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Poésie contemporaine
Magellum : Le blues du poète
 Publié le 17/06/26  -  4 commentaires  -  1419 caractères  -  70 lectures    Autres textes du même auteur

Hommage à Lavilliers.


Le blues du poète



Je ne vois qu'un seul endroit, mais c'est pas fréquentable,
Où on joue ce blues-là devant six ou sept tables.
On y vient de l'Angola, de Chine ou du Moldave
D'où l'on dégringola jusque dans cette cave.

Ils étaient des fiers-à-bras immondes et solitaires
Et les voilà dans les draps de leurs vies de gangsters.
Ils ont du sang sur les mains et un pied dans la terre,
Sans présent sans lendemains, ils viennent prendre un verre.

La musique de ce bistrot c'est leur dernière chance
De tout reprendre à zéro, de sortir de l'errance.
Elle vous porte comme un livre, elle raconte des histoires,
Et vous invite à la suivre dans ses méandres noirs.

Quand on s'abandonne à ça, il n'y a plus de barrières.
Qui jamais ne se lassa de sa vie de poussière ?
Abandonner hommes et lois, abandonner la Terre,
S'envoler seul comme un roi vers un autre univers.

Les parfums du nirvana flottent dans l'atmosphère
Distillés par les voix, les cordes et la caisse claire.
Toi qui entres ici ce soir, toi mon ami mon frère,
Entends le chant de l'espoir comme porté par l'éther.

Souviens-toi tu as des ailes, tu es enfant de l'air.
Elles sont grandes, elles sont belles, vole vers la lumière !
Vole, ne te retourne pas comme l'oiseau de passage.
Jusqu'à l'heure du trépas je serai ton sillage.


 
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   Passant75   
25/5/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
Le poème se présente dans le registre de la poésie contemporaine, donc se libère d’un certain. nombre de contraintes. Cela étant, le style est prosaïque, la syntaxe est approximative et le texte peine à produire une véritable intensité poétique.

Le poème adopte un rythme proche de la chanson, mais cette dimension renforce davantage l’effet de texte chanté que celui d’un poème travaillé en profondeur. La musicalité recherchée masque difficilement une écriture souvent descriptive, voire explicative, ce qui affaiblit l’impact émotionnel.

Au final, si l’ensemble reste cohérent et facile à lire, le poème m’a peu touché

   LeChevalier   
17/6/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime bien
Si je comprends bien, ce sont des vers de 13 syllabes, en 7 + 6. C'est toujours un peu difficile à cerner car on ne sait pas trop quels e muets prononcer, mais avec un air de chant tout devrait aller à sa place.

Ça m'agace un peu qu'on ait écrit « du Moldave » à la place de « de la Moldavie » et la rime avec la cave est peu valorisante pour ce peuple mais bon, c'est comme ça.

Par la suite, difficile de ne pas être sensible aux dessins humains qui sont décrits. C'est l'éternel mutation du rêve de l'Eldorado en des réalités plus prosaïques, n'est-ce pas ? Je trouve dommage, en revanche, que les rimes soient aussi répétitives, surtout celle en -ère. Cela aussi ne serait pas gênant si on chantait. Et c'est ce que le titre suggère.

Édition.

Après un examen plus attentif, je constate que chaque vers est en réalité deux vers collés l'un à l'autre. Ces petits vers, le plus souvent de 6 syllabes, mais parfois de 7 aussi, forment des quatrains abab, qui sont géminés deux par deux. Je ne sais pas pourquoi cette structure a été comme masquée.

   Polza   
17/6/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
Je trouve dommage que pour un hommage à Lavilliers, vous n’ayez pas choisi la catégorie Chansons et slams, mais cde n’est qu’un minuscule détail, je pinaille !

Si j’ai trouvé certains passages frappants et poétiques, d’autres ne m’ont pas pleinement convaincu…

« Je ne vois qu’un seul endroit, mais c’est pas fréquentable, »

L’absence de négation est sûrement là volontairement, pour avoir un parler digne des loubards et des gangsters…

« Où on joue ce blues-là devant six ou sept tables.
On y vient de l’Angola, de Chine ou du Moldave
D’où l’on dégringola jusque dans cette cave. »

Pour des raisons euphoniques vous écrivez « D’où l’on dégringola », mais par contre « Où on joue », j’aurais également mis un L apostrophe personnellement…

Je n’ai pas trouvé le verbe dégringoler des plus pertinents dans ce passage…

Je pense qu’il aurait été plus judicieux de trouver des rimes moins proches dans les deux premiers quatrains :

« fréquentable/tables/Moldave/cave » « solitaires/gangsters/terre/verre ».

« Quand on s’abandonne à ça, il n’y a plus de barrières.
Qui jamais ne se lassa de sa vie de poussière ?
Abandonner hommes et lois, abandonner la Terre,
S’envoler seul comme un roi vers un autre univers »

En général, je n’aime pas les répétitions trop proches, mais dans ce passage, cela me semble justifié pour bien mettre en avant l’abandon…

« 
Quand on s’abandonne à ça, il n’y a plus de barrières.
Qui jamais ne se lassa de sa vie de poussière ?
Abandonner hommes et lois, abandonner la Terre,
S’envoler seul comme un roi vers un autre univers.

Les parfums du nirvana flottent dans l’atmosphère
Distillés par les voix, les cordes et la caisse claire.
Toi qui entres ici ce soir, toi mon ami mon frère,
Entends le chant de l’espoir comme porté par l’éther.

Souviens-toi tu as des ailes, tu es enfant de l’air.
Elles sont grandes, elles sont belles, vole vers la lumière ! »

Dix rimes en « air » sur dix vers, ça fait peut-être un peu beaucoup je trouve…

« 
Souviens-toi tu as des ailes, tu es enfant de l’air.
Elles sont grandes, elles sont belles, vole vers la lumière ! »

Je trouve que ce passage aurait mérité plus de profondeur…

« Vole, ne te retourne pas comme l’oiseau de passage.
Jusqu’à l’heure du trépas je serai ton sillage. »

J’ai bien aimé ces deux derniers vers…


Je trouve que ce poème (même si certains passages sont tout à fait corrects et poétiques) manque de force, il manque un peu de punch pour que l’hommage à Lavilliers soit complètement réussi à mon avis.

Vu l’exergue, je m’attendais plus à retrouver un texte comme « Les mains d’or » par exemple. Tout n’est pas à jeter fort heureusement, vous avez une bonne base, je pense, mais il faudrait retravailler un peu l’ensemble à mon avis…

   Cyrill   
18/6/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
Bonjour Magellum.
Un hommage, j’ai eu peur un instant que le chanteur ait cassé sa pipe sans que je le sache. J’ai vérifié, il n’en est rien.
Évidemment je ne m’attends pas à retrouver du Lavilliers dans le texte, mais au moins à sentir des échos de Lavilliers. Ici, il y a certaines allusions aux protagonistes de ses chansons, bien qu’à cet égard je trouve le bestiaire un peu fourre-tout, et le champ métaphorique approximatif. Ajoutez à ça l’ennui généré par les rimes plates, et la faune hétéroclite et baroque du « Buffet de la gare de Metz » est loin devant avec son rythme assuré et son lexique riche et rock.
Mais ce poème, bien qu’insatisfaisant d’un point de vue poétique, m’a donné votre rêve à lire et fait sentir votre désir de le partager.


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