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Poésie néo-classique
Lapsus : Ma façon d’être tout seul
 Publié le 06/04/11  -  9 commentaires  -  1146 caractères  -  292 lectures    Autres textes du même auteur

Je n’ai pas plus d’ambitions que de désirs.
Être poète n’est pas une ambition pour moi.
C’est ma façon d’être tout seul.

Le gardeur de troupeaux (1914) – [Alberto Caeiro]
Fernando Pessoa


Ma façon d’être tout seul



Vivre sa vie en silhouette
Sans épaisseur et sans effort,
Vivre sa vie en vrai poète
À tutoyer ce qu’est la mort.

C’est dans le cœur qu’est le voyage,
Tous les sursauts d’immensité,
Plus que dans l’œil sombre ou volage
Du pèlerin de la cité.

Tout l’Univers, là dans la tête,
À se bâtir un monde à soi
Par l’épopée ou la conquête,
Sans interdit l’esprit conçoit.

À s’effacer toute limite
Se gomme aussi chaque désir,
Chaque travers que l’homme imite
Dans l’alibi nommé plaisir.

Amadouer la solitude,
Sentir vibrer ce qui n’est rien,
Le prolonger par son étude,
Lancer les mots comme son chien.

Aller chercher le sens ultime
Tel un bâton lancé, perdu,
Qu’on porte au cœur comme un intime
Tel un jouet cassé, tordu.

De la douleur naît le poème,
Mot après mot vient le linceul
Qui bordera ce que l’on aime,
C’est ma façon d’être tout seul.

Vivre sa vie en silhouette
Sans épaisseur et sans effort,
Vivre sa vie en vrai poète
À tutoyer ce qu’est la mort.


 
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   Lunar-K   
6/4/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
J'aime beaucoup le thème de ce poème : l'ascétisme du poète qui se retire du monde pour s'en bâtir un fait de mots et d'images, qui se défait du corporel pour se retirer dans sa tête et, par là, "tutoyer ce qu'est la mort". J'aime tout particulièrement cette dernière comparaison entre la solitude du poète et la mort.
Au niveau plus stylistique, j'aime beaucoup la seconde strophe que j'ai trouvée magnifique. Le reste m'a moins transporté, est un peu plus ordinaire, avec quelques coquilles ci et là :

- "Tout l’Univers, là dans la tête," : Je trouve ce "là dans la tête" trop forcé, de par cette répétition relativement malencontreuse du "la", et par le côté un peu trop prosaïque du premier "là". Sinon, les trois vers qui suivent sont également très bons.
- "Lancer les mots comme son chien" : Je ne comprends pas bien la métaphore, n'aurait-il pas plutôt fallu écrire "comme à son chien" ? Cela me semble plus sensé, ou alors c'est moi qui n'ai pas compris.
- "Tel un bâton lancé, perdu" : Je met ce vers en parallèle avec celui que je viens juste de citer. Il me semble que la métaphore est la même, et c'est justement cela qui me pose problème. Comme si vous aviez voulu insister dessus... Hélas, à trop insister l'image perd de son charme...

Pour le reste, pas vraiment de défaut précis à relever, c'est bien écrit mais sans éclat (à l'exception, je le répète, de cette seconde strophe et de la fin de la troisième). Avec tout de même quelques images bien senties dont, surtout, cette comparaison entre poésie et mort avec ces deux autres très beaux vers :

"De la douleur naît le poème / Mot après mot vient le linceul" : Excellent, à part ce "vient" qui ne me semble pas tout à fait adéquat, je pense qu'il faudrait trouver autre chose à la place.

Pour conclure, un bon poème dans l'écriture, avec quelques passages véritablement magnifiques, et très bon pour son sujet porté par quelques images qui valent le détour. J'aime beaucoup.

   Marite   
3/4/2011
 a aimé ce texte 
Bien
Très agréable à lire. Bien aimé les deux strophes identiques qui encadrent l'ensemble des vers:
" Vivre sa vie en silhouette
Sans épaisseur et sans effort,
Vivre sa vie en vrai poète
A tutoyer ce qu’est la mort. "
Pour ce qui est de respecter la forme classique, n'étant pas spécialiste je laisse le soin à ceux qui s'y connaissent de dénombrer et vérifier les syllabes et les rimes. En ce qui concerne le rythme, je le trouve régulier, il accompagne fort bien les idées exprimées.

   Anonyme   
3/4/2011
 a aimé ce texte 
Bien
D'abord un très bon choix que Pessoa en exergue. Une telle lecture se mérite, ce n'est pas un poète facile mais il vaut l'effort et le rend en bonheur de lecture quand on a compris.

Ensuite un poème bien mené, avec des points forts comme les vers qui traitent du désir et de l'imaginaire :

"Tout l’Univers, là dans la tête,
A se bâtir un monde à soi
Par l’épopée ou la conquête,
Sans interdit l’esprit conçoit.

A s’effacer toute limite
Se gomme aussi chaque désir,
Chaque travers que l’homme imite
Dans l’alibi nommé plaisir."

Et d'autres points que je ne peux ou ne sais apprécier parce que je ne partage pas le point de vue de l'auteur : Vivre sa vie en vrai poète pour moi c'est tutoyer la vie.

L'ensemble reste une bonne lecture.

   Folibri   
7/4/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Un poème à l'ensemble harmonieux, qui lance une réflexion (aux conclusions peu satisfaisantes à mon goût) sur la poésie, qui propose un constat de ce qu'elle est aux yeux de l'auteur. Un petit peu long mais très aéré, on ne meurt pas étouffé malgré l'épaisseur, belle performance. Le vocabulaire paraît naturel et les vers chatouillent l'oreille d'un caractère authentique. La dernière strophe a mieux plu à ma lecture que la première, est-ce un gage de réussite ? — Je le pense. Toutefois, si le thème est alléchant et si les mots s'accordent bien, je puis en dire autant du sens de chaque phrase.

« Amadouer la solitude,
Sentir vibrer ce qui n’est rien,
Le prolonger par son étude,
Lancer les mots comme son chien.

Aller chercher le sens ultime
Tel un bâton lancé, perdu,
Qu’on porte au cœur comme un intime
Tel un jouet cassé, tordu. »

Ce passage m'agace particulièrement, mais ce n'est pas le seul. Enfin, la qualité d'écriture est en partie là, c'est Bien, juste un peu moins.

   Coline-Dé   
9/4/2011
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Les deux premières strophes m'ont laissée espérer un texte excellent, le thème, la force des images la mélodie des vers... et puis non.
Je n'ai pas aimé le côté explicatif de :
"Par l’épopée ou la conquête,
Sans interdit l’esprit conçoit." qui ne coule pas, qu'on perçoit volontariste pour la rime...

J'ai coincé sur le s' de

À s’effacer toute limite
dont je ne comprends pas l'utilité sauf comme cheville et qui frise la faute de français, je crois...

J'ai de nouveau aimé :
Amadouer la solitude,
Sentir vibrer ce qui n’est rien,
...mais pas la suite !
Et finalement le retour d'une dernière strophe identique à celle du début m'a fait dire " c'est quand même un fichu bon poème "!

   Charivari   
10/4/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Tu aurais peut-être dû poster cela en "chansons", parce que le premier quatrain (et dernier) est un vrai refrain : synthétique, grave, fort, il tombe comme un couperet. Vraiment excellent.

Le ton du poème est très bon : sans pathos, il nous parle de ce voyage intérieur de tout écrivain, cet albatros aux ailes de géant... Une très belle unité pour un très bon texte, à mon avis.

Dans les autres strophes, il y a de très belles images aussi : les sursauts d’immensité, Sentir vibrer ce qui n’est rien, par exemple. Cependant, il y a aussi des formules qui m'ont parues un peu maldroites : Sans interdit l’esprit conçoit (on sent que l'inversion des éléments de la phrase n'est justifiée que par la rime), Chaque travers que l’homme imite / Dans l’alibi nommé plaisir (je ne saurais pas trop dire pourquoi ces deux vers ne m'ont pas trop plus).

Mais dans l'ensemble j'adhère, parce que c'est un sujet mille fois rabâché, et pourtant traité de façon original. Il y a du fond, de belles images, et un très bon refrain. Une belle chanson

.

   David   
14/4/2011
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Lapsus,

Il doit sans doute y avoir un vertige similaire à chaque façon d'être tout seul, comme ici avec une impression de mise en abime que j'ai eu en lisant :

"Tout l’Univers, là dans la tête,
À se bâtir un monde à soi"

Le poème débutait en reformulant l'expression "n'être plus que l'ombre de soi-même" :

"Vivre sa vie en silhouette
Sans épaisseur et sans effort,"

Pourtant, des images de vies plus glorieuses peuvent être tout autant, voire plus véritablement "à plat", comme au cinéma par exemple. Qu'est-ce qui peut bien faire l'épaisseur d'une vie alors, puisque son image sera forcement à deux dimensions, dans l'ombre ou la lumière.

Il y a l'image du lancé de bâton, de l'homme et son chien dans ce jeu un peu absurde ou le premier jette ce que le second ramène, invariablement, avec ce très beau :

"Lancer les mots comme son chien"

C'est pourtant la "singerie" d'une pratique de chasse il me semble, ce jeu, l'animal ramènerait la proie, ou le projectile pour une nouvelle tentative.

Quoi qu'il en soit la vanité pend au nez des poèmes assurément, au mieux il est ramené intact, sans rien d'autre, à se demander s'il ne serait pas "Tel un jouet cassé, tordu".

   Mona79   
15/4/2011
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Très beau poème, très bien construit, sans faute de prosodie. Pour le suivi j'aurais mis :
"lancer les mots, comme à son chien" la suite s'expliquant aisément dans le quatrain suivant.

J'ai aimé cette solitude du poète très bien ressentie ici.

   Nescience   
19/4/2011
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Bonjour,

La réflexion sur l’écriture étant visiblement très (trop ?) personnelle, j’ai eu beaucoup de mal à y entrer. J’ai pourtant vraiment aimé les deux premiers vers, même si les efforts se dévoilent ensuite… Et puis j’ai toujours eu du mal avec les « vivre sa vie », pléonastiques au possible. Et ce « ce qu’est » ne me plaît pas.

Ensuite, ça reprend ! Même si je ne comprends pas tout à fait ce que fait la cité là. Puis… « se bâtir un monde à soi »… en même temps, on ne va pas se bâtir un monde à quelqu’un d’autre. La quatrième strophe me plaît bien, avec un joli travail sur les sons qui en fait juste assez pour que ce soit chantant.

« Lancer les mots comme son chien » : quoi ?! Vous lancez votre chien ? Pauvre bête ! Ne manquerait-il pas un petit « à » ? Et le lancer se répète juste après, mais avec un bâton cette fois, ça me paraît tout de même mieux. « un intime » quoi ? Décidément, je suis perdue.

Et puis l’avant-dernière strophe… là, je dis oui ! J’aurais bien aimé que le poème se conclue ici, même si je comprends l’intérêt de la répétition de la première strophe pour fermer cette boucle, ce cycle immuable…

Bref, je n'ai pas été vraiment emballée, malgré quelques « sursauts » très agréables.


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