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Poésie néo-classique
marcolev : L’hélianthe
 Publié le 01/07/26  -  12 commentaires  -  1055 caractères  -  85 lectures    Autres textes du même auteur


L’hélianthe



Au crépuscule sourd où le pourpre s’affaisse,
L’été livre le ciel à l’étreinte d’octobre ;
La lumière suspend le rai de sa caresse,
Et l’ombre au loin étend son emprise plus sobre.

L’hélianthe alourdi penche son large front,
Un givre délicat ourle un pétale en veille,
Un éclat s’y retient, vacille, puis se rompt ;
Sous les pampres rougis cède la vieille treille.

Les sillons assombris retiennent leurs reflets ;
Le capitule brun cèle ses graines mûres ;
Un nuage en haillons frôle les bois défaits ;
Le chant s’est retiré des haies et des ramures.

Un grésil âpre bat les ronciers dépouillés,
Le jour fige aux carreaux une clarté de cendre ;
Un froid sournois s’attarde aux brins d’herbe mouillés,
Le brouillard voile encor ce que l’hiver vient prendre.

Au creux du vallon tombe un flocon sans chaleur,
Une poussière d’or s’égrène de sa robe ;
La tige ploie au vent, retient en sa pâleur
Les akènes striés qu’un merle vif dérobe.


 
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   Curwwod   
14/6/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Joli poème agreste (évidemment hélianthe est plus joli que topinambour). L'atmosphère un peu grise, un peu mélancolique d'une fin de saison est bien rendue ( on est manifestement à une fin d'automne ou au début de l'hiver) et tous les éléments de la nature participent à ce désenchantement (Sous les pampres rougis / Les sillons assombris / Un nuage en haillons frôle les bois défaits / Un grésil âpre...) Beaucoup d'immobilité, un environnement figé renforce ce sentiment. Pourtant une jolie scène animée vient clore cet agréable poème (Les akènes striés qu’un merle vif dérobe.)

Curwwod en EL.

   Passant75   
18/6/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
J’ai apprécié ma lecture, notamment pour le caractère visuel de ce poème. À mesure que je le lisais, j’avais l’impression de voir se composer un tableau, voire une séquence filmée. J’ai aussi apprécié la progression du récit, rien n’est brusqué, l’été s’efface, le froid s’installe, la fleur décline, le chant se retire. Les images sont soignées, « la lumière suspend le rai de sa caresse », « un nuage en haillons », « une clarté de cendre » ou encore « une poussière d'or s'égrène de sa robe », tout cela contribue à la beauté mélancolique de l'ensemble.

Par ailleurs, j’ai été particulièrement touché par la portée du dernier mouvement. Derrière le dépérissement de l'hélianthe, je ne vois pas seulement l'annonce d'un changement saisonnier. Le dernier vers semble suggérer une continuité du vivant, tout meurt, mais toute mort appelle une autre vie. La fleur s'efface, pourtant ses akènes quittent son capitule pour poursuivre leur destin. C’est un poème d’une belle écriture, d’une grande force d’évocation visuelle et d’une réflexion naturelle mais subtile sur le cycle de la vie.

   LeChevalier   
21/6/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
Je comprends l'idée de la composition : un tableau automnal, très descriptif, mais je regrette l'absence d'émotion. Presque tous les vers sont des phrases complètes et cela donne un rythme que je trouve monotone. Le parti pris de faire de la description pure entraîne une quantité prodigieuse d'adjectifs. C'est assez clair dans la deuxième strophe où la plupart des vers commencent avec nom + adjectif.

C'est difficile d'accrocher son esprit à un détail précis. L'hélianthe est mis en valeur par le titre, mais il n'a pas l'air de jouer un rôle particulier dans le texte. En fait, j'ai tort, la plante apparaît par ci, par là dans les autres strophes mais on ne peut que la deviner et le vocabulaire botanique me freine (car je ne sais pas ce qu'est un « capitule » par exemple). Ce qui est assez déroutant, c'est que la description des états de l'hélianthe est mêlée à la description d'autres éléments qui m'apparaissent comme aléatoires (pampres, carreaux...).

Je pense que l'idée peut être mieux rendue en mots : par exemple en détachant la plante plus nettement de son contexte pour qu'il n'y ait pas cette impression d'aléatoire.

J'espère que ces remarques seront utiles à l'auteur.

   Polza   
22/6/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
J’ai mis un certain temps avant de comprendre pourquoi ce poème était présenté en néo et non en classique tant la forme et le fond me semblaient maîtrisés et d’une plume qui sait de quoi elle cause !

J’ai compris en lisant ce vers :

« Le chant s’est retiré des haies et des ramures. »

Le verbe « retenir » est employé trois fois, peut-être l’un des trois aurait pu être évité, celui le plus proche de « Un éclat s’y retient »… »Les sillons assombris retiennent… »

Le vocabulaire est assez riche sans être dominant, il sied bien à la quasi-divinité du tournesol (j’imagine qu’il s’agit d’un tournesol parmi la famille des hélianthes) si l’on s’en réfère à la mythologie grecque et à l’histoire de Clytie et d’Hélios…



Lors de mes sessions de jogging, il m’arrive souvent de m’arrêter en pleine nature pour contempler un champ de tournesol, ou le soleil se couchant derrière la forêt, ou écouter les oiseaux piailler, ou observer un cerf de loi, etc.

J’ai beau être habitué, je suis toujours autant fasciné, comme je le suis devant un poème qui tire son essence d’une description champêtre, je trouve cela aussi séduisant et bouleversant qu’un poème d’amour (surtout quand il est impossible)…

« L’été livre le ciel à l’étreinte d’octobre ; »

Comme beaucoup de passages de votre poème, j’ai vraiment aimé ce vers très imagé…

Je trouve ça intéressant que vous ayez choisi de garder votre haie alors qu’assurément votre plume est assez « aiguisée » pour prétendre à la catégorie classique, comme si vous me disiez, hé ouais mon petit père, j’écris du classique si je veux et quand je veux, mais je tenais absolument à mes haies et si ça te plaît pas je t’emmerde !

J’ai vraiment adoré ce poème, s’il devait y avoir un seul bémol, ce serait :

« Le chant s’est retiré des haies et des ramures. »

Non pas pour « des haies » puisque cela ne me gêne pas du tout comme je viens de vous le dire, mais je me dis que peut-être, point de vue euphonie, il aurait été judicieux d’écrire :

« Le chant s’est retiré, des haies, et des ramures. »

En général, on ne met pas de virgule avant la conjonction de coordination « et », mais cela aurait eu pour effet d’éviter le « des haies et des » D/AI ET D/AI »…

Ce n’est qu’un minuscule détail, histoire de pinailler un peu…

   Donaldo75   
22/6/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Un poème franchement bien composé. Il y a dans ces vers, un air de figé, comme si la saison avait décidé d'une dernière photo avant de s'effacer. Il y a de la maitrise dans la composition mais cela n'empêche pas le poème de s'avérer tonal.

Pictural également, j'allais oublier.
Moi, en le lisant, j'ai ressenti quelque chose.

Bravo !

   Provencao   
1/7/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Bonjour marcolev,

"Les sillons assombris retiennent leurs reflets ;
Le capitule brun cèle ses graines mûres ;
Un nuage en haillons frôle les bois défaits ;
Le chant s’est retiré des haies et des ramures."

J'y ai lu une décence ajoutée à une discrétion, une belle présence en ma lecture de vos vers. Belle rencontre! En face de cette décence et cette discrétion, je me suis laissée transporter par cet hélianthe...

Au plaisir de vous lire,
Cordialement

   Marite   
1/7/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime bien
Les images de fin d'été ou plutôt d'un début d'automne se succèdent et le paysage dans son ensemble se dessine. Le ciel et sa lumière qui décline, la végétation déjà un peu lasse, le repli de la terre et le silence qui gagne les branches, le froid et le brouillard complètent le tableau avec cependant une note bien vivante au dernier vers avec le merle gourmand.

   AMitizix   
1/7/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime un peu
L’idée du texte – réussir un poème essentiellement descriptif – est séduisante, même si j’éprouve quelques réserves.

Tout d’abord, de beaux vers appuient et vivifient la description : « Le brouillard voile encor ce que l’hiver vient prendre » (très joliment dit !), « L’été livre le ciel à l’étreinte d’octobre » (une autre formulation élégante pour la même chose, vue de l’autre côté finalement !).
Le thème de l’automne comme crépuscule est bien exploité, notamment dans les strophes 3 et 4, avec les oxymores (« clarté de cendre »), les antithèses (le jour, le reflet, la clarté face aux sillons « assombris », au froid, au brouillard…) et les images relevant de l’effacement, du délitement : « les sillons retiennent », « nuage en haillons », « défaits », « s’est retiré », « ronciers dépouillés », etc. Tout cela rend fort bien l’atmosphère « déclinante » de l’automne qu’on décrit ici. D’ailleurs, j’aime beaucoup cette quatrième strophe, qui est ma favorite.

Cependant, je ne suis pas tout à fait convaincu par cette poésie, malgré ses promesses. La description m’a paru, surtout à la première lecture, un peu longue et monotone. J’ai l’impression que c’est dû (outre à mon ressenti subjectif) à une inégale qualité des vers et des images, qui n’atteignent pas partout la même beauté et la même densité. Je n’ai pas non plus perçu de progression dramatique, qui aurait pu, même pour une description, rythmer le poème et aider le lecteur à l’apprécier mieux, en lui donnant des repères pour qu’il se sente plus à l’aise dans ce paysage.
En particulier, en ce qui concerne les vers, j’ai mal compris les vers 4 (avec le comparatif « plus sobre ») et 6 (j’ai accroché sur « un pétale en veille ») et j’ai buté sur le dernier (le « e » prononcé de « merle » me semblant malheureux).

Cela ne m’empêche pas d’apprécier en général ma lecture, et d’espérer découvrir d’autres poèmes descriptifs dans cette veine !

   rendu   
1/7/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
La fleur, qui, dit-on, suit le soleil du regard mais ce n'est qu'une légende qui vient du fait qu'il ressemble lui-même au soleil. Je ne savais pas qu'il pouvait fleurir si tard et donc s'ouvrir au givre.
Une poésie joliment descriptive.

   GLOEL   
1/7/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonsoir Marcolev,

Ce poème, bien que moins solennel que les précédents, n'en demeure pas moins superbement construit et d'un style admirablement ciselé.

Votre description de la nature automnale est d'une grande beauté et invite à un apaisement profond. Une nuance a cependant piqué ma curiosité : l'absence presque totale de couleurs, hormis le pourpre, le brun et l'or qui dominent si magistralement la saison. Pourtant, le jaune de l'héliante est d'ordinaire si vif et éclatant que son omission textuelle m'a interrogé : était-ce une manière délibérée de ne pas faire injure au classicisme du tournesol, ou un choix purement intentionnel pour préserver l'harmonie feutrée du tableau ?

J'ai, en tout cas, éprouvé un immense plaisir à vous lire.

Frank

   Cyrill   
2/7/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
J’ai apprécié ce poème de fin de saison proposé en pleine canicule. Chaque vers recèle une proposition, j’ai l’impression d’un ralenti d’image. L’observation est rigoureuse, minutieuse, elle est restituée avec un phrasé capiteux. La flore n’en finit pas de retenir la vie tandis que se multiplient les assauts du froid, le poème rend très bien la précarité de cet équilibre. La bascule des saisons est représentée également dans le moment de la journée choisi : le « crépuscule sourd où le pourpre s’affaisse », et dans l’hélianthe qui « penche son large front ». Un même mouvement pour plusieurs phénomènes, comme une danse coordonnée. Le vocabulaire riche et plein d’élégance rehausse mon plaisir de lecture. Merci pour le partage et bravo !

   Boutet   
2/7/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Un poème descriptif que cette joli fleur que l'on compare souvent à un soleil quitte à l'appeler le soleil des champs. Mais chacun peut en faire pousser dans son jardin, il suffit de planter une graine.
Quelques beaux vers : L'été livre le ciel à l'étreinte d'octobre,
Un nuage en haillons frôle les bois défaits
Le jour fige aux carreaux une clarté de cendre

La Nature nous offre de bien belles choses que seul, le poète arrive à retranscrire.


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