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Poésie libre
SQUEEN : Rabbit Hole 2
 Publié le 28/03/26  -  5 commentaires  -  1651 caractères  -  39 lectures    Autres textes du même auteur

« Nous, les femmes, nous sommes la moitié du ciel et même un peu plus… » Christiane Taubira


Rabbit Hole 2



Tu te réveilles.
Furieuse.
Vraiment.
Pas à moitié.
Colère noire.
Te rappelles pas bien.
Mais t’es en colère.
Et puis la nausée.
Lourde.
Sourde.
Mal.
Ça fait mal.
Rien à foutre.
Cette douleur.
Rien à foutre.
Hoquet.
Tu pleures.
Non.
Tu veux pas pleurer.
T’as mal.
Ça t’obsède.
Grave.
Tu as mal.
Grave.
Tu te rappelles pas.
Rien.
Le noir.
Complet.
Tu hurles.
Bêtement.
T’as dormi.
Ça t’en es sûre.
T’as dormi.
Et avant.
Avant ça.
Avant de dormir.
Quoi.
Le noir.
Tout est noir.
Tu sais pas.
Tu sais rien.
T’as mal.
Ça c’est sûr.
Avant ça tu t’amusais.
Tu crois bien.
Pas sûre.
Tu t’amusais.
Peut-être tu dansais.
Peut-être.
Pas sûre.
T’es pas sûre.
Le noir.
T’as mal.
T’as mal.
Tu dansais.
T’es sûre.
Là.
T’es sûre.
Tu te lèves.
Tu tombes.
Bordel.
T’es tombée.
Tu tiens pas sur tes jambes.
Bordel.
Y s’est passé quoi.
Tu dansais.
Oui.
T’as mal.
Tu tombes.
Bêtement.
Tu tombes.
Sur le lit.
Tu t’étales.
Te recroquevilles.
T’as trop mal.
Tu hurles.
Tu pleures.
T’as mal.
Tu dansais.
Et puis.
Là t’as mal.
Vautrée dans ton lit.
Et puis.
Te rappelles pas.
Rien.
Le trou noir.
Tu dansais.
T’as mal.
T’as dormi.
Ça tu sais.


 
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Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Passant75   
10/3/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Elle s’amusait, quelqu’un aurait-il mis du GHB ou quelque autre drogue dans son verre ? On n’en saura rien, mais on peut le supposer. Elle s’amusait, elle dansait, puis le trou noir. Elle a tout oublié ! Elle se réveille dans son lit, elle est en colère, elle a mal, elle crie, elle est nauséeuse, elle ne comprend pas.

Son esprit vacille et chute comme chute son corps quand elle veut se lever. Alice tombait dans un terrier, elle tombe dans un engrenage en spirale, se demandant sans cesse ce qui a pu se passer, ce qui a pu causer cet état.

La forme est à l’image du fond, à savoir saccadée, vacillante. Les expressions triviales sont nombreuses. Le langage-parler prend le pas sur le langage-écrit. La fin semble ne pas exister, on apprend que la seule chose dont elle se souvienne, c'est qu'elle dansait, qu'elle a mal et qu'elle a dormi. Mais c'est une fin sans véritable fin, on n'en saura rien de plus.

Par ailleurs, je n’ai pas saisi le lien entre le texte et l’exergue qui semble être un slogan pour fêter la journée de la femme.

Au final, j'ai du mal à apprécier qualitativement ce texte, mais je vais opter pour une lecture bienveillante.

   LeChevalier   
12/3/2026
trouve l'écriture
perfectible
et
aime un peu
J'ai du mal à commenter ce texte. Il a sans doute demandé des efforts de composition mais donne l'impression d'une improvisation rébarbative et forcée. Le lexique, volontairement simpliste, veut nous transporter dans le quotidien d'une personne ordinaire, qui s'amusait , qui dansait, sans trop réfléchir, sans faire attention. Ces deux éléments-là sont tus dans le texte, le personnage est représenté dans son innocence, non dans son imprudence. Après, cela a dû se dérouler d'une manière qui n'était pas prévue mais était-elle aussi imprévisible ?

Ce que je n'aime pas dans ce texte, c'est qu'il cherche à prendre de la valeur par le sujet qu'il traite et non par la manière dont il est traité. Personnellement, je n'adhère pas à cette philosophie de la création artistique.

   Eskisse   
28/3/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour Squeen,

Je salue la prouesse d'un tel traitement...

La perte de repères, les doutes sur la réalité des faits, la mémoire défaillante, la chute du corps sont évoqués dans une dégringolade de phrases courtes qui s'enchaînent avec virtuosité par reprises de sonorités ou de phrases. Le vertige de cette chute est matérialisé dans la mise en page.


Cet enchaînement semble symboliser l'inéluctabilité du destin contre lequel émanent quelques volontés de résistance : " rien à foutre"
Du fait des incertitudes, on peut discerner un avant- tout de danse donc de vie ( mais peut-être fantasmé) et un après. Comme si le poème avait pour pivot un trauma mais rien n'est moins sûr: le réel vacille sous les pieds de la locutrice ( tout comme pour Alice)

Le titre renvoie à des significations multiples , je retiens la théorie du lapin blanc ( être emporté par des événements que nous ne maîtrisons pas)
Le choix de la deuxième personne est judicieux comme s'il y avait une dissociation dans l'esprit de la locutrice pendant ? et après l'éventuel trauma.

Bravo

   Provencao   
28/3/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Bonjour Squeen,

Ce " t'as dormi" relève presque de l’illusion, c’est-à-dire du piège devant le " Tu te réveilles" qui s’indique dans le présent même. Cette illusion est l'occulte cohue de ce qui est en train de passer, de se confier, et en se confiant, de faire poindre le hardi, l’autre imprévisible, dans le souffle de ce noir.

Au plaisir de vous lire,
Cordialement

   papipoete   
28/3/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime bien
bonjour SQUEEN
Tu voudrais te lever
tu peux pas
te rappelles que tu le voulais
tu ressaies
y'a pas moyen
t'en démords pas
ressaies
encore, encore bordel ! faut que t'y arrives !
pas moyen ; tu chancelles, planes au dessus de ton lit, et t'affales...merde de merde !
NB pour qui connait ce genre de situation, c'est cela le scénario du film qui ne veut pas démarrer
- faut que j'y arrive ! c'est pas l'vertige qui commande ! allez, tu vas t'lever...tu vas t'lever nom de dieu !
nous ne sommes là ni devant du Ronsard, ni devant du Gim's, mais ça dépote !
Sans chercher le sens de ces coups de lance dans le coeur, ces coups de poing dans le mur, je comprend bien qu'une force extérieure met le paquet pour écraser, laminer cet être qui voudrait ne pas abandonner, après une agression physique, un empoisonnement ou
simplement un lever du lit après des mois d'immobilité, couché les jambes entravées par un plâtre intégral...
Je ne peux pas dire que ces stances resplendissent de poésie, mais elles ont une force dont l'impact fait si mal...
c'est une fille l'héroïne, et je crains qu'un Aigle Noir ne soit celui qui lui impose ce chemin de croix !


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