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Poésie contemporaine
julimar : Grisé et brisé [Sélection GL]
 Publié le 08/09/20  -  6 commentaires  -  1241 caractères  -  135 lectures    Autres textes du même auteur

À l’origine, ce texte est un court acrostiche autour des rimes des vers 1-2 et 21-24. Je l'ai ensuite allongé, puis de nombreuses fois modifié, en m'imposant de nouvelles contraintes. Alors, poésie ou "exercice de style" ?


Grisé et brisé [Sélection GL]



Je l’avais vue séduite et lascive et aimante ;
elle se fit ensuite, hélas, si véhémente.
Femme douce et accorte, amène, un peu rieuse,
sa voix devint plus forte et même impérieuse.
Et puis, au fil du temps, sa mutine insolence
se changea par instants en mutisme, en silences.

Je voulais une idylle unique, intemporelle,
qui n’allait, semble-t-il, durer qu'un temps pour elle.
Elle disait souvent qu’un plaisir consommé
est le matin suivant un désir consumé ;
après les songes vains et trompeurs de la nuit,
ils surgissent soudain la torpeur et l’ennui.

Peut-on vivre un amour qui enivre les sens
puis aller à rebours jusqu’en perdre l'essence ?
Ces heures dans le noir, serré par son étreinte
ne me laissaient prévoir une passion éteinte.
Quand la flamme faiblit, que l’on fait du surplace,
c’est vite qu’on l’oublie, qu’une autre la surpasse.

Oui, le glas de ces jours avait déjà sonné ;
interdit de séjour, j’étais désarçonné.
Il aurait pu en être entre nous autrement ;
elle a voulu connaître, alors, un autre amant.
Depuis qu’elle a choisi mon rival invisible,
je suis comme saisi par un mal indicible.


 
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   socque   
29/8/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Je suppose qu'une des contraintes d'écriture de ce poème concerne les rimes, à la limite du jeu de mots : intemporelle/un temps pour elle, par exemple. J'aime bien celle-ci, d'ailleurs, beaucoup moins les sens/l'essence qui sera bientôt à mon avis aussi usé qu'écrivain/écrit vain. Pour le coup, pour moi les rimes se font trop visibles et me détournent du propos.

En revanche, j'apprécie le refus de la majuscule systématique en début de vers, il me semble ajouter à la fluidité générale du texte, laquelle, en dehors du coup de cymbale aux rimes, m'a bien plu. Au final, je suis un peu mitigée, l'exercice de style se fait peut-être trop sentir à mon goût. C'est mon goût.

   poldutor   
29/8/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour
Je pencherais plutôt pour "exercice de style" ; bien que les mots choisis fassent des rimes "millionnaires", réussir de rimes à la césure et en fin de vers, c'est un défi que vous avez su relever!
Vos rimes de fin de vers sont vraiment de qualité...
Je suis hésitant quant à la qualité poétique de ce poème.
Il m'est difficile de choisir un ver, tous se valent par ce qu'ils expriment.
C'est bien écrit, cela sonne bien à l'oreille, même les rimes à la césure.
C'est curieux, mais j'aime bien.
Cordialement.
poldutor en E.L

   Arsinor   
30/8/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour, sans répondre à votre question dans le "résumé", j'aime bien la répétition de la conjonction de coordination dans le premier vers, qui suggère une évolution, évolution qui ne se démentit pas à mesure de la lecture du poème jusqu'à la fin. Une histoire d'amour d'une seule journée donc. J'aime bien aussi l'assonance intemporelle/un temps pour elle ; mutine/mutisme.

   papipoete   
8/9/2020
 a aimé ce texte 
Bien ↑
bonjour julimar
je l'avais séduite si facilement, trop sûrement pour que des soupçons de sincérité, viennent réfréner mes ardeurs devant ses braises bien vite refroidies... je croyais à l'idylle sans égale, avec la fougue en plus ; mais je dus me faire un raison...mademoiselle ne faisait que passer !
NB on parla en mon temps des garçons " coups de vent " de play-boy ", des filles " collectionneuses " d'allumeuses ".
C'était l'époque de " pour un flirt avec toi, je ferais n'importe quoi... " et minets et minettes écumaient les bals du samedi-soir...ne voyant même pas quel orchestre ce soir-là jouait !
Moi, j'étais " des autres " ; ceux qui rêvaient de la " Belle au bois... "
Dans la 3e strophe, le héros demande si l'on peut rencontrer Blanche-Neige et Brigitte Bardot dans le même corps ? ben oui !
Des vers tristounets, mais rien de grave ; " une de perdue, 10 de r'trouvées ! "...qu'y disaient !
le 12e vers me semble mal formulé ? ( lors...surgissent soudain )
les jeux de mots sur les rimes sont bien trouvés et la lecture de ce poème bien agréable.
vous avez opté pour une lecture en " diérèse ", or dans le 15e vers, celui-ci mesurerait 13 pieds ( pas/si/on )
en outre, je vois moult hiatus

   Bellini   
8/9/2020
 a aimé ce texte 
Bien
Pour moi, l’exercice est parfaitement réalisé, en plus d’être cohérent, sans calembour sémantiquement extravagant.
Vos vers combinent à la fois des rimes brisées (rimes entre hémistiches) et des rimes équivoquées en fin de vers, « c’est-à-dire des rimes qui reposent sur un à-peu-près de plusieurs mots, comme : on s’aime en semant/ensemencement ; grasse matinée/mars en Gâtinais. ».

L’une de mes préférées est un peu rieuse/impérieuse, qui fait une utilisation intelligente de la diérèse im-pé-ri-euse pour mieux rimer avec celle, naturelle, de ri-euse.

Tout ça crée bien sûr un effet comique dont le triangle amoureux de boulevard est le meilleur support.

Vous devriez vous essayer aux vers holorimes :

« Jeune, petit, raillé, cœur âgé, cœur usé,
Je ne peux, tiraillé, que rager, que ruser ».
(Daniel Marmié)

Par contre, inutile de préciser que cet exercice est l’exemple même de ce qu’il ne faut pas faire quand on écrit sérieusement un poème classique.
Bellini

   archibald   
16/9/2020
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Le principe de ces rimes très appuyées qui confinent au calembour me fait penser au poème de Mallarmé : « Prose pour des Esseintes » :

Gloire du long désir, Idées
Tout en moi s'exaltait de voir
La famille des iridées
Surgir à ce nouveau devoir.
...
Et non comme pleure la rive
Quand son jeu monotone ment
À vouloir que l'ampleur arrive
Parmi mon jeune étonnement
etc.

Mais à la différence de celui-ci, ton texte n'est pas hermétique, et c'est tant mieux. Très réjouissant à lire.
Oui, quitte à rigoler, les vers holorimes... Un que j'aime bien :
« Dans cet antre, lassés de gêner au palais
Dansaient entrelacés deux généraux pas laids. »
(Lucien Raymond)
Au plaisir de te lire à nouveau.


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