Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie contemporaine
JMD : Le banquet
 Publié le 04/09/20  -  7 commentaires  -  2856 caractères  -  121 lectures    Autres textes du même auteur

J’ai pu en confiné produire ces quelques vers,
Ils n’auront pas bien sûr l’éloge d’un Molière,
L’après-midi d’hier en fut tout occupé,
N’était que de vous plaire leur seul objet.

Ô lecteurs avertis, soyez sans arrogance,
Ayant peu de talent, ce n’est qu’un peu d’esprit,
De ces faibles écrits, je ne veux aucun prix,
Et ne souhaite comme salaire que votre bienveillance.


Le banquet



Il avait trente-trois ans, l’âge de la maturité,
Il venait de Florence fille aînée de Rome,
Ou alors d’Athènes berceau de la pensée,
Ou même de Nazareth comme nous dit la Bible,
Il s’appelait Jésus ainsi qu’on le dénomme.

Au pied du Golgotha, sur la colline terrible,
Entre les deux voleurs, sur l’infâme gibet,
Il criait sa douleur et implorait son dieu
Ou le vieux Jupiter, muets au fond des cieux.
Trahi par les siens, raison de sa colère,
Expiateur suprême des crimes de la terre,
Il souffrit en martyr et but le vin amer.

Au sommet de l’Olympe, les princes des nuées,
Tous les dieux de la terre, de la mer et du ciel,
La divine trinité et l’archange Gabriel,
Et les poètes antiques comme les plus modernes,
Eschyle et Euripide, et Virgile et Homère,
Racine était présent, il y manquait Voltaire
Et Épicure aussi, qui ne furent pas conviés
Le chrétien l’épouvante, leur avait dit l’athée.

Ils devisaient en grec et en langue vulgaire,
Attablés au banquet comme Dante nous disait.
Junon était devant et Jupiter au fond,
Ils y fêtaient, comme de vieux amants sages,
Les quatre ou cinq mille ans de leur houleux mariage.

Et Jésus prit sa place, encore épouvanté,
Pour témoigner des hommes au sein de l’empyrée.
Les nymphes et les Atlantes surgissant des grands fonds,
Avec Antinéa, jouaient les Bacchanales,
Faisant tourner les cœurs ainsi que des vestales.
Elles avaient la beauté comme plus grande richesse
Comme la blonde Astarté l’immortelle déesse.

Dispensateur sublime des heurs et des malheurs,
Maître puissant qui gouverne l’univers,
De ses yeux étonnés, Jupiter regardait le monde.
Dans son sombre regard on pouvait lire l’avenir,
Il ressemblait au Gouffre où le monde se déchire,
La peste chez les uns, chez les autres la guerre.

Car si les dieux appellent, dans leur divin repaire,
Nos plus vaillants esprits et poètes vénérés,
Leur faisant croire ainsi qu’ils sont comme leurs pairs,
C’est priver ces héros de leur terre nourricière,
Ainsi que fit Hercule sur le géant Antée,
Pour imposer aux hommes un ordre à leur manière.

Oh, sublimes tyrans, dans un caprice ultime,
Laissez-les s’affranchir de vos prisons sublimes,
Et rejoindre le monde, au-dessous des nuages,
Pour y guider les cœurs des hommes les plus sages.
Comme le Nazaréen cet habile rédempteur,
Et agissant ainsi comme de bons pasteurs,
De leur puissante parole ils sauveraient le monde,
Qui depuis lors s’enfonce dans une fange immonde,

Et l’homme ressuscité, libre de tous ses dieux,
Régnerait enfin sur la terre comme aux cieux.


JM Demangeat


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Corto   
6/9/2020
Me voici perplexe. Sans être spécialiste en poésie classique il me semble que la versification s'éloigne très loin de quelques règles de base.
Soit, je ne me concentrerai que sur le sens.
Voyageons donc dans l'espace-temps, celui qui appelle tout ensemble Jésus et Jupiter, Gabriel et Homère etc.

La philosophie de l'histoire semble s'éclairer dans les trois dernières strophes avec ce vœu multiforme réunissant:
" imposer aux hommes un ordre à leur manière /
guider les cœurs des hommes les plus sages /
l’homme ressuscité, libre de tous ses dieux,
Régnerait enfin sur la terre comme aux cieux. /

Malgré des efforts à mes yeux méritoires, je ne pénètre guère cette démarche, ni son argument ni son objectif.

Si l'auteur m'envoie un éclairage j'en serai ravi.

Je ne donne une évaluation que parce qu'elle est obligatoire en EL.



Edit du 6.09 pour supprimer l'évaluation comme prévu.

   papipoete   
4/9/2020
 a aimé ce texte 
Bien
bonjour JMD ( pas terrible votre pseudo, quand on voit dessous l'étendue de votre inspiration ! )
Bref, voyons ce texte ( bien long, mais qui se lit sans lassitude ) où un nazaréen sans le sou, appuyé par aucune élite ni petit notable, arrive au milieu de tout le gotha de la planète... avec pour seule arme, sa parole ! Il risquait de mettre le monde en révolte contre les puissants ; sur une croix, on le fit taire à tout jamais ; et pourtant, son esprit revint habiter le Diable, sous les traits de Néron en passant par Bernard Gui, et plus récemment un peintre raté allemand...
NB un banquet avec de grands invités, des " pointures " autour d'une table, pour palabrer autour de " comment s'entendre entre puissants et vanupieds ... "
Le débat n'est pas clos, et les traiteurs auront encore à garnir bien des buffets...
Je suis impressionné par la culture de l'auteur, et en même temps intéressé par la façon de " prêcher " sans vouloir absolument " ferrer " !
Bien sûr que de pages d'histoire, chrétienne ou oecuménique, se déroulent sous mes yeux ébahis ; mais j'aime bien le ton du propos, où j'ai même souri un moment ( à la 3e strophe, quand / Voltaire et Epicure ne vinrent pas " le chrétien l'épouvante, leur avait dit l'athée " )
Je ne saurais noter sur le fond ( mon inculture m'en empêche ) mais sur le tableau qui naît sous mes yeux, pourrais sur-noter...
La forme contemporaine est peut-être voulue, aussi je m'épargne le chemin de croix, d'en vérifier chaque pavé !
Je coupe la poire en deux...

   Provencao   
4/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Quelle belle poésie!

Apprêté aux textes de la mémoire de l'aura de la Bible, quelque part de Florence, des symboles entre Athènes, Nazareth et au pied de Golgotha, le rôle qu'y joue Jésus est celui d'un expiateur suprême, souffrant en martyr.


" Oh, sublimes tyrans, dans un caprice ultime,
Laissez-les s’affranchir de vos prisons sublimes,
Et rejoindre le monde, au-dessous des nuages,
Pour y guider les cœurs des hommes les plus sages."

Toutes ces âmes de pouvoir qui s'essayaient aux questions essentielles, toutes ces langues vulgaires attablées au banquet qui s'imposaient pour fêter Les quatre ou cinq mille ans de leur houleux mariage....

J'ai beaucoup aimé, et un grand bravo à votre connaissance hors pair.
Au plaisir de vous lire
Cordialement

   Bellini   
4/9/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Dommage que la versification soit si brouillonne. Je ne suis pas un tortionnaire des mauvais alexandrins, disons que j’y suis sensible lorsque le texte me paraît bon, ce qui est le cas ici. Car j’ai aimé le ton mi-fable mi-tragédie de ce banquet. Ah je peux rêver d’un peu plus d’application qui aurait convoqué Racine ou La Fontaine, lequel étrangement n’est pas invité au banquet.

J’ai particulièrement apprécié l’ironie de Jésus ayant atteint l’âge de la maturité, habile rédempteur, etc… Merci à vous de m’avoir poussé à réviser les deux voleurs crucifiés avec Jésus. L’histoire est édifiante. Une étude approfondie digne d’Hercule Poirot arrive à la conclusion que ces deux voleurs étaient sans doute des disciples, condamnés comme lui pour agitation sociale. A l’époque on ne crucifiait parait-il que les sicaires (les juifs en révolte contre Rome) et pas du tout les voleurs.

Je suis un fan de la Mythologie grecque, mais plutôt la cothurne que la botte. Je préfère Héra à sa copie Junon.

Alors oui, bravo, que nos plus vaillants esprits et poètes vénérés soient affranchis des prisons sublimes des sublimes tyrans. Laissez-nous vivre au-dessous des nuages pour régner en paix sur notre destinée.

Ce serait vraiment dommage de ne pas travailler la versification de ce texte pour en faire un miracle de poème.
Bellini

   Arsinor   
4/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,

Jésus ne crie pas sur la Croix mais continue à enseigner (les sept dernière paroles du Christ). Il n'est pas en colère et l'avait prédit. C'est Prométhée qui peste contre Jupiter, non pas Jésus contre son Père.

Pour la versification, pourquoi le "ce" de "Florence" commence-t-il le deuxième hémistiche ?

Les princes des nuées comme chez Baudelaire ?

"étaient présents" au pluriel ?
Nombre de vers par strophe ?
Jésus : est-ce son apothéose ou bien ses trois jours en enfer ?
on pouvait lire l'avenir : huit syllabes => pourquoi pas "on lisait l'avenir"

Cependant, j'aime bien le thème et le courage d'écrire et de nous envoyer une ode héroïque.

   Donaldo75   
5/9/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour JMD,

J'aime beaucoup cet exergue qui m'incite à la bienveillance de manière originale et versifiée. Au moins, dès le début, je suis dans la matière poétique, celle de la versification rimée. Ensuite, vient le poème lui-même. Le thème est intéressant et ici la mise en condition du lecteur vient des nombreuses références à des mythologies diverses - je précise que j'englobe la Bible dans ces mythologies vu que, et je m'en excuse auprès des catholiques purs jus, ce qui est écrit dans cet ouvrage n'a pas été vérifié scientifiquement, fin de la parenthèse - qui donnent un petit côté manuel d'école de quand j'étais petit. La forme va bien avec cette mise en condition et je n'irai pas dans le détail atomique pour attester ou pas de la cohérence de l'ensemble vu qu'on est en poésie et pas en sciences dures.

Merci pour le partage.

Donaldo

   Ascar   
6/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
le rythme est là comme un courant rapide qui m’entraîne aisément du premier au dernier mot.
Mélanger toutes ces croyances, pour, au final, nous dire qu'on vivrait mieux sans est une idée que je défends.

Tout cela est conté de façon homérique ce qui sied très bien au sujet traité.

merci pour ce partage


Oniris Copyright © 2007-2020