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Poésie contemporaine
LeopoldPartisan : Arc-en-ciel pour un damné
 Publié le 04/08/17  -  9 commentaires  -  2340 caractères  -  175 lectures    Autres textes du même auteur

Récit d'une dépression vue depuis le tunnel…


Arc-en-ciel pour un damné



Les ferveurs opiacées
De mon âme
Confèrent à l’absurde

Le gaucho métamorphosé en toréro
Vole dans l’éclat de sa lame
Glissant par mégarde
Sur la corne d’abondance
De Taureau assis

J’ai peur des trains sauvages
Et des bisons d’eau douce

Mes sentiments limitrophes
Confèrent à mon âme absurde
Ce chant grégorien
Entonné par un sphinx
En fourrure rose et sans tache
Vison ou zibeline
Telle est la question

Combien de vomissements
Combien de bannissements
Pour un simple mouvement pelvien
Initié dans la fabrique asymétrique
D’une 47e rue équarrie de mystère
Où gisait naguère Jézabel

J’avoue… J’ai mal à cette âme dérobée
Un soir sans lune
J’avoue… J’ai mal à ces pensées mordorées
Où la lune sonde et sonde encore
L’assistance médusée
Par mes actes sans consistance

Puis-je faire plus hermétique
Qu’un vénéneux lombric
Puis-je faire plus homérique
Qu’un bien pulpeux aspic

Des enfants chantent un « kindertotenlieder »
De Gustav Mahler
Tandis que leurs parents fous de terreur
S’agenouillent et pleurent

Le monde est flou et la frégate dérape
Ave messieurs les politiciens
Ceux que vous allez immoler
Sur l’autel de vos finances
En diagonale
Vous saluent

Passé la frontière
Du Rio Grande
Et les effluves du fleuve
Tous mes réceptacles
De stress en alerte
Je regarde un ami mourir
Et une fugace pincée d’arsenic
Me tente autant que l’alambic
Mais la mort me terrifie
Au-delà du possible
Et le néant est un tourment tournant
Que je ne veux pas encore négocier.

Je me rappelle aussi que Jim Morrison
Est enterré au Père Lachaise
Et non aux confins du Joshua Tree
Comme Gram Parsons
Dis-moi passant
Où est le bien naître
Où est le bien vivre
Sans anicroche
Sous ses jonchaies de bois vert

Dis-moi passant
Avec quoi rament les pauvres ères
Avec qui riment leurs assassins
Dis-moi enfin passant
Quel est désormais mon destin
Dans cette histoire sans fin
Dont tu es l’écho
Seulement l’écho
Simplement… l’écho…


 
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   papipoete   
13/7/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
contemporain,
Je lis ce poème comme dans la lune où me plongent vos images ( on m'appelle pierrot ) et suis subjugué par vos lignes que je ne comprends pas à la lettre ! Mais je me vois devant un " Dali " extraordinaire avec la mer tirant à elle la couverture marine, et je suis béat !
NB les 2 dernières strophes brillent particulièrement !
papipoète

   bipol   
6/8/2017
pour moi et je m'en excuse

la dépression n'est pas un jeu de mots et d'images

   Pouet   
4/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bjr,

Un poème qui semble écrit au fil de la plume, au fil de l'instant. Sur le fil. Le fil de la vie.

Une grande liberté d'écriture où des choses sont dites, d'autres suggérées ou tues.

Il y a beaucoup à lire mais ce n'est pas long. Je ne lis pas de pathos ni d'auto-apitoiement, j'apprécie cela.

Un poème qui m'a bien parlé, que j'ai ressenti, sans ressentir le besoin de vous en dire plus ni de disséquer plus que cela votre écrit.

Bravo à vous, au plaisir.

   Louison   
4/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

Pour moi on est complètement dans l'onirique avec ce texte. C'est comme un mauvais rêve où tout se mêle.
J'aime moins:
Mes sentiments limitrophes
Confèrent à mon âme absurde
Ce chant grégorien
Entonné par un sphinx

Mais j'ai quelquefois rêvé des choses étranges, alors pourquoi pas.

J'aime beaucoup l'effet de l'écho:

Dans cette histoire sans fin
Dont tu es l’écho
Seulement l’écho
Simplement… l’écho…

Merci pour ce texte.

   Marie-Ange   
4/8/2017
 a aimé ce texte 
Vraiment pas ↑
Le titre "Arc-en-ciel" pour un damné, sous votre pluie incessante, torrentielle de mots, je l'ai cherché mais je ne l'ai nullement trouvé.

Ce qui m'a déplu dans votre phrasé, c'est que vous êtes dans l'excès, j'ai saturé très vite, et c'est sur la fin que là je vous ai senti un peu plus vrai, par ces mots

" Où est le bien naître
Où est le bien vivre
Sans anicroche"

Texte fastidieux à lire, je me suis perdu dans ce labyrinthe
de situations exposées, les plus insensées les unes que les autres.
Cela ne met en rien en évidence un vécu particulier, sauf quand vous redevez plus présent :

" J’avoue… J’ai mal à cette âme dérobée
Un soir sans lune
J’avoue… J’ai mal à ces pensées mordorées
Où la lune sonde et sonde encore
L’assistance médusée
Par mes actes sans consistance "

Mais aussi, l'absurde repointe le bout de son nez, de manière dantesque :

" Puis-je faire plus hermétique
Qu’un vénéneux lombric
Puis-je faire plus homérique
Qu’un bien pulpeux aspic "

Je n'ai pas eu de ressenti à proprement dit face à cet écrit, sauf par à coup, rien de bien concluant, j'ai été très déçu de ma lecture.
Même si la dépression prend plusieurs formes, pour moi, ici
elle n'est qu'en représentation, très théâtrale, non véridique.

   wancyrs   
4/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Quel grand poète tu es, Léopold !

ça sent le vécu ! Il flotte toujours dans tes poèmes que j'ai lu cette mélancolie, cette complainte, cette envie de crier les choses sans vraiment s'apitoyer sur son sort, exposer le laid aux yeux du Monde afin que le monde le voit. J'ai aussi remarqué que tu peux être une encyclopédie vivante, une vraie bibliothèque lorsque tu cites de façon subtile tes références. Ce texte encore, comme les autres, est une vraie balade dans le temps, Merci ! J'aime te lire !
Pour la forme, peut-être est-ce par souci de rythme et de musicalité que ton texte est en vers, mais moi, en raison de sa densité, je l'aurais mis en prose, cela aurait eu encore plus de force, mais c'est juste ma façon de voir... J'aime beaucoup cette strophe :

Le monde est flou et la frégate dérape
Ave messieurs les politiciens
Ceux que vous allez immoler
Sur l’autel de vos finances
En diagonale
Vous saluent

Celle-ci aussi :

Dis-moi passant
Avec quoi rament les pauvres ères
Avec qui riment leurs assassins
Dis-moi enfin passant
Quel est désormais mon destin
Dans cette histoire sans fin
Dont tu es l’écho
Seulement l’écho
Simplement… l’écho…

Merci pour ton partage !

Wan

   Marite   
5/8/2017
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Quel meilleur moyen pour commencer la thérapie d'une dépression que d'évacuer les ressentis profonds avec force ... c'est le sentiment qui me reste après lecture de ce poème qui ne m'a pas lassée pas sa longueur. Tout ou plutôt, l'essentiel, le principal de ce qui était lourd à l'âme et à l'esprit a été dit :
" J’avoue… J’ai mal à cette âme dérobée
Un soir sans lune
J’avoue… J’ai mal à ces pensées mordorées
Où la lune sonde et sonde encore
L’assistance médusée
Par mes actes sans consistance "...

L'espoir cependant ne se déclare pas vaincu et, comme un arc-en-ciel après l'orage, se déploie dans cet appel :
" Dis-moi enfin passant
Quel est désormais mon destin
Dans cette histoire sans fin
Dont tu es l’écho
Seulement l’écho
Simplement… l’écho…"

   Robot   
6/8/2017
 a aimé ce texte 
Passionnément ↓
A la lecture de ce texte prenant, tu as réussi à communiquer ce qui apparaît comme l'expression d'un ressenti personnalisé. Cette peur de tout (des trains - des bisons) exposée avec le surréalisme mesuré, cette angoisse ressort par tout les vers emplis de doute et de questionnement.
Pourquoi faudrait-il que tout le monde vive son mal de la même manière. La dépression n'a pas une forme unique et la difficulté à la vivre n'est pas uniforme. C'est ainsi que la manière d'en parler peut diverger d'un individu à un autre. Ce que j'admire dans ce texte c'est que le narrateur n'en "tire pas gloire" ni propriété, qu'il ne reproche pas aux autres leur incompréhension. Il assume ce qui vient de lui et nous présente une vision intérieure.

Et puis, j'aime le titre. L'arc en ciel, n'est-ce pas le pont de l'espoir.

Juste une remarque au 3ème vers, j'aurais préféré confinent à confèrent.

   emilia   
8/8/2017
Un titre qui interpelle, chargé de rendre visible le spectre continu de la maladie par analogie au phénomène optique, et traduit symboliquement le parcours d’une personne dépressive soumis aux « opiacés » … et leur pouvoir psychotrope, quand la vie dérape et s’égare, autour d’un univers musical que le narrateur distille à travers des artistes référents : de Mahler (sa musique obscure mais profondément intense de douleur et de vérité), à Jim Morrison (qui entre autre a étudié la névrose) et Gram Parsons (leur côté volontairement excessif, lié à l’alcool et la drogue et leur œuvre d’un abord obscur également mais d’une grande force évocatrice) pour tenter de rendre sensible ce monde flou et dérangeant, étrange qui confère à l’absurde, avec ce personnage tragédien qui harangue la foule et les passants, conscient de n’être qu’une caisse de résonance dont le son percute l’obstacle pour s’en faire l’écho… ; donc, un texte percutant qui m’évoque un peu la manière de Léo Ferré…


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