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| Passant75
10/4/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
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Le poème rend hommage à la virtuosité et à l’intensité émotionnelle de la pianiste. L’auteur décrit avec des images très visuelles et sensorielles le jeu de Martha Argerich. Sur « l’ivoire du clavier », les notes jaillissent comme un « fleuve de sang » et les accords font frémir la Pologne rebelle.
Quand finit le morceau, le silence qui suit crée un vertige qui fait que l’âme « se perd au bord du précipice ». Cela rappelle Sacha Guitry qui disait que « lorsqu’on vient d’entendre un morceau de Mozart, le silence qui lui succède est encore de lui ». La forme est riche en métaphores et en figures de style, elle reflète le flux et la virtuosité de la musique. Cependant, certaines longueurs et l’abondance d’images rendent parfois la lecture un peu chargée. L’intensité du poème est palpable, mais le texte pourrait gagner en clarté et en fluidité. Au final, c’est un poème audacieux et vibrant, réussi dans sa volonté de transmettre la force et l’émotion de l’interprétation musicale. Il impressionne par son ambition et sa richesse imagée, même si la densité stylistique peut parfois submerger le lecteur. |
| LeChevalier
10/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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Je voudrais commenter ce poème en espace lecture, afin d'en encourager l'auteur qui s'est attelé à quelque chose que je considère comme très difficile, parler de la musique. Malheureusement, mes connaissances dans le domaine sont faibles, faute d'une éducation poussée, mais j'aime pour autant beaucoup ce qu'on appelle « musique classique ».
Alors, comment l'auteur s'y est-il pris pour nous partager, sous forme poétique, ses impressions d'une interprétation virtuose ? Par des métaphores. Dans le premier mouvement, on retrouve la nature sauvage et, plus précisément, l'orage qui glisse, insensiblement, vers les pleurs. Très bonne idée ! Ainsi l'humain est mis en avant. Les alexandrins et les hexasyllabes sont mélangés pour accentuer l'idée de la cascade. Le deuxième mouvement commence avec le nom. Mais l'interprétatrice était déjà présente avant, par ses doigts. Ici, c'est le regard. Les termes musicaux viennent en masse pour soutenir les métaphores : ainsi, on n'oublie pas qu'il s'agit de musique. Vient aussi la chevelure de l'interprétatrice. Comme dans le mouvement précédent, on termine sur quelque chose de très humain : là, les pleurs, ici, l'enfance. La cauda est de trois hexasyllabes. Troisième et dernier mouvement. Seulement des alexandrins, cela donne plus de « sérieux ». C'est l'envolée vers le sens de la musique : la Pologne, les ressentis de l'auditeur. C'est aussi le bref moment où la musique s'est tue et les applaudissements n'ont pas encore éclaté ! Ce poème est, à mes yeux, une réussite ! La musique est racontée grâce à des métaphores, un vocabulaire spécialisé, mais aussi le corps de l'interprétatrice puisque cet art a aussi sa composante physique. J'aime beaucoup. |
| BlaseSaintLuc
12/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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https://youtu.be/6U2oSL1gFCs?si=QnrK7iqupSFsD8er
Un amoureux mélomane, qui sait parlé des pianistes, surtout des belle brunes ! Envolée amoureuse, pour un morceau de choix. Avec tout mon respect pour l'artiste, moi qui ai l'oreille du rien, la description est parfaite ! |
| Cyrill
19/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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J’ai été emporté par la richesse et la profusion d’images qui émaillent tout le poème. J’y vois une cohérence symbolique, une intention claire de mêler musique et corps dans une montée dramatique d’où surgit une sorte de portrait presque halluciné de Martha.
L’association entre le piano (« ivoire », « clavier », « accords ») et des images presque guerrières ou organiques (« éclats de l’orage », « fleuve de sang », « chevaux d’ébène ») crée une tension intense. Tu ne décris pas simplement une pianiste, tu construis et restitues une scène intérieure où la musique devient combat, débordement, perte de contrôle. Le vers « Le vertige est martial », net et chargé, en donne la mesure. Le passage central autour de Martha fonctionne comme un pivot. Un prénom comme une invocation, qui te permet de faire tiennes ses sensations et tienne aussi la musique de Chopin qui monte encore en intensité : « trille corallin », « rubato », « galops ». Ces galops que j’ai d’emblée entendu martelés dans nombre d’allitérations : cascade, éclats, embuscade, écho, accord, escamote… n’en jetez plus, madame ! |
| papipoete
19/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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Bonjour Myndie
Il est des textes dont seule la fin nous permet de songer - ah oui, je vois maintenant ! il est des textes dont le vocabulaire riche et recherché, d'une seule touche magique nous ouvre tout grand, le spectacle proposé. - voyez, écoutez Martha, cette fameuse pianiste... NB si la strophe centrale est comme un zéphyr, empli de mots techniques, on s'extasie devant ce raz de marée de métaphores, ce jaillissement de sons si mélodieux. La première strophe semble lâcher les chevaux, à l'assaut d'un public à émerveiller, et l'ultime nous offre l'apothéose d'un final où notre coeur subjugué, se rend... Ces dernières lignes sont celles que je préfère. |
| Polza
19/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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J’avais vu passer ce poème en EL, mais ne connaissant pas Martha Argerich, j’avoue ne pas avoir su comment l’aborder et le commenter. J’aime pourtant la musique classique, mais je ne connais pas bien le nom des interprètes, à part évidemment le fameux Gervase de Brumaire de du cultissime film « Préparez vos mouchoirs » de Bertrand Blier !
Entre temps, je me suis vite fait renseigné sur cette artiste et j’ai trouvé une certaine similitude avec Keith Jarrett, notamment par rapport à son plus célèbre album (je pense) The Köln Concert (le concert à l’eau de Cologne !). La même liberté, la même folie d’interprétation, le même génie, etc. Le poème commence sur les chapeaux de roue, la première image est saisissante : « Sous ses doigts blancs et fins bondissent en cascade Les éclats de l’orage, » Rien de réellement problématique, mais question mise en page, j’aurais personnellement encore plus isolé le prénom de Martha, comme si après l’introduction, c’était un autre poème qui commençait… Les termes musicaux sont savamment distillés, sans en faire trop, ni pas assez, et se confondent en parfaite harmonie avec le corps même de l’artiste, je reviens à ma comparaison avec Keith Jarret, ce n’est pas un corps et un piano, ce sont les deux qui fusionnent et ne forment plus qu’une seule et même identité, il n’y a plus d’artiste, il n’y a plus de piano, il y a une transmutation totale, l’alchimie a opéré, le plomb s’est transformé en or, le Grand Œuvre a été réalisé sous nos yeux incrédules et ébahis… « La froideur du silence envahit l’horizon Et mon âme se perd au bord du précipice. » C’est le calme après la tempête, après l’orage, ma boucle est bouclée, mais l’âme en a pris un coup sur la caboche, elle aura certainement du mal à s’en remettre ! Peut-être blessée dans son orgueil resté à la gare Saint-Lazare, l’artiste a-t-elle voulu nous faire voyager dans un train de direction la Pologne pour un périple inoubliable et d’une poésie à couper le souffle… |
| marcolev
19/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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Bonjour,
Les variations dans la métrique des vers crée une fluidité qui sert le thème de la musique. Le titre est en accord avec le texte. Merci de ce beau partage |
| Cristale
20/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
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aime beaucoup
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Bonjour Myndie,
Ce poème est une apparition de feu et de musique où chaque geste devient vibration cosmique. Tu décris le jeu pianistique de Matha comme une déferlante de lumière et de sang. Un piano, une artiste et Chopin dont je suis fan, sous la plume de la poétesse : que demander de plus ? Des vers habités d'un souffle presque sacré comme celui de Martha qui accompagne les notes du bout de ses lèvres. Une bien belle composition, bravo et merci ! |
| Provencao
20/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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Bonjour Myndie,
Douce vibration sous ses doigts blancs enserrée dans une harmonie universelle des créatures qui répond à un ordre céleste. Un délicat moment au souffle supernel. Au plaisir de vous lire, Cordialement |
| Lariviere
21/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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Salut Myndie,
J'ai beaucoup aimé ce poème. Tout d'abord merci de me faire connaitre Martha Argerich. J'aime beaucoup le piano dans la musique classique, autant voire même plus que le violon. Je suis donc content de pouvoir découvrir une artiste qui pour certains est la meilleure pianiste de l'histoire. Dès que je peux, j'irais écouter ses interprétations. Au départ j'ai cru qu'elle était polonaise, mais j'ai lu qu'elle était argentine, naturalisé suisse et j'ai compris que la Pologne était en référence au morceau de Chopin, en plus c'est dit dans l'exergue... Sur la forme, ton écriture est toujours aussi plaisante. Le vocabulaire est riche, de haute tenue. Le style est ample et les très belles images sont à la hauteur de ta volonté de nous faire partager l'émotion et le ressenti des œuvres de la pianiste, en plus de nous la faire connaitre (pour ceux qui comme moi ne l'a connaissait pas). Il se dégage donc du ressenti quelque chose de fort, charnel, une chaleur intense faite de feu et de sang. Au passage, il est intéressant de voir l'opposition qui se dégage selon moi entre cette chaleur de la composition et la froideur du piano, comme instrument, dans son aspect premier. J'ai trouvé la réalisation de la deuxième strophe assez singulière en ce sens que le rythme et le tempo est assez nerveux. Ca colle bien à l'intention de nous faire vivre un morceau de piano de musique classique. Les strophes 1 et 3 qui l'encadrent sont plus douces, équilibrent ton poème, et avec le travail de découpe des vers, donnent à l'ensemble l'effet voulu. Arriver à faire vivre la musique et à en faire ressortir l'émotion profonde au lecteur, dans son rythme et dans un ressenti "visuel" et sensoriel, n'est pas toujours facile à réaliser pleinement. Tu as réussi à le faire parfaitement, avec ce texte d'une grande solidité et cohérence dans sa construction et grâce à la sensibilité hautement communicable de ton écriture propre. bravo ! Merci pour la lecture et bonne continuation ! |
| Myndie
23/4/2026
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Un rappel pour Martha
http://www.oniris.be/forum/un-rappel-pour-martha-t32925s0.html#forumpost489050 |
| Curwwod
23/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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Je ne suis pas un grand fan de poésie libre, aussi je me garde bien de commenter les textes de cette catégorie crainte d'écrire des bêtises puisqu'ils ne correspondent pas à mon esthétique. Le vôtre va donc faire exception. Vous nous offrez un poème très visuel où vous mêlez avec bonheur les effet visuels et musicaux. On peut voir littéralement l'exaltation de la musicienne, les expression de son visage qui se conjuguent avec les effets sonores comme une osmose.
La dernière strophe est particulièrement touchante avec cette sensation de ferveur que vous partagez avec l'artiste et aussi le lecteur. Je n'émettrai qu'une seule remarque : la richesse lexicale qui fait profusion dans votre poème gêne quelque peu la fluidité de la lecture et donc de l'adhésion à votre récit. C'est mon cas et j'aurais aimé que plus de simplicité puisse restituer l'emprise de la musique sur le lecteur. |
| Louis
29/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
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Un monde se révèle sous ses doigts ; mieux, un monde naît sous ses doigts.
Doigts virtuoses. Doigts magiques. Doigts de fée. Mais on le sait d’emblée, les doigts qui s’agitent sont ceux d’une musicienne, d’une pianiste ; ils sont ceux d’ une "interprète". « Sous ses doigts », d’une part se révèle une musique, déjà présente, déjà composée, la pianiste "n’improvise" pas, une partition lui préexiste. Elle interprète un « opus » de Chopin. Mais le compositeur n’est jamais cité dans le poème. Et toute la deuxième strophe sera centrée sur Martha, l’interprète. C’est que Martha ne s’efface pas devant l’œuvre qu’elle joue. Au contraire, elle s’y implique totalement. Elle ne l’a pas créée, mais la re-crée. Elle la fait vivre. Elle ne la transforme pas pourtant, elle ne la trahit pas. Prodigieusement, elle semble résoudre le paradoxe de l’interprétation qui, à la fois, nécessite une dés-implication, une discrétion, une réserve pour ne pas altérer, déformer, mais restituer fidèlement l’œuvre interprétée, et, d’un autre côté, un total engagement, en ce qu’il n’y a pas d’interprétation artistique sans une profonde implication, sans l’intervention de la subjectivité qui s’empare avec passion de son objet et le "joue". Si la pianiste interprète l’œuvre du compositeur, la locutrice, qui est aussi auditrice, interprète poétiquement ce qu’elle entend. Elle interprète en poète une interprétation musicale, non pas par une "traduction", mais, tout comme Martha, la pianiste, elle ne s’efface pas, "joue" les mots sur sa sensibilité, tout en restant fidèle à Martha et à son jeu, sans trahir ni la musicienne ni le compositeur. Ainsi met-elle des mots là où sont produits des sons musicaux, en fait les signes d’un langage par lequel un monde d’images est représenté, en lequel s’expriment pour commencer « les éclats de l’orage » qui « bondissent en cascade ». La musicienne se place d’emblée dans une atmosphère mouvementée et tumultueuse, dans un lyrisme tonitruant. Pourtant la musique n’est pas une mimesis, elle ne copie pas les sons de la nature. Les sonorités entendues, musicales, évoquent dans l’esprit de l’auditrice l’orage qui gronde. Elle interprète, en un double sens, et plus particulièrement dans le sens cette fois qui donne au verbe "interpréter" celui du déchiffrement des signes pour leur donner un sens. Ainsi l’orage est-il un signe, un signe annonciateur, ses « éclats » sont les « prémices de conflit ». Un combat s’annonce. Et toute l’énergie, l’affrontement de puissances qu’il suppose. Et c’est une lutte pour persévérer dans la vie, comme le laisse entendre la fin du poème, un combat héroïque au-delà de tout contexte socio-historique, un combat affirmatif de la vie, une guerre contre les forces noires de la mort, une bataille contre la puissance froide du néant. Le ton est donc « martial », et la peur guette « en embuscade », pas de guerre sans les pleurs et les larmes, « pleurs » présents, mais "escamotés" sous « l’écho des accords » La deuxième strophe déplace l’accent de l’écoute musicale au mode d’interprétation de la pianiste. Le poème ne porte pas intérêt à la disparition de l’interprète pour laisser place à Chopin, mais à son apparition, à sa manifestation subjective dans le jeu de son interprétation. La pianiste, mise en exergue dans un vers qui la met au premier plan, n’est désignée que par son prénom : Martha. C’est dire ainsi qu’elle est considérée comme une intime, non pas qu’elle soit connue personnellement, mais parce que son jeu permet de pénétrer dans son intimité, et pour l’auditrice de s’identifier à sa personne. Dans son implication, Martha s’investit "corps et âme". Corporellement : « le feu de son regard mêle ses étincelles / à l’albe des aigus, concerto de cristal » Une fougue, une ardeur sont manifestées, et l’éclat des yeux de Martha qui étincèlent se mêlent par une étonnante alchimie à « l’albe des aigus » Ainsi les sons musicaux prennent des couleurs. Blancheur des aigus. La fougue produit des braises qui chauffent à blanc ces « aigus », et qui les "cristallisent". Martha semble alors un foyer, un creuset, un fourneau d’alchimiste, athanor des sons, qui permet leur transmutation. Les sonorités, de matière aérienne, volatile, éphémère, se transmutent en matière solide, stable, cristalline. Mais le foyer alchimique qu’incarne Martha s’avère aussi un foyer cosmique, et toutes les matières élémentaires que l’on a imaginées pour soutenir l’univers, dans leurs divers états, s’unissent sous ses doigts pour composer l’œuvre agrandie aux dimensions d’un monde. Apparaît ainsi l’élément liquide sous forme d’un « fleuve de sang », qui « ruisselle », après l’onde sonore de l’air, après la solidité terrienne du cristal, après le feu du regard, avec la fermeté de l’ivoire sur le clavier, où un univers se joue. Un monde apparaît avec ses rythmes et ses couleurs. La blancheur d’ivoire du clavier fait naître le rouge sang d’un fleuve, l’albe des aigus, et « des chevaux d’ébène ». Le monde n’est pas seulement en noir et blanc, une cruauté y réside, en « rouge sang ». Les mouvements sont ceux qui s’effectuent dans les quatre éléments : ça « souffle », ça « ruisselle », et puis les « galops » sur la terre, et le jaillissement des "étincelles" du feu d’un regard. Le clavier est "d’ivoire", bien sûr, et sonne "d’y voir". La musique se colore, dans ses tons et couleurs, par un dynamisme mouvementé. Et puis un doux sourire, « droit venu de l’enfance », illumine le visage de Martha, qui retrouve dans son art, avec plaisir, la rêverie d’enfance d’un monde fabuleux, avec ses chevauchées héroïques, et ses combats épiques. À l’interprétation de la pianiste se surajoute l’interprétation de l’auditrice dans sa vision poétique. L’auditrice, pas plus que la musicienne, ne s’est effacée ; elle s’implique, avec sa subjectivité, dans la musique, qu’elle ne joue pas, mais auditionne et résonne dans le domaine des images et des couleurs. La dernière strophe consacre le pouvoir alchimique de la musicienne, et l’interprète auditrice et poète montre toute son implication dans l’interprétation de la musique de Martha comme un combat magnifié pour la vie. L’écoute de la musique sonne, en résumé, comme un « tourbillon d’or, sonore et flamboyant » « Un tourbillon d’or » : Martha, l’athanor, a transmué en or la matière sonore. Il émane d’elle un « flamboiement », comme éclat et vivacité d’une passion. Les lueurs ouvrent, pour le faire voir, tout un monde à vivre, son rythme et ses couleurs. Si bien que le silence qui vient, fermé sur lui-même, ne peut sembler qu’une « nuit » vide et profonde. La musique était une protestation, « un fervent cri de passion au vide de la nuit » Sur fond nocturne, où rien ne brille, où rien n’enchante, une musique a fait naître avec éclat tout un univers où s’y déploie une chaleur vitale, et c’est pourquoi, lorsqu’elle s’en va, « la froideur du silence envahit l’horizon ». Ainsi : « L’ultime élan qui meurt semble une trahison » Une infidélité est perçue dans les dernières touches musicales, celles en voie de s’éteindre, à ce qu’est la vie, à ce qu’elle devrait être : ardeur, brûlure des passions, et incandescence ; exaltation, impétuosité, et surabondance de l’énergie ; puissance d’exister, et puissance de vie. C’est que Martha ne joue pas simplement une partition, elle joue la vie dans ce qu’elle a de plus essentiel et de plus fondamental : l’énergie, le mouvement, la vigueur ; toute la puissance par laquelle elle cherche à persévérer dans l’être. Martha avait transmuté la musique en or, dans cet or le plus précieux : la vie dans son intensité face au néant et face à la mort. Le ton « martial » était une "marche" pour la vie, dans le seul combat qui vaille, celui de l’affirmation vitale, contre tout ce qui cherche à la détruire. « mon âme se perd au bord du précipice », lance la locutrice pour exprimer son désarroi, quand la musique prend fin. Quand prend fin la musique, c’est une perte d’âme, une âme qui était en osmose avec Martha, avec son corps et son âme musicale qui ne faisaient qu’un. La sensation s’éprouve d’une menace de chute, d’absorption dans un « précipice », gouffre froid et silencieux, auquel laisse place la fin de la musique, du rythme, de l’incandescence, de l’effervescence vitale. Il ne faudrait pas arrêter la musique. Elle ne devrait pas être un "morceau", il faudrait qu'elle soit perpétuelle, la musique. Merci Myndie pour ce beau poème. |
| ervian
13/5/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
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J'aime beaucoup, cela allie la beauté de la musique à celle de la pianiste.
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| Eskisse
14/5/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime bien
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Bonjour Myndie,
Une écriture délicate , précise et comme entrée dans un corset d'élégance : " trille corallin" , " peur en embuscade" , pour dire la passion et la fougue à travers des images pertinentes " le galop des chevaux" . Le lexique de la musique est distillé, juste ce qu'il faut et le personnage est incarné dans ce portrait enlevé. Merci |





