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Poésie libre
Lariviere : Minuit
 Publié le 20/10/10  -  17 commentaires  -  1167 caractères  -  444 lectures    Autres textes du même auteur

...


Minuit



Minuit

Mauvaise sentinelle

Sur nos regards perdus

Le désert de la nuit

S’étale

S'étend

C'est un manteau de

Murmures

Sous toutes ses formes, gargouilles

Les alibis sur le creuset du métal

Cognent de noir

La rage absoute

Laiteuse litanie

De nos étangs maudits

Douze coups

Minuit,

Cognent

Cognent

Les heures griffées

Comme un fauve de fer

Cognent

Tigre

Le temps écorché, caillot

Des étoiles suspendues

Des piques

Des toits

Des flambeaux

Et puis

Meurtrie

Une langue, hébétée,

Gît

Traîne ses lèpres sombres

Une statue

Qui plane

Une

Quelconque chose en main ?

Non…

Le lointain

Déraille, encore et encore

Traîne ses ombilics d’ombres

Et de faïences, vidé

Rampe

À l’heure de minuit

Asséché.


 
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   framato   
9/10/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Je ne peux pas vraiment en expliquer le pourquoi, mais j'aime ce texte qui résonne et martèle les coup d'un minuit assez effrayant. Le lointain déraille encore... Une langue hébétée git, lèpres... Un fauve de fer, tigre; des piques des toits des flambeaux, meurtrie (une révolte ?)
Des thèmes forts s'entrecroisent dans les images de ce texte, et les coups de minuit cognent. C'est fort !

   Anonyme   
16/10/2010
 a aimé ce texte 
Passionnément
Je reste sans voix.

"Minuit dans le jardin du bien et du mal" me heurte l'esprit à la lecture de ce poème qu'il m'est particulièrement difficile de commenter.

J'm. Beaucoup. Et plus encore. Il y a quelque chose de très sombre, de blessé dans ces vers qui me touche au delà du rationnel. Je ne peux analyser - même si je note la qualité du travail derrière la pseudo simplicité des vers, libres, magnifiques - il y aurait tant à dire.
Et parfois, d'expérience, il vaut mieux savoir se taire.

Je remercie rarement, mais je souhaiterai véritablement féliciter l'auteur pour la profondeur et la qualité de son travail, sur cette oeuvre qui me coupe le souffle. Je viens de lire de l'art, pour de vrai. Merci.

   Lunastrelle   
16/10/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
J'ai bien aimé cette lecture un peu haletante, mais traînante à la fois... Un paradoxe qui colle au titre lui-même (mais ça, c'est parce que dans mon esprit "minuit" revêt pas mal de symbolisme...)
Je ne saurais quoi dire d'autre, mis à part qu'au début j'ai eu peur de ne pas pouvoir suivre, à cause des images... Mais après c'est une question de goût personnel...

   Anonyme   
20/10/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
sombre et mystérieux, des éléments qui semblent à la fois évanescents et réels, ils apparaissent comme des hallucinations nocturne, des visions fantastiques exprimant une angoisse intérieur. un rythme trainant, des vers courts qui offrent plus de facilité à nous imprégner de l'ambiance et des images.
un poème qui fait plaisir à lire.

   Mr-Barnabooth   
20/10/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Superbe !!! Et qui me permet d'oser un commentaire sur la poésie libre que je ne connais pas très bien ...

La sensation est présente au cours de chaque lecture, différente même, ce qui accentue l'intérêt de ton poème.

J'ai aussi ressenti comme d'autres lecteurs, cette impression du merveilleux film : Minuit dans le jardin du bien et du mal ... Diffuse, étrange, parfois obscure mais à mon sens jamais désagréable.

Certaines expressions de ton poème m'ont de plus beaucoup imprégné, comme :
"C'est un manteau de murmures", ou "les alibis sur le creuset du métal" ou bien encore "Les heures griffées comme un fauve de fer" ...

Les 12 coups de minuits dans la nuit incertaine résonnent encore en moi et il est bientôt midi sous le soleil éclatant d'une journée lumineuse d'automne ...

Encore bravo !!! ... Et merci !!!

Amitiés de Mr B.

   Brisemarine   
20/10/2010
 a aimé ce texte 
Passionnément
Je ne suis pas très fan de la poésie libre, mais quand elle est de la qualité de celle de ce poème, alors difficile d'y rester indifférente; bien au contraire, elle m'interpelle, me fait vibrer , me ravit( dans tous les sens). Un écrit qui, grâce a sa structure( vers de longueur inégale), au choix judicieux du lexique, et à son rythme haletant, atteint le plus le plus profond recoins de l'être: ces images d'une rare force qu'accentue la cadence des vers nous plongent dans une ambiance mystérieuse, voire fantasmagoriques .Ces coups de minuit qui cognent et martèlent, ne sont-ils pas l'écho d'une blessure qui suinte? de la fuite du temps désespérément vécue?. Je ne saurai dire le brouhaha des ressentis à la lecture de cette fresque poétique.Un grand merci à l'auteur pour ce bel écrit que je relirai avec le même plaisir.

   widjet   
20/10/2010
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bon, c'est un secret pour personne, ma compréhension de la poésie et surtout de la poésie libre est des plus médiocres. Je vais donc faire avec mes moyens limitées.

Beaucoup de choses mélangées dans ces lignes brèves, construites comme des morceaux épars dans une ambiance assez effrayante. J'ai déjà pensé à une mutation en lisant ce texte, je ne sais pas expliquer (mais faut-il vraiment mettre des mots ?) quelque chose qui se transforme comme suite à une contamination (la nuit s'étend, s'étale comme un virus qui se répandrait dans des veines).

Minuit symbolise aussi pour moi l'entre deux, entre le jour présent et celui qui suit. Minuit c'est la frontière entre deux mondes, c'est un peu une heure schizophrénique (le Bien et le Mal), il y a une ambivalence dans cette heure comme dans chacun d'entre nous, un côté sombre et lumineux.

Il y a une violence sourde dans ce texte (ça "cogne", ça "griffe", ça "écorche"), une violence "froide" aussi (des références au métal, au fer). J'ai aussi pensé à l'Enfer avec ses "gargouilles" et ces "étangs maudits".

Bref, je m'éparpille, mais ce texte (qui se doit d'être lu plusieurs fois) qui a des allures très Stephen Kingien (qui a ecrit des tomes de MINUIT, d'ailleurs !) dans le choix de certains mots ne m'a pas déplu. Pas sûr d'avoir compris, mais avec Lari, je suis coutumier du fait :-))

J'évalue donc, mais Lari, celle ci a très peu de signification car avec la meilleure volonté du monde, je ne saurai pas apprécier ce genre de texte (du mal à lâcher prise, à me laisser (trans)porter...) comme il se doit. Désolé.

W

   odkali   
20/10/2010
 a aimé ce texte 
Passionnément
De la matière, votre poème, me transportant vers l’Origine. Des effets de mythes renversés. Chacun son image, j’y vois ceci : cette langue hébétée prononçant sa première phrase « au commencement était le verbe » mais le verbe fut nuit et s’est fait chair à canon. Finalité, le chaos fut. Puis cette statue, je lui ai mis un visage, celui d’Eros figé de consternation. Chacun son interprétation. J’ai terriblement aimé le lire.

   misumena   
20/10/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Autant prévenir tout de suite : la poésie libre, je ne connais pas. Mais je connais plein de mots et j'aime qu'on les tricote avec talent.
De ce poème spectral, j'extrais d'abord une forme, précisément spectrographique, à la verticale. Pour ceux qui préfèrent, ça dessine une jolie chaîne de montagnes quand on se tord la tête à 90°, mais dit comme ça, c'est nul, alors qu'il me plaît beaucoup, le spectrogramme fantomatique.
Le rythme ensuite. Je ne l'ai pas analysé, mais il y en a un, prégnant, avec ses ruptures occasionnelles.
Enfin, les images mentales. Le surréalisme : à la fois Dali et De Chirico.
Ça tombe bien, j'aime Dali et de Chirico.
Jolie écharpe de mots. J'ai aimé cette lecture.

   LeopoldPartisan   
21/10/2010
 a aimé ce texte 
Bien
Intéressant dans le découpage des séquences du temps qui s'arrête ou se répète à ce fatidique minuit. rythmes ou plutôt syncopes renforcent l'expression de l'angoisse dans une impression de malaise et de mal être. Au fil de la lecture et tant pis si cela rime, mais je me suis retrouvé dans l'univers de "The Cure", où après l'album "pornography" Robert Smith m'a semble t'il vouloir retourné en enfance pour exprimer plus encore son mal être, ses peurs, ses terreurs (le summum fut atteint avec les chansons "Lulleby" et "close to me"). Ce confinement, ces ombres, ces lombrics, ces obsessions m'étouffent au point de m'être levé durant la lecture pour aspirer une bonne goulée d'air frais dans l'obscurité (ouf c'est Octobre et les premiers frimas). Maintenant je respire mieux. En cela c'est réussi.

   jamesbebeart   
21/10/2010
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjourr Larivière,
Texte qui s'impose très vite par sa verticalité, ce quelque chose d'irrémédiable avec ses litanies, ses fracas, ses animaux fantastiques envahissant la nuit. Cela cogne ,cliquète, pique, griffe, écorche, avec toujours chez vous, le regard froid du métal. J'ai pensé au poème de V. Hugo "Les djinns", fantasmagorie nocturne où l'atmosphère est comparable : murs, ville et port, asile de mort... (mis en musique par G.Fauré).

   Raoul   
23/10/2010
 a aimé ce texte 
Pas
On va jusqu'au délaissement du langage dans ce poème gothique minimaliste.
De la souffrance et de la violence contenue, sourde… et quasi muette.
Tout est tellement haché menu et délité que ça ne me touche pas vraiment, je ne parviens pas à croire ce texte "habité". Pour moi ça reste un exercice formel assez plat. Je n'accroche pas.

   machin   
24/10/2010
Je ne manquerai pas de me joindre à ceux qui couvrent ton poème de louanges. J’y ai trouvé moi aussi une sonorité suave et envoutante, des images à tressaillir et un rythme d’enfer. Belle maîtrise. Merci.

   marogne   
25/10/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Commenter un texte de Larivière….

Bon je dois avouer que mes autres commentaires (pas forcément aussi nombreux que les textes proposés) n’ont pas été très enthousiaste, tant je trouvais hermétique et inutilement intellectualisé la poésie ou la prose du sus-nommé.

Mais peut être qu’il fallait s’y former.

Accepter que les terres nouvelles ne sont pas forcément au premier abord des paradis, accepter la nécessité de s’imprégner de culture locale avant que de pouvoir apprécier les merveilles des autres civilisations.

Serais-je en train de comparer Larivière à une Civilisation ?

Non, je n’en aurais pas l’outrecuidance, ni ne voudrait à ce point donner l’impression d’être une brosse, mais bon, de temps en temps, n’est-ce pas, il faut reconnaître…

Je ne termine pas la phrase, on dira que c’est un oubli, un frappé de touches manqué, on dira…

Et puis, si on en revient au but de ce texte, de ce minuit lu dans un avion allant vers Washington, lu en dégustant une glace de chez … (non pas de chez Bertillon, mais vous aurez deviné quand même, et puis quelque chose de froid qui ne vient pas de chez Bertillon, est-ce que cela peut porter le nom de glace ? Exception faite de l’Amarena en Italie bien sûr, et puis une petite pensée en passant pour Strega), et bien ce minuit diurne disais-je, a été un plaisir.

Je n’ai sans doute rien compris, mais cela m’est – et c’est rare – complètement indifférent, il fallait juste que je me laisse porter par les mots et les images. Porter.

Et puis quand même un coup de gueule. Est-ce bien raisonnable, monsieur Larivière, de nous faire pleurer ?

   PierreLune   
30/12/2010
 a aimé ce texte 
Un peu ↓
Bonjour larivière,alors là moi qui suis "large d'esprit" je n'ai rien du tout compris à cette poésie complètement télegraphiée. Il ne manquerait plus qu'à insérer un stop à chacun des vers... Sûrement une poésie pour initiés...Mon intellect est trop faible sans doute.
Merci quand même car je respecte le style de chacun.

   jfmoods   
24/3/2017
Incapable de trouver le sommeil salvateur, un individu lambda (adjectif possessif soulignant l'universalité de l'expérience : "nos" x 2) se trouve enfermé dans la forteresse de son esprit (groupes nominaux : "Le regard perdu", "Mauvaise sentinelle", métaphore : "le désert de la nuit") et sa pensée s'effiloche (sonorités obsédantes : "S'étale / S'étend / C'est un...", "Laiteuse litanie", métaphore avec rejet significatif : "un manteau de / Murmures", hyperbole : "Sous toutes ses formes"). Quelques images accrochent les pans d'un passé revenant douloureusement à la surface (figures monstrueuses : "gargouilles", miroir métaphorique : "étangs maudits", anaphore : "Cognent" x 4, champ lexical de la sauvagerie : "griffées", "fauve de fer", "Tigre", "écorché", "caillot", "Des piques", "Meurtrie", double sens figurant à la fois l'heure et la violence exercée : "Douze coups", antithèse : "noir" / "Laiteuse", échos d'une séance de torture mentale : "Les alibis sur le creuset du métal", "La rage absoute", adjectif nominalisé : "Le lointain / Déraille", métaphore appuyant sur les non-dits et la fragilité : "ses ombilics d'ombre / Et de faïences"). Un jeu d'oppositions figure la distance prodigieuse entre l'idéal, porté par la hauteur et la clarté ("Des étoiles suspendues", "Des toits", "Des flambeaux"), et la pesante réalité du sol ("Gît", "Rampe"). Le constat désabusé (Une / Quelconque chose en main ? / Non…") avalise l'impuissance à maîtriser son destin. Cette "statue / Qui plane" est-elle une figure tutélaire avec laquelle on ne peut pas rivaliser ? Comme une infection qui vous gagne (glissement allitératif : "lèvres sombres" / "lèpres sombres"), les mots s'écoulent interminablement ("Les heures", "Le temps") dans la conscience, en un dédale de galeries intimes, jusqu'à l'épuisement (personnification : "Une langue, hébétée", participes passés : "vidé", "asséché").

Merci pour ce partage !

   silvieta   
24/3/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Minuit, l'heure du crime...

Ce poème aux vers courts martèle comme les coups fatidiques sonnés au clocher, englobe dans "un manteau" de nuit, fait surgir de menaçantes silhouettes immobiles "mauvaise sentinelles" "gargouilles" "fauves de fer" "statue" ( on songe aux tableaux de Chirico ) et laisse présager des larmes de sang " griffées" "tigre" "écorché" "caillot".

Un ensemble évocateur.


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