Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Liens Web 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie contemporaine
LenineBosquet : La trinque
 Publié le 13/07/17  -  8 commentaires  -  876 caractères  -  150 lectures    Autres textes du même auteur

La "trinque" c'est un peu l'équivalent de la "saudade" portugaise, l'alcool en plus : on en chie, ça fait mal et on picole à la santé de ceux…


La trinque



Allons ! Buvons la bière à la santé de ceux
Qui à La Santé sont.
Allons ! Buvons la bière et les litres de rhum,
À la santé de l'homme
Qui sut s'en évader en se saignant la veine.
À ta santé Sylvaine,
Toi qui perdis un fils, un père ou un mari,
Sans témoin on parie,
Ou peut-être que si, mais, les morts au cachot,
De Saint-Paul à Dachau,
Poissy, Fleury, Corbas et Sainté La Talaud',
Sont cachés c'est leur lot.
Le trépas en zonzon, le trèpe s'en tamponne
Car n'est pas Al Capone
Le quidam qui clabote en bouffant son cach'ton.
À ta santé maton,
Qu'es payé pour veiller sur des vies déjà vieilles,
Levons donc nos bouteilles,
Avalons nos aigreurs et pleurons nos erreurs,
Enchantons nos malheurs
De ces quelques alcools, contre l'odeur qui colle
Des couloirs de la taule.


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Donaldo75   
24/6/2017
 a aimé ce texte 
Pas
(Lu et commenté en EL)

Bonjour,

Est-ce une chanson, à la mode rock cabaret frenchie des années quatre-vingt-dix, soit dans la suite des fameuses "négresses vertes" ? C'est la question que je me suis posé.

Le problème, c'est que ça sonne creux, avec un rythme plat, une tentative d'essai de faire "genre" comme ces provinciaux qui jouent au titi parisien après deux années passées dans la capitale, parce qu'ils ont trop vu de films dialogués par Michel Audiard.

Du coup, on est en plein artifice, sans la joie du feu.

Ennuyeux, au final.

   Ananas   
13/7/2017
 a aimé ce texte 
Pas
Bonjour,

Commentaire matinal, commentaire jovial.

Le sujet ne me déplait pas mais il n'est pas ce que je préfère, surtout décliné de la sorte.
Une forme de digue du Q à la santé des prisonniers, une trinque donc.
Et c'est à peu près tout ce que j'y ai ressenti, ce qui me semble un peu peu pour un pot joyeux, en une belle matinée ensoleillée... ça manque d'esprit festif pour moi, ou de culpabilité de ressentir l'esprit festif, ou de faire la fête... bref, ça me manque d'émotion.

Une prochaine fois, peut-être.

Bonne continuation.

   papipoete   
13/7/2017
bonjour LenineBosquet,
A lire ces vers , je ne voudrais pas être trop sévère, mais ces verres me donnent le tourni avec ses mots qui fleurent l'argot comme le " trépas en zonzon " !
NB Le monde de la " taule " semble ne pas avoir de secret pour vous, et vous en parlez en chantant " à la tienne maton ! "

   PIZZICATO   
13/7/2017
 a aimé ce texte 
Pas
" Le trépas en zonzon, le trèpe s'en tamponne "
C'est plutôt que le " trèpe " pense qu'on ne les a pas poussés pour aller "pleurer leurs erreurs ".
Si ce texte se voulait une réflexion sur l'univers carcéral, pour ma part je pense qu'il est à côté du sujet.
Je n'ai pas aimé le fond.

Désolé pour cette fois.

   TheDreamer   
13/7/2017
 a aimé ce texte 
Bien
Poème dont les vers sont sur 2 rythmes distincts et alternés : l'alexandrin et le vers de 6 syllabes. La musicalité y est donc bien présente et plutôt agréable à l'oreille, peut-être pour exorciser la difficulté du propos, en relation avec le ton faussement "léger" de ce dernier.

Il me semble y avoir un parallèle entre les vers 1, 3 et 5, la bière comme le sang, deux fluides s'écoulent en prison, l'une visant sans doute à oublier la dureté de la réalité de l'emprisonnement et compenser dans une métaphore la vie qui s'échappe chaque jour un peu plus, faute de voir l'homme s'évader. Texte désabusé sous des dehors enjoués.

   Grange   
13/7/2017
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour,

Je n'aime pas énormément ce vocabulaire qui se veut — on se demande pourquoi — celui d'un monde d'initiés.
Comparaison n'est pas raison mais lorsque l'on consulte les anthologies de poèmes écrits en prison, on voit tout au contraire une volonté d'évasion par les mots et non la volonté de s'enfermer davantage encore en adoptant le langage de l'enfermement.
Bon après c'est l'auteur qui décide de la teinte qu'il souhaite donner à son écriture mais je ne suis pas enchanté du résultat.

Merci pour ce partage

   Pouet   
13/7/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bjr,

J'ai bien aimé cette 'tite chanson perso, enfin je dis chanson y a pas de refrain mais bon ce texte entonné par un groupe style "Les garçons bouchers", ça doit bien passer.

J'ai trouvé le rythme fort intéressant et le fond désabusé traité avec une certaine cynico-légèreté.

J'aime beaucoup l'entame avec le "à la santé de ceux qui à la Santé sont", l'inversion "Santé sont" donne toute sa saveur au vers, "qui sont à la Santé" aurait été beaucoup moins fort, pâlichon. Mais en l'état moi je trouve ça bien vu, ça me cause bien, ça semble simple comme ça mais ça claque assez velu. (y a assez de "ça" dans ma phrase...?)

Ce vers a aussi retenu positivement mon attention: "Qu'es payé pour veiller sur des vies déjà vieilles,", au-delà de l’allitération, le fond m'est apparu assez "profond", voire enterré :)

L'ensemble demeure convaincant pour moi, c'est triste et ludique, de la bonne poésie des cachots me concernant.

   Antinoos   
10/8/2017
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonjour,

Une complainte composée de vers hétérométriques.

Il y a ici un parti pris (celui de provoquer l'empathie du lecteur pour la population carcérale) qui, s'il ne fait pas toujours mouche chez tout le monde, est néanmoins respectable et compréhensible.

C'est, ma foi, un beau sujet qui a inspiré de beaux textes, de Verlaine à Genet, par exemple.

Côtoyant des lieux de détention fort connus (comme Fleury) quelques lieux-dits (Saint-Paul, Corbas et La Talaudière) ancrent la narration dans un cadre géographique précis, connu des gens du cru dont fait peut-être partie l'auteur, tandis que la référence à Dachau élargit le propos dans le temps et l'espace, pour en souligner l'intemporalité.

Si l'on veut examiner à la loupe le texte, on en soulignera les effets qui portent :

J'apprécie :

le ton généralement sobre et désabusé, qui sied bien au genre (la complainte)

la recherche de musicalité ("Le trépas en zonzon, le trèpe s'en tamponne" ; "Qu'es payé pour veiller sur des vies déjà vieilles," ; "De ces quelques alcools, contre l'odeur qui colle
Des couloirs de la taule.") qui fait chanter les vers

l'emploi justement dosé, sans aucun excès, de la langue verte

Voilà pourquoi je goûte ce texte-là davantage que d'autres du même auteur.

J'apprécie peu le calembour sur le mot "santé/Santé" ; mais je pardonne à l'auteur : Brassens a usé de ce calembour-là.
Procédé trop facile, surtout chez Brassens, d'ailleurs.
C'était, pour mémoire, dans la chanson "Celui qui avait mal tourné", où un ex-taulard sort de la Santé :

"Y’en a un qui m’a demandé
Des nouvelles de ma santé."

Je n'apprécie pas de trouver la référence à l'univers concentrationnaire ici : on ne peut sans indécence établir un lien entre les bagnes nazis et les prisons françaises ; être interné à Dachau, ce n'est pas tout à fait la même chose qu'être détenu à Fleury-Mérogis ... Mais enfin, le mot peut facilement être remplacé par un autre plus adapté.

A.


Oniris Copyright © 2007-2017