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Poésie contemporaine
Laurent-Paul : Troupeaux
 Publié le 03/07/26  -  7 commentaires  -  2689 caractères  -  55 lectures    Autres textes du même auteur


Troupeaux



les moutons les chiens ….............................. les vaches qui passent
adorent les liens …;;;;;............................;;;;; lentement se lassent
que le berger leur …....................................... de passer et laissent
impose le coeur ...........................................… leurs têtes épaisses
heureux le troupeau ...............................… choir dans l’herbe verte
se sent fort et beau …............................................. ce désir inerte
être seul rend laid ….......................................... me fait plus envie
si faible incomplet ..............................................… qu’aucune folie

......................................… trop civilisé
...................................… pour oser briser
...................................… les tables de loi
................................… les modes d’emploi
…................................. et les prospectus
…................................ je suis donc les us
…............................... qui font mon confort
...........................… tout comme un veau dort

les vaches qui paissent .....................................… je suis ce mouton
jamais ne se laissent ......................................… noir qui ne se fond
distraire et quand lasses ….............................. pas dans le troupeau
de paître elles passent …....................................... car j’ai ce défaut
le temps qui s’étire ….............................................. banal de rester
à ruminer lire ….................................................... seul et d’insister
dans leurs yeux le vide …...................................... sans être apeuré
me laisse languide ............................................… pour le demeurer


 
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   Curwwod   
14/6/2026
trouve l'écriture
convenable
et
n'aime pas
Je crois avoir déjà vu ce poème présenté différemment. Je ne me souviens pas l'avoir vraiment aimé sous sa forme continue et cette nouvelle présentation en dé à jouer (5) ne modifie pas mon impression. La recherche obstinée par tous les moyens de l'originalité est plus souvent nuisible à la poésie que le contraire. Cette évocation du panurgisme où certaines affirmations tiennent plus du calembour ( tout comme un veau dort) que de l'image construite et où l'on distingue un mépris pour ceux ( les hommes bien entendu) qui ont la faiblesse de se conformer à une vie que vous jugez médiocre mais à laquelle ils n'ont pas forcément les moyens d'échapper. Une allusion à la société consommatrice ( trop civilisé / pour oser briser /les tables de loi / les modes d’emploi / et les prospectus) est présentée sans doute abusivement comme une religion (les tables de (la) loi). Au total cette métaphore filée n'est guère convaincante et manque de force. Vous vous affirmez différent, c'est bien, mais le mépris sous jacent me heurte.

Curwwod en EL.

   Passant75   
17/6/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
L'absence de ponctuation et la forme en cinq blocs disposés comme les cinq points du chiffre cinq sur un dé, tout cela avait déjà de quoi m’interroger sur le message que l’auteur voulait faire passer.

Sans surprise, les moutons (chers à Panurge) et les vaches (comme les veaux chers au général de Gaulle) doivent symboliser le conformisme et la vie en groupe. Par ailleurs, dans le bloc central, l’auteur se dit trop civilisé pour s’affranchir des normes de la société ; logique, puisqu’il se positionne au centre, donc au milieu d’elle !

Mais il se positionne aussi en marge dans le cinquième bloc. Il se pense différent tel un « mouton noir ». Pas facile à saisir, étant « civilisé » il s’intègre à la société, mais ne veut pas se fondre « dans le troupeau », revendiquant ainsi une pensée singulière. Il n’est pas rebelle, mais se considère indépendant. Cela pourrait apparaître plutôt paradoxal. Pas si simple d’être en même temps et dedans et dehors !

Sur la forme comme sur le fond, le poème met ainsi en évidence une opposition entre appartenance et singularité, qui constitue le cœur de sa réflexion. À titre personnel, j’y ai retrouvé l’éternelle tension entre le collectif et l’individu. Mon évaluation tient compte de l'originalité de la présentation.

   LeChevalier   
3/7/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime un peu
Pour ma part, je n'avais pas vu le 5 du dé à jouer, je m'étais imaginé que les groupements de lignes représentent des troupeaux, vus d'en haut, dans un champ. Dans la mesure où les vers sont des pentasyllabes, il apparaît logique de lire ce 5 dans la disposition typographique. Ç'aurait été drôle que les troupes de vers comptent 5 ou 10 vers mais l'auteur s'est tenu aux quatrains conformistes du troupeau des poètes, n'est-ce pas ?

L'absence de ponctuation... on y perd la facilité de la lecture. On y gagne, du point de vue de l'auteur, l'assurance de ne pas avoir fait d'erreurs. Eh oui, la virgule omise paraît plus remplie de sens que la virgule mal mise ! Mais je crois bien que l'absence de ponctuation ici apporte aussi un aspect plus grégaire, au coup d'oeil.

J'espérais que plusieurs parcours de lectures soient possibles. En réalité, il n'y a que le parcours en Z. Pas de parcours en G, par exemple (faire le tour et finir avec le bloc central).

Pour le fond, je n'ai trouvé rien de particulièrement profond dans ce texte, rien de particulièrement personnel non plus. Just un texte d'affirmation de soi, une posture assez commune de nos jours.

   Cyrill   
4/7/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Salut Laurent-Paul.
Je tiens tout d’abord à saluer l’audace de la mise en page, son aspect ludique, dans lesquels on peut reconnaître des troupeaux vus du ciel. J’ai trouvé le propos parfaitement déprimant, et les rimes en -aisse et -asse en accentuent encore cette impression. Le je qui observe est central mais au final ne se distingue guère du troupeau, « trop civilisé / pour oser briser / les tables de loi », à ceci près qu’il choisit d’être seul dans sa misanthropie. Une position au fond assez paradoxale, mais qui permet une vue panoramique. La disposition des strophes, éclatées aux quatre coins, permet aussi au lecteur d’y revenir plus facilement que si elles étaient en colonne car tout tient sur une page, et d’y revenir sans ordre établi. J’ai pu trouver dans certains vers un ton débonnaire qui vient en démenti de l’aversion : « lire / dans leurs yeux le vide / me laisse languide ».
Je ne peux pas dire que votre poème m’ait fait rêver, je lui reconnais cependant une certaine efficacité dans la transmission du message.
Merci pour le partage.

   Pussicat   
4/7/2026
trouve l'écriture
perfectible
et
aime un peu
Comment exprimer au mieux ma déception...

Comme LeChevalier, je reprends son commentaire : « J'espérais que plusieurs parcours de lectures soient possibles. »

C'est pourquoi je ne saisis pas cette figure en dé qui n'apporte rien sinon de placer l'acceptation d'un sort et le renoncement d'une autre voie au centre.

D'une part il y a l'acceptation centrale (je suis le troupeau pour mon confort) et en contrepoint son exclusion (je suis ce mouton noir qui ne suis pas le troupeau) ? Dehors ou dedans ? Conventionné ou hors convention = à l'écart solitaire ?

Je suis circonspecte sur l'ensemble du texte, sa faiblesse... je n'ai pas accroché. Enfin, je m'attendais à une lecture multiple qui aurait donné du sens à cette disposition.

   Lariviere   
6/7/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Bonjour LaurentPaul,

J'ai bien aimé votre poème.

Moi aussi, je tiens déjà à saluer l'audace et l'originalité de la forme. Ensuite, le fond me parle bien évidemment et j'adhère plutôt entièrement à votre démonstration. Oui nous aimons l'atmosphère chaude et douillette du troupeau, parfois, souvent, sans se poser plus de questions... Les vilains petit canard, les moutons noirs isolés et tenus à l'écart de la masse en font souvent les frais...

Quand à la poétique elle est suffisamment présente pour faire ressortir de ce texte "critique" quelque chose d'agréable. Je l'ai d'ailleurs mieux perçu à une lecture plus attentive.

Merci pour cette lecture et bonne continuation !

   Donaldo75   
8/7/2026
Intéressant !
La forme est originale, ce dé sur la face 5. Je suppose que cela n'est pas facile à rendre comme effet; avec pleins de balises html et tout le cortège d'astuces informatiques. Ne pas ponctuer est une bonne idée, elle renforce l'aspect visuel de ce poème. Le propos est bien amené, que ce soit par les moutons et les vaches ou le motif central. Le motif de fin, soit le mouton noir, explique bien et la tonalité - que je trouve cependant assez éthérée dans la forme stylistique - et le fond. Je me suis quand même demandé: pourquoi rimer à tout prix ? Je trouve que cette rime contraint le poème, sa lecture, sa sonorité. Il en parait du coup bien sage - je disais éthéré, plus haut - et sans réelle prise de risque, ce qui est dommage de la part d'un mouton noir censé rester loin du troupeau. C'est comme s'il utilisait la rime comme un sémaphore afin d'être quand même vu par les autres moutons parce que vivre seul c'est pas marrant tous les jours.


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