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Poésie contemporaine
Pluriels1 : La Piste
 Publié le 09/11/09  -  10 commentaires  -  1728 caractères  -  127 lectures    Autres textes du même auteur

... pour "un" désert !


La Piste




Baiser muet des dents mordant l'orange amère
Et l'espace agrandit la paupière sur l'ombre
Vers la bouche éphémère où le lézard rit vif

Le vent de sable habille un mot prononcé bas
Forme glissant mouvante aux absolus silences
Et le soleil met nu sur la pierre intangible

Tel caillou à entendre à la hauteur des yeux
Un insecte joue fort de sa fente aux élytres
Et la plus neuve épine à surprendre la paume

Aux rochers voyageurs éventails se déchirent
Trois nuages tout blanc et lors va le sommet
Vers l'humide étonnant d'un bonheur descendu

Ciel pervers sur son temps de chaleur imagée
Où la plaine est un lac qu'à l'infini recule
Chaque pas aux lenteurs à fleurir de la soif

Noir et blanc incendie au soleil où la roche
Paraît d'un tout fondre à l'éclair entretenu
Du jour et la langue à la bouche est ennemie

Talon nu s'empoussière un pied là dur et las
Même si la chamelle a tiède une ombre infime
Et l'oeil sur l'horizon guette rêve la halte

Marcher sans un regard vers l'outre tyrannie
Qui bât brune asséchée en ricanant rectangle
Et la folle espérance enfin au puits rejoint

À la margelle en feu sous sa corde applaudie
Harcelant dans l'oreille en un dernier suivi
Au fond vide du puits j'écoute l'eau mourir.



(Extrait de "Déserts" dans "TRIBUS")


* Il s'agit, ici en alexandrins "modernes" non rimés, d'un "poème en vers justifiés", forme de poésie dont tous les vers comportent le même nombre de lettres, signes ou intervalles.


 
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   Alexandre   
9/11/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Bonsoir Pluriels ! Je reste un peu circonspect pour ce qui est de la forme, alexandrins justifiés et absence de ponctuation... Par contre, le désert est bien représenté et, en lisant tes lignes, j'ai pensé, je ne sais trop pourquoi, à Théodore Monod, ce vieux savanturier pour qui la pire des punitions était d'être privé de ...désert ! Je pense que, tout comme moi, Théodore aurait aimé ces belles images... Bonne soirée. Alex

   Chene   
10/11/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Bonsoir Pluriels1

Il faut que tes alexandrins justifiés apprivoisent le lecteur pour qu'il entr'aperçoive* les grains de sable qui assoiffent le marcheur.

Ton poème peut paraître aussi difficile d'approche que ce puits de la dernière "terza rima" après un parcours où le soleil a dû cogner fort pour que tes mots ne soient pas qu'un mirage.
Quant à la chamelle, ma curiosité m'a poussé à vérifier sur wikipedia si tu parlais d'un désert d'Afrique du Nord ou d'un désert asiatique... Mais impossible de les départager géographiquement, la chamelle étant aussi bien la femelle du chameau (à deux bosses d'origine asiatique) que celle du dromadaire (originaire d'Arabie et à une bosse)... De quoi s'y perdre dans ce désert zoologique.

Un sacré travail ce poème, avec un sens qui se mérite.

Chene

* PS : M. Oniris vous pourriez dire à votre "vérificateur d'orthographe" branché sur les commentaires qu'il est nul ?
Essayez avec "entr'apercevoir" ou "entrapercevoir"... Il considère qu'il y a une faute. Mais s'il n'y avait que cela !

   wancyrs   
10/11/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Salut Pluriel1

désolé, je n'y comprends que dalle, et même les images étaient fuyantes. lorsque je lis ce type de poème, j'ai envie de dire : maintenant, traduction.
Néanmoins, pour le travail de recherche (car ce n'est pas parceque je ne le comprends pas qu'il est mauvais) je dois t'acclamer car je respecte cette patience et cette minutie que certains peuvent avoir
à une prochaine lecture.

   jaimme   
10/11/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Au delà du travail impressionnant que cela a dû demander, je me suis seulement laissé porter par la musicalité et le sens général, ces impressions de désert aride.
Des mots ressortent ici et là, ponctuent la lecture, frappent l'oreille et donne un tempo curieux et agréable.
Bien adaptée au thème, cette absence de ponctuation me fait penser à l'infini du Sahara. Pas d'obstacle à la vue et des sens en éveil.
Curieux au total, mais je ne suis pas indifférent.

   lotus   
11/11/2009
C'est un vrai travail d'orfèvre.Chaque mot est sculpté, chaque verbe ciselé avec une incroyable minutie. L'absence de ponctuation me donne cette impression d'étendue désertique où je cherche un point d'eau limpide, une éclaircie pour comprendre le sens exact. Votre point final ne m'a pas donné toutes les pistes mais je sais qu'elles existent quelque part dans la beauté du phrasé qui n'appartient qu'à vous, poète atypique comme j'en croise peu. . Une chose importante en poésie m'a guidée entre les grains de sable...votre musicalité, elle aussi d'une grande rigueur.Pas facile de rédiger un commentaire à la hauteur d'un tel texte...mais je tenais à saluer votre travail d'auteur.

   Anonyme   
14/11/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Pour ma part la forme, même si je salue le "travail" de l'auteur me laisse de marbre. Ou plutôt ce n'est pas la forme qui me fait aimer ce poème. Car j'ai vraiment bien aimé. Une belle écriture , de bonnes associations de mots. Original et attrayant.
Une agréable lecture. Gracias.

   David   
14/11/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Pluriels1,

Des drôles de À juste avant le milieu du vers dans la 6ème strophe, des effets de "chansonnette" comme avec :

"où le lézard rit vif"
"un pied là dur et las"
"guette rêve la halte"
...

Ça serait à écouter autant qu'à lire, certains mots sont accolés de façon surprenante, sans lien de sens évident :

"Le vent de sable habille un mot prononcé bas
Forme glissant mouvante aux absolus silences
Et le soleil met nu sur la pierre intangible"

Mystère de la nudité mise par le soleil sur la pierre...

   xuanvincent   
15/11/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Merci à l'auteur pour ce poème. Les images, le style - recherchés - comme pour les textes précédent, m'ont intéressée.

De plus la contrainte, celle du vers justifié, m'a paru ne pas nuire pas à la forme, donc bravo !

Bonne continuation à l'auteur

PS : La typographie, cette étonnante régularité de présentation des vers sur la page (ou sur l'écran en l'occurence), peut sans doute surprendre un peu au premier abord mais a posteriori, je trouve ce choix intéressant.

   Brisemarine   
16/11/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Sincèrement, c'est la première fois que je lis un poème en vers justifié; et je trouve l'exercice surprenant, mais très intéressant! Manifestement vous l'avez très bien réussi d'autant que cette association déroutante de mots dans des vers non ponctués sert bien le thème: nulle piste dans ce désert caillouteux.
Ma lecture m'a appris! Merci

   Anonyme   
17/11/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Je suis impressionnée par l'exercice, qui au défi d'une contrainte peu commune, nous entraîne efficacement dans ce désert mordant.
J'ai particulièrement apprécié certains vers comme "Le vent de sable habille un mot prononcé bas", "Ciel pervers sur son temps de chaleur imagée", "Noir et blanc incendie où la roche", et le dernier vers.
Je n'aime pas trop "Qui bat brune asséchée en ricanant rectangle".
Ne manque-t-il pas un "s" à blanc ? (pardon de chipoter ;-)).
Intéressante lecture en tous les cas.


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