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Poésie contemporaine
jeanphi : Calestienne
 Publié le 15/06/26  -  10 commentaires  -  782 caractères  -  154 lectures    Autres textes du même auteur

En pays natal…


Calestienne



Sur une langue verte jonchée de ronces amères,
Les fougères au chemin ont façonné l'ornière.

Et je me perds au fond de gorges gouleyantes
Qui crépitent en reflux sous les pierres ardentes.
Loriots et grimpereaux avec les pics chantent
Les bienfaits de l'orchis, médecine des sentes.

Tout fredonne, tout bourgeonne, jusqu'au terrier du lièvre
Qui ne s'adresse à nous plus que du bout des lèvres,
Comme tous s'affairent à redorer le nid,
Entre les cornouillers, il s'enfonce sans bruit.

Prunellier et sureau dans l'ombre des mélèzes,
Semblent à l'anthropocène vouloir freiner les aises.

Tout est rond, rebondit, jusqu'aux Ardennes bleues,
Les vaux de Calestienne dans les ombres d’Adzeux !


 
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   Polza   
1/6/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
C’est peu dire que j’ai beaucoup apprécié ce poème.

J’admire votre sens de la description, je ne connais pas du tout cet endroit et pourtant, vous m’avez donné envie de le découvrir.

Il se dégage une douceur et une belle musicalité de votre poème, ça coule tout seul.

Une toute petite faute de rien du tout sera sûrement corrigée avant publication (je veux bien me couper une main si vous n’êtes pas publié (ée) !) « les cornoullierS », mais ce n’est vraiment pas ce que je retiendrai de votre poème…

Je trouve dommage que parmi toutes les catégories, la poésie classique que j’affectionne pourtant ait souvent droit à plus de commentaires en EL, car votre poème présenté en poésie libre n’a vraiment rien à envier à cette autre catégorie…

Pas un seul commentaire en 8 jours, voilà qui est réparé, même si mon commentaire n’est pas extraordinaire comparé à la beauté et à la pureté de votre poème, vous êtes le Jean Giono de la Calestienne !

   Passant75   
2/6/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
J’ai trouvé ce poème dense et très imagé. La nature, rendue avec une richesse sensorielle, devient un paysage vivant. Les sonorités sont travaillées avec soin, j’ai particulièrement apprécié « Tout fredonne, tout bourgeonne ». Le recours à un vocabulaire très localisé apporte au texte une authenticité, mais risque aussi d’égarer qui ignore tous ces noms.

Une fois dit cela, l’ambition stylistique me semble parfois conduire à une surcharge d’effets. Certains mots paraissent choisis davantage pour leur singularité que pour leur nécessité poétique. Par ailleurs, si la fin du poème crée une certaine atmosphère, sa syntaxe reste aussi floue que l’impression que l’on en conserve.

Malgré cela et le choix que j’ai trouvé incongru du terme « anthropocène » qui risque de rompre une certaine harmonie, au final, je me suis tout de même laissé emporté par la fluidité et la musique du texte

   Cyrill   
15/6/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
«...En pays natal... » : que voilà un bon programme !
J’aime beaucoup ces longs vers qui flirtent avec l’alexandrin tout en le snobant de quelques syllabes. J’y vois une liberté qui correspond à la sauvagerie de la nature, comme une volonté de barrer la route aux calibrages de l’anthropocène, au même titre que « Prunellier et sureau dans l'ombre des mélèzes ».
J’ai le sentiment d’une flânerie dans cet inventaire, et les voyelles nasales des rimes du second quatrain permettent d'allonger le pas. La faune et la flore sont agréablement égrenées et mises en relation, mais les deux derniers distiques embrassent une plus large perspective que la seule évocation de la nature. Les dimensions historique et géographique confèrent une forme de plénitude au tableau, tandis que ce beau vers «Tout est rond, rebondit, jusqu'aux Ardennes bleues » laisse une impression de contemplation quasi-amoureuse.
Il me semble que si vous aviez choisi pour titre ce que vous avez indiqué en exergue, le poème aurait encore gagné en émotion et en personnalité, mais c’est peut-être un détail.
Bravo, et merci beaucoup pour le partage.

NB : je lis ailleurs qu'Adzeux est un hameau. Combien d'âmes ?

   EtienneNorvins   
15/6/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Merci Jeanphi de nous permettre de commencer la journée par cet hymne-promenade, merveille de fraîcheur et de sensibilité ! Tout est réussi, jusqu'au "couac" de l'anthropocène, mot bien trop savant qui s'étale en plein milieu de vers et fait vraiment tache dans le décor. Mais les courbes féminines des Ardennes bleues l'effacent aussitôt, pleines d'échos rimbaldiens "sensationnels" !
Bravo !

   LeChevalier   
15/6/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Un poème très minéral, rempli de mots que je ne connaissais pas mais qui lui donnent, justement, ce caractère local. Il me semble que le texte sera au mieux apprécié par ceux qui connaissent les paysages qu'il décrit ; leur plaisir viendra de la reconnaissance. Pour moi, qui ne suit jamais allé dans ces contrées, cela reste un peu distant. Je me réjouis qu'il y ait un lièvre qui ajoute de la vie à l'ensemble géologique.

D'autres l'ont remarqué, le mot « anthropocène » détonne alors qu'il est super important, puisqu'il introduit l'homme dans l'ensemble ; l'homme que la nature essaie justement de « freiner ».

Je suis quand même surpris par ce « rebondit » vers la fin : j'aurais bien écrit « rebondi » à la place.

   Provencao   
15/6/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour jeanphi,

J'aime beaucoup votre poésie ravissante et très éthérée. Il y a, à mon sens une belle dimension harmonieuse en vos vers.

Jolie référence colorée naturelle de fredonnement et d'émotions.

Au plaisir de vous lire,
Cordialement

   Curwwod   
15/6/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour Jeanphi,

Quelle fraîcheur dans ce poème qui livre votre amour de votre région natale ( les Ardennes ?). Tout semble animé d'une vie intense : bêtes et gens, plantes et ruisseau. Vous savez prêter aux uns et aux autres une intention quasi humaine de s'épanouir en une harmonie universelle.
L'écriture est soignée et harmonieuse et vous pouvez, si vous le désirez, vous intéresser aux catégorie néo et classique.
Un joli moment.
C.

   marcolev   
16/6/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour Jeanphi,

La nature est vivante, organique, avec une certaine rudesse qui donne un relief particulier au paysage.

L’ancrage territorial avec les images naturalistes est très efficace.
La musicalité est particulièrement réussie avec un rythme régulier et des rimes bien tenues.

Le mot anthropocène s’il est intéressant sur le fond surprend, est-ce voulu ?
Merci de ce beau poème

   Lariviere   
22/6/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Bonjour jeanphi,

J'ai bien aimé votre poème.

Dans un style naturaliste qui me séduit, par son coté "sensitif primaire" et contemplatif de la beauté que nous offre gratuitement la nature, je l'ai trouvé plutôt bon et très évocateur en terme d'odeur, de parfum, de paysage.

Il y eu une vrai résonnance, donc, entre vos vers et mon ressenti personnel, même si géographiquement, je ne connais pas le coin magnifique que vous décrivez, mais qui fait écho à la nature magnifique elle aussi qui m'entoure dans ma campagne Provençale de mon "pays natal". La part d'universalité ici n'est pas étouffé par la singularité et c'est agréable pour le lecteur.

Sur la forme, l'ensemble est plutôt abouti d'après moi. C'est rythmé et chantant et je le répète, les images choisies sont très évocatrices, de factures assez moderne parfois (comme dans les vers d'entame) et pourvoyeuses d'émotions simples mais apaisantes.

J'ai aimé particulièrement les distiques, d'entame et de conclusion. Sur rythme, sons et images. Sur l'avant dernier distique, je remarque comme beaucoup le choix "incongru" de cet "anthropocène" qui tranche avec le registre du vocabulaire d'ensemble. Avec la sonorité globale du vers, ce choix original et osé m'a plutôt séduit.

Si j'ai un bémol, c'est sur la deuxième strophe. Les images sont aux niveaux mais je n 'est pas été conquis par la monorime et par le rythme un peu trop hâtif, selon moi.

Mais en résumé, c'est un bon poème, assurément, qui m'a procuré de belles et reposantes sensations.

Merci pour cette lecture et bonne continuation !

   Pussicat   
22/6/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
La profusion de mots choisis fut l'obstacle majeur à ma lecture (anthropocène / mélèzes...), une lecture qui aurait dû être fluide et presque liquide ainsi cette "langue verte".

Je vois les vers 3 et 4 en toute fin de texte :
"Et je me perds au fond de gorges gouleyantes
Qui crépitent en reflux sous les pierres ardentes."
comme pour une promenade qui ne se termine jamais.

Je lis des ruptures de rythme que je ne saisis pas :
"Tout fredonne, tout bourgeonne, jusqu'au terrier du lièvre
Qui ne s'adresse à nous plus que du bout des lèvres,

ça coule, roule puis s'arrête tout net avec :
Comme tous s'affairent à redorer le nid,"


"Tout est rond, rebondit," même correct il y a un choc entre l'adjectif "rond" et le verbe rebondir qui m'arrête.

L'ensemble est vivifiant, comme une balade matinale.


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