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Poésie néo-classique
LenineBosquet : Le comptant pour rien
 Publié le 01/10/18  -  17 commentaires  -  861 caractères  -  222 lectures    Autres textes du même auteur

Clochard terrestre.


Le comptant pour rien



Dans les sombres garnis aux plinthes cafardeuses,
J'ai toute honte bue aux goulots des litrons.
La crasse et la misère ont des airs de jurons :
Je veux souiller la nacre et l'or des huiles creuses.

Voyez-vous braves gens où je vous mets l'obole,
Les restes et l'aumône aux remugles amers ?
Je garde dignité – vous nous voulez si fiers ! –
Quand enfin dans vos culs de nantis je les colle.

« Mon Dieu qu'il est vulgaire ! Et mon Dieu qu'il est sale ! »
C'est mon dernier abri, ma seule liberté.
« Fais-toi donc tout petit, deviens légèreté. »
Je me ferai obèse au regard qui m'avale.

Je veux être furoncle, un bien abject bubon,
Au nez de vos cités, aux lèvres de vos rues,
Qu'alors sautent aux yeux les réalités crues
De ceux valant autant que couenne de jambon.


 
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   izabouille   
17/9/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
J'aime bien! Je dirais qu'il faut oser écrire ça et vous l'avez très bien fait. On n'a guère d'empathie pour le personnage, c'est un peu gênant mais au fond, c'est un peu le but. Faire prendre conscience aux nantis et aux huiles que les clochards font aussi hélas partie de la société est une gageure et vous y arrivez fort bien.
Merci pour le partage

   Mokhtar   
17/9/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
« Couenne de jambon… » ! Chacun sait que : « les bourgeois, c’est comme les cochons… ».

Moi qui suis un nanti sans cœur incapable de la moindre commisération, je sens venir la sempiternelle histoire du clodo anarchiste qui emm… fièrement et à satiété les huiles héritières.

Et je m’apprête à subir, honteux et contrit ,la leçon de morale culpabilisante réservée à ceux qui ont choisi une vie de confort sans idéal ni liberté : on va encore me prouver que j’ai raté ma vie.

Une fois le thème (l’exercice de style) admis, reste à examiner l’écriture. Et à constater avec regret et dépit que ce texte est extrêmement bien écrit. Le dernier quatrain est remarquable. « Plinthes cafardeuses », « les restes et l’aumône aux remugles amers », « je veux être furoncle… » etc., autant d’expressions percutantes et bien senties.

Et c’est bien à contrecœur que j’adresse ma bonne note et mes félicitations à l’auteur, oboles qu’il pourra à loisirs coller où bon lui semble.

Mokhtar, en EL

   Gemini   
18/9/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Terrestre, peut-être en opposition aux célestes de Kérouac ?
Ici, pas de groupe. On a l'individu, droit dans sa misère, qui prend le reste du monde à parti. Quand on ne se sent pas fautif de sa situation, il faut bien un coupable.
Le propos me semble juste avec ses mots crus (cause aux crus !), ses insultes et sa hargne. Le clochard a du verbe et le manie bien, ce qui étouffe un peu la vulgarité qu'il se donne comme arme.
Dommage ces deux rimes féminines à la suite v8/9, parce que ce texte aurait pu être prétendre à d'autres catégories. De bien belles images : au nez de vos cités, aux lèvres de vos rues... et une belle rime finale en "bon" qui n'est pas évidente.
Avis de couenne.

   Fowltus   
20/9/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Pas si courant de lire un poème de révolte aussi bien léché.
Souvent me semble-t-il, ils sont écrits un poing levé déséquilibrant l'autre main tenant la plume.
Ici, tout parait pesé, réfléchi, ciselé, avec le recul nécessaire.
J'ose dire que ce poème est beau par ce qu'il oppose à la beauté d'égales laideurs.
Je parle très mal de ce poème que j'ai beaucoup aimé.
Veuillez m'en excuser.
Merci.

   bipol   
1/10/2018
bonjour,

lorsque je lis certains poème ici

j'ai l'impression très nette de voyager dans le temps

c'est un peu comme si je peignais comme La tour

avec de beaux lavis, mais nous sommes en 2018

   Robot   
1/10/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un texte fort, écrit pour interpeller.
La parole des exclus par la misère qui a besoin de dépasser les limites pour se faire entendre.
Une misère bien présente encore dans nos rues. Ce n'est pas un retour à Zola mais un fait actuel pour qui s'éloigne des beaux quartiers et fréquente les gares et les sous-terrain hors des centre de nos villes endimanchées. Clochards mais aussi des femmes seules, des malades mentaux, et parfois même des enfants.
Je dirais même une misère de plus en plus présente et choquante dans une société qui par ailleurs regorge de richesses bien mal partagées.
Le plus désolant c'est que même avec un esprit généreux, toute cette misère nous laisse impuissant si le fonctionnement du monde demeure ce qu'il est.

Un texte que je range parmi les meilleurs du genre par la sincérité du ton, et le choix des mots.

   papipoete   
1/10/2018
 a aimé ce texte 
Bien
bonjour LenineBosquet
Je picole, je suis sale et je vous emm... ! Vous voilà offusqués, j'en rigole, et je ne manquerai pas de venir me coller à vos rues, pour que vous voyiez la réalité crue !
NB un sujet intemporel que l'on pourrait débattre de long en large, sans jamais parvenir à un accord !
Le clodo qui fait tache sous la porte-cochère, qui ne peut articuler sa demande de petite pièce, et qui pourrait travailler " en traversant la rue " ...
" braves gens " me gène dans votre poème, qui peuvent se " mettre leur obole " quelque part ; elles sont d'humbles comme de nanties gens, celles qui marquent le pas, ouvrant leur bourse et leur bouche à travers un mot sympa !
Vaste débat ...mais votre poème va au fond de l'arrière-cour, entre dans ce gourbi, et ça sent mauvais, ça fait mal aux yeux !
Il est vrai que vos dires ne sont pas exagérés ( j'ai fréquenté malgré moi ce monde " cour des miracles " ) et rien n'est à moduler sauf le 2e quatrain où j'eus fort à dire à ces pauvres hères !
Il faut oser tremper la plume dans cette encre-là, et pour cela j'apprécie cette complainte " alexandrine " .

   Louison   
1/10/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Des mots qui tapent juste, des mots presque crachés, qui montrent un monde que certains voudraient ne pas voir, les mêmes qui ont envie de s'écarter pour ne pas être souillés, c'est fort, c'est bien dit. J'aime beaucoup.

   Palrider   
1/10/2018
 a aimé ce texte 
Passionnément
Fort, poésie métallique, univers cru bien peint, ça n’est pas de la couenne de “gens bons”, mais c’est tout bon.

   Quidonc   
1/10/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
de l'amertume mais de la combativité et de l'orgueil , c'est tout ce qu'il reste à ce pauvre hère à qui la vie à tout prix.A ce révolté de la vie qui vomit la bourgeoisie et sa pudibonderie.
Un texte qui reste fort, même si d'aucun pourrait reprocher un style l"légèrement suranné.
Quoi qu'il en soit, moi j'ai beaucoup aimé cette lecture.

Merci de nous avoir secoué.

   INGOA   
2/10/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour, ce clochard de rue a cependant ses grands airs lui aussi, puisqu'il parvient à snober à sa manière les nobles nantis. La troisième strophe m'interpelle un peu : c'est mon dernier abri, ma seule liberté. Pourquoi dernier abri ? J'aurai mieux compris : c'est mon intime abri, ma seule liberté. Je trouve pesante la tournure je me ferai obèse au regard qui m'avale, surtout après : Fais-toi donc tout petit, deviens légèreté.

Enfin le titre (Le comptant pour rien) me paraît peu accrocheur.

   Willis   
2/10/2018
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,
J'ai préféré vous donner mes impressions par MP.

Sur le fond : Aucune compassion pour les ivrognes. Pareil pour tous ceux qui font la "manche". Dans ce texte, le clochard-mendiant remercie les oboles, à coup de "dans vos culs de nantis je les colle".

Sur la forme : j'aurai préféré, par exemple de telles réparties :

Mon Dieu qu'il est vulgaire ! Et mon Dieu qu'il est sale ! »
Je veux paraître ainsi par goût de liberté.
« Fais-toi donc tout petit, deviens légèreté. »
Je serai ostensible à provoquer scandale

Pour conclure : De celui que vos yeux traitent de vagabond

Pourtant la plume est souvent légère, pour former des quatrains mélodieux. Bien écrit, mais pas assez travaillé.
Cordialement.

Message envoyé à : LenineBosquet,
.........................................................................
Certains s'offusquent que l'on modifie leur texte aux yeux de tous. Voilà la raison qui m'incita à vous adresser un MP.
Quant à ma compassion, elle va vers ceux qui malgré handicap et misère, essaient de lutter, croient en demain. Mon aide à tous les niveaux leur est apportée.

   Castelmore   
2/10/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un dernier quatrain magnifique.

qui résume tout
La description de cette misère dans nos cités prospères ( bubons, furoncle )
La façon dont nous considérons les sdf collectivement , sinon individuellement ( valant couenne de jambon )
Le rejet qu'ils peuvent avoir de notre condescendance et de notre oubli ..( je veux être ...)

Un beau texte par la puissance de ses images, le choix de ses rimes, le rythme donné à l'ensemble grâce à l'emploi du dialogue .

Merci

   Hiraeth   
2/10/2018
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Un texte puissant au rythme crachant, sans fausse note formelle et qui pourtant, en accord avec son esprit, fait fausse note avec l'orchestre social. Seul bémol : je comprends bien l'intention du dernier vers du second quatrain, mais je crois que le texte aurait gagné en puissance si l'idée n'avait été que suggérée par le premier vers de la strophe.

Après lecture des autres poèmes de l'auteur, on sent vraiment ici encore un style "LenineBosquet", décrivant les réalités sociales de manière très organique à travers le champ lexical de la goinfrerie et de la matière crasse.

   EricD   
3/10/2018
 a aimé ce texte 
Bien ↑
J'ai de la tendresse pour ce poème âpre et assez bien tourné (hormis ce "un bien abject"), ma foi !
Le choix de certains mots ("sombres garnis" , par exemple) nous renvoie aux miséreux de la littérature du XIX è s.

Si l'auteur ne l'a jamais fait, je l'inviterais à lire les admirables et pathétiques vers de la "Chanson des gueux", de Richepin, qui devraient lui plaire autant qu'à moi.

   Miguel   
4/10/2018
 a aimé ce texte 
Un peu
Ce n'est pas mal écrit, mais je trouve cette révolte un peu conventionnelle. Emmerder le bourgeois est évidemment plus facile du point de vue du clochard que du nanti (encore que, pour se donner un genre ... on a vu cela souvent). Il y a là tellement de lieux communs que je reste un peu à l'extérieur, en observateur du fonctionnement du texte.

   LenineBosquet   
9/10/2018


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