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Poésie en prose
Lariviere : Fragment du crépuscule (morceau 24)
 Publié le 16/09/07  -  7 commentaires  -  1831 caractères  -  44 lectures    Autres textes du même auteur

Fragment


Fragment du crépuscule (morceau 24)



Fuite des rayons. Les quêtes se font pressantes.
Affolés par nos appétits de grands fauves sur nos mœurs d’insectes, nous nous contentons d’une taille microbienne sur le décamètre de l’éternité.
La vermine des anges nous gratte les paupières.

Nous avons un jour sans fin, inventé Dieu pour ne pas avoir à exister.

Nos yeux et nos mains sont cousus de flammes s’éteignant dans des étreintes froides au gré des désillusions.
Situation de cendre où les solstices brûlent de divinations les doigts des damnés. Machinerie de façades. Éructation sous les soleils morts de Cassandre.
Chamboulement morbide de nos plasticités mentales se frayent un chemin jusque dans les sanctuaires de l’enfance. Effervescence salicylée. Pèlerinage acide de nos circuits limbiques et de nos crissements de dents. Cœur et salive pétrissent comme des perles dans nos magmas de jouvenceaux. Mâchouillements glaireux de nos agissements de girouette sur les tapis aiguisés du destin. Charançons caracolent dans les tréfonds désespérés de nos glottes. Les malencontres s’empêtrent dans les impuretés mystiques qui stagnent en périphérie de l’air ambiant. Abyssine amertume coule dans les bouches. Asphyxie comme bijoux de nos ardeurs du dimanche. Carcasse de nos plongées d’or dans les fleuves de boue.

Gloire du merveilleux, panique et chasteté désespérées. Nos humeurs gondolent sur des atmosphères où se projettent en permanence la lave de nos cœurs qui fondent et se morfondent au gré des températures. Grenade dégoupillée. Langage. Glapissement sur le compte à rebours de l’infini. Balbutiement d’un nouveau millénaire. Torpeurs.
Les frelons colonisent les arbres creux et ne piquent malheureusement pas que les lèvres qui restent désespérément muettes, sur le temps oedématié des saisons.


 
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   nico84   
6/11/2007
 a aimé ce texte 
Beaucoup
C'est celui que j'ai le plus compris et que j'ai préféré, bien compris, chaque mot est lourd de sens.

La question du sens de la vie, découle la décadence de l'homme, qui le rassure ...

   Bidis   
7/11/2007
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'ai une petite critique : certaines phrases sont si puissantes, si pleines de sens, si superbement imagées que d'autres paraissent à leur côté, je ne dirais pas inutiles ou superflues, mais presque... dommageables à leur encontre.

   Pat   
19/12/2007

   FredericBruls   
3/5/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Nous avons un jour sans fin, inventé Dieu pour ne pas avoir à exister.

Rien à rajouter.

   jaimme   
10/10/2009
 a aimé ce texte 
Bien
"Nous avons un jour sans fin, inventé Dieu pour ne pas avoir à exister.": la seule chose qui me gêne au milieu de cette belle phrase, c'est "sans fin"... Décidément je suis plus optimiste que l'auteur.
J'aime les "malencontres".

Mais pour le reste je trouve que la veine se tarit un peu. Ou bien c'est moi...

   Anonyme   
2/7/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
16/4/2009


Je retiendrai :

- Affolés par nos appétits de grands fauves sur nos mœurs d’insectes, nous nous contentons d’une taille microbienne sur le décamètre de l’éternité.

- Nos yeux et nos mains sont cousus de flammes s’éteignant dans des étreintes froides au gré des désillusions.

- Chamboulement morbide de nos plasticités mentales se frayent un chemin jusque dans les sanctuaires de l’enfance.

- Effervescence salicylée.

- Cœur et salive pétrissent comme des perles dans nos magmas de jouvenceaux. Mâchouillements glaireux de nos agissements de girouette sur les tapis aiguisés du destin.

- Grenade dégoupillée. Langage. Glapissement sur le compte à rebours de l’infini. Balbutiement d’un nouveau millénaire. Torpeurs.

Par contre, je sais pas trop au niveau du ressenti... un peu de colère... j'ai aimé le parallèle à la religion, les prétextes et les faux-fuyants.
J'ai apprécié le retour des rayons.

Estelle

   jfmoods   
8/4/2017
Le regard du poète est celui du moraliste considérant sans aménité la vacuité de son époque. Trois paradoxes en illustrent les contradictions criardes. Les rêves ambitieux ont accouché d'une réalité particulièrement médiocre ("nos appétits de grands fauves sur nos mœurs d’insectes", "une taille microbienne sur le décamètre de l’éternité", "nos plongées d’or dans les fleuves de boue"). Un phénomène de régression psychique saborde les consciences ("nos plasticités mentales se frayent un chemin jusque dans les sanctuaires de l’enfance", "nos magmas de jouvenceaux", "Gloire du merveilleux"), à l'image d'une invasion mortifère ("Charançons caracolent dans les tréfonds désespérés de nos glottes", "Les frelons colonisent les arbres creux") qui annihilerait toute capacité d'expression, d'échange ("Éructation", "crissements de dents", "Glapissement", "Balbutiement", "les lèvres qui restent désespérément muettes"). Les quelques désirs qui subsistent en nous (personnification : "Fuite des rayons") s'y consument en vase clos (participe présent : "flammes s'éteignant", oxymore : "étreintes froides", groupe nominal : "Situation de cendre", image du sportif dans son fauteuil : "nos ardeurs du dimanche", métaphore : "la lave de nos cœurs qui fondent et se morfondent au gré des températures"). Irrémédiablement encalminés (personnification : "le temps oedématié des saisons"), dépourvus d'avenir ("les soleils morts de Cassandre"), nous nous condamnons à mourir sur l'autel de l'inconsistance (image du compte à rebours : "Grenade dégoupillée").

Merci pour ce partage !


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