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Poésie en prose
Lariviere : Fragment du crépuscule (morceau 54)
 Publié le 23/04/09  -  17 commentaires  -  973 caractères  -  296 lectures    Autres textes du même auteur

Fragment.


Fragment du crépuscule (morceau 54)



Le poète sûr de ses soleils soulève ses équinoxes, déploie ses azimuts, arpente, sue, gravit, additionne et recoupe, ne retranche de ses poignets aucune brûlure et ne se préserve d’aucune descente… Il respire le phosphore de ses ascensions. Il transpire dessous ses pentes le poids des flammes et des sibylles... et de tous ses pores sortent les lymphes complexes des suppliciés rivées sur la rosace fantasque de l’univers.
Écriture. Table du verbe… Épidermisation de nos vies d’écorchés…

Ainsi se transforment les calvaires en espoirs farouches, ainsi se lèvent aux quatre coins du jour les aubes fauves comme des poignées de feu ployant sur les matins émerveillés…

Le poète invité perpétuel du monde, recycle les formants des saisons, récupère les grappes d’or dans des sabliers souillés, filtre le sang et les larmes des hommes au fronton de leur parole de suif, et redéploie le jeu des soupirs, dans le jardin de l’immensité irriguée…


 
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   Anonyme   
23/4/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Écrire dans la souffrance, écrire sur la table du supplice, écrire de la souffrance rencontrée, des écorchures et des larmes pour redonner l'espoir , transfigurer le verbe et la douleur et la laideur et que ça chante beau...

J'ai fait une très belle lecture se matin, une lecture d'auteur écorché qui sait sourire à lecteur écorché qui sait sourire...

Merci Larivière, merci pour ces mots-vérités

   Anonyme   
23/4/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
"Le poète invité perpétuel du monde", "récupère les grappes d'or dans des sabliers souillés" J'aime beaucoup. Ce fragment me cause bien. Je trouve étonnant, le côté "sûr de lui" (ou alors je lis mal) du poète alors que plus qu'un autre, il cisèle le doute.
De bien beaux mots, le poète qui transforme ses ombres en vers...

   Anonyme   
23/4/2009
 a aimé ce texte 
Passionnément
Heureux poète qui comme... Hercule soulève les mots et les porte sur son dos vers la lumière sanglante. Il y a du Sysiphe aussi, entre ces lignes. Cet effort constant, cette souffrance perpétuelle, cette recherche, pour amener, tout là-haut, "aux quatre coins du jour les aubes fauves comme des poignées de feu ployant sur les matins émerveillés..." les maux.
Merci Larivière.

   FredericBruls   
23/4/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Le poète est un alchimiste de la douleur...J'ai pétri de la boue et j'en ai fait de l'or. (Baudelaire).
Ce fragment m'apparaît comme un de tes plus aboutis. Cohérence et justesse des images s'allient pour former un tout très harmonieux et dont le sens, à mes yeux, ne présente guère d'équivoque. Il s'en dégage une sorte de clair-obscur sémantique, le sens tirant le son et vice-versa : voilà un fragment qui porte bien son nom !

   nico84   
23/4/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Que c'est compliqué pour moi de comprendre du Larivière. Mais aprés plusieurs lectures et explications, je déchiffre ici la beauté de tes mots.

C'est fort, intense quand on saisit les pensées filantes. Ecriture torturées comme les esprits des auteurs (je ne vise personne ici bien entendu). La souffrance qui passe dans l'écriture ou des autres intenses sentiments.

J'aime ce point de vue. J'ai apprecié ce fragment.

   FIACRE   
23/4/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
" Redéploie le jeu des soupirs " et mon je expire.
Métaphore qui me convient aujourd'hui.

   TITEFEE   
28/4/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Le poète ensemence le champs de ses possibles, et parfois ne voit rien germer, ou alors après deux saisons redécouvre une plante oubliée qui s'est élevée vers le soleil, et il la reconnaît qu'à moitié, tout étonné qu'il est de l'avoir sorti de ses doigts tâchés d'encre.
Tous ces petits bouts, ces fragments mis bouts à noeuds forment un texte à milliers de tiroirs.
Nous nous retrouvons souvent dans quelques uns, un peu comme si la pensée était commune...
J'ai aimé, et il est vrai qu'il faut du souffle pour les lire ces fragments et moi ne suis qu'une '"vieille romantique" lol

Mais je soutiens la gageure... tant pis
j'ose !

http://www.archive-host.com/compteur.php?url=http://sd3.archive-host.com/membres/playlist/1086141494/LARIVIERE.mp3

   Flupke   
3/5/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Belle louange à l'intention de celui qui hante la tempête et se rit de l'archer et dont les ailes de géant l'empêche de marcher. Bravo.
Très agréable à lire. De très belles images.

   Anonyme   
9/5/2009
 a aimé ce texte 
Un peu
Je suis assez perplexe face à ce poème qui semble apprécié. Je reconnais qu'il y a un beau travail d'écriture et d'ailleurs je ne suis pas bien placée pour en juger. Mon commentaire est d'autant plus subjectif qu'il est trés viscéral : je ne ressens rien à la lecture de ce poème. Mais peut-être est-ce parce qu'il rend compte d'un univers qui m'est étranger, pour le moment.

   BAMBE   
10/5/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un texte superbe, travaillé, pensé, abouti et des images sublimes.

   Anonyme   
10/5/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Le poète sûr de ses soleils. Respire le phosphore de ses ascensions.
C'est très bien dit. Belles images, du souffle.

   aldenor   
22/5/2009
Le poème n’est pas aussi aérien qu’il aurait pu.
Je crois qu’il faudrait s’arranger à mettre le premier paragraphe en une seule phrase : la répétition des « Il » est lourde.
L’utilisation fréquente des points de suspension ne me semble pas à bon escient.

   Pat   
24/5/2009

   Anonyme   
24/5/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Très belles associations : "les aubes fauves comme des poignées de feu ployant sur les matins émerveillés". Je crois que la phrase : "Écriture. Table du verbe… Épidermisation de nos vies d’écorchés…" est en trop...
Au plaisir.

   widjet   
7/7/2009
Rien à dire sur la qualité d'écriture, les trouvailles stylistiques et visuelles ("recycle les formants des saisons, récupère les grappes d’or dans des sabliers souillés").
L'inspiration, cet aliment qui nourrit le poète et qui fait ce qu'il est, est ce de cela dont il s'agit ? Le poète est il un savant scientifique qui dans son laboratoire cérébral mélange les différents ingrédiens comme la nature humaine, les climats, les élements pour en ressortir un parfum unique, celui de la Vie ?

Je m'essaie à la réflexion puisque l'émotion, elle, est absente...

Widjet

   Anonyme   
2/7/2010
 a aimé ce texte 
Passionnément
21/6/2009

J'aime beaucoup... j'ai eu l'impression de regarder à travers le verre d'une vitrine, un tableau fait de couleurs flamboyantes et de trainées illuminées...

J'aime l'opposition entre la difficulté ou en tout cas la torture du premier paragraphe et le reste plus... plus optimiste?

L'utilisation de l'image de l'ascension qui est particulièrement bien trouvée et colle parfaitement à l'effort et la douleur de ce sport de fond qu'est la création et qui fait partie du créateur... et la capacité à faire ressortir de la souffrance et du doute, une beauté qui ne peut naitre éblouissante qu'engendrée par le poids de ses pensées/vécu/émotions...

J'aime particulièrement (et j'aurais bien tout mis):

- Le poète sûr de ses soleils soulève ses équinoxes, ...
=> la certitude vs équinoxes qui représente pour moi le facteur X... (ben vi quoi on perd 20 minutes qu'on sait pas où qu'elle vont aux équinoxes...) et donc l'incertitude, et donc c'est une image d'opposition très forte, intense... une sorte de défi à ses propres quadratures du cercle.

- Il respire le phosphore de ses ascensions.
=> respirer le phosphore, c'est hautement toxique... bon alors du coup, on se prend une claque de logique avec les phrases suivantes... monter et respirer le poison de ses ascensions... j'aime définitivement beaucoup.

- Il transpire dessous ses pentes le poids des flammes et des sibylles...
=> Dessous ses pentes est très joli à l'oreille... presque du Pagnol... hum. J'aime le poids des flammes qui ne pèsent rien... les oracles...

- Table du verbe… Épidermisation de nos vies d’écorchés…
=> la table, l'épidermisation... décorchés... lol qui doit être l'ancètre de racorcher...

- ainsi se lèvent aux quatre coins du jour les aubes fauves comme des poignées de feu ployant sur les matins émerveillés…
=> l'image est magnifique tout simplement... j'aime les 4 coins du jour, les aubes fauves... les matins émerveillés ployant sous les poignées de feu... je trouve que c'est tout simplement parfait dans le rythme, dans le placement de la phrase dans le poème...

- récupère les grappes d’or dans des sabliers souillés,
=> tout simplement génial c'est raffiné, c'est beau tout simplement.

- filtre le sang et les larmes des hommes au fronton de leur parole de suif,
=> parole de suif... j'aime

- et redéploie le jeu des soupirs, dans le jardin de l’immensité irriguée…
=> phrase de cloture bien pensée, l'immensité irriguée... rien à dire!

Bref une fois de plus un joli fragment tout en introspection du poète... tout du fond à la forme, de la longueur des paragraphes aux mots pertinemment semés... de l'opposition aux thèmes... tout est bon (comme dans le cochon... lol), visuel, musical, millimétré... exceptionnel!

Merci Lari, ça faisait trop longtemps que je ne t'avais plus lu!!!

Estelle

   jfmoods   
15/11/2017
Ce "morceau 54" est charien jusqu'au bout des ongles. Trois mots ("équinoxes", "poignets", "sybilles") redessinent d'ailleurs les contours, lumineux, de "Calendrier".

Le poète est un démiurge ("sûr de ses soleils"). Débordant d'activités (énumération : "soulève ses équinoxes, déploie ses azimuts, arpente, sue, gravit, additionne et recoupe", gradation anaphorique : "aucune brûlure", 'aucune descente", hyperbole : "de tous ses pores"), il capte les moindres inflexions de la vie ("invité perpétuel du monde").

Premier de cordée (thématique de la montagne : "descente", "ascensions", "pentes"), il recueille la profondeur du temps vécu (énumération : "... recycle les formants des saisons, récupère les grappes d’or dans des sabliers souillés, filtre le sang et les larmes des hommes au fronton de leur parole de suif"), convoque les démons qui nous hantent ("le poids des flammes et des sybilles", "les lymphes complexes des suppliciés rivées sur la rosace fantasque de l'univers", "nos vies d'écorchés"), pour dessiner les contours de l'utopie, de l'avenir requalifié (définition : "Écriture. Table du verbe", anaphore : "Ainsi" x 2, jeu antithétique : "calvaires" / "espoirs farouches", verbe réduplicatif : "redéploie le jeu des soupirs", comparaison : "comme des poignées de feu ployant sur les matins émerveillés…", métaphore : "le jardin de l'immensité irriguée").

Merci pour ce partage !


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