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Laboniris
Lariviere : Fragment delta numéro 7
 Publié le 12/04/26  -  7 commentaires  -  6478 caractères  -  54 lectures    Autres textes du même auteur


Fragment delta numéro 7



Persévérances. Errances. Résignations. Dans notre tête, en permanence, un mouvement de balancier. Il nous faut de l'air et nous en voudrions davantage. Pour cela, nous nous agitons sans cesse. Nous apprenons des leçons, des psaumes, des listes de courses, des formules magiques… Nous nous agrippons à tout ce qui n'a pas de prise, fiers, altiers, suspendus dans le vide uniforme pourtant rempli de matière et nous avons peur de glisser sur les flaques visqueuses issues de nos silences, de nos immobilismes patentés. Alors tant pis, si notre dynamisme de surface est celui de la danse de Saint-Guy ; notre cinétique est celle d'un marteau-pilon. Diogène nous a quittés sans nous livrer les clés du bonheur. Son tonneau est intact, mais vide. Les antiques n'étaient pas fous, mais nous ?… Jardin des Hespérides, figé dans l'urne glacée de l'hiver. Fruits déjà pourris aux prémices frémissantes du printemps. Immunisation lente et débordements… Valeur farouche, le nu perdu. Erreur, horreur humaine. Une issue, une sortie. Chanson de la plus haute tour, où les cœurs ne s'éprennent plus de folles fantaisies.

En dehors de la béatitude personnelle, la poésie n'est plus rien. Satisfaction auto-immune. Désir de plénitude et de paix bon marché. Au-delà des monts et des calvaires, se tiennent, sans qu'on les atteigne jamais, les espaces surexposés des transhumances tant attendues. La poésie, trop souvent encore, se résume à un chant de sirènes. Un ensorcellement plastique des orgueils stériles, des copeaux de dorures, des chiures de mouches et pour le cercle des intimes de douillettes et flatteuses déclamations… Celle-ci se réduit alors à une mascarade de vanité incapable d'annexer d'autres continents imaginés, envisagés comme fertiles… Usurpation tranquille des courants humains condamnés à rester dans le règne du pittoresque, de l'étrange beauté, des sensations superbes en cul-de-sac, incapables pourtant de raviver la flamme véritable, quintessence contenue aux confins du sublime, enfin profitable au genre humain… Surtout, ne pas chercher à moissonner laborieusement le sensible sur le champ très exigu du terre-à-terre, quête vaine des clercs de notaire… Réduire le sens à un seul signifiant est une hérésie. C'est comme vouloir transformer une hydre en couteau de mer.

Dans l'histoire de la poésie, beaucoup de jolis cœurs, mais peu de vrais sourciers…

Le magnétisme pourtant est toujours de mise, au bout des cils et au bout des doigts… Toutes les cartes du monde faites de soupirs vous le diront. Les sortilèges se déploient à la clairière des souvenirs. Transes mélancoliques. Saveur et candeur des premières neiges. Dans la bouche exquise des fées, la parole est un breuvage amer.

Attendre des choses intelligibles et, comme un disparu en mer, ne rien voir venir… L’intelligible, c'est l'intelligence surprise sur le fait, qui fait sa pirouette, son numéro de cirque. L'esprit n'est ni un trousseau de clés, ni un vase décoré de passion, cerclé de certitudes. Nos raisonnements sont des chutes d'eaux glacées aux accès difficiles, nos impressions sont alchimie des chimères, éclairs verts, carreaux d'arbalètes faits de nerfs et d'archets à violons… Sur nos cœurs les passions se déroulent, nostalgies épaisses et assombries par la nuit tombée dans le Saint Graal des ordures ménagères et des jubilations. L'existence crasse réenchantée par les parfums de savons moussants et par les bains modernes. Pythies en feu et méga stock de chairs à canon. L'homme doit être apprêté aux divins, mais rester disponible pour les futurs charniers. Pulsions de vie animale nous parcourent jusqu'aux ongles. Syllabes et sybilles enflammées jusqu'au dernier souffle nous susurrent leurs prédictions… Le reste, un décorum. Rien ne nous appartient vraiment, pas même notre parcours terrestre, aux mille lignes de vie contrariées. Le conditionnement social est un cancer tenace plus profond qu'un précipice et nous entraîne dans notre propre chute indéfiniment. Le jour de la pénitence venu, les ogres se feront oiseaux de nuit, racines de flamboyant, sourires iniques sur des lèvres gonflées par des piqûres de taons et soupirs de griffons expirés par des poumons de chat-huant… Mais nous sentons parfois des lambeaux de lueurs formidables venir se greffer sur nos malheurs sans fin et nous retrouverons peut-être dans un avenir plus ou moins lointain le relief et la saveur confisqués de nos furieuses visions. Miroir et brouillard, haut lieu des buées fastes. Truculence anonyme des chutes d'anges et de gravats, sous les butées d'étoiles, une orgie d'émotions dont l'écorce magique fera chair au lieu de nous brouiller indéfiniment le paysage. Façon de voir et d'être, bien au-delà des décors naïfs de nos fausses croyances, de nos analyses sauvages et de nos superstitions… Mais pour l'instant, sur les places fortes de nos malaises, nous raflons la mise, gesticulant sans cesse, la tête comme un bocal explosé dégoulinant sa confiture trop mûre de méninges en gelée, comprimés jusqu'à l'explosion par nos trop grandes contradictions. Désir d'être ou d'avoir, nous morcelle jusqu'à l'écartèlement. Peut-être qu'un jour l'avènement glorieux du sensible battra le fer rouge sur le froid aseptisé de nos dermes qui s'embraseront alors comme de vieux rois de carnaval. Le règne du splendide entonnera pour chacun de nouveaux jours de fête. Ce sera le jour du grand frisson permanent jugulé d'une infime feuille de soi et de merveille. En attendant, que peut encore le poète véritable, dans ce monde élevé à la grande illusion, où toute féerie est soumise à la valeur marchande et à l'abrutissement ?…

Nous sommes des ciels crevés assoiffés d'absolu, remplis de lions ailés se tenant trempés sous une pluie battante et de sphinx en chemise de soie synthétique.

Complainte des désirs refoulés et des terrains connus, souffle âcre sur la planète bleue, celui du poète est à l'origine empli de poussières aimantées et d'arceaux de sensations colportés sur le champ du réel, labourant météore le tertre sage et bien-pensant de la raison et alors le sol pulvérisé par l'azur des poumons galvanisés se soulève…

Pourtant aujourd'hui, quand le poète souffle dans sa flûte, c'est l'image creuse du Sacré-Cœur attaqué par les vers… Putréfaction. Ultime épandage. Désert des pas perdus, aux semelles de vent. Décomposition des tissus, comme seule véritable transcendance, à l'orée ombragée de nos vies.


 
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   Myndie   
31/3/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Je viens de lire un texte exigeant, dense, érudit, engagé, presque incantatoire ; beaucoup plus proche de la prose poétique que d'un concept d'écriture particulier ou d'une forme de poésie expérimentale, son classement en catégorie « Laboniris », ne se justifie pas à mon sens.
Cela étant, sa fulgurance, la richesse de ses évocations, sa poésie brute et la pertinence de ses arguments m'ont plu.

Véritable diatribe à la fois contre le conditionnement social, le matérialisme et la poésie telle qu'elle se conçoit et se pratique de nos jours, son rythme soutenu de « marteau-pilon » en font un cri de révolte qui frappe fort.
J'en retiens surtout la critique de la poésie narcissique et vaniteuse, aussi aseptisée que le monde actuel, et des poètes, superficiels et si pleins de « satisfaction auto-immune » qu'ils ne prennent plus de risques :
« Un ensorcellement plastique des orgueils stériles, des copeaux de dorures, des chiures de mouches et pour le cercle des intimes, de douillettes et flatteuses déclamations… ».
J'y relève aussi de belles formulations poétiques :
« Le magnétisme pourtant est toujours de mise, aux bouts des cils et aux bouts des doigts… Toutes les cartes du monde faites de soupirs vous le diront. Les sortilèges se déploient à la clairière des souvenirs. Transes mélancoliques. Saveur et candeur des premières neiges. Dans la bouche exquise des fées, la parole est un breuvage amer. ».
«  Ce sera le jour du grand frisson permanent jugulé d'une infime feuille de soi et de merveille »
Malgré tout, cette charge virulente laisse quand même penser que la situation n'est pas désespérée :
«  Nous sommes des ciels crevés assoiffés d'absolu, remplis de lions ailés se tenant trempés sous une pluie battante et de sphinx en chemise de soie synthétique »
La quête de l'absolu n'est pas morte et sans doute, en acceptant sa « décomposition » , ses défauts et ses contradictions, le poète pourra t-il à nouveau marcher avec ses semelles de vent et se sentir « empli de poussières aimantées et d'arceaux de sensations colportés sur le champ du réel ».

Il m'a fallu plusieurs lectures pour m'en imprégner, mais j'ai aimé partager avec l'auteur l'amertume et le sentiment de révolte.

   Polza   
12/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime bien
Deux ou trois petites coquilles se promènent dans ce texte, mais cela sera rectifié par les correctrices, rien de bien important.


Il se dégage de ce texte une grande énergie créatrice, c’est indéniable. Une urgence également, du moins c’est ainsi que je l’ai ressenti.

J’ai vraiment du mal à commenter ce genre de poème, cette écriture. Ça va dans tous les sens, ça passe du coq à l’âne, les métaphores, analogies, associations d’idées peuvent paraître soient géniales soient complètement incompréhensibles soient les deux à la fois.

La plume est érudite certes, mais j’ai parfois le sentiment qu’elle cherche à tout prix à impressionner quand elle pourrait avoir autant d’impact avec un peu plus de simplicité, je pense.

J’ai beaucoup apprécié la paronomase « Syllabes et sibylles » (je me suis permis de corriger) parmi tant d’autres (alchimie et chimères, etc.)…

Si je ne sais commenter ce genre de texte, je sais encore moins comment le noter !

La poésie est bel et bien présente pour moi, il y a de magnifiques images et j’imagine facilement qui a écrit ce texte… je n’ai d’ailleurs eu aucun mal à lire ce récit plutôt compact puisque l’opticien où je vais à réparé mes lunettes tordues sur lesquelles je m’étais assis !

Deux ou trois petites coquilles se promènent dans ce texte, mais cela sera rectifié par les correctrices, rien de bien important.


Il se dégage de ce texte une grande énergie créatrice, c’est indéniable. Une urgence également, du moins c’est ainsi que je l’ai ressenti.

J’ai vraiment du mal à commenter ce genre de poème, cette écriture. Ça va dans tous les sens, ça passe du coq à l’âne, les métaphores, analogies, associations d’idées peuvent paraître soient géniales soient complètement incompréhensibles soient les deux à la fois.

La plume est érudite certes, mais j’ai parfois le sentiment qu’elle cherche à tout prix à impressionner quand elle pourrait avoir autant d’impact avec un peu plus de simplicité, je pense.

J’ai beaucoup apprécié la paronomase « Syllabes et sibylles » (je me suis permis de corriger) parmi tant d’autres (alchimie et chimères, etc.)…

Si je ne sais commenter ce genre de texte, je sais encore moins comment le noter !

La poésie est bel et bien présente pour moi, il y a de magnifiques images et j’imagine facilement qui a écrit ce texte… je n’ai d’ailleurs eu aucun mal à lire ce récit plutôt compact puisque l’opticien où je vais à réparé mes lunettes tordues sur lesquelles je m’étais assis !


Édition

Personne ne m’a contacté pour que je change ma notation, je n’ai reçu aucune menace de Lariviere, mais juste après avoir envoyé mon commentaire en EL, je me suis dit que je trouvais ce texte très abouti, mais il était trop tard pour changer.
Comme je l’ai dit, je ne suis pas doué pour apprécier comme il se doit ce genre de poésie.

Je vois que bouts à bouts a été remplacé par une autre formule, ce qui corrige l’invariabilité de cet adverbe.
Par contre, pour sybilles, je pense qu’il y a une faute, mais plusieurs graphies sont peut-être possibles…

Sibylle.

Personnification de la Divination, la sibylle est une prêtresse d’Apollon qui émet des prophéties et tend, de plus en plus, surtout chez les Romains, à se substituer aux oracles des dieux.

Les Anciens en connaissaient, entre autres, quatre d’un renom spécial :

la sibylle Marpésienne, qui vivait dans une grotte du mont Ida, en Troade,

celle d’Érythrée,

celle de Tibur et, enfin, la plus célèbre de toutes,

la sibylle de Cumes, qui apparaît dans maintes légendes, notamment dans celle d’Énée

— celui-ci la consulta avant de descendre aux Enfers — et dans celle du roi Tarquin, qui acheta les Livres sibyllins, textes sacrés de l’État romain...


Petite précision importante : je viens de m’apercevoir que mon commentaire apparaît à la date du jour alors que j’ai commenté ce Laboniris il y a plusieurs jours en EL sous un autre titre…

   papipoete   
12/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime bien
Bonjour Larivière
...je sais désormais ce qu'est Laboniris, et écrit sous forme de suites nouvelles...
mais en faire un commentaire, relève d'une facilité littéraire, pour laquelle je ne brille guère !
Je retiens de cette analyse, que poétiser sur
- un petit oiseau sur sa branche perché
- les pâquerettes qui piquent de blanc la verte prairie
- une star ( belle et charismatique )
sont des oeuvres bien puériles, face au monde où nous voyons, nous savons ( contrairement à nos parents pour Auchwitz ou Treblinka )
Une phrase illustre parfaitement votre propos
" l'homme doit être apprêté aux divins, mais rester disponible pour les futurs charniers "
NB nous ne lisons pas ici du Paul Carème, à déclamer le soir pour son dodo, à notre chérubin, chérubine, et je me sens lâche de ne pas tout assimiler.
Humblement, bien que j'aie traité en poésie, de harcèlement, de lutte au crayon avec Malala Yousafsaï ; je considère qu'un registre de guerre contre le mal, trouve écho dans un Manifeste, un discours façon Luther King plus adapté qu'un poème.
Nos tsars joufflus, et rois peroxydés me contrediraient-ils ?
La rédaction de ce " fragment " est riche et fort argumentée, mais hélas moins limpide pour moi que l'eau d'un mystérieux cénote.

   Cyrill   
12/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Salut Lari.
J’ai lu une fameuse et profonde critique de la poésie et de la condition humaine, une vision apocalyptique et surtout un désir de transcendance. L’ambition aussi de dire quelque chose du monde moderne en menant des charges répétées contre le vide et le conditionnement social. La densité des images est impressionnante, jusqu’à la saturation. Certaines auraient (peut-être) besoin de faire le vide autour d’elles pour laisser une empreinte plus durable :
« la tête comme un bocal explosé dégoulinant sa confiture trop mûre de méninges »
« hydre en couteau de mer »
« Saint Graal des ordures ménagères »...

Mais au final j’aime énormément cette imagination torrentielle, cette voix habitée, solennelle, presque incantatoire.
Un texte qui avance par vagues hyper musicales, par poussées de fièvre, avec une tension constante qui oblige et éblouit, un ton d’amertume bien pesé qui donne de la cohérence malgré la déflagration d’idées.
Bref, c’est bien autre chose que faire de la déco sur des mots.
J’en redemande. Bravo Lari !

   Provencao   
12/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour Lariviere,

J'ai aimé cette transcendance. Afin de mieux la cueillir et y devenir sensible, il nous faut entendre ce soupir étrange des êtres amoindris...

A mon sens, la poésie, la peinture, la musique et toutes ces formes d’art peuvent seulement révéler le nécessaire étonnamment

J'ai ressenti cet œil curieux observant une réalité qui change.. Votre poésie lance le charme et la pureté qu’elle regarde au-dessus et au-delà d'elle-même vers le possible qu’elle recèle.

Au plaisir de vous lire,
Cordialement

   Vincente   
12/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime bien
J’aime beaucoup le flux, ce flot idéel qui envahit le lecteur en le « forçant » par sa puissance de pensée à ne pas subir une sorte d’étouffement sous tant de dynamiques arguments. Il s’agit bien ici de ne pas se dérober à la lecture, ni de ne pas se laisser submerger, sous peine de perdre et la respiration du sens (peut-être même des sens) et même l’envie d’apprécier la conscience même de respirer.
J’ai donc beaucoup aimé cette volonté d’emplir l’espace de cette ambiance mentale très écrite, à la fois incarnée mais aussi puisant dans des références culturelles, historiques, sociologiques.
Chaque phrase y est porteuse d’une réalité, quand bien même elle serait vaste ou difficile à cerner, mais s’inscrivant assez directement dans une démarche ambitieuse s’adressant à la poésie en tant que champ d’expression social.

Si le regard parle du présent, l’on comprend bien qu’il s’agit d’abord ici d’en appréhender la perspective sous l’angle de l’évolution qui l’amènerait à cette assertion : « En dehors de la béatitude personnelle, la poésie n'est plus rien. ».

À ce point, tôt dans le propos, il n’est pas simple de s’extraire de l’émotion profonde qui nous a déjà gagné dans le premier paragraphe. Pour autant, le clou continue à s’enfoncer en nous, par la force de la forme et par la conviction du narrateur omniscient.

Ainsi arrive-t-on pourtant à mi-récit à cet aphorisme en quelque sorte contradictoire avec ce qui a précédé :
« Dans l’histoire de la poésie, beaucoup de jolis cœurs, mais peu de vrais sourciers… ». La poésie aurait donc toujours eu du mal à mettre au jour des poètes d’exception, et le passé comme aujourd’hui serait toujours en mal d’exceptionnalité.

Mais la suite permet de rassembler ces deux antithétiques compréhensions, ce serait la poésie elle-même qui à la fois inviterait, très attractive, les poètes multiples que nous sommes et à la fois les « sanctionneraient » de son exigence folle.
Et puis nos facilités de communication contemporaines, outils et modes d’expression aidés (parrainés…) par la technologie, ne décuplent-elles pas ce phénomène, pour et contre nous ?

Mais le narrateur en remettra une couche en toute fin en signifiant qu’il voit pourtant là une dérive, un affaissement qui sera fatal, menant à la « Décomposition des tissus, comme seule véritable transcendance, à l'orée ombragée de nos vies. ».

J’arrive pour ma part à constater que ce Laboniris, objet d’étude donc se prêtant à la controverse, s’il a la haute vertu de beaucoup rendre compte, est pris dans son propre piège, celui d'embrasser large, de généraliser. Il a le mérite sans conteste de pousser à réfléchir, à prendre du recul, et en cela est d’une haute nécessité, seulement, je trouve que sa conclusion oublie que l’exceptionnalité poétique n’est pas plus morte qu’autrefois, et que, chez l’individu comme chez le poète, des moments, des êtres peuvent atteindre des réussites remarquables, il serait dommage de les enterrer avec l’eau du bain.
Et puis la poésie n'est-elle pas justement forte de cette formidable multiplicité émotionnelle et créative des individus ?

   Laurent-Paul   
12/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
n'aime pas
bonjour,
Je n'ai pas aimé votre texte. Il est certes brillant dans sa construction et son déroulé, mais il condense tout ce que me rebute : phrases nominales assénées comme des coups de massue pour bien montrer la force du propos, métaphores recherchées se voulant spontanées, assertions sur la transcendance, l'absolu, le poète et tous les grands mots qui ne désignent que le désir de remplir l'absence de sens. A cela s'ajoute le mépris facile pour les clercs de notaire, la banalité de la raison et tout ce qui n'est pas conforme à vos hautes conceptions. Vous voulez le rêve, la féérie, le spontané et je ne vois qu'une logorrhée où le philosophique l'emporte sur le poétique. La paix n'est jamais bon marché, c'est une victoire contre la peine, l'ennui et la violence.
Votre texte ne me procure donc pour seule émotion que l'impression d'être méprisé : la transcendance n'est pour moi qu'une fumisterie de curé en manque de public béat désireux de croire qu'il existe autre chose que ce que nos cerveaux perçoivent de la matière, comprennent et ressentent.
Je suis en revanche d'accord sur votre dénonciation de l'abrutissement et du règne du marché. Mais c'est pas l'infime que je les combat, pas par le grandiose.
Cela dit, je ne nie pas que votre texte est poétique et très bien mené. Mais il n'est absolument pas pour moi.
Désolé si ma réaction vous semble exagérée ou puérile ; je ne suis jamais très à l'aise avec les commentaires critiquant un texte.
Au plaisir de vous lire.


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