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Poésie néo-classique
marcolev : Le silence du vélin
 Publié le 20/04/26  -  11 commentaires  -  722 caractères  -  139 lectures    Autres textes du même auteur

Ce qui reste…


Le silence du vélin



Dans un repli muet s’inscrit le souvenir
Du velours frémissant sous les doigts d’une reine ;
Les paupières closes, où s’alourdit la peine,
Veillent aux jours comblés qu’on croyait retenir.

À l’orée de la peau s’attarde le désir,
Se consumant alors en sa cendre incertaine ;
C’est le temps désarmé, trêve de porcelaine,
Qui se fêle en secret sous l’ombre du plaisir.

Par un morne matin, la taie froide résiste,
Le nimbe s’estompe, le drap retombe triste
Et froisse le récit enfoui dans le lin.

Dans une fièvre obscure où tremble la mémoire,
Le silence, à mi-voix, effleure le vélin,
Ravivant, par éclats, les confins de l’histoire.


 
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Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Luron   
8/4/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Le style un tantinet précieux, les mots recherchés traduisent toute une richesse d’impressions. Nous sommes dans un monde qui ferait penser à l’ancienne royauté et donc naturellement à la reine Marie-Antoinette et ses amours impossibles avec le Comte de Fersen.
Le premier quatrain évoque le luxe (le velours, les doigts d’une reine) et un souvenir d’une relation. Le deuxième quatrain confirme la nature amoureuse de cette relation et avec le souvenir douloureux (porcelaine qui se fêle en secret), un désir toujours vivant mais qui "se consume en cendre".
Puis vient le retour à la réalité, "la taie froide", les draps de "lin froissés". L’écriture sur du Velin est une échappatoire voire une thérapie qui ravive les éclats d’une histoire.
La blessure sentimentale se fait poésie grâce à de magnifiques images.
Les rimes sont riches. Deux e non élidés à l’hémistiche (closes, estompe) justifient le néoclassique. Le classique aurait mieux couronné selon moi ce beau sonnet.
En EL

   Passant75   
9/4/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Ce sonnet explore la mémoire, le désir et la fugacité du temps. Le vélin devient le fragile témoin des souvenirs et du plaisir évanescent. Les images font vivre les sens, le « velours frémissant », « l’orée de la peau », « la taie froide », et « le drap … triste » évoquent le désir, la perte et la nostalgie.

Toutefois, alors que le texte présente une réelle fluidité, certains vers présentent des lourdeurs ou des difficultés de lecture à voix haute. Par exemple, « Les paupières closes où s’alourdit la peine » contient des liaisons et des sons lourds qui peuvent heurter l’oreille et qui ralentissent le flux du poème.

Au final, ce sonnet conjugue tout de même une forme qui se veut rigoureuse à une profondeur poétique, tout en montrant quelques passages moins harmonieux. Les images et la réflexion sur le souvenir cherchent à rappeler la difficulté qu’il y a à retenir des moments du passé.

   GiL   
11/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Le style précieux et fluide me fait penser à une peinture du XVIIIe ou du XIXe siècle. Car ce très joli sonnet évoque, à n’en point douter, le tableau d’une rupture après une dernière nuit d’amour. Le sonnet brosse, par touches légères, la figure et l’humeur d'un personnage dans le clair-obscur d’un matin baigné d’une atmosphère d’affliction, de regret et d’amertume. Le « vélin » désigne probablement une lettre de rupture. La remarque « À l’orée de la peau s’attarde le désir » s’applique plutôt à un personnage féminin (une reine ?).

J’ai cherché sur Google en utilisant force mots-clés quel serait ce tableau, j’ai même fait appel à ChatGPT, mais sans succès. Peut-être que je suis à côté de la plaque…

Il n’en reste pas moins que ce sonnet tout à la fois descriptif et suggestif m’a fortement impressionné par la délicatesse de son approche, par l’intrication du visuel et du ressenti, par le vocabulaire choisi et la maîtrise de la versification (il s’en faut de peu qu’il ne soit classique, mais le néoclassique me semble un choix assumé).

Un grand bravo. Merci.
GiL en EL

   Donaldo75   
14/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Du style, c'est ce que ce poème laisse comme impression de lecture. Loin des petites rimailleries que j'ai lu par ci par là ces derniers temps, ici c'est de la poésie sur soie, fluide, où la rime ne sent pas l'exercice d'atelier d'écriture ou la tentative poussiéreuse de rentrer dans les clous. Les images sont picturales, à l'ancienne mais sans faconde désuète. Le champ lexical n'est pas précieux mais plutôt riche de ce que le littéraire permet. La tessiture des vers appuie la poésie.

Bref, j'ai lu de la belle poésie, fine, riche (et non empesée) et classique (pas dans le genre solfège et gammes mais plutôt sonate et mélodie).

Bravo !

   Provencao   
20/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour marcolev,

J'ai Beaucoup aimé cette ouverture de cet espace à d’autres sentiments, sources de désirs mystérieux et délicats dont le repli muet s'invite en souvenir.

Un tel silence transforme peut-être plus que ces seuls sentiments tremblant la mémoire, par lesquels peuvent se créer à leur tour des atmosphères secrètes d’un nouveau plaisir.

Au plaisir de vous lire,
Cordialement

   papipoete   
20/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
bonjour marcolev
Mon beau vélin, je veux t'avouer mon doux secret, que seule ma taie et mes draps se souviennent.
Ici, vint une reine, Ma Reine qui n'est plus et me restent mes sanglots ; ma mémoire à l'évoquer en tremble, tremble...
NB qu'en termes délicats, le héros revoit repense recaresse celle qui de son coeur a fui. Et son vélin, tel miroir d'un conte se fait ami, se fait confident.
- Vélin, oh mon beau vélin écoute-moi...
Le second quatrain, m'évoque une chanson de Mort Shuman, qui en 1991 chantait " un été de porcelaine " et vos vers si précieux collent parfaitement à cette mélodie.
Techniquement :
- à l'oré/e
- la tai/e
et
- s'estom/pe à la césure
sont-ils ce qui empêche la forme classique ?
Je m'arrange lorsque j'écris en Classique, pour ne pas avoir ce genre de difficulté.

   Polza   
20/4/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Peut-être, le seul reproche que je pourrais faire à ce poème serait que l’auteur n’ait pas encore plus travaillé pour le présenter en classique. Au vu de la belle qualité de son écriture, je pense qu’il (qu’elle) en était capable.

Mais la catégorie néo-classique existe et il faut bien qu’elle serve à quelque chose !

J’ai beaucoup aimé l’idée de l’écriture…

« Dans une fièvre obscure où tremble la mémoire,
Le silence, à mi-voix, effleure le vélin,
Ravivant, par éclats, les confins de l’histoire. »

… afin de revivre à l’infini le désir et la passion qui se sont enfuis ou enfouis dans le lin…

« Les paupières closes, où s’alourdit la peine »

« Les paupières » aurait voulu une synérèse, mais Sorgel ne cite-t-il lui-même pas ces mots de Paul Valéry dans son traité !

« Ainsi Paul Valéry précisait qu’il appliquait la diérèse à l’encontre des règles dans la syllabe du mot ti-ède du vers suivant “pour donner une impression plus voluptueuse. ”
Ah ! Plus nue et qu’imprègne une prochaine aurore,
Si l’or triste interroge un ti-ède contour… »

À moins que « paupières » soit bien en synérèse et que ce soit sur « closes » qu’il faille compter 2 pieds, mais ça sonnerait bizarre à mon avis… quoi qu’il en soit, la catégorie choisie vous le permet, tout comme elle vous permet « closes/orée/taie/s’estompe »

Ce sonnet a vraiment du style et une très bonne tenue, je répète qu’il est dommage de ne pas avoir essayé de pousser encore plus loin l’écriture afin de le présenter en classique…

Cela reste malgré tout une excellente poésie néo-classique à mon sens…

   LeChevalier   
20/4/2026
Je n'avais pas lu ce poème en EL, car son titre me paraissait bien plat. Puisque le texte a passé la sélection, je me suis senti motivé d'en prendre connaissance. Des commentaires élogieux m'ont précédé ; moi, je reste réservé.

Réservé d'abord car il s'agit d'encore un sonnet. Je sais que cette forme a beaucoup d'admirateurs sur le site mais pour ma part j'en suis un peu las, d'autant qu'ici elle est traitée sans aucune fantaisie (ni pour la disposition des rimes, ni pour les longueurs des vers). Cet aspect du texte n'est pour autant pas un défaut objectif ! Non : c'est juste un manque d'originalité.

Certains ont vu une affinité avec le XVIIe s., que je ne reconnais que dans la rime « désir - plaisir » dont ce siècle-là a abusé. Pour le propos, pour la syntaxe, pour le vocabulaire, c'est, à mes yeux, totalement du XXIe s. Aucune pointe non plus : ce procédé est pourtant essentiel pour la préciosité du XVIIe. Ici, il y a plutôt des oxymores : « fièvre obscure », « morne matin » ; ça reste assez timide.

Plutôt que de la préciosité du XVIIe, nous avons de la langueur contemporaine qui se complaît à évoquer le luxe : « vélin » (dans le titre), « porcelaine », « velours » (mot presqu'introuvable chez les auteurs du XVIIe mais très fréquent depuis le XIXe), « reine » (le XVIIe s. parlerait plutôt de princesses que de reines). Pour la langueur un tantinet décadente, nous avons « muet », « frémissant », « se fêler », « s'estomper » et, bien sûr, « effleurer », mot très à la mode de nos jours.

Certaines métaphores sont aussi extrêmement typiques du goût contemporain : « la mémoire tremble », « la peine s'alourdit », « le silence effleure », « froisser le récit » : elles sont toutes coulées dans le moule {nom abstrait + verbe concret}. Le sujet est souvent inversé et placé derrière le verbe pour faire plus poétique.

Au final, je ne regrette pas d'avoir lu ce sonnet avec un peu plus d'attention ; cela m'a permis de comprendre pourquoi il a été aimé par beaucoup de commentateurs. J'attendrai avec curiosité votre prochaine publication, marcolev.

   Myndie   
20/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour Marcolev,

j'ai trouvé plus d'élégance et de délicatesse que de préciosité à ce joli poème qui joue avec finesse sur les contrastes et les oppositions pour nous faire passer, sensuellement, de la douceur à la tristesse et à la froideur.
Le rythme est une merveille de fluidité ; la musicalité évoque le ton de la confidence, le chuchotement même et la richesse du vocabulaire font de vos vers une véritable dentelle.
J'aime particulièrement ceci :
« C’est le temps désarmé, trêve de porcelaine,
Qui se fêle en secret sous l’ombre du plaisir. »
La trêve de porcelaine est vraiment une très jolie trouvaille.
Je ne peux évidemment pas tout citer mais la « fièvre obscure » et « le silence, à mi-voix (qui ravive) par éclats, les confins de l'histoire » me plaisent bien aussi.
En résumé, vous l'aurez compris, je suis conquise. Bravo.

   Ornicar   
20/4/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
Allez ! j'ajoute ma petite note à ce concert de louanges bien méritées.
Voilà "ce qui reste", oui, quand tout est fini. Et le narrateur de confier son spleen et ses souvenirs au velin. Mais ces restes là sont parés des éclats de la poésie.

Les images sont riches et variées, la lecture fluide et musicale. J'ai particulièrement aimé la troisième strophe dans laquelle les objets du quotidien dressent, à la façon d'un constat, l'état des lieux de sentiments qui ne sont plus : "Par un morne matin, la taie froide résiste, / Le nimbe s’estompe, le drap retombe triste / Et froisse le récit enfoui dans le lin". Tout est dit de la trame de ce drame intime et sentimental qui s'est joué là. C'est très visuel et cinématographique. Délicat mais précis, presque clinique. J'aime beaucoup ce regard décentré, cette manière détournée de dire les choses.

   Lariviere   
21/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime bien
Bonjour Marcolev,

J'ai bien aimé votre poème.

Sans grande originalité sur le thème, il se dégage un spleen qui allie classique et moderne sur l'atmosphère d'ensemble grâce à une réalisation plus que convaincante.

J'ai aimé la richesse et la délicatesse qui se dégagent de ce poème avec un ton fin et sensible, un vocabulaire riche, un rythme, de la sonorité et des images faisant effectivement passerelle entre style classique et quelque chose de plus "contemporain".

Sur la forme, je n'ai rien à dire qui pourrait être utile à l'auteur. C'est fluide et maîtrisé.

Merci pour cette lecture et bonne continuation


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