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| Cyrill
11/6/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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Salut Lari.
Je termine ici ce que j’avais noté en EL à ma première lecture. Des digressions dans les digressions de digressions. Des « transes et fulgurances ». Tu jettes un pavé dans la mare et tu examines les ondes, tu les déformes jusqu’à la quadrature. Elles sont débattues, re-débattues, sondées et dépouillées. Ressassées jusqu’à l’os. Ondes sémantiques autant que sonores et musicales, philosophiques et poétiques. Une débauche langagière virtuose sur un rythme d’enfer. Cette scansion quasi chamanique qui précipite les syllabes en un mouvement perpétuel d’allitérations et d’assonances imprime un sentiment d’urgence déjà largement présent dans les précédents fragments. J’ai particulièrement aimé ces passages où l’écriture se précipite dans une sorte d’effondrement des mots, comme pour mieux les reconstruire et les doter d’un sens nouveau dans une configuration innovante, ‘boule-de-neigeante’ : « croc, accroc, morsure d'aspic, sueur, douleur, combat de gladiateur, rétiaire et mirmillon » « tarasques et de tarentules, le fracas des rotules et le goût des égouts… » « Silures gluants. Souillure et salissure, sciure des âmes et copeaux de cœur et effroi et déprime et décombre du moi » … Bravo donc pour cet écrit a-formel qui n’en finit pas d’investiguer le sens, et la conscience surtout. D’investir le monde dans sa relation à l’histoire. De questionner les technologies en regard de nos imaginaires, de convoquer le geste poétique comme un geste essentiel, primordial, nécessaire à la vie comme la respiration, le boire et le manger. Tandis que sur le « tout petit écran », dans lequel on nous invite à fondre nos personnalités, ne défilent que du texte et de l’image formatés, un succédané d’humanité sans saveur, de la marchandise débilitante et de la pensée aussi magique que frelatée, pâle fac-similé de celle de l’enfance. Drôle de ragoût, triste ragoût. Merci pour le partage et encore bravo ! |
| Provencao
11/6/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
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Bonjour Lariviere,
J'aime bien cette gestualité du poème qui déplace le dire du litre et rature vers la salissure soupçonnant l'iconicité pure de votre poésie. A la fois fascinée par " cette chimère en col carmin" et rebutée par la violence et l'indignation que disent les visions. Et ce passage :" Se perdre et se noyer... Couler à pic, puis sentir sur le fond des abysses les grains de sable où se cache l'or du temps. Sempiternelles fuites en avant de nos fragiles conditions." est aussi celui de l'âme qui cabre cette poésie dans une objectivation de sa mise en mouvement. Au plaisir de vous lire, Cordialement |
| framato
11/6/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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Un texte qui une fois n'est pas coutume fait largement appel à l' antiquité afin de développer ses arguments, c'est d'autant plus savoureux quand on sait l'usage que fit de l'antiquité gréco-latine une partie assez large du monde occidental à partir des années 20 et 30 et ce qui en est advenu. L'évocation des vierges pendues a fait jaillir en moi à la fois (et c'est paradoxal) la promesse faite aux "martyrs" terroristes et la violente répression faite aux femmes en Iran, qui a déclenché les manifestations que l'on sait et dont certains dirigeants néo fasciste se sont servis pour commencer la guerre que l'on sait sous le prétexte anti nucléaire que l'on sait... et qui au final a abouti à une autre de forme de génocide au Liban, voire dans les colonies en Cisjordanie... mais ce n'est certes pas le propos du texte.
L'utilisation des écrans, des fakes, des réseaux sociaux qui assourdissent , abrutissent (du pain et des jeux, j'ajouterais bien et des réseaux) est parfaitement décrites, ainsi que l'utilisation de nos peurs. La violence de la société que d'aucuns appellent l'ensauvagement également. La poésie - vendue à la criée - n'est pas en reste... Se perdre et se noyer, c'est chaque fois la sensation que j'ai en te lisant, mais cette noyade et de celle dont on renaît sans cesse en disant : encore, encore... comme si l'on pouvait absorber l'intégralité de cet océan de maux pour en régurgiter un monde et une humanité un peu meilleurs. Et si c'était notre destinée, de transformer le plomb en or, ou du moins de le tenter ? |
| Myndie
11/6/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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Bonjour Lari,
je ne saurais mieux dire que Cyrill et framato pour saluer ce nouveau Fragment, foisonnant, baroque, qui questionne, secoue les consciences et dont la surcharge d'images fait bien ressortir le sentiment d'urgence face à la déchéance du monde moderne. La richesse du vocabulaire m'impressionne autant qu'elle me charme. Les « rétiaire, mirmillon, satrapes, dolérite, spastiques », antidotes à la superficialité de notre univers contemporain, à ce" tout petit écran (qui) nous assomme de ses mensonges et de ses vérités factices, nous assourdit de ses bruits, de sa fureur, nous abrutit de divertissements futiles, de terreurs préfabriquées sur nos peurs instinctives », à nos rêves « congelés dans des espaces modernes saturés de néons aveuglants » donnent au texte le chic délicat de la patine du temps. Si le premier paragraphe m'a menée au bord de l'asphyxie, j'ai été emportée par le souffle de poésie qui traverse, anime cette prose, et par la fulgurante beauté de certaines images : « La cendre des paroles incendiées », « l’horizon de la rosée attendue au lendemain des brumes « sciure des âmes et copeaux de cœur » « Obsidienne révérence. Chimère en col carmin », et, pour ne rien oublier, par l'ironie cynique de cette « poésie vendue à la criée. Litre et rature. ». La chute, ces dernières phrases courtes et isolées sont un peu plus convenues et surtout, rompent selon moi avec l'énergie, la folle exubérance de l'ensemble mais au final, le texte, surréaliste et quasi dystopique, est une réussite. Myndie, qui part à la recherche de sa philosophale destinée |




