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Poésie en prose
Kytsuh : Le péché
 Publié le 09/11/16  -  10 commentaires  -  2150 caractères  -  118 lectures    Autres textes du même auteur

Une terrasse de café, en été.


Le péché



La couleur est jetée sans plan. Une tache vert d'été accompagne ses pas, remplissant sans effort un espace qu'elle envahit peu à peu. Il semble qu'un flot sans fin prend possession de l'immensité créative qu'elle comble par sa simple présence. Elle est tout ; partout il n'y a qu'elle, figure unie d'un dais posé sur la toile des yeux. Et l'esprit monochrome se fond dans ce jus estival à la senteur fruitée, plaisir immodéré d'une alliciante simplicité.
D'un trait tiré à la commissure de ses lèvres, la scène s'illumine. La lumière fond sur le décor camaïeu, esquisse de nouvelles perspectives. Tout prend forme sous cette divine nitescence, et sous les nuances verdoyantes apparaissent les minutieux détails d'une scène anodine.
Nuances brunes, façade d'un café ; posées par des touches maîtrisées des tables du blanc candide des premiers jours. Multipliées, les couleurs achèvent de donner la vie à l'œuvre qui se dessine sous l'art habile, léger déhanché, de la lénitive promenade.
Survolant la toile de sa courbe insolente, l'indolente prunelle glisse le long du temps. Chemins perdus défrichés, explorés, la couleur impose sa trace indélébile sur la rétine. La boisson fumante imprime les veines de son amère voracité ; les nerfs inscrivent sur le bout des doigts des impressions fugaces.
Tracé pressant du regard, sous les jeux de lumière apparaît à la clarté l'objet de cet obscur dessein ; figure obombrée, floue, d'un âpre désir. Sous l'ébauche du doucereux grondement de l'âme résonne le souffle susurrant de la séduisante sylphide. Le chant enjôleur se peint sur l'esprit vacillant, décombres de raison, tandis que sur les ruines menaçantes de l'empyrée entrevue se dépose l'illusion caligineuse de l'Amour.
L'orbe, alors, s'élève vers la nitide silhouette, le cœur au bord de l'âme, offert tout entier aux formes peccamineuses. Il contemple. La croque de sa passion furie. Dévore le fruit interdit de ses affects.

Puis il sait.
Il sait qu'il est trop tard quand son reflet s'efface des iris pers.
Quand de l'Éden, il ne lui reste qu'une réminiscence brunissant à mesure que l'été s'achève.


 
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   Ora   
23/10/2016
 a aimé ce texte 
Un peu
Autant j'ai accroché avec l'idée intéressante de "dépeindre/peindre" l'arrivée de cette femme en terrasse à l'image d'une toile sur laquelle se posent des touches de couleur, vue par les yeux d'un homme sous le charme de cette présence.
Autant ma lecture a été ralentie et agacée par le cumul de termes alambiqués qui nuisent à la fluidité de l'ensemble: alliciante simplicité, divine nitescence, lénitive promenade, figure odombrée, l'empyrée, l'illusion caligineuse, nitide silhouette…
Cherchez-vous à remporter un concours de complexité?
Pour le coup, tous ces termes cumulés ont eu l'effet de jeter des tâches noires sur un tableau qui s'annonçait pourtant intéressant et le résultat final me semble bien encombré.

   Johannes   
23/10/2016
 a aimé ce texte 
Un peu
J'ai lu ce texte à grand renfort de dictionnaire. Il est bon d'avoir un vocabulaire riche, mais il ne faut tout de même pas tomber dans la préciosité, au point de rendre la lecture volontairement ardue.
Comment devons-nous comprendre "La croque de sa passion furie", ou "Dévore le fruit interdit de ses affects" ? Pour ma part, cela m'échappe complètement et je ne trouve d'ailleurs pas que ces phrases soient belles.
Désolé.

   Robot   
24/10/2016
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Ce texte est empli de mots "recherchés" qui m'ont contraint à interrompre ma lecture à plusieurs reprises pour ouvrir le dictionnaire.
Trop ampoulé, trop précieux, trop artificiel et manquant de simplicité pour que je m'attache émotionnellement au fond.

   PIZZICATO   
9/11/2016
 a aimé ce texte 
Un peu
Votre texte m'a produit la même gêne que de circuler dans une rue aux multiples passages surélevés. Cette pléthore de termes scabreux (pour moi) a profondément freiné et agacé ma lecture.
C'est dommage ; l'idée est intéressante et certaines images sont belles.

   Annick   
9/11/2016
 a aimé ce texte 
Bien
On est ici dans la performance et ce texte me fait penser aux exercices de style de Raymond Queneau. Dans un atelier d'écriture, il ferait merveille car c'est un texte aux tournures affectées, maniérées, ampoulées particulièrement bien réussi. Si le sujet de l'atelier est d'écrire à la manière de R. Queneau dans "les exercices de style", je dis bravo pour ce beau travail.

Mais en tant que lecteur de poésie, je n'ai pas accroché ! Or je pense que votre but est bien d'offrir à vos lecteurs, une poésie en prose et non "un exercice de style".

Pour votre travail, je tiens à vous encourager.

   Anonyme   
9/11/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↓
J'aime bien l'idée d'un poème avec un vocabulaire rare, un peu précieux, parce que j'aime ces mots compliqués, un peu surranés ou rares.

Mais je crois que la profusion de ceux ci dans ce texte gâche un peu l'effet, de précieux ça devient presque pédant et ça c'est dommage, parce qu'il y a un propos intéressant derrière tout ça, une belle évocation de l'amour et de la peinture. La dernière phrase est superbe.

Je crois que je ne peux qu'encourager l'auteur à persévérer dans cette voie, mais en allégeant le propos.

   Damy   
9/11/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Moi je me suis laissé aller sous le charme des mots et expressions rares. J'ai pris le parti, maintenant, de ne pas ouvrir le dictionnaire pour me rafraichir la mémoire. Alors, c'est un peu comme si j'observais le tableau avec les yeux plissés et humides et il m'apparait comme un tableau surréaliste d'où se dégage une atmosphère éthérée ponctuée de quelques éléments tangibles me permettant de m'assoir, confiant, à la table voisine.
Je relirai probablement avec un dico, mais pour l'instant, j'aime reste dans le péché de la paresse.

   MissNeko   
9/11/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Les commentaires des autres lecteurs me rassurent en ce sens que je ne suis pas la seule à méconnaître nombreux mots que vous avez utilisés.
Il m a fallu trois lectures : la première pour prendre contact avec votre texte, la deuxième pour chercher la définition et la troisième pour pouvoir commenter !
Merci pour m avoir appris de nouveaux mots !
Mais je trouve que ces mots alourdissent la lecture. C est dommage.
J ai aimé ce tableau sensuel.
Merci pour ce partage

   LenineBosquet   
9/11/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour !
C'est les mots rares que j'aime ici, car, à vrai dire, la poésie en prose c'est pas trop mon truc.
Mais j'ai apprécié ma lecture tout de même, avec ces champs lexicaux autour de la peinture, de la lumière, de la vue aussi.
Un joli travail, bien ficelé.
Merci.

   Anonyme   
9/11/2016
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Bonsoir,

J'ai l'impression de ne pas être assez fort - ou de ne pas posséder assez de connaissances - pour pouvoir apprécier cette oeuvre - car pour moi c'en est une - dans sa totalité et à sa juste valeur. Je dis que c'est une oeuvre parce que je le sens, et l'erreur serait de passer à côté de quelque chose de grand que l'on ne comprend pas.

Les mots peu usités ne m'ont pas gêné ; pour moi, ils font partie intégrante de l'oeuvre, et les retirer n'aurait aucun sens.

Le texte est relativement court, pourtant il foisonne d'images et de références que je ne possède pas, et c'est bien dommage. Bien sûr, il y a "le péché" à travers "la séduisante sylphide" et son "chant enjôleur" qui fait vaciller l'esprit au point de croquer la pomme, à cause de "l'illusion caligineuse de l'Amour" (avec un grand "A").

Alors voilà ce que je vois : je vois un homme attablé à la terrasse d'un café et qui voit passer une femme d'une beauté à faire chavirer les coeurs ; l'esquisse d'une scène en monochrome imprimée sur la toile du temps/et ou d'un peintre, "l'alliciante simplicité" de cette silhouette sans doute à moitié dénudée...

Je pense toutefois être passé à côté de beaucoup d'autres choses, et c'est là le véritable tour de force : réaliser en très peu de mots une oeuvre magistrale foisonnante de richesse.

Un grand bravo !

Wall-E


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