Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Forums 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie contemporaine
Laurent-Paul : MAT 49
 Publié le 09/09/26  -  10 commentaires  -  745 caractères  -  184 lectures    Autres textes du même auteur

MAT 49 : Manufacture d’armes de Tulle, modèle 1949, pistolet-mitrailleur de l'armée française de la date indiquée à récemment.


MAT 49



Les bras musclés du caporal
Tremblaient plus que la mitraillette
Qui trônait dans mes bras d’ablette
Pour mon premier tir en rafales.

Les poings crispés sur les poignées
Du vieux pistolet-mitrailleur,
J’attendais là, rêvant d’ailleurs,
De laisser l’arme trépigner.

Le MAT 49, pétoire
De toutes les guerres perdues,
Pesait le poids, dans mes mains nues,
De la mort et des vaines gloires.

Quand je tirai, le caporal
M’enveloppa de tous ses bras
Pour s’assurer, comme au combat,
De guider le feu du métal.

Face à nous mourait un mur gris
Mais il était tout étoilé
Et moi, le vaillant appelé,
Je mitraillais ce ciel meurtri…


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Pussicat   
9/9/2026
trouve l'écriture
perfectible
et
n'aime pas
Un texte qui pourra rappeler des souvenirs à certains, où se croisent l’initiation, la guerre, la mort, le rapport maître à élève, une forme de sensualité, la virilité, qui ne résonne pas en moi, n’évoque rien sans doute étouffé par le choix des mots, verbes, conjugaison que j’ai trouvé étrange, comme décalé.

« Qui trônait dans mes bras d’ablette »
donne à l’arme un statut
« J’attendais là, rêvant d’ailleurs,
De laisser l’arme trépigner. » rêvant d’ailleurs : le rêve de combats ? Le choix du verbe trépigner interroge.

« Le MAT 49, pétoire
De toutes les guerres perdues
Pesait le poids, dans mes mains nues,
De la mort et des vaines gloires. » le « Je » a entre les mains un instrument de mort et de défaites et il l’accepte.

« Quand je tirai, le caporal
M’enveloppa de tous ses bras
Pour s’assurer, comme au combat,
De guider le feu du métal. » une sensualité virile que j’aurais conjugué à l’imparfait. « M’enveloppa de tous ses bras », il n’en a que deux, le caporal, des bras… à moins que.

« Face à nous mourait un mur gris
Mais il était tout étoilé
Et moi, le vaillant appelé,
Je mitraillais ce ciel meurtri… » l’appelé au « bras d’ablette » est devenu « vaillant », après l’embrassement du caporal (?)

Edition : commentaires EL

   Lebarde   
26/8/2026
trouve l'écriture
perfectible
et
aime bien
Un poème qui sent le vécu mais ne parlera pas nécessairement à ceux, sans doute très nombreux qui n'ont pas connu pendant leur période militaire, ces séances d'entrainement au maniement de cette ancienne arme automatique qui donnait lieu sur le pas de tir, à beaucoup de stress de la part des petits gradés encadrant la manoeuvre..
La peur de l'accident ...qu'on n'imaginait pas sur le champ de bataille ou en regardant John Wayne dans les scènes du "Jour le plus long".

Ce sujet original ne manque de réalisme à défaut de véritable poésie et j'aime assez la dernière strophe qui laisse à penser et réfléchir.

Il s'agit d'un contemporain certes, mais j'aurai apprécié pour m'enthousiasmer un peu, plus de maitrise dans les rimes qui ignorent trop souvent les règles de l'alternance.
Dommage.

En EL

   Vincent   
9/9/2026
Bonjour

Il y aurait tant à dire que je préfère en rester là

Moi un ancien combatant ...!!!!

Je suis d'accord chacun écrit et apprécie ce qu'il veut

Mais rien que de repenser à ce glaçon de feu

Désolé

   Djabba   
9/9/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
Étonnant. Stricto sensu il n’y a pas grand-chose de poétique dans ces lignes, on est davantage dans l’évocation d’un souvenir personnel. La forme, les images, le vocabulaire, tout est très simple et facilement compréhensible, presque trop. La magie d’une poésie c’est qu’elle ne se donne pas d’emblée, souvent il faut faire des efforts, opérer des rapprochements, lire derrière les mots pour en atteindre l'essence. Une sorte de décryptage. Là, on voit un jeune homme tremblant à qui l’on confie une arme et « ra ta ta  » ! Rien de bien consistant à se mettre sous la dent.
Le seul aspect intéressant mais qui devait vous échapper à l’écriture (ou pas), c’est la dimension militaire fort à propos dans le contexte international. Les bruits de bottes se rapprochent, aux armes citoyens !

   Provencao   
9/9/2026
trouve l'écriture
perfectible
et
aime un peu
Bonjour Laurent-Paul

"Face à nous mourait un mur gris
Mais il était tout étoilé
Et moi, le vaillant appelé,
Je mitraillais ce ciel meurtri"

Ce passage me pose question et m'invite à cette réflexion : Peut-on avoir l'aria des morts inconnus, des morts désavoués ou dénombrés, de ces morts aux champs d’honneur des guerres, sans réfléchir la griffe dont ils sont les additions pour rien ?

Comment accrocher en même temps l’aspiration déontologique de la spécificité de la mort et celle, uniment déontologique et politique, de l’équité ?

Au plaisir de vous lire,
Cordialement

   LeChevalier   
9/9/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime bien
Ca fait plaisir, un peu de violence ! C'est vrai qu'on a tendance à associer la poésie à la douceur, à la fluidité, toutes ces choses douces et caressantes... Eh ben, ce n'est pas ce que ce texte nous offre ! Dès le titre, on a le flingue pointé sur nous !

Si je comprends bien, on a la description d'un cours de tir où le narrateur apprend à manier l'arme ; il est coaché (comme on dit aujourd'hui), par le caporal un brin maternel (« m'enveloppa de tous ses bras » -- c'est peut-être une pieuvre ?). Bien que le narrateur ne sache pas encore bien tirer, il connaît déjà l'histoire de l'arme qu'on lui confie. C'est plutôt étonnant, je pense, mais d'un point de vue poétique cela ajoute une perspective intéressante, un conflit entre le mental et le bras. Je trouve particulièrement intéressant que l'arme soit associée aux « guerres perdues » : cela nous sort du discours militariste ordinaire.

Les rimes « pétoire » et « ablette » ne me conviennent pas, surtout la deuxième : lexique trop bizarre qui attire trop l'attention en fin de vers. Je ne suis pas convaincu par « poings » et « poignées » dans le même vers mais allez, on peut imaginer que c'est un effet de symmétrie recherché.

Je ne comprends pas ce que les rimes embrassées viennent faire ici : je crois que des quatrains croisés d'heptasyllabes auraient été beaucoup plus percutants pour un tel thème.

La dernière strophe me paraît la plus intéressante et c'est super qu'elle ne soit suivie de rien. Il y a un dédoublement mur/ciel, une ambiguïté assez complexe, au point qu'on peut s'interroger sur les intentions du personnage. Seul bémol : l'adjectif « vaillant » ; sans sonne ironique, mais je trouve que cette ironie est un peu mal venue dans la strophe en question.

   jf2   
9/9/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
Je dois dire que j’attendais avec impatience la publication de ce texte, qu’allait-on pouvoir écrire à propos d’une arme emblématique de l’armée française ?

Le poème est alerte et se lit facilement, le choix de vers courts à longueur constante, ici des octosyllabes, mime à merveille le crépitement de l’arme, à cela s’ajoute un choix de mots appropriés : mitraillette, rafales, trépigner, pétoire.

J’ai bien aimé les trois premières strophes, en particulier la troisième qui rappelle qu’il s’agit avant tout d’un instrument de mort.
Les deux premières traduisent bien l’ambiance d’un pas de tir.

J’ai moins aimé les deux dernières essentiellement à cause d’incohérences techniques.

À moins d’être candidat au suicide, un caporal n’enlace pas un tireur en action, surtout avec une arme courte comme le MAT.
On ne tire pas contre mur avec des munitions de 9mm blindées, c’est le meilleur moyen, par le jeu des éclats et des ricochets de…tuer le tireur.

La dernière strophe introduit une métaphore entre le mur étoilé et le ciel, c’est une très bonne idée, cependant il y a un problème dans la syntaxe pour qui connait bien le MAT.
En tant qu’arme automatique à canon rayé, le MAT a une forte propension à s’élever en cours de tir et un tireur non entrainé va rapidement se mettre à arroser le ciel (le vrai cette fois), la strophe ne lève pas suffisamment, à mon avis, cette ambiguïté.

   VanEger   
10/9/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Il fallait oser et je vous félicite de l’avoir fait. Ici il y a bien une réflexion sous-jacente et une vraie interrogation sur le bien-fondé des pulsions guerrières, mais il est certain qu’on ne peut les voir dès lors qu’on chausse les lunettes d’une certaine sensiblerie rosâtre et bêlante.
Des textes comme le vôtre sont vivifiques car les réactions qu’il suscite nous renseignent avec précision sur l’état d’esprit de nos contemporains.
Ce n’est pas moi qui vous chercherai noises sur des questions de rimes et de versification : je n’y comprends rien et cela ne m’intéresse nullement. Je pense que vous avez suivi instinctivement les conseils de Léo Ferré :
« Poète, prends ton vers et fous-lui une trempe
Mets-lui les fers aux pieds et la rime au balcon
Et ta muse sera sapée comme une vamp
[…]
Tu peux vêtir ta Muse ou la laisser à poil
L'important est ce que ton ventre lui injecte »
(Poète… vos papiers !)
Alors, à quand une ode au FAMAS ?

   Polza   
10/9/2026
trouve l'écriture
perfectible
et
aime un peu
Autant le dire tout de suite je n’aime ni les armes ni les personnes belliqueuses ni le service militaire que j’ai eu la chance de ne pas faire alors qu’il était obligatoire…

Rassurez-vous, cela ne m’empêchera pas de dire du bien de votre poème s’il me plaît.

« Les bras musclés du caporal »
« Qui trônait dans mes bras d’ablette »
« M’enveloppa de tous ses bras »

Je me suis demandé si c’était une histoire d’arme ou de bras. La formule « de tous ses bras » est soit maladroite, soit prête à sourire, il en a des bras ce caporal !
Après, je veux bien admettre que les bras, au figuré, c’est aussi un symbole de force guerrière…
« Les bras musclés du caporal
Tremblaient plus que la mitraillette »
« Quand je tirai, le caporal
M’enveloppa de tous ses bras
Pour s’assurer, comme au combat,
De guider le feu du métal. »

Il a l’air d’avoir tout de même un peu d’expérience ce caporal pour guider le feu de métal, je n’ai donc pas compris pourquoi ses bras musclés tremblaient, alors qu’au contraire, il aurait selon moi dû être assez sûr de lui, sans aucun tremblement…
« plus que la mitraillette
Qui trônait dans mes bras d’ablette »

J’ai eu le sentiment peut-être erroné qu’ablette était plus la pour la rime que pour le sens…

« Les poings crispés sur les poignées
Du vieux pistolet-mitrailleur, »

Je ne suis pas expert en armurerie, aussi prenez cette remarque avec des pincettes, mais j’imagine peut-être à tort un pistolet-mitrailleur avec une seule poignée et non plusieurs…

« J’attendais là, rêvant d’ailleurs,
De laisser l’arme trépigner. »

Je n’ai pas bien saisi ce passage et le trouve mal formulé, je n’ai pas compris si le bleu dit qu’il rêve d’un ailleurs ou s’il dit « d’ailleurs, je rêvais de laisser l’arme trépigner »
Je ne saisis pas non plus l’image de « l’arme trépigner »…

« Le MAT 49, pétoire
De toutes les guerres perdues,
Pesait le poids, dans mes mains nues,
De la mort et des vaines gloires. »

J’ai plutôt apprécié ce passage qui s’enchaîne bien je trouve…

« Face à nous mourait un mur gris
Mais il était tout étoilé
Et moi, le vaillant appelé,
Je mitraillais ce ciel meurtri… »

N’ayant pas fait mon service militaire, je n’ai pas bien compris à quoi se référait ce mur gris et étoilé, je n’ai pas l’image en tête, mais j’ai quand même apprécié

« Et moi, le vaillant appelé,
Je mitraillais ce ciel meurtri… »

J’ai trouvé de bonnes choses dans votre poème, mais malheureusement pas assez pour me séduire au plus haut degré, désolé…




   David   
10/9/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Bonjour Laurent-Paul,

J'ai lu le poème cet après-midi et j'ai voulu vérifié quelque chose, sans doute anecdotique, avec le titre. Je connaissais le sigle de l'arme dont parle le poème mais en y repensant, je me disais que le titre ressemble aussi à la façon dont on cite la bible. L'évangile selon Saint-Mathieu chapitre 4 verset 9, parfois écrit comme le titre donc, est alors :

"Et il lui dit : Je te donnerai toutes ces choses, si tu te prosternes et m'adores."

Je laisse jouer ainsi un "effet barnum", l'extrait peut faire écho au poème. Je me demande si ça remonte à ceux qui ont nommé l'arme ainsi, mais je repense au sigle de la police de l'air et des frontières, et je me dis que, non, sans doute pas. Ça serait aussi un humour très douteux.

Plus prosaïquement, le poème narre en versifiant des émotions, à la fois ancienne et rétrospective : le souvenir d'un état d'esprit symbolisé dans l'action et un autre état d'esprit, après tout ce temps.

Ce pistolet mitrailleur a été en service pendant les combats d'après guerre. Je repense à une autre arme, du même genre, anglaise, celle avec le chargeur horizontal, qu'on voit dans de nombreux films car elle a été utilisé par la résistance. Le lien c'est le symbole que peut porter ce genre de petite mitraillette sur des jeunes gens. C'est galvanisant, et ça secoue tout le corps comme c'est décrit ici.

Je me permet de juger ces objets : c'est trop petit pour la puissance que ça a, et ce n'est pas réputé pour sa précision, au contraire. On ne peut être que sommairement responsable de sa mise en action. Bon, c'est une arme de guerre, mais un mot comme "dommages collatéraux" est très répandu aujourd'hui, et celles-là, à mains, peuvent être qualifiées de "cruelles" par rapport à ce qui ne se fait plus, l'épée ou le fusil, qui peuvent être utilisées de façons cruelles, mais avec lesquelles on ne vise qu'un seul ennemi.

Il me reste un point de vue sur le poème : la scène décrit deux hommes enlacés, dans un crépitement de tous les diables. En quelque sorte, j'y vois une danse, avec une musique, avec un "fado", une mélancolie, qui ne tient pas au parole d'une chanson ou à un air de musique, mais à l'ensemble.

Le poème fait de ce qu'il dit un spectacle, en soi, c'est la nature d'un poème, et là, il y a un renversement, comme dans cette illusion d'optique ou on ne sait plus si ce qu'on regarde est concave ou convexe, c'est les deux.

Le ton n'est pas plat non plus, le mur étoilé et le ciel meurtri du dernier passage notamment laisse passer un romantisme certain.

C'est un poème très simple dans le fond et la forme mais il y a bien un renversement poétique qui lui vaut de l'estime : cette danse qui nous est conté pour ne pas vendre son âme au diable, sans le tenir bien serré :)


Oniris Copyright © 2007-2025