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Chansons et Slams
LEVENARD : Des vacances pour Gigi
 Publié le 09/11/09  -  13 commentaires  -  1744 caractères  -  158 lectures    Autres textes du même auteur

Et ce sera en novembre, c'est tellement plus calme !


Des vacances pour Gigi



Gigi,
C'est pas demain la veille
Qu'j'aurai assez d'oseille
Pour t'emmener à Venise
Mais prendre le dur à l'œil
Jusqu'à la Port'd'Auteuil
Et même en place assise,
Ça j'en connais une paille,
Ça sera pas duraille
D'aller chez tante Denise.

Gigi,
À nous l'bar et l'frigo
La vieille est à l'hosto
Peut pas nous barrer l'seuil
Tu verras son plumard,
Sorti d'un lupanar
Où elle faisait l'accueil
Et p't'êt' qu'on f'ra fortune
Paraît qu'el' cach'd'la thune
Pour payer son cercueil.

Gigi,
Et c'est pas les cousins,
Des durs à la mie d'pain
Qui feront du pétard
Leur truc à faire de l'or
Ça a foiré encor'
Et les voilà taulards
Pour une embrouille de rien
De travailleurs maliens
Payés en faux dollars.

Gigi,
On va s'la couler douce
À nous les packs de mousse
L'restau et tout le tintouin
Au pieu toute la journée
On s'mat'ra la télé
Entre deux gros câlins
Et à la nuit venue
J't'emmènerai voir les rues
Ousque crèchent les rupins.


Gigi
Tu verras comme ça frime,
Chauffeur et limousine,
Cuisinière et larbins,
Des mémères à perlouzes
Qu'ont bouffé tant de flouze
Qu'elles chient des fifrelins
Et leurs manteaux d'hiver
C'est pas d'la peau d'panthère
Qu'est fait en peau d'lapin.

Gigi
Tu verras comme ça change
De plus être à Gandrange
Qu'est rien qu'un coin pourri
Toi tu cesseras les passes
Moi j'arrêterai les casses
Un vrai temps d'paradis,
Enfin de vraies vacances
Avant que n'recommence
Pour nous cette foutue vie.


 
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Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Anonyme   
9/11/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Salut LEVENARD ! Bel exercice qu'Audiart n'aurait pas renié !
Beaucoup de gouaille qui fait penser plutôt à l'après-guerre qu'à notre époque... quant au vocabulaire.
A mon avis, dans les deux vers qui suivent :"Toi tu cesseras les passes
Moi j'arrêterai les casses", les Toi et Moi sont en trop car ils cassent le rythme... Cela dit, il fallait le faire ! Ca change de l'alexandrin... Bonne soirée. Alex

   wancyrs   
10/11/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Bon ! un chant sans refrain ! pas mal du tout. les frasques de gamins, rêvant de la dolce vita.
Reste à pouvoir le scander et le mettre sur disque.

bonne continuation

   Meleagre   
10/11/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Ce poème dénote avec le reste de mes lectures oniriennes. Le rythme des hexasyllabes est assez entraînant ; peut-être faudrait-il mieux marquer les e muets anormaux par des apostrophes ("Pour t'emm'ner à Venise", "Mais prendr' le dur à l'oeil", "D'aller chez tant' Denise" : les exemples sont nombreux).
Le travail sur le vocabulaire, familier, imagé et assez rude, m'a fait parfois penser à du Céline. Oui, il ressemble à la langue verte de l'après-guerre.
J'aime bien le sujet : chercher une planque, profiter "de vraies vacances / Avant que n'recommence / Pour nous cette foutue vie".
On sent bien l'opposition entre le milieu populaire, miséreux, dont sont issus les deux personnages, et le milieu bourgeois, plus favorisé, dont ils rêvent, avec "chauffeur et limousine... perlouzes...". Le contraste est savoureux dans cette bouche gouailleuse.
Quelques beaux passages, notamment la dernier strophe.
L'ensemble est de bonne tenue.
Merci Levenard.

   Lapsus   
11/11/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Le texte permet l'intrusion dans un univers où le bonheur projeté semble futile et dérisoire.
La défectuosité (autant dire la misère), sensible dans le registre du vocabulaire et le phrasé, l'est tout autant dans les perspectives évoquées.

Le poème est construit en strophes de neuf vers, selon le schéma général AABCCDEE, concourant à l'impression de refrain et à une musicalité certaine de l'ensemble.

   David   
12/11/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Levenard,

Des passages mémorables, j'aime beaucoup les deux dernières strophes, ça en jette et je suis sortis de là comme d'un bon manège de fête foraine.

Je ne comprend pas le sens de "dur" ici :

"Mais prendre le dur à l'œil
Jusqu'à la Port'd'Auteuil"

J'imagine que c'est le train de banlieue, le bus ou le métro, je ne connaissais pas l'expression.

Des vers moins coulant que d'autres à mon goût :

"Ça a foiré encor'"

L'apostrophe finale est inutile il me semble en fin de vers, mais c'est le "ça a... " surtout qui me fait le citer, un p'tit défaut cette succession de deux A, même dans un registre comme celui du poème je trouve.

"Et à la nuit venue"

Moins flagrant ici, mais quand même, ce "Et à... " du début est un mauvais hiatus pour moi.

"Paraît qu'el' cach'd'la thune"

Le "cach'd'la" est très limite de l'abus d'apostrophes, il me semble que ça pourrait s'améliorer, en restant dans le ton.

   Anonyme   
13/11/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Complainte argotique mêlant cynisme et misère sociale.

C'est bon aussi, parfois, de ne pas verser abusivement dans l'angélisme quand on évoque ce genre de personnages : l'humilité ne va pas forcément de pair avec la bonté ; être pauvre, ce n'est pas forcément être respectable et émouvant.
Fi de cette perception chrétienne, souvent tronquée.
Ici les populo' sont assez antipathiques. Ils sont "vrais", dans toute leur petitesse (strophe deuxième).
On les croirait sortis d' "Affreux, sales et méchants" d'Ettore Scola(lol)

Outre les petits problèmes soulevés par le précédent commentateur, je relève la nécessité de recourir oralement à certaines élisions oubliées ; par exemple ici :

"Pour t'emm'ner à Venise
Mais prendre l' dur à l'œil"

   ceriz   
13/11/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
salut!

j'ai beaucoup aimé ce texte, le style m'a fait penser a du Renaud, j'aime l'utilisation du vocabulaire populaire.
Tu lui propose du reve a la Gigi et je crois qu'elle aurait tort de ne pas te suivre!

   liryc   
16/11/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour LEVENARD. Le premier texte que je découvre de toi. Un texte taillé dans du bois brut sans rugosité polissé : direct, inspiré et avec un contenu vrai qui frappe l'esprit et l'imagination par son souffle d'authenticité. Je ne dirai rien sur la qualité des rimes puisque je suis le plus souvent du côté des nouvelles. J'ai bien fait de passé par ici.
Est-il nécessaire de dire que j'ai beaucoup apprécié?
Bravo donc. Et bonne continuation.
Liryc.

   Anonyme   
17/11/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Cette chanson je l'imagine sur trois temps, en valse rapide ...
J'en apprécie la gouaille incisive et joviale, autant de termes et expressions familiers ici manipulés avec beaucoup d'à-propos et de musicalité.
Je ne partage pas l'avis de précédents commentateurs sur les "e" muets à marquer davantage : pour moi ils le sont déjà trop, le rythme de cet écrit me paraît couler de source, j'ai aimé m'y laisser porter. Souhaitons bonne chance à Gigi et son Jules ! :-)

   Anonyme   
31/3/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
Un sourire aigre-doux à la lecture de ces vers.

Un message agréable à lire, ludique.

Bien aimé moi.

   Anonyme   
24/8/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Excellentissime. L'esprit d'une sorte de Johan Rictus moderne.
Tout s'enchaîne bien : la lecture est aisée, ça coule quoi.
Et pis moi j'ai jamais craché sur la vraie poésie populaire des Boudard, San-A et j'aime jaspiner le jars : une vraie langue poétique.
J'adore !

   ANIMAL   
24/8/2010
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Beaucoup aimé ! Je me suis trouvée tiraillée entre le Paris des apaches, cher au Fantômas de Souvestre et Allain,... et Les Valseuses

Ces deux filous délurés vont profiter des largesses de tante Denise en son absence avec une espèce de naïveté charmante.

Rien à redire ni sur le fond ni sur la forme. Voilà un texte réussi, plein de gouaille et d'humour (si on n'est pas la tata Denise qui risque de ne pas apprécier)

   Anonyme   
7/2/2016
 a aimé ce texte 
Beaucoup
La gouaille de ce texte me plaît, il est coloré, décalé, et surtout très vivant, j'ai eu l'impression au fil de ma lecture, d'entendre ce personnage typique s'exprimer, déjà sans musique, les mots ont leur tempo, leur rythme, sa composition a une belle fluidité.


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