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Poésie libre
Luz : On n'est pas d'ici quand on n'a pas de toit
 Publié le 16/02/15  -  23 commentaires  -  924 caractères  -  227 lectures    Autres textes du même auteur

Un sans-abri dans le village de mon enfance.


On n'est pas d'ici quand on n'a pas de toit



La rivière traîne ses eaux de glace,
Sur le bord les anémones des bois percent la neige.

Je vais à la ferme du grand Maxime.
J’aurai la soupe, le pain, le vin, la parole,
Et les yeux d’Alice qui rient comme l’eau claire.

Je coucherai dans la réserve à foin de l’étable,
Au chaud, avec les vaches autour qui ruminent,
Et le bruit de leur chaîne quand elles tournent la tête.

Avant de dormir, je prendrai une rave
Dans le tas à côté de l’enclos des veaux.
J’en mangerai quelques tranches à côté du vieux chat.

Je resterai deux ou trois jours en aidant pour les vaches,
Puis j’irai à la scierie voir s’ils ont besoin.
L’été je descendrai dans la vallée pour les foins et les blés.

La rivière traîne ses eaux de glace,
Je suis né près de sa source, sur le plateau.
Mais on n’est pas d’ici quand on n’a pas de toit.


 
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   David   
19/1/2015
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour,

Il n'y a rien de suggéré dans le poème, quasiment aucune image non plus (seule la rivière qui traine me semble de cet ordre). Il serait aussi bien une chanson qu'un extrait de roman. Il reste que le sujet a de l'intérêt, ce paradoxe de l'appartenance et de l'identité qui semblent plus liés à leur symbole qu'à leur nature.

   Lulu   
20/1/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'aime beaucoup ce poème pour l'ensemble de sa composition.
Je le trouve très fluide - il se lit facilement - et très visuel de par des images fort simples que tout le monde peut se représenter.

Le décor est chouette :
"La rivière traîne ses eaux de glace,
Sur le bord les anémones des bois percent la neige."

Ce que j'aime aussi, c'est l'optimisme du narrateur.
Dans un contexte difficile - il n'a pas de toit - il ne se lamente pas :
"Je resterai deux ou trois jours en aidant pour les vaches,
Puis j’irai à la scierie voir s’ils ont besoin."
Au contraire, il est prêt à retrousser ses manches, ce que ne font pas toujours les sans abris (faute de le pouvoir peut-être).

A l'optimisme du narrateur évoqué plus haut, répond toutefois un bémol, il ne se sent pas tout à fait chez lui là où il le devrait. Il est né près de la source, or, "on n'est pas d'ici quand on n'a pas de toit"...

Un bien beau poème en tout cas qui appelle le lecteur à porter un regard poétique sur un personnage qui a le regard poétique.

   fugace   
23/1/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Il y a dans cette poésie une justesse rare, poignante.
Souvenir gravé d'un temps où le vagabond trouvait pitance, abri, chaleur humaine.
Mais déjà, "on n'est pas d'ici quand on n'a pas de toit".
Très beau, très fort.

   Lariviere   
30/1/2015
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour,

Sur le style, si on retire la versification et que l'on reconstitue votre poème en prose, votre écriture me fait penser à Giono (j'aime beaucoup Giono, il y a de la poésie, beaucoup de poésie dans Giono, mais la construction, sur la forme, est propre au roman...).

Le rythme est traînant, presque atone. Ici, j'ai l'impression que la découpe en vers est accessoire, artificielle. Elle n'est pas maladroite : vos vers sont structurés. La musicalité est bonne. Mais si l'on reconstitue votre texte en un seul morceau de prose, ça fonctionne tout autant.

Enfin, sur la construction, la forme est très narrative et très peu poétique. L'impact de lecture est présent, je ne le nie pas, c'est prégnant, c'est fort sur le fond, mais en l'état je trouve que ça manque de poésie.

Je précise que mon appréciation ne reflète pas la qualité de l'écriture, mais plutôt mon ressenti personnel en tant que lecteur, avec ma subjectivité et mes attentes.

Je rajoute que j'adhère totalement au fond et au ton de ce texte.

Je souhaite à l'auteur une bonne continuation,

   leni   
16/2/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément
bonjour LUZ

C'est un texte simple vrai humain Sur un ton quasi serin pour arriver à la conclusion inéluctable Cette façon de dire me touche au plus sensible AH oui:

J’aurai la soupe, le pain, le vin, la parole,
Et les yeux d’Alice qui rient comme l’eau claire.

LA PAROLE!
Tout est vrai même le bruit des chaines

Après plusieurs lecture ce texte devient un Slam

Merci LUZ pour ce moment d'humanisme

Salut à vous Leni

   Anonyme   
16/2/2015
 a aimé ce texte 
Bien
Bonjour Luz,
Ce poème me plait beaucoup pour sa description pure, comme si le narrateur n'avait pas de sentiment, seulement des yeux. Pourtant, par le futur, on le sait faire des projets, mais toujours d'actions et à terme assez court.
La reprise du premier vers insiste sur le côté spectateur de ce "sans-abri".
Cependant, la phrase titre n'est pas à mon avis assez proche de la réalité de cette situation.
Si je m'en réfère au décor, la scène doit se passer au temps de mon enfance. Et justement, le sans-abri était vraiment "d'ici", on l'aurait chassé dans le cas contraire.

   Anonyme   
16/2/2015
J'ai flashé sur ce texte qui m'a fait penser à ces folk-songs au débit mi chanté-mi psalmodié, accompagnés de quelques accords de guitare et d'harmonica, que l'on écoute dans le Wild autour d'un feu de camp.

Ça m'a aussi fait penser aux "Grands chemins" de Giono.

C'est de la poésie à l'état brut, celle qui se fiche des formes et qui vous prend aux tripes. Il y a une certaine parenté avec un récent poème en prose où il était question d'un vieux camion dans la nuit ardéchoise.

   Francis   
16/2/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Une vie qui s'écoule (comme la rivière) au fil des saisons, en harmonie avec l'environnement, simple, tranquille. L'" être" l'emporte sur l'"avoir "qui se résume à l'essentiel: la soupe, le pain, la parole et les yeux d'Alice. J'aime cette forme d'humanisme. Point de lamentations, de désespoir, de frustrations... mais un petit bonheur à l'image des anémones qui percent la neige. Ce texte pourrait devenir une jolie chanson.

   Pimpette   
16/2/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Pimpette les larmes aux yeux.

Impossible de taber sur mon clavier c matin

   Robot   
16/2/2015
 a aimé ce texte 
Bien
Nous sommes ici dans le réalisme, le choix de rester dans une narration et dans l'image descriptives sans métaphore. Je trouve que le thème, traité dans le style des régionalistes est assez convaincant. J'ai pensé à certains textes de Couté ou de Paul Fort pour la simplicité évocatrice des vers.

   Hananke   
16/2/2015
Bonjour

Je ne suis pas très compétent pour commenter ce genre
de poésie mais je trouve que le texte qui nous amène
au tercet final reste d'une grande banalité.
Le titre du poème et son message méritaient un meilleur traitement.

Outre l'ultime tercet que je trouve superbe, je ne mettrai point
d'appréciation.
Il y avait vraiment mieux à faire et surtout un autre développement nettement plus poétique.

   Alexandre   
16/2/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Luz. Bien plus qu'au sans-abri d'aujourd'hui, cet homme m'a tout de suite fait penser aux journaliers du siècle dernier, ces besogneux sans terre qui louaient leurs bras dans les campagnes en fonction des travaux des champs... Contrairement aux "garçons de ferme", employés à plein temps par un patron unique, ceux-ci couraient d'une exploitation à l'autre, taillables et corvéables à merci.
J'en ai rencontré quelques uns dans mon enfance et votre texte vient me les rappeler.
Pour ce qui est de la forme je trouve qu'elle convient parfaitement au sujet... Pas de fioritures, un langage simple qui va droit au but !

Un joli texte, merci !

   fugu   
16/2/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'aime beaucoup ce poème rustique.
Très visuel. Écrit tout simplement.
J'apprécie particulièrement la sérénité qui ressort de ce texte, l'idée d'apaisement dans la résignation.
On ne cherche pas ici à nous apitoyer sur un sort.

   Anonyme   
16/2/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,
pourquoi un poème ? Je vois dans ce texte un excellent début de nouvelle, de roman même, pourquoi pas. Du Giono, peut-être ?
Il y a tous les éléments pour faire une belle histoire, et l'écriture fluide et fine, juste, pourrait nous emporter vers une saga paysanne comme on n'en fait plus. Ce vers-titre, " on n'est pas d'ici quand on n'a pas de toit" sonne comme un slogan et à lui seul il introduit et résume une grande vie à écrire.
Bravo pour ce texte, authentique, touchant.
Magnifique.

Apparemment, je ne suis pas le seul à avoir songé à Giono. " Un de Baumugnes" est très proche de l'esprit de ce poème. Pagnol en a tiré son très beau film " Angèle" avec Orane Demazis et Fernandel.

   esperluette   
16/2/2015
C'est un retour à la source, peut être à l'enfance.
C'est en tout cas si bien décrit qu'on s'y croirait.
C'est beau, pudique et émouvant.
Un grand merci.

   papipoete   
16/2/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↑
bonjour Luz; un thème des sans-abrit qui souvent tire les larmes, alors qu'ici votre texte relate telle une chronique paysanne, la vie de ce que l'on appelait les "journaliers" qui n'avaient pas de domicile fixe, puisqu'ils allaient de ferme en ferme, d'atelier en scierie, proposer leur force de travail. En ce temps-là, ils ne couchaient pas dehors, hormis par nuit d'été à la belle étoile sous un gros arbre.
Vous racontez, simplement une journée d'autrefois en France pour qui n'avait pas de port d'attache; encore que de nos jours, cette existence est fort commune ailleurs qu'en notre beau pays!
La 2e strophe est chaleureuse avec ce bonheur pour le besogneux, de trouver derrière une porte qui s'ouvre, soupe, pain et vin, parole et rires!
Votre conclusion me semble triste alors que même "sans toit", ce travailleur d'un jour était considéré, apprécié et cela devait lui réchauffer le coeur.

   Michel64   
16/2/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai beaucoup aimé ce poème sans fioritures, intemporel.
Il a la simplicité que l'on suppose au personnage décrit et c'est bien vu.
Je crois que j'aurais préférer le lire sans paragraphes, avec juste peut-être, séparés, les deux premiers et les trois derniers vers.
La répétition du mot "vache" aurait, à mon goût, pu être évitée pour un si court texte.

J'ai particulièrement aimé:
"J’aurai la soupe, le pain, le vin, la parole,
Et les yeux d’Alice qui rient comme l’eau claire. "

ainsi que le très beau dernier vers.

Au plaisir de vous relire

   Anonyme   
16/2/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Je trouve ce poème très beau, très pur."On n'est pas d'ici quand on n'a pas de toit" ; un beau titre, qui se reflète à bon escient dans le dernier vers. Très juste en somme...

   Edgard   
16/2/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
C’est un beau texte simple, qui ne cherche pas les effets de style et qui pourtant se charge de sentiment et d’humanité, avec seulement quelques mots du quotidien.
La première personne est bien choisie. Le personnage est vrai est le langage semble être vraiment le sien.
C’est une parole qui ressemble à celle, devenue rare, de ces êtres qui savent encore qu’ils appartiennent à la terre et ne revendiquent pas que la terre leur appartienne.
Pas de revendication, une simple constatation, qui vaut bien les effets de manches auxquels nous nous laissons aller parfois en voulant faire « poétique ».
Un simple toit pour être « d’ici ». Quoi de plus évident…et pourtant… Il nous faudrait parfois revenir aux évidences.
Bien cordialement

   Coline-Dé   
16/2/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
A quoi tient la poésie ? Je n'en sais fichtre rien, pour moi elle ne s'explique pas plus que la grâce...parfois des textes qui ont toutes les images, rimes, assonances et métrique requises pour être de la poésie m'ennuient profondément et parfois, comme ici, des mots tout simples me font danser de bonheur !
C'est comme du Paul Fort, comme du Giono, comme du Supervielle : évident !
Merci pour ce joli moment.

   tanagra   
17/2/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Écrit avec pudeur, sans voyeurisme ni apitoiement mais avec une réelle humanité.

Les mots, ainsi s'enracinent profondément.

   Anonyme   
17/2/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Tout est dit avec des mots. Il n'y pas de distance entre nous et le texte.

Merci beaucoup pour le partage.

   AnneMariesquieu   
23/3/2015
 a aimé ce texte 
Bien
émotion et nostalgie: ça me rappelle quand mon grand-père offrait le gîte et le couvert aux vagabonds pour la nuit en hiver...


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