phrases me laissent pantois. Un verbe vraiment sublime, bravo.

Cordialement,

Stéphane

   hersen   
13/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un poème éminemment sympathique, j'adore le rôle du petit frère chicaneur...qui se retrouve, des années plus tard, dans le rôle de l'écrivant...

Il y a ici un angle qui donne une grande vie à ces vers, comme un miroir de la façon dont ses lettres seront lues, il l'a là, devant lui, rien qu'en regardant sa soeur.
Et puis, il découvre que ces fichues lettres...pas si faciles à écrire !

Un lecture qui laisse traîner un sourire au coin des lèvres;

merci Ithaque !

   leni   
13/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
salut Ithaque
Excuse mon retard
L'attente d'un courrier du coeur est toujours un moment fébrile
Sa soeur pour lire cette lettre partait je ne sais où
A cette époque le petit frère ignorait
tout des longs baisers de plumePlus tard c'est lui qui écrira.....et la vie continue Merci Ithaque pour cet excellent moment AMITIES Leni

   Castelmore   
13/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Originalité,délicatesse et musicalité sont partout présentes. Elles enchantent la lecture.
Je ne sais combien de brouillons vous avez chiffonnés ...

Et nul doute ! Si toutes vos demandes sont de cette eau, courrez à votre boîte aux lettres ... elle est pleine !

Avec un sourire

   senglar   
13/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Ithaque,


Comme quoi une soeur aînée est un exemple à suivre car elle est souveraine dans les jeux du coeur. Etonnant prénom que celui de Bertille, il y a du suranné dedans, de la douceur aussi, une odeur de campagne et d'innocence.

Lecture très fluide, agréable et plus encore après avoir cherché glume et ardillon... et puis aussi Bertille dans mon dictionnaire des reines de France. J'ai trouvé une princesse du côté de Mérovée ("antan de l'exergue se justifie pleinement). :)

Senglar

   myndie   
13/2/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Ithaque,

que puis-je ajouter qui n'ait été dit déjà par les amoureux de ton poème ?
Rien que pour le titre, cette somptueuse expression « longs baisers de plume », je craque.
On te suit, on glisse avec délices dans l'émotion mémorielle car ton style coule, naturel et mélodieux à l'oreille, porté par de subtiles images comme dans ces vers magistraux :
« partait je ne sais où, dans un lieu d'indolence »
« muer ses yeux velours en dentelles d'ortie »
« parfumées de désir, d'attente consentie »

Il y a là une puissance d'enchantement doublée d'une telle tendresse, il y a là tant de grâce en embuscade que je suis sous le charme.

J'ai trouvé beaucoup de richesse à l'évocation de tes souvenirs.

myndie, épistolaire enthousiaste

   jfmoods   
14/2/2019
I) Le champ exaltant de l'épistolaire amoureux

1) Une destinataire comblée

2) Un spectateur curieux et taquin

II) Une situation renversée

1) Un expéditeur obstiné et appliqué

2) L'attente enfièvrée du comblement

Merci pour ce partage !

   SaintEmoi   
14/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
j'ai vraiment été séduit par ce poème.
Il y a dans les échanges épistolaires quelque chose qui tient d'un respect mutuel que les mains parfois ne savent pas tenir.
La distance nourrit sagement le désir quand la proximité souvent affame l'animal en nous. La distance surtout, ici, nourrit une poésie riche qui attrape efficacement le lecteur.
Merci

   DianeSrd   
14/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai aimé les rythmes et les coupures qui donnent une suavité
particulière à ce poème. Il y a aussi quelque chose qui masque et en même temps dévoile les mystères de l'amour.

   emilia   
14/2/2019
 a aimé ce texte 
Passionnément
Quelle belle lettre poème, pleine de charme et de délicatesse, dont les strophes se succèdent par enjambement et comme par enchantement pour dire tout le plaisir de l’attente programmée, depuis l’enveloppe et les indices révélateurs de l’expéditeur jusqu’au rituel de lecture de l’heureuse destinataire qui recevait ainsi l’offrande « d’un temps de volupté » et qu’il ne fallait surtout pas déranger de crainte de voir « muer ses yeux velours en dentelles d’orties » (quel beau vers expressif et réaliste !) et que dire de cette superbe métaphore « ces longs baisers de plume » comme autant de douces fleurs parfumées de désir… », ce trésor précieux des « mots tatouant leur empreinte avec l’espoir d’une promesse d’amour à vie… » ; comment ne pas éprouver de la nostalgie en songeant au plaisir de pouvoir encore se plonger aujourd’hui dans ces correspondances amoureuses ou de voyage qu’entretenaient les amants, des auteurs illustres aux simples soldats, quelles richesses de témoignages peuvent-t-elles encore apporter et combien semblent dommageables leurs disparitions dans notre société moderne soumise au smart phone privilégiant la vitesse de communication à l’épanchement sentimental… ; un grand merci à vous pour cette lecture si sensible…

   wancyrs   
14/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Salut Ithaque,

On voyage avec vous dans le temps, emporté par le souffle du souvenir dont vous relatez si bien. Vous lire c'est comme boire du petit lait devant les images déroulant sur un écran plat. Merci ! J'ai tout aimé, parce que votre texte est un tout, un moment volé au plaisir de cette soeur qui frémissait à ouvrir les lettres de ses amants...

Wan

   Pouet   
15/2/2019
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bjr,

un texte fort mélodieux et bien écrit ai-je trouvé.

L'émoi épistolaire décrit et découvert par le truchement d'une sœur transie.

Particulièrement aimé la première strophe ainsi que le passage autour de "Muer ses yeux velours en dentelles d’ortie !", dualité et opposition. L'amour comme un secret. Pour revenir au miaou, une chatte à qui on volerait son écuelle de lait...

Je ne sais qu'ajouter si ce n'est que j'ai trouvé l'angle très intelligemment éclairé.

Au plaisir.


Oniris Copyright © 2007-2019