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| Curwwod
3/5/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
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Quelle bonne idée d'utiliser le personnage de Sisyphe (les danaïdes eussent convenu) pour dénoncer dans ce sonnet satirique l'hypertrophie d'une administration déshumanisée, pléthorique et absconse. L'absurdité des règlements (hydre réglementaire) édictés par une puissance supérieure inaccessible (Zeus) s'oppose à la notion d'organisation simple mais rationnelle et compréhensible (Prométhée, Ulysse). La transposition de ce mal contemporain et bien français à l'antiquité grecque est judicieuse et savoureuse. La répétition de démarches absurdes, aveugles, sourdes et muettes finit par décourager les malheureux qui finissent par abandonner (il subit sa sentence /Rêvant de son rocher, d’un adret et d’un ciel). L'écriture est simple et agréable à la lecture. Juste une remarque : je sais bien que c'est nécessaire pour accéder au classique, mais franchement la diérèse sur offi -ci- elle c'est très laid et cela nuit à la fluidité de la lecture.
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| Passant75
3/5/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
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Le sonnet cherche à transposer le mythe de Sisyphe dans l’univers bureaucratique. Le contraste entre le registre revendiqué de la « poésie classique » et le vocabulaire prosaïque peut amuser, mais ne surprend pas vraiment. L’absurde mythologique est simplement remplacé par un absurde administratif attendu, symbolisé par « l’hydre réglementaire ».
La référence à Prométhée et Ulysse souligne la déchéance du héros, réduit à un « recours en instance », mais l’opposition reste démonstrative. La chute décrite par cette « Échéance forclose » est efficace par sa sécheresse, mais elle confirme une idée déjà installée plutôt qu’elle ne la renouvelle. Quant à la nostalgie du rocher, elle introduit un retournement original, sans toutefois en explorer pleinement les implications. Dommage, car j'ai trouvé cette idée des plus intéressantes ! Au final, si le poème présente une maîtrise formelle et se lit aisément, il laisse peu de place à toute interprétation. Et, en tout état de cause, le texte reste loin de la profondeur et de l’ambiguïté kafkaïennes. Mais là je reconnais, de ma part, une certaine mauvaise foi, il paraît difficile de comparer « Le Procès » à un sonnet de quatorze vers. |
| LeChevalier
4/5/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime un peu
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Encore un sonnet. Du point de vue de la versification, celui-ci est presque classique, le « presque » venant du dernier « e » de « Prométhée » ; si on avait « il » à la place de « lui », ce « e » serait mangé et tout irait bien pour la versification. Il ne resterait que la rime en -oi : si on veut faire du classique, on ne peut pas faire rimer avec « trois » à cause du « s ».
Les rimes sont plutôt banales : beaucoup d'adjectifs, deux infinitifs ensemble. Seulement la rime « ciel -- officiel » me plaît vraiment. C'est une idée curieuse que de représenter Sisyphe partant à la retraite ! Ce qui me gêne, c'est que ce départ soit donné comme un droit « par décret millénaire », alors que la peine de Sisyphe est sans limite dans le temps. D'un autre côté, le ton du texte n'est pas du tout amusant, bien au contraire, et je pense que ce sérieux s'accommode mal avec la blague. Le ton tragique ne passe pas pour moi avec un vocabulaire administratif. |
| Cristale
4/5/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
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Que du beau monde : Zeus, Prométhée, Ulysse, les décideurs conscients de leurs destins, et ce pauvre Sisyphe au chômage qui s’évertue à poursuivre une non-voie avec son lourd bagage.
Le sonnet en lui-même n’est pas construit que d’images mais aussi de mouvements dans une ambiance tragi-comique qui n’est pas sans rappeler de réelles situations de nos quotidiens. Je n’épiloguerai pas plus sur l’entêtement de Sisyphe, métaphore des difficultés humaines et de la volonté souvent vaine d’arriver, mais surtout sans envisager de prendre un autre chemin, le narrateur a un sens de la mythologie plus poussé que le mien qui s’y ennuie assez vite. Je regrette une non élision, ainsi qu’une rime dissidente. Peut-être cela est-il corrigeable. |
| Polza
20/5/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime un peu
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Ne le prenez pas mal, mais j’ai toujours du mal à comprendre les citations de grands auteurs en guise d’exergue si c’est pour me décevoir derrière…
Pour le classique, vous n’y êtes pas du tout, vous mélangez du pluriel et du singulier « emploi/trois/octroi/foi » c’est vraiment dommage, vous n’étiez pourtant pas très loin ! Vous aviez le titre écrit en gras, je n’ai pas compris pourquoi le remettre à l’entame de votre sonnet… Pour être tout à fait honnête, je sens une plume à qui il ne manque pas beaucoup pour s’exprimer pleinement, mais qui se sabote légèrement en voulant ajouter à la poésie de l’humour un peu tiré par les cheveux ! « — Ce comptoir ne reçoit qu’un vendredi sur trois. » il est déconseillé de faire rimer hémistiche et rime, mais une seule fois dans tout un sonnet ne me choque pas plus que cela… Il y a beaucoup d’assonances en I dans ce poème, peut-être le rire de l’auteur qui s’est amusé a écrire tout cela et a rit a ses propres blagues, hi hi hi… « Prométhée, lui, savait quel vautour le déchire ; » la grammaire n’est vraiment pas ma spécialité, mais j’ai un doute concernant la concurrence des temps dans cette construction. « Prométhée, lui, savait quel vautour le déchirait ; » ou alors « Prométhée, lui (seul) sait quel vautour le déchire ; ». « il subit sa sentence Rêvant de son rocher, d’un adret et d’un ciel. » je ne dis pas que le reste ne l’est pas, mais c’est à peu de choses près le seul endroit où j’ai ressenti de la poésie, vous en êtes donc capable (en toute modestie, je ne dis pas que j’écris mieux que vous). Je pense vraiment que vous devriez vous concentrer sur votre poésie et arrêter les pitreries, vous augmenteriez vos chances d’être publié… Polza en EL Édition Je précise que je n’ai rien contre la dénonciation d’une bureaucratie avec humour ou sans. J’adore (et c’est euphémisme) le film « Brazil » de Terry Gilliam que je trouve drôle et poétique… Ou dans un autre registre et beaucoup moins drôle, l’inoubliable film « Vivre » (Ikiru) d’Akira Kurosawa… Je vois que vous avez eu beaucoup de bonnes appréciations, je suis peut-être passé à côté de votre poème, j’en suis désolé… Par contre, je viens de me relire et quand j’écris, pour le classique vous n’y êtes pas du tout, c’est complètement exagéré de ma part, je ne sais pas quelle mouche m’a piqué le jour où je vous ai commenté ! Un petit problème de rimes et un e non élidé à Prométhée se rattrapent aisément, rien de dramatique ! J’aime la mythologie et peut-être voir tous ces personnages utilisés sous forme de farce m’a déplu, je ne sais pas… Deuxième édition Je suis dans le train pour aller voir ma mère dans sa résidence de retraite, si vous voulez tout savoir, et complètement par hasard j’ai pris ma bande dessinée « L’incroyable histoire de la littérature française » de Catherine Mory et Philippe Bercovici aux éditions Les arènes BD. Je ne la lis pas forcément dans l’ordre et j’ai déjà lu cette BD plusieurs fois. J’en suis à Marivaux qui me fait reconsidérer ma position par rapport à votre poème et moi-même. En écrivant « L’Homère travesti » il est écrit que Marivaux s’inscrit dans la fameuse querelle des Anciens et des Modernes, née à la fin du XVIIe. Peut-être ai-je trop sacralisé la poésie classique pure en pensant que l’humour n’y avait pas trop sa place et peut-être le pensé-je toujours, je ne sais pas trop. Je ne parle pas des fables… Quoi qu’il en soit il est écrit plus bas : « Avec ses parodies comme L’Homère travesti ou Le Télémaque travesti, Marivaux campe clairement du côté des Modernes. Il utilise le registre du burlesque, qui consiste à évoquer des faits nobles dans un langage familier, voire vulgaire. » Si je ne suis toujours pas fan de votre sonnet, je pense qu’en toute honnêteté et en tenant compte des remarques citées plus haut, écriture aboutie convient plus à l’appréciation que j’aurais dû vous donner dès le début… |
| Luron
5/5/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
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Pour décrire avec humour une absurdité bureaucratique à la française l'auteur fait appel à de nombreux personnages de la mythologie grecque : Sisyphe, Prométhée, Zeus, Ulysse et même l'hydre de Lerne. En y ajoutant le sonnet, c'est un peu le marteau pilon ! Raymond Devos et Coluche faisaient aussi bien, par exemple Coluche dans la scène hilarante du changement d'adresse où il conclut par cette remarque : "En France, pour changer d’adresse, il faut d’abord changer de pays". Il faut bien reconnaître que l'informatique a considérablement amélioré la situation. Merci Prométhée.
Sur la forme, je doute que l'on puisse en classique faire rimer "trois" avec "emploi" ni accepter "reçoit" à l'hémistiche avec "trois" à la fin du vers. Sinon l'écriture est agréable par sa fluidité.. |
| BlaseSaintLuc
6/5/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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Moi, j'aime quand c'est absurde, drôle, impertinent.
Intelligent en plus, on montre que l'on a des lettres et pas que l'ABCD. L'oméga, l'alpha, évidemment classique maîtrisé (veinard !) Va donc faire le pitre à bord, ou au lucernaire. Sisyphe, c'est tout vu, on le prend chez nous boucher le trou de la sécu ! |
| Donaldo75
13/5/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
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Excellent ! Du presque kafkaïen dans une prosodie classique, il fallait l'oser. Bon, je suppose que les relevés de forme des spécialistes du classique vont invalider la catégorie proposée. Ah, la forme, c’est important m’a-t-on dit à mes débuts sur Oniris, en poésie classique. Fermons la parenthèse. Ici, la poésie vient de l’absurde de la situation, déclinée en mythologique. C’est un peu comme quand Tex Avery revisitait le conte « le petit chaperon rouge » soit du dynamitage et du mythe et de l’actualité.
Bravo ! |
| Provencao
20/5/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
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Bonjour marcolev,
J'ai bien aimé ce rocher qui s'est poli, et vous avez fort bien retrancris en vos mots, ce milieu Kafkaïen très robotique qui ne pense pas et ne semble s'affoler de rien, des mouvements abscons impossibles à apprécier, un fort sentiment d’incohérence, une lutte contre des autorités arbitraires et un conflit continu contre le saugrenu... Au plaisir de vous lire, Cordialement |
| Boutet
20/5/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
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Bonjour
Perso, je n'aime pas trop ce mélange de mythologie et d'images modernes même si je comprends bien l'intention de l'auteur. Après c'est une question de goût. |
| Chlo
20/5/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
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J'ai été sensible au comique qui se dégage de ce texte, au décalage entre la grandiloquence des figures épiques et l'apparente banalité de la bureaucratie. Ce comique confère à la forme du sonnet une dimension presque parodique, bien qu'il soit servi par des vers d'une grande musicalité et d'une belle justesse (j'ai beaucoup aimé "le guichet souverain où s'érode la foi" notamment, on jurerait du Muray dans son style le plus caustique). Alors certes, certains adjectifs semblent convenus, mais il y a un souffle, entre absurde désabusé et réalisme amer, qui porte le poème. Merci pour ce texte, pour les sourires amusés, les rires jaunes.
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