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Poésie contemporaine
Luz : Un ami s’en allait
 Publié le 26/11/21  -  20 commentaires  -  458 caractères  -  309 lectures    Autres textes du même auteur

Pour celui qui part
Pour celui qui reste –
Deux automnes.

Matsuo Bashõ
(1644–1695)


Un ami s’en allait



Sous les frissons de l’air, des brumes en lambeaux
traînaient l’âme des nuits ; on aurait dit qu’un feu
couvait au fond des eaux.

Un soleil vint alors déchirer ces nuées
et décrocher les lueurs de fines gouttes bleues
dans l’arbre de rosée.

L’odeur des foins mouillés longeait une charmille ;
au milieu de l’étang ne restait que l’adieu
d’un nuage immobile.

Un ami s’en allait.


 
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   Arsinor   
14/11/2021
 a aimé ce texte 
Bien
J'ignorais qu'on pouvait faire la synérèse à "lueurs" :-) Je suggèrerais de changer le verbe décrocher pour un autre à deux syllabes.
L'ensemble distille son ambiance au bout de lectures multiples, le poème nous invite à le lire plusieurs fois, ce qui est signe de qualité. Je dirais deux défauts majeurs : le titre reprend lourdement la chute, qui se suffit à elle-même et perd de l'effet de surprise, ainsi que le mot "adieu" de la 3e strophe, qui annonce ce qui devrait être la clef. Pour moi, il y a le dernier vers d'un côté et de l'autre le reste. Ce dernier vers a l'avantage de ne pas trancher entre partir et mourir.
Il y a quelque chose de beau dans votre poème.

   EtienneNorvins   
16/11/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'aime beaucoup le rendu de l'atmosphère automnal. Les images filent comme des brouillards, tout en délicatesse, et le vers final laisse le lecteur dans un suspens douloureux : est-ce simplement une note de plus dans le tableau (référence à Basho) ? est-ce une séparation pour cause de départ vers un autre horizon géographique ? est-ce la conséquence d'une brouille ? ou est-ce la mort ?
Et tout s'estompe comme suspendu...
Merci beaucoup.
[en EL]

   Queribus   
18/11/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour,

La bonne surprise de la journée: une écriture sous forme de versets qui se laissent lire facilement, un texte pas trop long, de très belles images poétiques: "sous les frissons de l'air" "des brumes lambeaux", "trainaient l’âme des nuits", "un soleil vint alors déchirer ces nuées", et.qui se succèdent sans fin et la superbe conclusion: "Un ami s'en allait". Chapeau- l'artiste. Du grand art en peu de mots. À quand un autre petit chef d’œuvre de la sorte?.

Bien à vous.

   Cyrill   
18/11/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J’ai aimé ce poème pour sa concision, et qui pour autant n’escamote pas la poésie, avec cette allégorie très évocatrice pour la perte d’un ami.
Ça me fait penser à un haïku tellement l’émotion est condensée. Les images sont belles et douces le rythme idem, j’ai vraiment apprécié.

   Eskisse   
27/11/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Luz,

Pour moi, un poème sur le silence.

L'émotion créée par la chute efface toute possibilité pour l'ami de l'ami de mettre des mots sur ce départ. Paradoxalement, le narrateur, lui, parvient par cette évocation de la nature dans les trois strophes, à dire l'ineffable dans une sorte de méditation sur la vie.
Merci pour ce beau poème ( qui emprunte à Sôseki pour son dernier vers ?)

   inconnu1   
26/11/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
J'aime beaucoup le style du poème, l'ambiance mélancolique. Je suis tout de même gêné par le 5eme vers. Vous choisissez des dodécasyllabes, mais il est difficile de ne pas lire le 5eme vers en 13 pieds à moins que vous aillez choisi de lire lueur en un seul pied.
Bien à vous

   hersen   
26/11/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un très beau poème.

Parler de la mort n'est jamais facile, mais ici, peut-être parce que la nature a une grande place, et même si le trou restera béant, il y a continuité de ce qu'il a été : l'odeur des foins mouillés longeait une charmille, un vers disant la mémoire, ce sera une odeur éternelle.

Pour râler :))))
le "et" du 5ème vers me paraît de trop.

   plumette   
26/11/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
beau, sensible, simple
Ce poème fait surgir des images : j'imagine ces brumes accrochées à des reliefs doux , et le dévoilement lent du paysage.

le nuage au milieu de l'étang va lui aussi se dissiper , c'est l'ami qui s'en va.

côté ponctuation: je ne dois pas aimer les points virgules. Ici je trouve qu'ils alourdissent.

   papipoete   
26/11/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↓
bonjour Luz
Alors que le ciel avait revêtu son habit de brume, manteau de circonstance quand sur Terre s'éteint une vie, le Soleil pourtant le perça comme pour essuyer une dernière larme...
NB " un ami s'en allait " , nul bruit, aux nues comme accrochées, ces nuages tentures de deuil ; mais sur l'étang un dernier signe de toi...
Faire court sur un tel sujet, est gageure alors que l'on pourrait en moult lignes, louer cette âme qui part, cette part de soi, un maillon d'amitié !
Le premier tercet avec " ce feu couvant au fond des eaux " marque l'esprit ; il est noyé mais encore un peu, luit...

   Miguel   
26/11/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Cette expression du deuil à travers la mélancolie d'un paysage est une jolie trouvaille ; les vers sont à la fois légers dans leur fluidité, et graves dans leur contenu. L'exergue bienvenu nous annonce la tonalité mais, comme on l'a déjà dit, le titre nuit un peu à l'effet de la chute. Mais le titre n'ôte rien à la qualité intrinsèque de ce beau poème.

   Virou64   
26/11/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Le format de ce texte (court) sied parfaitement au thème du deuil où l'excès de mots, de paroles, est souvent inconvenant.
Le rythme 12/12/6 12/12(13)/6 12/12/6 6 me parait lui aussi bien adapté, les vers de 6 pieds semblant être prononcés en bout de souffle.
Les très belles images de cette nature qui se met au diapason de la souffrance des affligés renforce l'atmosphère mélancolique de ce poème.

   Donaldo75   
26/11/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Luz,

J’ai trouvé ce poème fort. Il y en dans les images une sensation d’inéluctable ; les éléments naturels rendent cette impression encore plus forte car rien ne peut contrecarrer le soleil, le ciel ou le feu quand ils décident d’afficher la tristesse. Les vers sont très bien découpé et installent l’atmosphère que le point d’orgue, repris par le titre du poème, abat de manière définitive.

Il n’y a pas besoin de plus de mots pour composer un poème réussi sur ce thème ; et c’est là une belle prouesse.

Bravo !

   Marite   
26/11/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Pour l'ami qui reste, se raccrocher au monde qui l'entoure est une question de survie ... dans ce superbe texte, ce sont les images offertes par la nature qui servent de bouée. Surtout ne pas s'effondrer, tous les sens en alerte captent les frissons de l'air ... le soleil qui déchire les nuées ... l'odeur des foins mouillés ... l'ami s'en est allé mais je suis toujours là ...

   Vincente   
26/11/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Que de délicatesse !
Je suis sous la charme de ce salut ultime à "l'ami" qui "sen allait". J'y vois la main amie écrire et apprécier dans une attention extrême l'environnement qui accompagne ce moment crucial de l'adieu. "Brumes en lambeaux", "âme des nuits", et ce "feu qui couve au fond des eaux" (superbe !). ; et cette immobilité qui fige l'âme amie ennuagée…

Être l'ami, être le poète qui l'écrit, chacun "automne" de l'autre, l'advenue de l'un est si partagée par l'autre, que la mort de l'un semble une part de celle de l'autre, et la vie restante de l'un, une part de celle demeurant du disparu…

Tout ce poème respire d'équilibres, dans le rythme doux et lent mais régulier comme un cœur fatigué, dans le regard respectif, de l'un à l'autre suggérant l'autre à l'un, dans les atmosphériques considérations, de"l'air frissonnant", d'un soleil, de gouttelettes et d'eau pleine de l'étang sur laquelle se fige le nuage… Rien ici n'ose venir heurter l'expression pour laisser le deuil s'accomplir sereinement.

Toute cette délicatesse dans le geste d'hommage et d'écriture trace plus qu'un simple salut, j'y ai reconnu une très cordiale élégance.

   Jahel   
26/11/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonsoir Luz,

Il n'est pas dans mes habitudes de décortiquer un poème; le faire est enlever au poète une partie de lui-même.
J'ai beaucoup aimé votre poésie toute emplie de délicatesse dans les mots qui engendrent des images simples et fortes, sans pathos.
Merci pour cette lecture.
Au plaisir de vous lire une autre fois.

   dream   
27/11/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Le thème de ce poème invite le lecteur que je suis à savourer les scènes de la nature dans leur plus pure pureté ; en se laissant porter tantôt par « les frissons de l’air », tantôt par « la rosée » et « l’odeur des foins mouillés ».

« Un ami qui nous quitte » évoque avec délicatesse ces moments de transition qui amènent à la remise en question de soi. Et subitement le décor change : il permet à « celui qui reste » de se recentrer sur l’instant présent et d’accueillir les émotions vives qui le traversent tout en embrassant une perspective beaucoup plus large qui ressemble à la vie. Ce serait donc cela être vivant !

Dans un tempo plutôt serein et monocorde à la fois, cette perle rare faite de douceur, a une façon paisible de dire les choses essentielles sans pour autant s’appesantir. Un grand merci donc à l’auteur pour cet écrit sensible.

   Sphyria   
27/11/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'ai beaucoup aimé ton poème, d'une grande subtilité !
Tout est dit sans insistance !
Tu suggères beaucoup sans lourdeur et tes images sont d'un grand raffinement !

   Pouet   
27/11/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Salut,

j'ai trouvé ce poème comme un "aqueux brasier ".

Une douce bruine de chagrin qu'on laisse traîner encore sur sa joue un peu rougie , non par peur d'oublier, simplement pour que cela soit là.

Très belle image que ces "fines gouttes bleues dans l'arbre de rosée".

Je salue la délicatesse.

   Myo   
28/11/2021
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Un au revoir tout en pudeur et douce mélancolie.
De très belles images enveloppent cette émotion.

Peu de mots pour dire beaucoup.

Merci

   Lulu   
3/12/2021
 a aimé ce texte 
Passionnément
Bonjour Luz,

Quel beau poème tout épuré, simple et fort, tant dans ses images que dans son message.

L'hommage n'a pas besoin d'artifice et c'est ce qui est chouette, ici. Juste l'évocation poétique en quelques vers libres d'une amitié portée par ce qui te touche beaucoup : la nature.

J'ai beaucoup aimé cette expression simple "Sous les frissons de l'air" ; mais l'ensemble de la strophe qu'elle ouvre est d'une force incroyable... Ce n'est même pas triste ; juste tout plein d'intensité et de contrastes.

J'ai aussi imaginé cette déchirure solaire au coeur des nues et des sentiments.

Le "nuage immobile" semble comme ces derniers mots "Un ami s'en allait" ; une belle manière de porter les yeux vers le haut, la tranquillité, le départ vers ce qui touche encore la terre avec toute sa singularité de l'instant "L'odeur des foins mouillés" ; ce qui sent, ce qui relève, comme la vue, d'un sens qui nous retient au corps.

Ainsi, j'ai vu une belle élévation dans ce texte ; un poème qui comme ça n'a l'air de rien parce que court, peut-être, mais justement écrit.

Merci pour ce partage.


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