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Poésie en prose
Lariviere : Fragment du crépuscule, morceau 65
 Publié le 21/02/12  -  6 commentaires  -  825 caractères  -  192 lectures    Autres textes du même auteur


Fragment du crépuscule, morceau 65



Nous nous engluons dans une époque où les flatulentes opulences créent des vides sans fin, des monstres incontrôlables, des espaces libres qui nous lient, nous enchaînent aux abysses.

Au plus nous consommons, au plus nous sommes tristes. Au plus nous gouvernons, au plus nous dérivons…

Paradoxe, oui… Mais dure, palpable… prégnante et insondable réalité…

Phénix aux œufs pourris. Phénix éberlué, vidé d’esprit et empêtré de matière, oiseau de proie-monde aux serres calcinées par le marasme vert, oiseau de feu-fusée aux iris froids, aux paupières-incendies, grappins de flammes aux doigts brûlés éternellement par la fièvre de l’or…

Dans ce temps comprimé et corrompu par d’illusoires vitesses et de prétentieuses fascinations, la parole du poète aura-t-elle encore une place ?…


 
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   Anonyme   
4/2/2012
 a aimé ce texte 
Pas
Eh ! Très bonne question.
Mais oui sans doute, car de l'oppression en tout genre, l'imaginaire cognant (sans doute plus fort) a besoin de s'échapper.
Dans la première phrase, je ne comprends pas trop cette notion d'"espaces libres", à moins qu'il ne s'agirait de zones de négligences où la masse serait livrée à elle même. Une sorte de no man's land en fait. ça coïncide mal je trouve avec l'idée d'engluement du début de cette même phrase.
Ensuite je ne comprends pas non plus le rapport établi entre le fait de consommer et la tristesse. En fait j'aurais mieux intégré ce rapport en ce sens : Plus nous consommons, plus nous sommes tristes par ex.

Et en ce qui concerne le passage-phénix, oiseau supposé renaitre de ses cendres et en quelque sorte symboliser l'espoir nouveau (même s'il est enchaîné), je le trouve confus, mal énoncé et finalement hors de propos. Juste une divagation voire un justificatif du titre de ce texte.

C'est dommage car le texte propose en conclusion une bonne problématique malgré une mise en matière assez vague.

   brabant   
21/2/2012
 a aimé ce texte 
Pas ↑
Cela en fait du boulot pour le poète ! Est-ce cet aujourd'hui que vous nous contez où la poésie déjà ne se vend plus sauf pour quelques fous qui survivent sur Oniris ?

La révolte est d'importance et se fait à grand renfort de vastes exclamations.

Peut-être n'échappez-vous pas cependant au piège de la grandiloquence et d'un certain infect : "flatulentes opulences... oeufs pourris", peut-être donnez-vous trop dans le superlatif : "Au plus... au plus... Au plus... au plus", la répétition, qui se veut stylistique, m'apparaît malheureuse. "sans fin... incontrôlables... abysses... insondable... vidé... empêtré... calciné... marasme... éternellement... comprimé et corrompu... illusoires... prétentieuses"
La colère, pour être efficace, doit être maîtrisée. Ici, vous ne portez pas les mots, ce sont les mots qui vous emportent.
Comment des espaces libres peuvent-ils nous lier ?
"prégnante" ne me paraît pas très heureux...

Ce texte gagnerait à être resserré, ses hyperboles et son abstraction lui font perdre, à mon avis, l'efficacité de la dénonciation et de la révolte qu'il veut porter.

Edition : Scusi pour ce com à l'aveugle, j'ai pas trop reconnu mon poète dans ce texte. lol.

   Lunar-K   
13/2/2012
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,

J'ai plutôt bien aimé ce texte qui, sans tomber dans l’écueil du réalisme trop descriptif (et finalement assez peu poétique, souvent), parvient à rester suffisamment imagé pour véritablement poétiser la critique. C'est plutôt rare je pense (cela dit, je ne suis pas vraiment une spécialiste de ce genre de poésie, économique et/ou politique...). Et, en l'occurrence, plutôt réussi même. Je trouve que vous êtes bien parvenu, par l’écriture, la métaphore… à dépasser la simple dimension du constat, constat en lui-même plutôt commun.

Ainsi, ce constat, me semble-t-il, c'est finalement celui que le siècle, non, n'est pas spirituel... L'homme a beau coïncider de plus en plus avec un système de plus en plus élargi et despotique, a beau se jeter et s'enfoncer dans les abysses que crée ce système lui-même (c'est-à-dire, finalement, dans le repli de soi, individuel, l'espace libre nous enchaînant, paradoxalement, de par son absence radicale de chaînes) ; l'homme a beau faire tout cela, pensant de bonne foi ne servir que sa propre puissance, il n'opère jamais finalement qu'une réduction de ses véritables forces et de l'esprit. Paradoxe de l'individu désirant son propre asservissement, trompé peut-être par une idéologie quelconque (mais je crois que cela est bien plus complexe qu'une simple question idéologique), paradoxe du désir de consommation et de la gouvernance qui en constitue l'effondrement et la corruption... Désir qui se retourne sur lui-même dans le grand système, le toujours plus grand et plus despotique système, éternel retour du phénix enchaîné qui renaît toujours enchaîné et reproduit perpétuellement sa propre servitude, de son propre gré.

C’est surtout cette dernière métaphore qui m’a plu, métaphore centrale s’il en est, du phénix enchaîné par sa fièvre de l’or. Car quoi de plus adéquat pour illustrer cette dégringolade de l’esprit que ce phénix, oiseau spirituel et mystique par excellence, corrompu dans la matière, éternellement ? En tout cas, c’est une image qui me parle, et qui m’évoque de très nombreux aspects de la condition dénoncée dans ce poème.

Je regrette peut-être un peu néanmoins que la question finale ne soit pas un peu plus approfondie. Quel rapport entre la parole du poète et le phénix ? J’ai bien sûr ma propre idée sur la question, d’ailleurs, d’une certaine manière, l’ensemble de ce texte y répond. Je veux dire que, finalement, la parole du poète se confond ici avec la parole du poème, de ce poème-ci. Parole spirituel échappant aux chaînes et aux corps, dénonçant et brisant ces chaînes et ces corps… N’est-ce pas là précisément l’objet du texte ? Reste à savoir si elle sera reçue et trouvera sa place… ce que j’espère, bien sûr…

Concernant la forme, maintenant… c’est encore le paragraphe du phénix qui me plaît le plus. Entre lyrisme et violence, libération et dénonciation. Il illustre parfaitement cette double dimension du poème. Par contre, j’aime moins le second paragraphe : « Au plus nous consommons… ». Plus banal, sans doute, nettement moins enlevé et parlant. Il sonne un peu creux par rapport au reste, je trouve.

Mais bon, dans l’ensemble, ce texte est fort bien écrit, fort riche aussi dans son imaginaire et son vocabulaire. J’aime beaucoup ! Un poème qui me parle et qui me touche.

Merci à vous !

   funambule   
22/2/2012
 a aimé ce texte 
Un peu
Transposition poétique de pensées faciles dans "l'air du temps". Si je suis, si j'adhère, si je trouve que c'est réussi et qu'il n'en fallait pas plus... Je n'arrive pas à me départir de l'inutilité (même avec le renvoi final à la poésie) de l'envoi.

Nous ne sommes pas des survivants... ou nous ne sommes pas, peu importe le champ que nous impactons. Faisons...

   Pouet   
11/2/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Texte d'actualité. La question de fin effectivement peut se poser.
Le poète, qui est-il en définitive?
Un acteur ou un contemplateur?
Le poète comme "entité propre", j'ai du mal à le concevoir.
Sa parole peut porter la société de consommation ou de consumation dit le phénix. "Au plus nous consommons, au plus nous sommes tristes.
J'ai cliqué sur un "fragment" au hasard. D'une clarté imparable celui-ci...
Pouet, profanateur de fragments...

   jfmoods   
18/8/2018
Le poème met en exergue l'élément le plus représentatif de notre époque : l'excès sous toutes ses formes ("flatulentes opulences", superlatif : "Au plus... au plus..." × 2, "ce temps comprimé").

La thématique de la dévoration ("calcinées", "feu", "incendies", "flammes", "brûlés"), qui rappelle l'enfer où le vice conduit, dénonce l'irrémissible cupidité humaine ("la fièvre de l'or").

L'image du phénix impressionne car elle avalise, contre toute attente, un processus de dégénérescence ("œufs pourris", parallélisme : "vidé d’esprit et empêtré de matière", adjectifs qualificatifs : "illusoires vitesses", "prétentieuses fascinations"). Errant dans un dédale de futilités, nous sommes impuissants à enfanter l'avenir.

En un siècle comme le nôtre, où le temps de cerveau disponible tend à se rétrécir comme peau de chagrin, l'enchanteur du langage s'interroge, avec raison, sur son utilité ("la parole du poète aura-t-elle encore une place ?").

Merci pour ce partage !


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