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Poésie en prose
Lariviere : Fragment du crépuscule (morceau 33)
 Publié le 15/02/08  -  14 commentaires  -  5122 caractères  -  72 lectures    Autres textes du même auteur

Fragment


Fragment du crépuscule (morceau 33)



En trente-trois morceaux, le crépuscule défragmenté.

C’est un choix délibéré d’avoir des émotions qui se fermentent à l’extérieur, expansions toxiques de nos écueils de souffre.
Car si les éruptions mentales se meurent à l’intérieur, à quoi bon ?...

Si ce n’est avoir deux cratères tristes qui agonisent pressurisés, malmenés et meurtris, haletants torrides terrorisés de reflets brisés à la place des yeux ?...

Vouloir stopper le fil vouloir folie trancher la lave du volcan de ma bouche ?...

Impossibilité, en son temps de sévices. L’essai s’échoue dans des intérêts mystérieux qui font lois. Désolé, ici et là, aujourd'hui, pas de transcendance silencieuse.
Les berges de la communication salves de feu de flammes bouillantes, inutile brasier, ne se sont pas taries… Le moment n’est pas.

Alors quoi ?... Mosaïque des logorrhées nous déploie toujours de ses sinus dilatés.
Postures d’aqueducs en vain… On s’insurge. On s’oblige. On ne contrôle rien. De vous à moi… Vous le savez…
Tout un monde, une nasse massive et moite cristallisée les mailles tissées aux naseaux des pégases et des poux, l’histoire de nos déviations pulse la vie son diamant de tartre, au carrefour calcifié des civilisations, s'entremêlent alors les perceptions et les intrigues de suif stratifiées aux sédiments vermeils, aux faciès de terres cuites percés de varioles et d’aérations, et toutes ses embrasures tracées d'aubes grinçantes, perçant l'acier le sens stratifié ivoire de la vie, font de nous ce que l’on est. On n’y peut rien…
Je sens l'envie se faire ventouse sur sa pâte de papier... Caresse prurigineuse de tarentule promène dessus ma paume...
J’écris je souffle j’émets j’expectore mes feux de broussailles sur le fourmillement et le sucre de canne, noir, triomphant, s’épanche sur ces champs en jachère, anticoagule mes marasmes, fluidifie, brûle, gonfle, amplifie mes sources de ses encres ambres qui me coulent sur les doigts... Englué, j’impulse un mouvement spastique je dessine je sens sous ma main la sonnette d’un hôtel bon marché. Je frappe. Encore. Encore. Je colle. Cette sonnette agonise. J’interprète le strident de son cuivre rouillé. S'étrangle. Se transforme dans des troubles de conduction. Un veau… Cri de cochon qu’on égorge… Comme une locomotive à vapeur qui trace qui hurle son sifflet de sang se débat dans les ténèbres… Cogitation de mes espoirs guillotinés. Frayeur, malentendu. Miteux. On ne veut même pas m’accorder le repos pour une nuit ?... Une seule nuit… Madame paranoïa arrive de son gong… À l'autre bout... Lui. Le boucher. Il arrive, à pas lent. Son attitude ? Nonchalante… L’illusion du réceptionniste, c’est le contrôle de la réception.

Il est tard… Les morceaux recollés, il ne faut pas croire pour autant qu’une hécatombe sur l’autel de nos frustrations pourra suffire à résumer… On meurt souvent de son vivant sous les flammes des pompiers enivrés mais toujours impuissant. Décision d’inciser. Tardivement, on s’assoupit. S’écoule alors soufflant sous nos hottes nos adrénalines stagnantes… Fausse couche dans des frissons de rebouteux les frelons de la fausse modestie, ce qui brûle d’une langue haletante ce sont les alambics surchauffés de nos apprentissages, l’ébullition magma de nos assoupissements chancelants comme les quarts de veille aux flammes de bougies. Pas de reports de voix pas de répits les chances sectionnées sont maigres, les urnes sont bourrées et les rivages ne se cicatrisent pas si facilement sur les moiteurs troubles de nos soliloques d’animaux. Bestialité... Châtiment de granit. Raison. Déraison. Déclamation en givre. Siliceuses envies de nos prédestinées…
Crépuscule des génies ailés se pulvérise, saison maudite ou parterre promises les félicités empêchées des perce-neiges. Soleil à l'agonie... Terres arides où ne poussent que des conquêtes d’osier sur la cage de la grande ourse. Misérable fumée vermeil de nos constructions intellectuelles qui viennent dans le vent ascendant et casanier gratter le ciel de ses interrogations multiples et solitaires dans son cheminement. Perdre le cap… On s’immisce, partout. Sable présomptueusement en avance. Poussière de vivant-mort. Époque de remue méninges aussi cacophonique que stérile. C’est le siècle des lumières revisitées in vitro par le siècle des capricieux et des bouleversements, battage vain, stridulation d’argent, pulsions miroitantes sur la rose des vents. Toujours trop tôt, il est déjà trop tard... Césure invétérée.

Sourcillement lunaire de nos pupilles aux filaments de vie frissonnante. Battements de cœur de cils cloisonnés d’émeraude et d’entrailles, incontrôlables mouvements filandreux. C’est le temps moderne des confessions intimes et des indécences fleuries sur les feuillets rougis des saisons, sur les embrasements feints où, toujours retardataire, on maquille outrageusement l’aurore de couleur estivale. Bigarrés, criards... Les départs de feux sont toujours aux lieux-dits.

Personne pour l’instant, ne viendra se soucier de leur indisponibilité annoncée…


 
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   David   
15/2/2008
Bonjour Larivière,

C'est difficile à commenter, ça ne semble pas un langage de communication, mais ça présence prouve le contraire. Le narrateur que j'imagine semble se condamner à la solitude, il ne donne aucun point d'appui à la lecture, le style peut-être envoutant pourtant, angoissant ? comme ces manèges de foire dont on ressort soit avec le plaisir de l'émotion forte, soit avec un mal au coeur.

   strega   
15/2/2008
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
J'ai eu le sentiment totalement opposé à celui de David... J'ai cru saisir le narrateur dans un dilemme profond, celui de la remise en question même de l'écriture. Ce sentiment où l'on se sent égoïste, mais où l'on se dit que finalement, si nous ne le sommes pas un peu, personne ne s'en souciera.

J'ai cru voir une magnifique allusion à la trinité, sacré ou "profane" même, une trinité platonicienne peut-être...? Ce Fragment est "importantissimo" (pour moi au moins) car j'ai enfin perçu un schéma global, une forme d'ascension du poète en cercles. (c'est dantesque monsieur Larivière ça).

Ici, c'est un cri, pas une réflexion comme pour les autres Fragments, j'en veux pour preuve

"Désolé, ici et là, aujourd'hui, pas de transcendance silencieuse. "

Si ce n'est pas un aveu ça, une invitation au voyage...

C'est tout à la fois le choix cornélien : l'état dans lequel se trouve le poète lorsqu'il écrit et celui "de tous les jours" où il se sent peut-être humain mais amputer d'une certaine manière.

J'extrapole certainement un peu, Larivière, à mon humble avis, c'est peut-être le Fragment le plus aboutit car le plus universel. Je ne vois pas ce que je pourrais reprocher ici : si, le plus universel certainement et par cela, dans sa forme, le plus hermétique peut-être. Mais l'hermétisme n'est pas nécessairement négatif si?

Le Bravo s'impose de lui-même, le merci ici est toujours obsolète, car on dépasse largement le cadre du merci...

   nico84   
17/2/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je ressens aussi ton écriture comme une musique harmonieuse. Chauqe fragments est une symphonie et chaque phrase une note. Parfois longues, parfois courtes, l'assemblage et la suite de note et de rythme nous entraîne dans ton univers qui nous parle.

Mais comme la musique, la beauté ne se disséque pas, elle se déguste simplement. Et toi, chef d'orchestre, je te félicite pour cette fabuleuse partition.

   Absolue   
18/2/2008
Bon. J'essaie. Je vous jure que j'essaie. De comprendre quelque chose, de ressentir une émotion, de... Mais rien à faire, je n'y parviens pas. Après 2 phrases, je suis découragée de poursuivre. Pourtant, je suis sûre que Larivière a du talent, beaucoup d'imagination, une approche inédite (du génie?). Je me mets à douter... Suis-je stupide? Insensible? Je ne sais quoi penser...

   james   
25/2/2008
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Texte totalement hermétique. Phrases sortant d'une mitrailleuse pour venir s'écraser sur mon écran comme autant de taches de couleur sans que je puisse voir apparaître, une image, un dessin, une figure ou quelque chose que je n'aurais jamais vu. Rien de tout cela. Coulures seulement de couleur descendant les montants de mon ordinateur pour se réunir en flaques "sous le sourcillement lunaire de mes pupilles aux filaments de vie frissonnante".

   Anonyme   
24/2/2008
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
Larivière, ses 32 fragments dé-composés. Chants mélismatiques aux rythmes des brisures de l'être.
Larivière et ses fêlures, ses failles labiles, tantôt pleines tantôt creuses. De ces creux que la vie erratique s'obstine à vouloir combler, les croyant vides.

Larivière qui ne se lit pas mais se boit comme la terre creuse avale l'océan intrus, étranger.


Possible que Larivère tente l'impossible: dire, écrire, sans assassiner les choses.. ou ressusciter des cadavres fragmentés

   Anonyme   
24/2/2008
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Le style est parfait, l'écriture élégante indéniable. mais l'on se noie perdu dans un florilège d'idées de quête. Sincèrement le sublime frôle avec le vide. Sur le contenu, en forçant le trait on perd le feu originel de la pensée.

Tu vois j'écris pareil. Cela ressemble à une tempête de sens trop alambiqué, franchement.

   Anonyme   
25/2/2008
J'ai essayé... Je me suis accrochée... J'ai tenté de m'arrêter sur chaque phrase mais je me suis noyée avant la fin. Pour comprendre peut-être faudrait-il commencer par lire le fragment 1 mais il y a le 2, le 3... etc et ça me décourage ! Pourtant je ressens qu'il ne s'agit pas de n'importe quoi, l'écriture est originale. Comme je regrette ne ne pas m'être inscrite plus tôt afin de suivre pas à pas chaque fragment !

   Pat   
25/2/2008

   Anonyme   
26/2/2008
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Larivière

Te dire en premier que je n'ai jamais lu aussi attentivement sur Oniris un texte comme le tien. Crayon à la main

Voici le résultat de mes élucubrations.

En tout premier lieu j'ai eu une inquiétude, celle d'arriver à la fin des fragments de crépuscule, la raison les 33 morceaux qui composeraient le crépuscule. J'ai pensé que l'on était arrivé au moment de la défragmentation c'est à dire la recomposition du crépuscule. La fin d'une série. Puis j'ai vu un 34ème arriver. Quelque part je me suis senti rassuré.

De tous tes textes que j'ai lu celui-ci est le plus noir, le plus désolé et celui qui exprime le plus la solitude de l'être dans notre monde. Un monde en proie à des forces gigantesques anéantissant l'individu par un déferlement de bruits,de mots, d'argent, d'intérêts.

On n'échappe pas à cette marche infernale, abrutissante allant vers un inconnu que l'on subodore à peine.

La transcendance cette communication avec les instances supérieures, finie, plus d'actualité. Place aux constructions intellectuelles qui dans le vent ascendant et casanier grattent le ciel de leurs interrogations multiples et solitaires.

Si l'individualité est tolérée c'est pour la forme dans les faits la différence est rejetée, d'ailleurs a celui qui écrit ,souffle, expectore etc.. on "n'accorde pas le repos pour une nuit" qu'il aille. Les espoirs sont guillotinés.

Tragique comme une symphonie de Malher.

Que peut faire le poète? Crier, hurler, écrire. Blabla inutile. Babillages. Déraison, cap perdu. L'engloutissement est là. L'engloutissement par ce siècle des lumières revisitées par les capricieux, les bouleversements, battage vain, stridulation d'argent, pulsion miroitantes sur la rose des vents.

Putain de monde!

Larivière continue. Cultive ton jardin et apporte nous ses fruits à la saveur si étrange.

   ANCELLY   
10/7/2008
Bonjour,
J'ai essayé...
!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

"Caresse prurigineuse de tarentule promène dessus ma paume..."
par exemple. Se promène ou promène quelque chose ?
Je trouve que cela procède du même génie qui permet de voir exposé au musée d'art moderne de Saint Etienne, un balais fiché dans un mur.

Edit : J'ai ré-essayé : comment des adrénalines stagnantes peuvent-elles s'écouler ? Non, c'est vraiment se moquer du monde. Il n'y a rien dans ce texte. Désolé.

Ancelly

   FredericBruls   
3/5/2009
 a aimé ce texte 
Bien
33 morceaux, 33 ans, l'âge du Christ ?

Sans rire, encore un morceau coup de poing. Du Lari inspiré, torrentiel...On a plus envie d'argumenter je trouve. C'est une poésie définitivement radicale.
Et je vais peut-être t'étonner, mais le goût qu'on peut avoir pour ta prose fluctue comme l'humeur au cours de la journée. Je me suis en effet surpris à apprécier ce texte de toi que j'avais lu précédemment et qui m'avait laissé froid de jour-là. Comme quoi, tout arrive !

   jaimme   
27/10/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
larivière me semble plus centré sur l'humain comme individu que dans les fragments de même "forme". Les fulgurances pyrotechniques créent encore un (ou des) état d'esprit. Puis le monde cartésien pulse des mots qui trouvent leur place dans ce concert. Comme:
"L’illusion du réceptionniste, c’est le contrôle de la réception."
"C’est le siècle des lumières revisitées in vitro par le siècle des capricieux "
Impressionnant.
Mais toujours ce "On n’y peut rien…" qui me gêne. (Nondidiou!)

   Anonyme   
2/7/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
26/4/2009

Et j'aime toujours autant te commenter après Ancelly... ça étonne encore quelqu'un???

Oui. 33 morceaux, le crépuscule défragmenté.
Une césure, une cassure, une rupture, un rassemblement de tout, une sorte de point sur les 32 premiers...

Beaucoup de choses me parlent ici.

Je retiendrai :

- C’est un choix délibéré d’avoir des émotions qui se fermentent à l’extérieur, expansions toxiques de nos écueils de souffre.
Car si les éruptions mentales se meurent à l’intérieur, à quoi bon ?...
=> une sorte de prélude. Le doute? La certitude? Le choix et puis l'acceptation du "pas le choix"...

- Vouloir stopper le fil vouloir folie trancher la lave du volcan de ma bouche ?...
=> vouloir stopper le flot de sang qui s'écoule dans les veines?

-Je sens l'envie se faire ventouse sur sa pâte de papier... Caresse prurigineuse de tarentule promène dessus ma paume...

L'aveu de faiblesse... l'aveu de force... aveu de réclusion volontaire de fermeture pour... de fermeture malgré...

J'ai été étonnée de trouvé autant de clins d'oeil au boulot...
le boucher... parallèle intéressant...

Comme un gout d'à quoi bon... d'à qui adresser ces mots... d'à qui voudra les lire... Comme si l'auteur (tu) tentais de te convaincre qu'il ne faut pas arrêter... que le but n'était pas là... et que si on coupe tous les fragments, qu'on essaie de les faire disparaitre, ils resteront là... et que tu peux pas les laisser dedans, faut que ça sorte... malgré tout.

Oui, je retrouve la grande ourse (en minuscules) à double sens...
j'aime bien le recall Terre Utérine...

- Bigarrés, criards... Les départs de feux sont toujours aux lieux-dits.
Personne pour l’instant, ne viendra se soucier de leur indisponibilité annoncée…
=>oui... voilà.

J'aime bien cette impression entre la destruction et la construction.
Entre l'absolu et l'impossible.

Et oui, "Sourcillement lunaire de nos pupilles aux filaments de vie frissonnante." je dirai même mouvement rapide des yeux balayés de puissance divine... je sais pas.

Il est des images qu'il faut avoir vues pour les comprendre, peut-être...

Et pour les puristes des suites, je vous fait la correspondance musicale d'Estelle (en bonus...) à Vanessa Carlton : Twilight... qui est un rien particulière

Voilà.
Lari... est-ce que la césure se fait exprès à 33?
Y a une raison globale?
Mystique? Christique peut-être?

Bon, je laisse mes interrogations... et je file... la tête vide...hmmm

Estelle2L


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