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Poésie contemporaine
Mangrove : Où vont les gares
 Publié le 27/03/26  -  6 commentaires  -  912 caractères  -  67 lectures    Autres textes du même auteur


Où vont les gares



À se perdre, ils ne sont pas seuls
Les pas, dans cette salle où l’heure
Sur le mur blanc comme un linceul
Se lit aux cadrans de couleur

On y entre dans les murmures
C’est comme un cœur de labyrinthe
Circulaire – ainsi va le mur
Il y règne une étrange étreinte

On s’assied, attendant la brèche
Valises et journaux du soir
Lourds manteaux – car la nuit est fraîche
Et tout un peuple d’accessoires

Tissent parmi les passagers
Une toile qui jamais peinte
Ne sera – pesants ou légers
Les pas n’y laissent pas d’empreinte

Cependant, c’est une autre toile
Que trament les trains de pensées
Ceux qui à l’abri des étoiles
Vont, sauvages ou cadencés

Sous les fronts – tandis que dehors
Les destinés, les attendus
Fuligineux et météores
Filent, dans la nuit des pas perdus


 
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   Passant75   
7/3/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Jetant de temps en temps un regard sur le tableau lumineux des heures de départ, qui n’a jamais marché, impatient patientant, dans la salle des pas perdus d’une gare ? Le décor est ainsi planté, c’est un décor connu de tous !

« Le mur blanc comme un linceul » pourrait-il enfermer à jamais, ceux qui sont cependant dans l’attente de partir ? D’autant plus que la salle est ronde et semble vouloir garder les occupants en son sein, les enlaçant, les étreignant.

On marche, on erre çà et là, on s’assied aussi pour échanger ou lire. Cela étant, tout cela n’est que fugace, éphémère et périssable. Il n’en restera rien, contrairement aux flots de pensées qui s’agitent sous les crânes dans lesquels celles-ci restent cachées. Comme m’est resté caché le dernier quatrain dont je n’ai pas bien saisi la finalité. Par ailleurs, un dernier vers, sous la forme d’un ennéasyllabe paraît briser l’harmonie de ce poème jusqu’ici composé d'octosyllabes.

Quant au titre étonnant puisque, si les trains roulent, les gares restent fixes, il m’a rappelé une devinette du lointain temps de mes études. « Quelle différence y a-t-il entre un train et une gare ? ». La réponse, digne d’un général d’empire, étant : « Un train se rend de gare en gare, mais la gare demeure et ne se rend pas ».

Au final, malgré des tirets dont la discipline m’a paru plus qu’étrange, mais que je suppose liée à l'absence de ponctuation, et un dernier quatrain dans lequel je me suis, pareil aux pas de la salle, alors perdu, j’ai apprécié la tonalité de ce poème et la vision entêtante des images dessinées.

   Robot   
7/3/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime bien
Pour éviter des ruptures de lecture, je pense qu'un regroupement par 8 vers aurait été profitable en permettant un lien sans rejet entre les quatrains 3 et 4 et 5 et 6.
Les vers apportent une vie singulière et une ambiance comme des images fixes sur un écran. Dommage que ce soit un peu gâché par une ponctuation aléatoire.

   Lebarde   
7/3/2026
trouve l'écriture
perfectible
et
aime un peu
"Où vont les gares"

Un titre bien "curieusement étrange" dont la formulation interroge sur le sens du propos qui suit, que pour autant on peut comprendre, mais bon... je reçois volontiers.

La salle des pas perdus dans une gare... on s'y assoie quand il y a des sièges pour cela, en attendant le départ de son train, dans une ambiance "bruyamment feutrée" de murmures et un décor morne et neutre mais jamais sans son horloge.

Le ton y est, avec des images recherchées qui interpellent et un vocabulaire pas toujours bien choisi mais qui essaie de trouver la bonne allusion et l'amorce de jeux de mots pour faire poésie et séduire.

Sur la forme je serai plus nuancé; en effet même si la métrique octosyllabique est correcte, je fais la moue devant les rimes fautives qui par ailleurs ne respectent pas l'alternance féminines/masculines, la ponctuation aléatoire ou inexistante, les répétitions parfois pesantes, ou es rejets surprenants qui obligent à une attention soutenue ou une reprise de lecture pour ne pas perdre le file du sujet, et puis ce hiatus ("qui, à") pas grave du tout et accepté en contemporain mais là tout de même.

Une perception plutôt négative de ma part au prime abord qui s'améliore ensuite après plusieurs relectures pour au final aboutir à une appréciation mitigée qui influe sur la notation.

En EL

   Provencao   
27/3/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Bonjour Mangrove,

"Cependant, c’est une autre toile
Que trament les trains de pensées
Ceux qui à l’abri des étoiles
Vont, sauvages ou cadencés"

J'ai aimé cette autre toile, qui prend le bon rail, le bon quai, pour nous faire vibrer au sein de nos " voyages" si personnels, si privés, sans brumaille en nomade de nos pas perdus.

Jacques Prévert citait: " Le temps nous est train"

Au plaisir de vous lire,
Cordialement

   papipoete   
27/3/2026
trouve l'écriture
perfectible
et
aime un peu
bonjour Mangrove
Des pas qui font des kilomètres, sans aller bien loin...là d'où partent des trains qu'un mécano met au pas, terrasse comme une bête humaine.
On surgit, ou apparait furtivement à des centaines de gens, assis ou qui marchent en rond ou de long en large, croisant un homme pressé un autre hésitant qui ne parvient pas à détacher son regard, d'un panneau des horaires, d'une horloge qui dit oui, qui dit non...
NB un véritable trail sur une pente à zéro degré, auquel le héros nous invite à participer, où des milliers, des millions de pas avancent à perdre haleine
- où va-t-on aujourd'hui ?
- on ne bouge pas !
- ok, ça marche !
Je vois une sorte de projection d'un kaleidoscope, d'où naitraient des images animées, qui ne bougeraient pas...
on peut aimer comme ne pas...mais cette mise en pellicule peine à entrer dans le projecteur de mon âme
techniquement, si les vers mesurent bien 8 pieds, les rimes quelque peu fénéantes, se contentent de n'être qu'assonances ( masculin/féminin )

   LeChevalier   
27/3/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
L'intention, clairement énoncée, de figurer un lieu labyrinthique est bien servie par les nombreux enjambements. Personnellement, je suis un adepte de cette technique et le seul reproche, que je pourrais formuler, c'est que les rimes n'aient pas été plus variées (« eul » - « eur » trop similaires dans le premier quatrain, sonorité « einte » utilisée dans deux strophes ; le mot « couleur » à la fin du premier quatrain m'a paru forcé : je crois bien que les cadrans sont blancs avec des aiguilles noires dans les gares, pour améliorer la lisibilité).

Pour le fond, il m'est plus difficile de commenter, précisément en raison du caractère labyrinthique du texte. Il y a suffisamment d'indices pour réfuter l'hypothèse d'une écriture aléatoire : les manteaux ne sont pas lourds par hasard, c'est que les voyageurs avaient consulté la météo ; le poème s'ouvre et se referme sur l'idée des pas perdus, ce qui correspond à la circularité nommée dans le deuxième quatrain.

J'ai bien aimé l'établissement d'un lien entre l'extérieur et l'intérieur par ces « trains de pensées » qui « vont [...] sous les fronts ». Je n'ai pas bien compris les « destinés » au masculin -- est-ce que cela s'applique aux trains ?


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