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Poésie contemporaine
LeChevalier : Chinoiserie
 Publié le 19/02/26  -  12 commentaires  -  1254 caractères  -  147 lectures    Autres textes du même auteur

Éléments stylisés de Li Yong, Guan Tong et Li Bai.


Chinoiserie



Li Yong, lettré, ministre impérial, poète,
Se saisit du pinceau – car la soie était prête –
Et le trempa dans l’encre. Il lui suffit d’un trait
Pour peindre le mystère ombreux de la forêt ;
D’un autre, il figura la montagne sévère,
Que le cerf à l’œil noble en silence révère ;
Après, l’idée étant maîtresse de la main,
Il suspendit les ponts d’un sinueux chemin
Qui s’enroule avec grâce autour des monts paisibles –
Là, le charme s’allie aux périls invisibles.
Le sage contempla ce paysage altier
Pour juger s'il formait un tout vraiment entier.
Il releva la pointe en poils de martre mâle
Et la fit s’emparer d’une région pâle
Du tableau, qui restait, à ses yeux, incomplet.
Le pinceau s’en émut : il courait, il coulait
Des contours serpentins et des points solitaires,
D’où naissaient, enchâssés, les corps des caractères.
Quand la danse prit fin dans un saut souverain,
L’image sobre était mêlée à ce quatrain :

« Ah ! La route du Shu, si haute et tant à craindre –
Elle va jusqu’au ciel à travers la vapeur ;
La grue aux plumes d’or veut vainement l’atteindre,
Le singe en rêve, empli de peur. »


 
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   Polza   
19/2/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Cela fait un moment que je souhaite commenter votre poème et que je m’abstiens par manque de temps ou de réflexion intelligente à proposer !

J’ai bien aimé la modestie de l’exergue qui néanmoins oriente le lecteur.
J’ai eu l’impression de me retrouver dans cet univers de Chinoisierie, parfois dans des films asiatiques (pas nécessairement chinois, je pense à Ang Lee par exemple), parfois dans de la littérature poétique comme dans « La montage de l’âme » du réfugié politique Gao Xingjian.


Même si je n’ai sûrement pas tout compris (comprendre est subjectif) j’ai vu devant moi un tableau avec une calligraphie tracée dessus.

Pardonnez-moi la vacuité de mon commentaire, je ne suis pas inspiré, mais cela n’empêche que j’ai vraiment apprécié ce poème !

Édition

À présent que je connais le pseudonyme de l’auteur, je suis étonné de voir ce poème en catégorie contemporaine alors que tout me semble réuni pour la catégorie classique, est-ce une erreur de catégorie de sa part ?

   Donaldo75   
12/2/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime un peu
Ambitieux. La Chine d’antan, idéalisée, pinceau, encre, soie. Ce tableau, stylisée, est composé à la mode française du dix-neuvième siècle. Jules Verne dans « les tribulations d’un Chinois en Chine ». Du coup, c’est propre au niveau formel, académique pour ne pas dire raide, un texte pour les gens cultivés. Le style employé fige un peu le poème qui méritait un souffle plus personnel, de l’incarnation ou que sais-je de vivant. L’illustration plutôt que la suggestion amplifie cette carence en émotions. C’est un objet poli, usiné. Je l’ai regardé comme tel, sans trouver de quoi allumer l’étincelle que j’attends de la poésie. Je reconnais le travail derrière la composition.

   Ornicar   
12/2/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime un peu
J'ai trouvé ce poème sage et appliqué comme un travail de calligraphie. C'est bien réalisé mais assez "raconté" dans l'ensemble. Cependant c'est visuel et donc "imagé" dans la mesure où j'ai assisté au processus de création puis vu les formes et les volumes naître sous mes yeux. Les images ne sont donc pas tant de nature poétique que picturale. D'où mon sentiment mitigé. Je ne peux pas dire que je n'ai pas aimé mais je n'ai pas vibré à cette évocation.

   Provencao   
19/2/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour LeChevalier,

Ce pinceau est ici appelé par une poésie elle-même en résonance avec ce mystère ombreux de la forêt .

J'aime beaucoup ce souffle , à apercevoir précisément l'ecriture au dessin, original aussi, ce trait d'union qui s'offre en trait réalisé au pinceau.

Au plaisir de vous lire,
Cordialement

   Laurent-Paul   
19/2/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour,
c'est un poème visuel, très réussi. Parvenir sans lourdeur et sans démonstration à nous faire voir le procédé créatif, rendre le sens des mots visibles, en utilisant parfaitement l'alexandrin, maîtrisé, léger, c'est du grand art.
Bravo !

   Passant75   
19/2/2026
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aboutie
et
aime bien
C'est un pinceau qu'un homme tient, mais un pinceau qui prend vie pour illustrer la calligraphie qui se crée sous nos yeux. J'ai apprécié d'assister à ce travail de création. L'ensemble est harmonieux et très visuel.
Seul bémol : quand j’ai terminé ma lecture, j’avais plus, en tête, le réalisme du propos que l’envol qu’on peut ressentir d’un écrit poétique. Mais cela n’enlève rien au charme que j’ai perçu !

   papipoete   
19/2/2026
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aboutie
et
aime bien
bonjour LeChevalier
D'un pinceau trempé dans l'encre, l'artiste dresse un tableau tout en délicatesse, rajoutant ci des ponts sur un sinueux chemin, et là des contours serpentins, qu'un quatrain de vers à pieds résume joliment.
NB On pourrait presque, mais ce serait injurieux pour l'auteur, qualifier ces vers comme trop descriptifs, mais moi j'aime et me ballade dans ce paysage, avec grand plaisir.
des pépites telle :
" que le cerf à l'oeil noble révère "
un texte tout en nuances légères, qui nous baigne de volupté

   Boutet   
19/2/2026
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aboutie
et
aime beaucoup
Un beau texte qui rend bien compte des peintures et de la poésie des personnages de l'exergue. Je retrouve ici l'auteur du "manul" avec ces descriptions hautement poétiques.
Il n'est juste que ce singe en rêve empli de peur qui m'interroge.

   EtienneNorvins   
19/2/2026
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aboutie
et
aime bien
Choix cohérent de la Chine, où le pinceau sert autant à peindre qu'à écrire, où les « corps des caractères » naissent du même pinceau, pour évoquer le passage de l'image au texte, du paysage au poème. Le texte dit avec bonheur la puissance évocatrice du trait unique : la peinture, née d’un geste sûr, se fait « idée maîtresse de la main » (un "Où" à la place de "Là" en tête du 10è vers aurait permis de moins rompre la continuité ?).

La "chinoiserie" du titre (qui pouvait faire craindre un bibelot exotique, ou quelque texte intimement alambiqué...) suggère toutefois une distance : il ne s’agit pas d’un poème chinois authentique, mais d’une recréation occidentale inspirée de la Chine, ce que suggère le quatrain final, qui rapproche joliment le texte d'une fable, avec ses animaux symboles (la grue-inspiration et le singe-auteur/lecteur, ce 利用 (?) entre Li Yu, qui fut aussi empereur, et Liu Yong ?). On se retrouve du coup dans les parages à la fois de La Fontaine et du Segalen des Stèles ou plus encore des Peintures ?...

Merci pour ce beau rouleau de soie !

   Luron   
21/2/2026
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aboutie
et
aime bien
Je viens commenter avec beaucoup de retard. Veuillez me pardonner.
Ce poème m’a très agréablement surpris car il nous parle de cette mythologie de la montagne dans l’Extrême-Orient. Certes, les dieux grecs résidaient dans les Monts Olympe, Moïse a reçu les dix commandements sur le Mont Sinaï et le Christ a prononcé son plus important Sermon sur une montagne mais cette mythologie n’a jamais été aussi forte en Occident qu’en Extrême-Orient ou du moins s’est atténuée.
Le Mont Fujitsu au Japon reste toujours un lieu de vénération et une source d’inspiration pour les artistes. Le dictateur de la Corée du Nord a imposé la légende de sa naissance au pied du Mont Paektu, lieu sacré pour les Nord-Coréens. Votre poème unit par la poésie la peinture et la calligraphie pour célébrer la route du Shu "si haute et tant à craindre" qui "va jusqu’au ciel à travers la vapeur". La vénération et la crainte mêlées.
J’ai bien aimé ce thème original et l’écriture de votre poème. Belle chinoiserie sur un tableau de soie.

   Cristale   
23/2/2026
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très aboutie
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aime beaucoup
En faisant fi de mon ignorance de l'art chinois et de la Chine en général, mais amatrice d'oeuvres picturales classiques et contemporaines, je suis entrée dans l'univers de ce poème en tant que spectatrice d'une scène silencieuse où seuls le pinceau, la main, le regard et le peintre ne font qu'un.
Le pinceau, d'un trait trace la forêt, la montagne, le regard lui suggère le cerf, la main l'esprit guide la main et l'encre donne naissance à un pont, un chemin, des monts et l'image se concrétise sur la toile de soie précieuse.
Mais l'artiste, estimant son ouvrage inabouti, guida son pinceau toujours apte à le satisfaire dans ses moindres exigences et la calligraphie d'un merveilleux quatrain schématisant l'histoire dessinée apparut sur un endroit pâle et discret de la toile.
Voilà ce que mon regard a lu de cette poésie tracée d'une plume fine guidée par une main qui a su exprimer l'idée de son créateur-narrateur.
C'est bien écrit et, bien qu'appréciant peu les rimes suivies, ici je trouve qu'elles ont leur place comme cela se fait dans les fables et les contes.
Je n'aurais pas mis de virgule après sévère au vers 5.
J'aime bien le rejet "d'une région pâle/Du tableau" qui simule un mouvement graphique.
Jolie touche finale avec ce quatrain unissant peinture et poésie, poésie et peinture.
Je ne regrette pas d'avoir franchi le cadre de cette toile poétique et de m'être débarrassée de mes aprioris. Effectivement, il n'était pas nécessaire d'avoir des connaissances spécifiques, il m'a suffi de lire et d'apprécier ma lecture et ce pinceau doté de vie.
Maintenant je vais essayer de m'instruire en ce qui concerne la route du Shu... ^^

Joli travail !

   Metsys   
24/2/2026
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très aboutie
et
aime beaucoup
Une jolie synthèse poétique de la Chine et de l'Occident.
Avec forcément une belle maîtrise formelle pour faire tenir debout le début et la fin du poème. J'imagine que si le baron de Clappique avait fait de l'improvisation poétique, ça aurait donné quelque chose comme ça...
Et j'aime beaucoup les rythmes hugoliens du début...


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