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| Ornicar
16/9/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
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L'arbre pleure-t-il parce qu'une voiture n'a pas freiné à temps, fauchant une vie ?
Un titre éloquent pour un poème sensible et délicat, tout en nuances, qui distille ses indices et sa mélancolie à la façon d'un petit Poucet. Au premier abord, on devine plus qu'on ne voit et comprend quoique la deuxième strophe, avec ses "ombres blessées" qui "répandaient sur le sol leur sang noir, sans un pleur", soit assez explicite. A la lecture, le texte souffle le chaud et le froid : l'arbre protecteur avec ses ombres rafraîchissantes est aussi le témoin du drame que sa présence au sol rappelle constamment. Le recours à l'imparfait renforce le sentiment d'absence de l'être cher qui n'est plus : "D’espoir : je t’attendais ; de mes deux mains tendues". En pure perte car sous la "douceur du feuillage" il n'y a désormais place que pour "la douleur". Je songe à ces bouquets de fleurs que l'on peut voir aux bords de nos routes... Comme souvent, la poésie et l'émotion naissent de ce léger flou, de cet entre-deux, de ce décalage existant entre les différents niveaux de perception. Plus j'ai relu ce texte et plus je l'ai trouvé poignant. Heureusement, le choix d'une prosodie classique donne de la tenue à un trop plein qui pourrait facilement déborder. Ornicar |
| Lebarde
17/9/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
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Quand bien même n'y aurait il qu'une rime très légèrement fautive...c'est trop et c'est bien dommage.
Sinon j'aime bien l'idée de ces pensées tristes et rêveuses qui cheminent aux allures des voitures, d'un narrateur qui attend "plein d'espoir ", "Le dos contre le tronc du grand frêne-pleureur,", probablement que l'une d'elles s'arrête...en vain...un rendez vous manqué peut être ? le doute subsiste...mais qu'importe. J'aime bien l'atmosphère mélancolique et la poésie de ce plaisant sonnet. Merci pour ce beau texte. |
| Passant75
18/9/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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On entend d'habitude parler du saule-pleureur, il y aurait donc d’autres arbres qui pleurent aussi. Cela étant, choisir le frêne alors que les voitures, quant à elles, « ne freinaient jamais », ne fait pas que jouer sur les sons, mais installe, dès les premiers vers, une opposition entre l’inertie et le mouvement. Tout bouge, tout file, tout passe… sauf l’arbre immobile et le personnage qui attend. J’ai aimé cette impression de contraste entre le mouvement incessant des voitures et cette attente qui semble suspendre le temps.
Le personnage regarde passer les voitures en espérant voir apparaître quelqu’un, et le « je t’attendais » donne soudain un sens plus intime à toute la scène. J’aime aussi la façon dont l’arbre devient un compagnon silencieux, il protège le personnage de la chaleur et ses branches viennent doucement « caresser » le sol. En même temps, certaines images sont beaucoup plus sombres, comme les « ombres blessées » qui répandent leur « sang noir ». L'arbre, faisant corps avec le personnage, ressent la même tristesse. La fin est touchante, il est là, il attend tout en faisant semblant de ne pas souffrir. Une autre voiture passe, encore une fois, et lui ne bouge pas, tout continue autour de lui, mais il reste enfermé dans son attente. C'est une idée simple, mais très efficace |
| Pussicat
18/9/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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Une première strophe gutturale où le « r » domine et semble tracer une route, comme une tranchée (impression de lecture) développée sur une seule phrase.
Une impression de lecture gutturale qui se confirme sur le second quatrain orné d’allitérations suaves, magnifiques, où fond et forme semblent se lier : « En laissant doucement ses branches affaissées / Caresser le gravier où les ombres blessées / Répandaient sur le sol leur sang noir, sans un pleur. ». Pourquoi le narrateur était-il triste ? Présentiment ? L’arbre (nature ) et le narrateur (Homme) ne font qu’un, triste et rêveur sous le grand frêne-pleureur, jusqu’à le protéger de la « lourde chaleur ». Les deux tercets dévoilent l’objet de l’attente, le décor semble un reflet de l’état du narrateur : « L’asphalte mollissait en ondes distordues ; », et ce vers dans sa construction sidérante : « La rue était déserte et mon coeur était plein D’espoir » . L’enjambement des vers 11 à 12 est fluide et magique : « D’espoir : je t’attendais ; de mes deux mains tendues / J’éprouvais la douceur du feuillage et j’ai feint,. » dans sa sensualité, j’ai l’impression de sentir la fraîcheur du feuillage. L’attente, dure et sensible attente, évoquée avec profondeur, sensualité et poésie. J'applaudis ! (Emportée par la lecture, je n'ai pas même prêté attention aux rimes...) Commentaires EL |
| Provencao
27/9/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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Bonjour Laurent-Paul,
Un véritable coup de coeur pour moi. Délicieux fourmillement de l’image-arbre, en cette essence qui sait crypter la peur rituelle des voitures pressées, craignant de voir l’arbre mourir. J'aime cette image-arbre parole, par elle l'esprit est intronisé, imaginé, passionnant les accores du présent, dans les épopées du langage poétique, avec ses évasions. Au plaisir de vous lire, Cordialement |
| jf2
27/9/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
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Je suis rapidement entré dans l’atmosphère de ce poème.
J’y ai vu beaucoup de mélancolie mais aussi une certaine ambivalence entre la protection apportée par l’arbre (protégeait, douceur, caresser) et la brutalité qui l’entoure (les voitures qui freinent ou qui foncent, l’asphalte qui fond) renforcée par des enjambements marqués. J’ai aimé également le lien entre la tristesse et l’immobilité de l’arbre et celle du narrateur. J’en suis resté à une interprétation plutôt primaire, l’attente d’un être cher qui ne vient pas. J’ai trouvé une petite « distorsion » entre les voitures qui vont au loin dans la première strophe et qui rentrent dans la ville dans la dernière. Et quand même une question m’obsède : pourquoi un frêne et pas un saule ? |
| LeChevalier
27/9/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
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Ce texte avait été proposé en classique mais la rime « plein -- feint » ne respecte pas la fameuse lettre des consonnes finales... C'est dommage, car dans sa conception, dans sa construction, ce texte est beaucoup plus classiques que ceux qui ont récemment été publiés dans la catégorie dont je parle.
L'émotion prend ici pour prétexte un inanimé -- l'arbre -- pour se déployer. En plus, l'arbre est d'une espèce dont le nom est chargé d'émotion lui-même, un frêne pleureur. Son apparence est d'importance aussi : les branches retombantes forment comme une cabane où on peut se cacher et donner libre cours à ses sentiments. J'ai aimé la réalisation. Certes la rime en -eur est peu ambitieuse mais alors ? faut-il qu'on s'efforce à chaque fois de faire l'original ? On voit bien les conséquences risibles qu'a parfois la recherche de rimes extravagantes. Le premier quatrain ne manque pas de mouvement, j'ai bien aimé la manière dont son dernier hémistiche est détaché. J'ai beaucoup aimé le premier vers du premier tercet, ainsi que l'enjambement avec « d'espoir » un peu plus loin. En revanche, je n'ai pas aimé l'enjambement entre les deux tercets ni leur schéma rimique, à savoir cdc dee : de manière générale, je n'aime pas qu'un sonnet se termine par une paire de rimes plates. Le mot final est par contre très bien choisi, il met vraiment le point : « immobile ». Et il y a une belle ambiguïté syntaxique puisqu'on peut comprendre de deux manières : l'arbre est immobile ou le je est immobile. |
| rendu
27/9/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
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Un joli sonnet néo dont j'aime bien les voitures pressées qui ne freinaient jamais comme mes pensées.
Je comprends moins le second quatrain avec ses branches affaissées et ses ombres blessées qui répandent sur le sol leur sang noir, sans un pleur. Le final m'interroge également est-ce que l'auteur attend quelqu'un qui ne s'est finalement pas arrêté ? Ce poème se lit avec plaisir malgré mes interrogations sur certains passages. |
| Cristale
28/9/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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Hier, dans la gravité, bien qu'à une autre échelle que celle de ce poème, je n'avais pas les mots. Aujourd'hui ces mots appuient là où ça fait mal :
"Caresser le gravier où les ombres blessées Répandaient sur le sol leur sang noir, sans un pleur." Il me fallait parler de ce poème, parler à ce poème écrit sous ce frêne pleureur… lui aussi, en silence. "J’éprouvais la douceur du feuillage et j’ai feint, Quand une autre voiture a foncé vers la ville, D’oublier la douleur, sous mon arbre immobile." Certaines voitures assassines "oublient" de freiner, et c'est le frêne qui pleure. Votre poème, Laurent-Paul, est parfaitement composé, d'une écriture sensible et d'une versification classique régulière, peut-être un peu trop sage. Il est vrai, bien plus que ce que j'ai lu il y a peu. Cette non-concordance de rimes est vraiment bénigne ; je n'en tiens pas compte. |





