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Poésie néo-classique
Laurent-Paul : Matin
 Publié le 09/05/26  -  10 commentaires  -  535 caractères  -  147 lectures    Autres textes du même auteur


Matin



Chaque matin c’est pareil.
La nécessité me dit :
C’est un autre jour en -di,
Écoute donc ton réveil !

Un jour de plus de banal
Qui ne promet que l’ennui.
Je m’en vais comme on s’enfuit,
Plus seul qu’un vieil animal.

Dans un éclat torrentiel,
La lumière tombe à seaux
Et mes rêves prennent l’eau.
Le jour imbibe le ciel.

Les près sont pleins de bétail.
J’entends gémir mon vieux chien.
Derrière l’horizon rien
Ne m’attend que le travail.


 
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Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Curwwod   
9/5/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Un court poème en heptasyllabes qui évoque l'ennui des jours répétés avec toujours les mêmes gestes, les mêmes rencontres dans les mêmes lieux. Aucune perspective alléchante de vivre quelque chose d'exaltant où, au moins nouveau. Tout l'environnement se met au diapason de votre déprime (Et mes rêves prennent l’eau J’entends gémir mon vieux chien, ).C'est écrit avec simplicité sur un ton désabusé qui a le mérite d'éviter le pathos.

   Passant75   
28/4/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
À la lecture de ce poème, on ne peut que ressentir un sentiment de lassitude. Tout semble répétitif et sans espoir. Dès « Chaque matin c’est pareil », et tous les jours ne sont-ils pas composés de « di ». Le poète est enfermé dans une routine des plus pesantes.

Le réveil est pareil à une contrainte. La solitude est aussi très présente, « plus seul qu’un vieil animal » évoque même l’abandon.

La nature elle-même devient oppressante, « La lumière tombe à seaux » est une image qui peut surprendre, mais qu’on peut interpréter comme si la lumière tombe régulièrement, pareille à une pluie sans cesse.

Enfin, il n’y a aucune échappatoire et la vision donnée du travail correspond à une contrainte vide de sens. Le travail apparaît comme une fatalité. Il n’y a rien d’autre !

Au final, j’ai trouvé ce texte efficace, car il transforme un moment quotidien en une expérience sombre et désespérante.

   LeChevalier   
2/5/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
(J'expérimente une nouvelle méthode de commentaire qui consiste à construire un lecteur parfait pour le texte. Par conséquent, l'appréciation est nécessairement très aboutie/aime beaucoup. -- LeChevalier en EL)

Ce texte pourrait plaire à une personne dans l'âge actif mais qui a passé sa première jeunesse et la routine du travail ne lui procure plus tellement des rêves de réussite que de l'ennui. Un tel lecteur se reconnaîtrait dans un quotidien dur, machinal, où l'homme est soumis au diktat d'un cycle implacable (« jours en -di » : en effet, le reste n'a pas d'importance, ils sont tous pareils hormis le dimanche). Ce poème reconnaît l'effet abrutissant d'un tel quotidien (« plus seul qu'un vieil animal »). Bien que le « je » du texte soit un agriculteur (« les prés sont pleins de bétail »), un citadin serait sans doute en mesure à reconnaître dans ce poème une dénonciation de sa propre condition de vie (« la nécessité me dit » -- pas de choix).

Il faudrait un lecteur qui ne regarde pas trop les détails stylistiques, qui n'est pas gêné par la répétition d'une préposition (« un jour de plus de banal »), qui n'a pas besoin de belles phrases pour ressentir l'émotion (elles sont ici très courtes). Enfin, il faudrait un lecteur qui veut davantage voir que entendre : le poème est descriptif, sans recherche de musicalité évidente. C'est la beauté crue de la vie. Le poème plairait à une personne terre à terre, qui ne recherche pas d'exotisme ni de dépaysement dans la lecture d'une poème.

En conclusion, c'est un poème sérieux, cru, brut presque, en vers courts, à la syntaxe limpide, aux images concrètes et claires -- lecture parfaite pour un travailleur qui a besoin qu'on reconnaisse la dureté de son quotidien ou bien pour toute personne sensible à la souffrance des travailleurs.

   Lariviere   
9/5/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
Bonjour Laurent-Paul,

Je ne suis pas très enthousiaste devant ce poème.

Je ne sais pas ce qu'il en est de la prosodie, d'autres commentateurs plus portés sur la chose vous en diront peut être un mot.

Sur le traitement du thème qui n'a rien d'original, je ne vois rien qui puisse m'apporter un ressenti prégnant ou une émotion palpable.

Quand même, j'aime assez "le jour imbibe le ciel" qui donne une image un peu forte qui sort des autres images assez faibles en poétiques et très convenues. J'ai apprécié aussi :

"Les près sont pleins de bétail.
J’entends gémir mon vieux chien."

Où je ressens une certaine densité dans le propos et un peu de singularité dans le point de vue que j'aurais aimé retrouver sur l'ensemble.

Le reste ne suscite en moi aucun écho et aucun plaisir de lecture, ni sur les sons, ni sur le rythme, ni sur les images.

"Un jour de plus de banal
Qui ne promet que l’ennui."

En ce sens, le poème dans son traitement est assez raccord avec le fond.

Merci pour cette lecture et bonne continuation.

   Boutet   
9/5/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime bien
Un petit poème matutinal que j'aurais aimé + développé. Et oui, le travail attend ses travailleurs tous les matins. Tant mieux ou tant pis c'est selon. Le besoin d'évasion affleure dans ces vers : pour une fois fuir le train train quotidien et s'échapper vers d'autres horizons que ... le travail !
Un peu court, dommage.

   Cyrill   
9/5/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
Salut Laurent-Paul.
Au premier abord j’ai trouvé ce poème sans grâce, mais à ce titre il remplit bien sa mission. Il me semble ‘expédié’, comme écrit pour évacuer l’ordinaire insignifiant, le répétitif à venir, qui peuvent assaillir dès le matin. La pesanteur du vers : « Un jour de plus de banal » en témoigne avec ses sonorités désagréables. Pourtant la poésie prend de l’épaisseur et devient matière dans ces trois vers : « Le jour imbibe le ciel. / Les près sont pleins de bétail. / J’entends gémir mon vieux chien. »
Voilà que le locuteur, « vieil animal » lui-même, m’apparaît dans sa triste routine et sa solitude. Le décor finit par émerger des deux derniers quatrains.
Merci pour le partage.

   Robot   
9/5/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime bien
Quatre quatrains pour poser une ambiance d'ennui et de désillusion. Ce qui est plutôt réussi.
Au dernier quatrain, le vers sur le bétail me paraît tomber comme un cheveu sur la soupe sans apporter quelque chose au contenu.
Globalement j'aime bien la simplicité du récit.

   Cristale   
9/5/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour Laurent-Paul,

Ce poème dépouillé de toute grasse surcharge m’est d’une grâce subtile. De celle des pensées silencieuses des taiseux aux âpres labeurs répétitifs ennuyeux.
Trop de mots aurait nui à la sobriété du tableau, comme une couche de gouache inutile.
Subtil également le jeu des assonances répétées des rimes « ail » « eil » « iel ».

Me vient à l'esprit la chanson de Daniel Guichard, "Mon vieux".

Après une telle immersion dans la sombritude désespérante du narrateur, je vais m’enquérir du meilleur anti-dépresseur du marché, moi qui n’en ai jamais eu besoin. Du matin, c'est malin ! :)

Il en jette ce poème, ça vous retourne le coeur mine de rien avec ses petites fenêtres poétiques :

« Dans un éclat torrentiel,
La lumière tombe à seaux
Et mes rêves prennent l’eau.
Le jour imbibe le ciel. »

Ce n'est pas la versification que je préfère, il s'en fallait de peu, mais c'est un bel écrit alors mon appréciation sera en conséquence.

   Provencao   
9/5/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Bonjour Laurent-Paul,

J'ai bien aimé ce chaque matin prenant en compte la vibration à la fois harmonieuse et introspective de ces lumières et ces rêves pour mieux nous approcher du sérieux de ce plus de banal et nous libérer des ombres et reflets.

Au plaisir de vous lire,
Cordialement

   Polza   
9/5/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
J’ai pensé à Jean-Jacques Goldman en vous lisant : « Encore un matin, un matin pour rien… un matin (un matin), ça ne sert (ça ne sert) à rien (à rien)… »

En général, dans des poèmes assez courts, je n’aime pas les répétitions, mais ici, 3 fois le mot jour me semble justifié par « Chaque matin », les jours passent, c’est long, Ne m’attend que le travail ».

Personnellement, j’aurais même poussé plus loin en plaçant le « jour » dans chaque quatrain, jusqu’au dernier.

Je suis moins convaincu par la presque répétition « vieil animal/vieux chien ».

Si je trouve l’idée intéressante, je n’ai pas plus que ça été emballé par son traitement, il me manque un peu de matière.

J’imagine que « Les près » est une faute de frappe…

J’aurais peut-être été plus séduit si la forme classique avait été choisie, mais néo-classique plus fond assez banal ne m’ont pas convaincu.

« Dans un éclat torrentiel,
La lumière tombe à seaux
Et mes rêves prennent l’eau.
Le jour imbibe le ciel. »

j’ai malgré tout beaucoup apprécié ce quatrain au-dessus des autres à mon avis…

Je comprends que vous ayez souhaité faire simple pour évoquer une vie simple et lasse et ça a presque fonctionné pour moi, mais pas assez, désolé…


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