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Poésie contemporaine
Jema : Coma
 Publié le 15/10/16  -  10 commentaires  -  4012 caractères  -  87 lectures    Autres textes du même auteur

Comment finirons-nous, dans quel état d'esprit, conscient ou inconscient ? Valide ou invalide ? Tant de questions qui hantent mes insomnies.


Coma



D’un simili-coma l’on m’astreint à dormir
Mes paupières plombées pesantes à en mourir
L’hypnogène encourage le vide à m’envahir
Radie de mes tourments l’idée de m’auto-nuire.

En condamné perclus, je gis où l’on m’installe
Oiseux agonisant, précaire sur ma stèle
Organisme gavé, repu au barbital
La soierie dans mon crâne est œuvre d’orbitèle.

Un geôlier charognard surveille ma dépouille
En vol stationnaire, plane, morbide gargouille
Concentrée au summum, apprête son piqué
Pour d’un bec acéré autopsier mes pensées.
Des rognures de chair maculent maintenant
Mon cortex sans vie trônant sur un sommet
D’inhospitaliers pôles où je m’aventurais,
Insensible aux potions et remèdes d’antan.

Quand les lieux s’assombrissent du noir de mes idées
Et obstruent toute vue vers l’abîme céleste
Les charlatans privés de futiles énoncés
S’immolent, résignés, sans autre manifeste.

Mais moi je bois le vin de vos vignes maudites
Dans des crânes de hyènes sacrifiées au solstice
D’été, quand à l’aurore où les chats apeurés
Se jettent au crématoire de mon brasier nocturne.
Chauves-souris et cafards se délectent ensuite
Des restes calcinés, jalousant mon calice
Où le sang de mes veines cette nuit incisées
Coulait en abondance entachant mes cothurnes.

Exalté je ravis les cendres refroidies,
Truffe mon amulette de ces restes sacrés
J’orne les traces bleues de mon cou strangulé,
Pendentif au sisal de corde de pendu.
Belligérance oblige, les corbeaux et les pies
Prient d’un excès de rage, jettent à la curée
Leurs plumes déjà rougies et leurs yeux déchirés
S’entretuant dans des cris mêlés de râles aigus.

J’ôte de ma mémoire ce délirant tableau
Telle une Lobotomie de mes idées impures
En devenant parrain de trois enfants mort-nés
Prénommés « Agonie » « Douleur » « Aliénation»
À L’arbre de Zaqqoum j’ombrage leurs berceaux
Puis taille leurs layettes dans une robe de bure
Où au pied du calvaire d’un prélat crucifié
Elle gisait souillée d’infâmes déjections.

J'erre, déambule, mortifère vagabond
Guidé et envoûté du timbre d’un torrent
Par un lé parsemé de cérastes défunts
Que des larves coprophages s’apprêtent à ronger.
J’aperçois dans la brume la barque de Charon
N’embarquant que les morts, ignorant les vivants,
Parés de blouses blanches, des quidams inhumains,
Anthropophages avides rêvent de m’éviscérer.

Je tressaille, surpris par des chimères ailées
Aux corps de putois et têtes de corneilles
Mais la putréfaction de mes tissus malsains
Amorce leurs envols dans un morbide écho.
Suis-je encore vivant en ce bois sans orée ?
Quand de denses branchages ne laissent du soleil
Qu’une sombre lumière s’immiscer en son sein,
D’hostiles jeux funèbres me pétrifient les os.

Puis je deviens esquif, porté au gré des vents
Tel un voilier sans barre affrontant l’océan
Mon mât dressé montrant l’horizon linéaire
En phallique symbole de mâle solitaire.

Les vagues me font tanguer, pénétrants coups de reins
Et une brise chaude me souffle dans le cou
Simulacre jouissif de mes spasmes marins
Orgasmique dérive aux râles sans tabou
Où d’anthropomorphiques visions de corps de femmes
Éclosent des nuages opiacés de l’éther
Ao dans un supplice engendre cet agame
En m’infligeant le rôle du piètre pamphlétaire.
Transcrire ces vieux mythes, thèse de pénitents
Puis enfin approcher cette rive lointaine
Asthénie incurable, naufragé haletant
Sentiment dyslexique où le « Aime » devient « Haine »

Lassé du quotidien, gorgé d’aigreurs fétides
Je contemple les ruines de regrets délétères
Mon aorte enfiellée ronge mon cathéter
Dans l’éjaculation rouge de ma carotide.


 
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   Proseuse   
30/9/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Non pas que cela soit mal écrit, bien au contraire, mais mon malaise est grand à vous lire! je me sens un peu prisonnière, comme à l' intérieur d' une peinture "expressionniste" qui souvent entraîne vers l' angoisse !
, quand je vous ai lu, je me suis dit ... vivement que j' ai fini !
encore une fois les qualités d' écriture ne sont pas en cause .. mais l' angoisse ressentie, oui!!
j' évalue avec un "bien" qui fera une moyenne entre le fond et la forme !
Merci et à bientôt sur un texte ... plus ... moins , enfin vous voyez ? :-)

   leni   
15/10/2016
j'ai lu plusieurs fois ce texte parfaitement écrit J'aifréquenté ce milieu Tout est à sa place mais j'ai ressenti une gêne que je n'ai pu surmonter
EXCUSEZ-MOI
MON SALUT CORDIAL

LENI

   Ora   
15/10/2016
Hôpital psychiatrique, grands brûlés, oncologie? Vous nous conduisez à l'agonie. J'imagine que l'écriture de ce texte a eu un effet thérapeutique. Sa lecture elle, malgré la beauté de votre écriture procure plutôt le contraire… Il n'est pas facile d'accueillir la souffrance crue de l'âme et du corps ainsi exposés.

   PIZZICATO   
15/10/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
L'écriture est soignée ; .
L'atmosphère hallucinogène est bien rendue, avec des images précises et angoissantes.
Mon appréciation sera surtout pour la façon de transmettre cette situation étouffante.

   bipol   
15/10/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
bonjour

je trouve qu'il y a

un énorme décalage entre le fond et la forme

c'et trop bien écrit

la douleur ne peut pas s'exprimer

avec une écriture autant maîtrisée pour moi

mais bon ...

   Sodapop   
15/10/2016
 a aimé ce texte 
Un peu
J'apprécie le thème, j'apprécie les termes, les mots employés. Pourtant à la lecture, quelque chose me gène, un rythme cassé qui ne découle pas aisément. Parfois vous partez dans la rime pour l'abandonné le vers suivant. Je trouve cela dommage, vous auriez dû vous abandonner totalement à vos pensées. Vos idées foisonnes, on sent que ce sujet a été vécu, en tout cas vous parle. C'est tellement dommage que vous ne vous soyez pas laissé aller totalement, presque en écriture automatique tant on ressent que le thème vous touche. Je reste sur ma faim, mais je vous encourage mille fois.

   Vincente   
15/10/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Jema,

Vous nous écartelez aux bouts de vos extrêmes, hyper sensibilité, expression exacerbée, imagination débordante, écriture illuminée et abondante. Ce n'est pas simple de vous suivre et trouver le lien pour adopter votre regard, pas simple non plus d'extrapoler pour moi vers ce qui constitue ma sensibilité.

Cette façon cauchemardesque d'envisager la fin de vie relève-t-elle du pire masochisme ou paradoxalement d'une technique salvatrice, "aimable" exutoire. En tous les cas vous l'exprimez avec brio. Pour ma part, elle m'a rendu très mal à l'aise et je préfère l'oublier précautionneusement.

   MissNeko   
15/10/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Quel travail indéniable !
J aime beaucoup de choses dans votre poème :
-la force des vers : vifs et acérés comme des poignards qui vous atteignent en plein cœur
- la force des mots :vous distillez plusieurs champs sémantiques très intéressants ( la maladie psy, la mort, la putréfaction, le rituel sacrificiel l acte sexuel) pour servir votre thème principal.

Par contre les vers sont un peu lourds et la longueur du texte n aide pas. La lecture est parfois un peu laborieuse mais finalement ça passe par rapport à votre thème qui est extrêmement dur et violent.

J ai bien aimé le côté gothique et votre hyperactif sensibilité qui dégouline de glauquitude

Bref, des vers un peu lourds et un poil pompeux mais l ensemble est vraiment bien écrit.

A vous relire

   archibald   
20/10/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Ce poème m’a fait penser à Maurice Carême. Non, je plaisante. Cette avalanche de termes cliniques et morbides, saupoudrée de quelques mots rares, cela force le trait et finit par tourner à l’auto-parodie. Peut-être un peu long, mais c’est un texte qui percute indéniablement. J’aime assez.

   LenineBosquet   
20/10/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Pfiouuu !! (sifflement admiratif), quel texte !
J' y ai vu une plongée hallucinée, assez flippante tout de même,
dans un coma artificiel à la suite d'une sorte d'anesthésie, ou en tous cas
d'une forte médication.
Ça m'a fait penser à un mauvais trip sous kétamine pour tout vous dire.
Surtout avec ce côté mythologique de la mort (Charon etc...)
De belles trouvailles dans les rimes et les mots rares, j'ai beaucoup aimé barbital / orbitèle par exemple.
Merci bien !


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