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Poésie contemporaine
LenineBosquet : La loi des lianes
 Publié le 05/11/16  -  17 commentaires  -  738 caractères  -  268 lectures    Autres textes du même auteur

Quand Marianne me gonfle avec ses lois iniques, je l'affuble d'un sobriquet.
Pendant la lecture de ce poème, je lui ai choisi celui-ci : Éliane.


La loi des lianes



C'est une cabane au toit de tôle ondulée,
Aux murs de planches de bois glanées çà et là
Quand le père musait, là-bas, près du chantier
Des neuves hautes tours où onc n'habitera.

Un poêle artisanal en son centre toussote,
Comme tous les mouflets habitant le taudis.
Ils sont quoi ? Quatre ou cinq, regard' donc, ils grelottent,
Attendant leur soupe de fanes de radis.

La crasse. La gluante et sordide misère.
L'odeur est écœurante, passons les détails,
J'ai connu endroits plus plaisants pour le bétail.

Mais, las, ce sont bien là les laides lois des hommes
Qui laissent les enfants afghans, syriens et roms
Suinter dans leurs hardes, cultiver leur colère.


 
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   papipoete   
17/10/2016
 a aimé ce texte 
Bien
contemporain
La loi " des lianes " pour évoquer celle de la jungle est bien trouvée dans ce poème " façon sonnet " ; l'auteur crie sa colère et sa douleur face au triste sort de ces émigrés, que l'on traite avec moins d'égard que du bétail ! ( encore que certains bestiaux aient une fin épouvantable ) .
NB le 4e vers se démarque avec ce " onc " pour " personne/nulle ", mais la façon " neuves hautes " choque oeil et oreille .

   Ora   
18/10/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
C'est en relisant plusieurs fois le poème que j'ai été réellement accrochée. Je ne suis pas experte du sonnet et ne m'aventurerai donc pas à en commenter les aspects techniques. Pour le fond, j'ai beaucoup aimé les deux premières strophes qui peignent un tableau cru de la misère avec à mes yeux des mots justes et forts qui emportent. Mon élan est retombé avec "passons les détails", passage qui m'a semblé dissonant avec le reste bien que rimant avec "bétail" et me suis carrément enlisée à la lecture de "Mais, las, ce sont bien là les laides lois des hommes", phrase tortueuse. Pour la fin et la révélation du peuple dont il s'agit, je trouve que ça apporte peu de les nommer, voire que cela gâche l'effet du poème: afghans… Simplement parce cette misère décrite ici est valable pour bien d'autres.

   Donaldo75   
19/10/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,

L'engagement de ce poème n'est pas trop fort, ce qui évite d'en masquer les qualités d'évocation. J'aime bien l'ensemble.

Les (+):
* Des images fortes, qui étaient déjà d'actualités dans les années soixante-dix, quand j'étais petit.
* Des termes très bien choisis, qui rappellent le noir et blanc de la pauvreté contre la couleur de l'opulence.
* Une progression dans la dénonciation.

Les (-):
* Quelques scories de forme.
* Quelques sononorités malheureuses (là les laides lois de l'homme) qui sont volontaires je suppose.

Ceci dit, les (-) n'en sont pas complètement, à mon avis, parce qu'ils représentent des imperfections, la réalité vécue tous les jours par des exclus de la société qui sont vus comme des parias.

Merci pour la lecture,

Donald

   MissNeko   
5/11/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour

L'engagement qui émane du poème est habilement présenté. Il n'y a pas réel parti pris politique et j apprécie.

- j'ai aimé :
Le thème de la misère
Le vocabulaire employé pour dépeindre cette misère.
La forme : un sonnet contemporain dessert bien l'idée
Le jeu de mot bien trouvé pour Eliane / loi des lianes/ loi de la jungle : bravo !

Coup de cœur pour :
La crasse. La gluante et sordide misère.
L'odeur est écœurante, passons les détails,
J'ai connu endroits plus plaisants pour le bétail.

- j'ai moins aimé:
Il m a fallu 2/3 lectures pour " entrer" complètement dedans car je butais sur certains vers pas facile à lire.

Ex:

Des neuves hautes tours où onc n'habitera
( Des tours en gratte-ciel où onc n'habituera ?)

Mais, las, ce sont bien là les laides lois des hommes : pas très heureux à l'oreille

Globalement j'ai trouvé votre poème réussi !

Merci pour ce partage

   Anonyme   
5/11/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Bonjour

Autant je souscris à ce cri du coeur, autant je n'en aime pas l'écriture.

Ce vers 4 est imprononçable comme il est écrit, plus simplement :

De hautes tours neuves où nul n'habitera.

Je ne vois pas bien ici le sens du vilain mot onc qui veut
surtout dire jamais en vieux français.

Il y a sûrement de meilleurs endroits pour le bétail
quoique avec les vidéos qui circulent actuellement sur l'abattage
des animaux, on puisse douter.

Je suis tout à fait d'accord avec la fin où le texte améliore son
écriture même si je doute fortement de son efficacité
et le vrai drame est ici : tout le monde s'en fout dès l'instant
que le pays n'a rien à vendre et produire.

Société de consommation oblige.

   Anonyme   
5/11/2016
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Bonjour LenineBosquet,

Je ne vous ai pas vraiment reconnu dans ce style d'écriture - et je ne vous reconnais toujours pas - et même si, en règle générale, j'apprécie qu'un auteur s'essaie (pas joli comme tournure) à d'autres styles, celui-ci ne m'a pas convaincu. En effet, je n'ai pas retrouvé votre finesse d'esprit et votre humour, cette petite touche personnelle qui donne à vos poèmes quelque chose d'unique.

En espérant vous retrouver sous de meilleurs auspices,

Bien à vous,

Wall-E

   Lulu   
5/11/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour LenineBosquet,

j'ai bien aimé lire ce poème, contrairement aux précédents que je n'ai vraiment pas aimés... C'est une question de registre de langue. Je crois vous l'avoir signifié lors de votre premier poème publié ici.

Dans ce poème, que je trouve plus simple à lire, j'ai aimé la simplicité avec laquelle vous traitez le thème choisi.

J'ai pensé à Victor Hugo qui aimait défendre "les misérables" en parcourant votre texte. Le discours est simple et limpide, et donc efficace, en ce qui me concerne.

   Anonyme   
5/11/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour LB
Vous effleurez ici un problème délicat. Sont-ce bien des " lois iniques " qui engendrent ces situations ?

Je dois dire que je prends plus de plaisir à vous lire dans votre style habituel. C'est, bien entendu, un avis très subjectif.

   Robot   
5/11/2016
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Si je partage le fond du poème je trouve que la réalisation pêche par moment.

onc ou oncques sont synonymes de jamais or il est utilisé ici au sens de nul ce qui est inadéquat.
Des neuves hautes tours où NUL n'habitera.

"Quatre ou cinq, regard' donc, ils grelottent,"
Un vers dont la prononciation est difficile et désagréable. Peut être écrire: "Vois-tu comme ils grelottent" si l'on juge cette interpellation nécessaire.

"Mais las ce sont bien là"
Je trouve cette formulation lourde.

Le choix du contemporain soit n'a pas été utilisé au mieux, soit aurait du laisser la place au libre.

Beaucoup pour le fond, un peu pour la réalisation.

   Pimpette   
5/11/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Toujours ce climat de texte qui me touche

le sujet est si fort que tu pourrais le couler à ta manière dans n'importe quelle forme!

EN plus, toujours, un vocabulaire personnel qui me convient tres bien...on sort de l'ordinaire...

"Comme tous les mouflets habitant le taudis.
Ils sont quoi ? Quatre ou cinq, regard' donc, ils grelottent,
Attendant leur soupe de fanes de radis."

   Anonyme   
5/11/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,

pour ce qui est de la forme je ne résiste pas tellement la filiation me semble évidente (pas que du poème, du contexte aussi).

Les loupiots (Aristide Bruant)

C'est les petits des grandes villes,
Les petits aux culs mal lavés,
Contingents des guerres civiles
Qui poussent entre les pavés.

Sans gâteaux, sans joujoux, sans fringues,
Et quelquefois sans pantalons,
Ils vont dans les vieilles redingues
Qui leur tombent sur les talons.

Ils traînent, dans des philosophes,
Leurs petits pieds endoloris,
Serrés dans de vagues étoffes...
Chaussettes russes de Paris !

Ils se réchauffent dans les bouges
Noircis par des quinquets fumeux,
Avec des bandits et des gouges
Qui furent des loupiots comme eux.

Ils naissent au fond des impasses,
Et dorment dans les lits communs
Où les daronnes font des passes
Avec les autres et les uns...

Mais ces chérubins faméliques,
Qui vivent avec ces damnés
Ont de longs regards angéliques,
Dans leurs grandes châsses étonnées.

Et, quand ils meurent dans ces fanges,
Ils vont, tout droit, au paradis,
Car ces petits-là sont les anges
Des ruelles et des taudis.

C'est les petits des grandes villes
Les petits aux culs mal lavés,
Contingents des guerres civiles
Qui poussent entre les pavés.



A part ça je salue le fond...et je prends tout…

Où c’est qu’on signe ? Ha oui !

   Anonyme   
5/11/2016
Salut LenineBosquet... Je ne puis que confirmer les dires de la majorité des commentateurs. Ok pour le fond auquel j'adhère (en y mettant quand même quelques bémols) mais la forme est véritablement déplorable. Je n'aurais certainement pas reconnu votre plume en EL.
Exemples ?
Des neuves hautes tours où onc n'habitera.

Non seulement onc, ce mot de vieux français n'a rien à faire dans ce contexte mais de surcroit ici il est mal employé.

Ils sont quoi ? Quatre ou cinq, regard' donc, ils grelottent...

Là aussi il est facile de trouver une tournure moins quelconque.

Pour ce qui est du thème, coincidence, ce poème parait au moment où Marianne vient de mettre "au chaud" quelques dix mille réfugiés et SDF... Bien entendu ce n'est qu'une goutte d'eau dans un océan de misère et ça a trop trainé en longueur mais c'est tout de même un pas en avant.

Pas d'appréciation de ma part pour un texte que je considère, quant à la forme, comme un faux pas...

   Pouet   
5/11/2016
 a aimé ce texte 
Bien
Bjr,

Je partage le fond, bien évidemment. A la gare de Vénissieux où je descends pour aller bosser, on peut voir de l'autre côté du quai, un endroit pareil à celui que vous décrivez. Ce ne sont pas des afghans qui y vivent, d'autres exclus, d'autres trajectoires de vie..

J'ai été un peu surpris par "onc" (qui signifie "à aucun prix" ou "jamais") mot de vieux françois pour le moins peu usité et ma foi un peu précieux qui saute ici aux yeux comme un coup de pied au cul.

Parfois cela m'a semblé un peu lourd dans la construction comme par exemple: "Des neuves hautes tours ", accoler les deux qualificatifs n'est pas super heureux à mon sens.

Pas trop aimé non plus ce passage: "passons les détails,
J'ai connu endroits plus plaisants pour le bétail." J'ai trouvé ça un peu "facile" dans l'expression, trop "parlé" dans le mauvais sens du terme.

L'ensemble m'a laissé une impression d'écriture "à chaud", pas bâclée mais largement perfectible.

Au plaisir.

   Vincendix   
6/11/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Un sujet qui ne doit laisser personne indifférent, seulement la misère ne se cantonne pas uniquement chez les déracinés, elle existe aussi chez les « enracinés ». Naturellement elle est moins visible et surtout moins médiatisée, les plus grandes détresses sont muettes.
Un style bien différent de celui qui vous est familier, finalement je préfère celui-ci, beaucoup plus vrai.
Revers de la médaille, versifier sur une réalité et qui plus est dramatique, exige une plus grande rigueur dans l’écriture, paradoxalement, des sentiments forts et sincères nuisent à la qualité, je le remarque pour les autres et c’est aussi mon cas. Avant de transcrire de fortes émotions, il faut prendre du recul, je crois que même les grands auteurs sont passés par ce stade.
Mon appréciation est une moyenne entre la force du sujet et la valeur de l’écriture.

   LenineBosquet   
6/11/2016

   abadboumsong   
7/11/2016
 a aimé ce texte 
Bien
poème intéressant par le fond mais je trouve la forme un peu indécise pourtant je ne suis pas très regardant sur la chose; on oscille entre modernité et vieux François; ce qui donne un côté hybride au poème ; il eut mieux valu sur un thème aussi simple , rester dans un registre plus simple et plus naturel .
Sinon bravo pour ce néanmoins beau texte qui mérite encore plus d'attention de votre part

   jfmoods   
18/11/2016
Choisir la forme fixe pour mieux en dynamiter les codes : telle est l'attitude constante du poète. Il s'attaque ici au sonnet - forme élective par excellence - et le taille à sa mesure. Il lui rogne un peu les ailes (vers 2, 10, 11, 14), diversifie les modulations (rimes pauvres, suffisantes ou riches), panache les niveaux de langue (soutenu : "musait", "onc", "plaisants", familier : "mouflets", "Ils sont quoi ?", "regard' donc"), suscite des échos obsédants ("... las, ce sont bien là les laides lois des hommes / Qui laissent les enfants..."), éveillant ainsi l'attention du lecteur sur l'indignation qui l'anime devant les conditions de vie révoltantes des migrants ("loi d'Éliane" / "loi des lianes").

Merci pour ce partage !


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