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Poésie classique
LeChevalier : Ville
 Publié le 26/03/26  -  13 commentaires  -  1852 caractères  -  130 lectures    Autres textes du même auteur

Agglomération d'octosyllabes


Ville



Ville immense aux mille avenues,
Monstre à l’hydre antique pareil,
Tes gueules crachent jusqu’aux nues
Avant que naisse le soleil !
Parmi le béton, les fumées,
Les lampes toujours allumées,
Les voitures roulent déjà ;
Ainsi toute la cour bouillonne
Et le palais entier résonne
Quand part en route le raja.

Mais qui peut être ce monarque
Qui fait vibrer ton cœur nombreux
Et dans les voiles de ta barque
Qui fait souffler ce vent affreux ?
Et cet acier sur tes artères
Qui coule – ainsi que des cratères
La lave jadis a coulé –
Emporte-t-il l’humaine viande
Pour la poser, comme une offrande,
Aux marches d’un trône adulé ?

Réponds ! Réponds, foule anonyme,
Qui donc t’indique le chemin ?
Quelle est la force qui t’anime
Pour t’enfoncer dans le demain ?
Quel démon t’inspire à te battre,
À monter toujours quatre à quatre
Les escaliers vers le succès ?
Sans doute, c’est un esprit sombre
Que rien n’arrête et rien n’encombre...
Lequel ? Réponds, car tu le sais !

L’Ambition ! La reine urbaine
Te pousse de sa rude voix.
« Obéis ou pars à la benne » :
Voilà ce qui s’offre à ton choix.
Dans cette horrible fourmilière,
Il règne un ordre militaire :
« Écrase ou bien sois écrasé. »
Chacun y naît, grandit et rêve
Pour se voir, lorsque tout s’achève,
En robot métamorphosé.

Parmi les pelles hydrauliques,
Si faibles, nous balbutions,
Noyés par les bruits mécaniques
De leurs articulations.
Il faut être plus efficace,
Il faut abandonner la grâce,
Donner plutôt un haut-le-cœur,
Car la paix paraît être un crime
Dans un endroit où tout s’exprime
Au rythme du marteau piqueur.


 
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Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Lebarde   
10/3/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
"Emportés par la foule qui nous traîne, nous entraîne
Nous éloigne l'un de l'autre, je lutte et je me débats"
...
Voilà spontanément ce qui me vient à l'esprit à la première lecture mais à l'amour fou...puis douloureux que chantait Piaf, vous y ajoutez
"Ville immense aux mille avenues,
Monstre à l’hydre antique pareil,"

une ville envahie de voitures, de "pelles hydrauliques", "de marteau piqueur ", bruyante, bétonnée enfumée qui pourtant tel un "monarque", attire, subjugue, entraine et métamorphose, une "foule anonyme" dont "l'Ambition", lui somme "de sa rude voix":« Obéis ou pars à la benne » et « Écrase ou bien sois écrasé."»

Le sujet est violent, brutal, écrasant, terriblement sombre, écrit avec des mots simples dans un style direct et percutant.
Ce serait donc cela la "Ville".

En tous cas, je lis une "Agglomération d'octosyllabes" parfaitement maitrisée et classique, d'une rare rigueur d'écriture et de persuasion qu'il faut relire pour, sans être sûr d'avoir tout compris, en recevoir toute la profondeur et la densité.

Le travail d'un(e) grand(e) auteur(e) qui connait son sujet et que je salue bien bas.

Bravo et Merci

   Passant75   
10/3/2026
trouve l'écriture
perfectible
et
aime un peu
Monstrueuse est la ville vivant dans la lumière et le bruit, Mumbai peut-être, puisque un rajah part en voiture. On croit donc savoir où l’on est, mais j’ai du mal à voir où l’auteur veut aller.

Des images nombreuses, mais qui ne m’ont pas paru toujours très claires, ainsi « Emporte-t-il l’humaine viande / Pour la poser, comme une offrande, / Aux marches d’un trône adulé ? », « Quelle est la force qui t’anime / Pour t’enfoncer dans le demain ? ». Et bien d’autres encore !

Une ville dans laquelle règne un ordre militaire, « Écrase ou bien sois écrasé ». Le fond n’est pas inintéressant, mais la forme choisie et le vocabulaire utilisé, le parent malheureusement d’une certaine confusion. Par ailleurs, des rimes embrassées succédant en fin de chaque partie à des rimes croisées, cela me semble devoir écarter ce texte de la catégorie « poésie classique » pourtant revendiquée.

   Cristale   
19/3/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Comment taire ce cri poétique si bellement écrit ?
Des dizains octosyllabiques parfaitement composés comme il se doit, rien ne pèse tout coule avec douceur en cinquante vers harmonieux.
Je ne sais dire quoi que ce soit qui puisse aider l'auteur qui n'a pas besoin de mes conseils à part peut-être le/la féliciter dans sa démarche d'écriture qui me semble déjà très bien affirmée.

"Mais qui peut être ce monarque
Qui fait vibrer ton cœur nombreux"

Rare et superbe !

   ANIMAL   
20/3/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime bien
J'aime bien le thème de ce poème, enfin les thèmes car j'en vois deux entremêlés : la démesure de la ville faisant écho à celle de l'ambition humaine.
Les déscriptions sont très visuelles, sonores, réalistes dans les deux premières strophes. Je dirais que c'est une phase matérielles.
La suite du poème aborde le domaine de l'humain, avec le questionnement sur cette ambition démesurée qui règle les vies et régit toute la société. Le ton devient péremptoire.

Il y a un lien de continuité entre ces deux parties et pourtant j'ai trouvé au final ce texte trop touffu. Il mériterait deux poèmes distincts, qui pourraient mieux déployer leurs ailes.

Ce poème est présenté en classique, je ne suis pas qualifiée pour en juger.
J'ai néanmoins trouvé le sujet fort intéressant même si la forme ne m'a pas vraiment enthousiasmée.

   papipoete   
26/3/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
bonjour LeChevalier
J'ai comme l'impression, que vous n'aimez guère la ville ?
Tout ce qui anime la vie citadine ( rues bruyantes, autos telles tamponneuses, lampes qui jamais ne s'éteignent, gens piétons taxis ambulanciers livreurs qui strient l'espace de zigzag, chantiers au marteau piqueur ) n'est pas sur la liste des attraits urbains.
On peut se demander comment font les parigots, et autres habitants, pour vivre dans un tel enfer ? ( heureusement, certains aiment et n'iraient à la campagne pour rien au monde !
NB un monde où la vie semble jamais s'arrêter ( boulanger, pompier, police, hôpital ) exceptés, qui semble véritable bagne de bruit et fureur.
la première strophe a ma préférence.
dans la seconde, au vers 2 ; je ne comprend pas le sens de
" ton coeur NOMBREUX " ?
une foule d'octosyllabes à donner lle tournis et faire songer à mon écriture tant prisée.

   Provencao   
26/3/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour LeChevalier,

Moi, j'y ai lu un tableau qui m'a tout de suite fait penser à Salifou Lindou, sublime peintre créant de réelles œuvres reflétant l'espace urbain avec ces bruits martelés dans les villes.

Belle écriture.

Au plaisir de vous lire,
Cordialement

   Boutet   
26/3/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
La ville, ce monstre qui nous écrase et nous rend invisible. C'est vrai que lorsque l'on voit toute cette foule gravir les escaliers du métro comme un troupeau, je suis bien content d'habiter à la campagne.

Une bricole : il me semblait que les verbes conjugués (balbutions) s'appliquaient en synérèse comme nous étions mais je ne suis pas sûr de moi.

Autrement, un poème qui illustre bien cette sensation de broyage que les grosses villes induisent.

   Polza   
26/3/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Dès l’exergue, on s’aperçoit que l’auteur aime à s’amuser avec les mots et l’on découvre au fur et à mesure de notre lecture qu’il le fait avec brio.

Quelle façon originale et poétique de décrire le fourmillement des grandes villes.

Nous parlions récemment de Céline avec Lariviere et et EtienneNorvins sur ce site, aussi, n’ai-je pu m’empêcher de penser à l’arrivée de Bardamu à New York.

Monstre à l’hydre antique pareil,

Tes gueules crachent jusqu’aux nues

Avant que naisse le soleil ! »

quelle image saisissante et si bien trouvée que l’hydre pour décrire l’extension croissante de la ville, on coupe ou supprime ou « coupe » une rue et dix autres « repoussent »…

« Parmi le béton, les fumées, »

j’ai noté le vocabulaire urbain qui se mélange aux images poétiques tout au long de ce poème, ce mariage est savamment dosé.

« Ainsi toute la cour bouillonne

Et le palais entier résonne

Quand part en route le raja.



Mais qui peut être ce monarque »

L’auteur est très malin (en plus d’être technique et poétique), avant de lire l’entame du deuxième dizain, je me suis dit que raja n’était là que pour rimer avec déjà. L’auteur (il nous le dira s’il le souhaite) a peut-être pensé pareil et a donc commencé le deuxième dizain par « Mais qui est donc ce monarque », etc., pour justifier la rime et le sens du poème, c’est vraiment intelligent !

« Qui fait vibrer ton cœur nombreux »

commençant à connaître un peu l’auteur, je savais que l’à peu près n’était pas sa marque de fabrique, aussi j’ai vite compris qu’il ne fallait pas s’arrêter au sens premier de nombreux, mais à son sens plus soutenu, ce vers est donc beaucoup plus subtil qu’il n’en a l’air…

« Et cet acier sur tes artères »

encore et toujours un langage urbain mêlé à un double sens métaphorique et poétique, « cœur/acier/ville/artères »

« Emporte-t-il l’humaine viande

Pour la poser, comme une offrande,

Aux marches d’un trône adulé ? »

image et sens plus que justifiés par l’emploi du mot raja et les traditions hindouistes qui en découlent, le purushamedha…

« Lequel ? Réponds, car tu le sais !



L’Ambition ! La reine urbaine »

Je ne suis pas spécialiste de la technique, mais il m’a semblé déceler une sorte de faux enjambement très judicieux dans l’enchaînement du troisième et du quatrième dizain.
La question dans le troisième et la réponse dans le quatrième.

« Parmi les pelles hydrauliques,

Si faibles, nous balbutions,

Noyés par les bruits mécaniques

De leurs articulations.

Il faut être plus efficace,

Il faut abandonner la grâce,

Donner plutôt un haut-le-cœur,

Car la paix paraît être un crime

Dans un endroit où tout s’exprime

Au rythme du marteau piqueur. »

je n’ai rien à dire, tout s’enchaîne et s’imbrique (jeu de mots de Maître Capello, brique/ville pour ceux qui n’auraient pas compris !) parfaitement.

Marteau piqueur me fait toujours penser à la chanson « Le bruit et l’odeur » du groupe toulousain Zebda, chanson où l’on peut entendre la cultissime phrase de Chirac, mais là n’est pas le sujet.

Mes félicitations à l’auteur pour ce poème d’une grande maîtrise stylistique et poétique. Au vu du sujet traité, ce n’était vraiment pas évident, vous avez réussi à allier poésie et originalité à mon sens !

   Myndie   
26/3/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour LeChevalier,

Pour qui aime la poésie de Verhaeren ou de Trakl, votre texte offre un vrai plaisir de lecture. S'inscrivant dans la droite ligne de leur inspiration,il exprime avec puissance une ville hostile et aliénante.
(« Chacun y naît, grandit et rêve
Pour se voir, lorsque tout s’achève,
En robot métamorphosé. »).
C'est une vision forte, servie par une écriture brute et imagée, un contraste saisissant entre la grisaille, le béton , les «  gueules crachent jusqu’aux nues »la fumée des usines et l'exotisme du palais du raja
Il découle de ce fourmillement d'images nettes et violentes un sentiment de révolte, de dégoût, mêlé à une sorte de mélancolie morbide.
Ici, le côté cru et provoquant de ces deux vers est magnifique et pas sans évoquer les peintures de Bacon ou de Soutine :
« Emporte-t-il l’humaine viande
Pour la poser, comme une offrande, ».

J'adhère totalement à votre vision de l'urbain et à tout ce qu'elle a de puissant et de violent en elle ; vos vers nous font « entendre » les cris de la ville, son agitation et ses échos de souffrance.
Une réussite.

   Mangrove   
26/3/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
Autant j'avais apprécié les coquillages, autant je suis rétif à celui-ci qui me semble assez boursouflé et manquer de subtilité. On est quelque part entre Baudelaire et Balzac, mais loin des qualités de chacun. L'exotisme du premier quatrain avec son raja me paraît aussi arbitraire, vu que le monarque au final n'est autre que l'ambition qui est tout ce qu'il y a de plus universel. Désolé, ce n'est vraiment pas ce que je cherche en poésie.

   Luron   
26/3/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
J’ai lu ce texte d’un trait entraîné par un courant poétique profondément attachant. Ce mouvement perpétuel de la ville est particulièrement bien ressenti et exprimé. La ville fascine et robotise les humains. Serions-nous masochistes ? Pour ma part, j'ai quitté la région parisienne il y a 40 ans, sans regret mais j'avais bien aimé cette ambiance que je retrouve ici version poésie.
Par contre, la relation entre l’ambition et l’ordre militaire ou le choix obéir ou partir à la benne est pour moi un peu ténébreux.
Les trois derniers vers sont un ravissement :
« Car la paix parait être un crime
En un endroit où tout s’exprime
Au rythme du marteau piqueur »

   Curwwod   
26/3/2026
Quelle effroyable vision de la cité. Vos métaphores et personnifications en font un monstre hideux, dévoreur des âmes et des coeurs des hommes. C'est par trop manichéen et vous niez tous les aspects positifs ou esthétiques de la ville; C'est tellement outré qu'on finit par ne plus y croire. En poésie le pathos porté à ce niveau est souvent nuisible au ressenti du lecteur. Par ailleurs le moteur de cette agitation frénétique et malsaine est pour vous l'ambition. peut-être est-ce partiellement vrai mais pourquoi pas l'avidité, la volonté de s'étourdir face à ses difficultés affectives ou tout simplement le besoin de gagner sa vie, cette obligation absolue qui fait tant de mal aux chômeurs et sdf.
Je ne mettrai pas d'appréciation.

   tome15545   
26/3/2026
Un heureux poème, très et trop généreux pour moi en objets indirectement significatifs, qui rendent un tableau baroque drôlement caricatural : l'excès montre la vérité du trait, là où un réalisme naturaliste aurait été d'un ennui commun.

Les belles trouvailles sont nombreuses, la rhétorique est d'une maîtrise implacable, mais je ne sens pas une obsession pour la musicalité des mots dans ce poème. Au-delà de la rime "efficace / grâce" (j'imaginais une synérèse à balbutions qui n'a pas lieu d'être, et remercie le poète pour les explications qu'il m'a fournies : c'est bel et bien à lire avec diérèse), j'ai l'impression de n'être récompensé qu'à la rime, et qu'aucun jeu sonore ne vient la concurrencer, ce qui se marie avec l'esprit classique de la poésie, mais me déçoit par rapport aux poèmes que je chéris.

L'ironie désabusée du texte est délicieuse, et j'aime la violence ordonnée et terrifiante qui s'en dégage. Là, montrer suffit parfois sans doute, et ce paysage est parlant.


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