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Poésie libre
Myndie : Martha, ivoire et sang
 Publié le 19/04/26  -  10 commentaires  -  956 caractères  -  157 lectures    Autres textes du même auteur

La Polonaise Op.53 par Martha Argerich.


Martha, ivoire et sang



Sous ses doigts blancs et fins bondissent en cascade
Les éclats de l'orage,
Prémices de conflit, la peur en embuscade.
Le vertige est martial
Et l'écho des accords escamote les pleurs.

Martha.
Le feu de son regard mêle ses étincelles
À l'albe des aigus, concerto de cristal.
Comme un fleuve de sang, un trille corallin
Ruisselle et fait vibrer l'ivoire du clavier.
L'envol d'un rubato au souffle supernel
Libère en longs galops de grands chevaux d'ébène.
Sous l'opulence brune de sa chevelure
Un sourire s'esquisse,
Candide, à fleur de peau,
Droit venu de l'enfance.

Dans un tourbillon d'or, sonore et flamboyant,
Le tempo fait frémir la Pologne rebelle.
Fervent cri de passion au vide de la nuit,
L'ultime élan qui meurt semble une trahison.
La froideur du silence envahit l'horizon
Et mon âme se perd au bord du précipice.


 
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   Passant75   
10/4/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Le poème rend hommage à la virtuosité et à l’intensité émotionnelle de la pianiste. L’auteur décrit avec des images très visuelles et sensorielles le jeu de Martha Argerich. Sur « l’ivoire du clavier », les notes jaillissent comme un « fleuve de sang » et les accords font frémir la Pologne rebelle.

Quand finit le morceau, le silence qui suit crée un vertige qui fait que l’âme « se perd au bord du précipice ». Cela rappelle Sacha Guitry qui disait que « lorsqu’on vient d’entendre un morceau de Mozart, le silence qui lui succède est encore de lui ».

La forme est riche en métaphores et en figures de style, elle reflète le flux et la virtuosité de la musique. Cependant, certaines longueurs et l’abondance d’images rendent parfois la lecture un peu chargée. L’intensité du poème est palpable, mais le texte pourrait gagner en clarté et en fluidité.

Au final, c’est un poème audacieux et vibrant, réussi dans sa volonté de transmettre la force et l’émotion de l’interprétation musicale. Il impressionne par son ambition et sa richesse imagée, même si la densité stylistique peut parfois submerger le lecteur.

   LeChevalier   
10/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Je voudrais commenter ce poème en espace lecture, afin d'en encourager l'auteur qui s'est attelé à quelque chose que je considère comme très difficile, parler de la musique. Malheureusement, mes connaissances dans le domaine sont faibles, faute d'une éducation poussée, mais j'aime pour autant beaucoup ce qu'on appelle « musique classique ».

Alors, comment l'auteur s'y est-il pris pour nous partager, sous forme poétique, ses impressions d'une interprétation virtuose ? Par des métaphores. Dans le premier mouvement, on retrouve la nature sauvage et, plus précisément, l'orage qui glisse, insensiblement, vers les pleurs. Très bonne idée ! Ainsi l'humain est mis en avant. Les alexandrins et les hexasyllabes sont mélangés pour accentuer l'idée de la cascade.

Le deuxième mouvement commence avec le nom. Mais l'interprétatrice était déjà présente avant, par ses doigts. Ici, c'est le regard. Les termes musicaux viennent en masse pour soutenir les métaphores : ainsi, on n'oublie pas qu'il s'agit de musique. Vient aussi la chevelure de l'interprétatrice. Comme dans le mouvement précédent, on termine sur quelque chose de très humain : là, les pleurs, ici, l'enfance. La cauda est de trois hexasyllabes.

Troisième et dernier mouvement. Seulement des alexandrins, cela donne plus de « sérieux ». C'est l'envolée vers le sens de la musique : la Pologne, les ressentis de l'auditeur. C'est aussi le bref moment où la musique s'est tue et les applaudissements n'ont pas encore éclaté !

Ce poème est, à mes yeux, une réussite ! La musique est racontée grâce à des métaphores, un vocabulaire spécialisé, mais aussi le corps de l'interprétatrice puisque cet art a aussi sa composante physique. J'aime beaucoup.

   BlaseSaintLuc   
12/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
https://youtu.be/6U2oSL1gFCs?si=QnrK7iqupSFsD8er

Un amoureux mélomane, qui sait parlé des pianistes, surtout des belle brunes !
Envolée amoureuse, pour un morceau de choix.

Avec tout mon respect pour l'artiste, moi qui ai l'oreille du rien, la description est parfaite !

   Cyrill   
19/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
J’ai été emporté par la richesse et la profusion d’images qui émaillent tout le poème. J’y vois une cohérence symbolique, une intention claire de mêler musique et corps dans une montée dramatique d’où surgit une sorte de portrait presque halluciné de Martha.
L’association entre le piano (« ivoire », « clavier », « accords ») et des images presque guerrières ou organiques (« éclats de l’orage », « fleuve de sang », « chevaux d’ébène ») crée une tension intense. Tu ne décris pas simplement une pianiste, tu construis et restitues une scène intérieure où la musique devient combat, débordement, perte de contrôle. Le vers « Le vertige est martial », net et chargé, en donne la mesure.
Le passage central autour de Martha fonctionne comme un pivot. Un prénom comme une invocation, qui te permet de faire tiennes ses sensations et tienne aussi la musique de Chopin qui monte encore en intensité : « trille corallin », « rubato », « galops ». Ces galops que j’ai d’emblée entendu martelés dans nombre d’allitérations : cascade, éclats, embuscade, écho, accord, escamote… n’en jetez plus, madame !

   papipoete   
19/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour Myndie
Il est des textes dont seule la fin nous permet de songer
- ah oui, je vois maintenant !
il est des textes dont le vocabulaire riche et recherché, d'une seule touche magique nous ouvre tout grand, le spectacle proposé.
- voyez, écoutez Martha, cette fameuse pianiste...
NB si la strophe centrale est comme un zéphyr, empli de mots techniques, on s'extasie devant ce raz de marée de métaphores, ce jaillissement de sons si mélodieux.
La première strophe semble lâcher les chevaux, à l'assaut d'un public à émerveiller, et l'ultime nous offre l'apothéose d'un final où notre coeur subjugué, se rend...
Ces dernières lignes sont celles que je préfère.

   Polza   
19/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
J’avais vu passer ce poème en EL, mais ne connaissant pas Martha Argerich, j’avoue ne pas avoir su comment l’aborder et le commenter. J’aime pourtant la musique classique, mais je ne connais pas bien le nom des interprètes, à part évidemment le fameux Gervase de Brumaire de du cultissime film « Préparez vos mouchoirs » de Bertrand Blier !

Entre temps, je me suis vite fait renseigné sur cette artiste et j’ai trouvé une certaine similitude avec Keith Jarrett, notamment par rapport à son plus célèbre album (je pense) The Köln Concert (le concert à l’eau de Cologne !).

La même liberté, la même folie d’interprétation, le même génie, etc.

Le poème commence sur les chapeaux de roue, la première image est saisissante :

« Sous ses doigts blancs et fins bondissent en cascade
Les éclats de l’orage, »

Rien de réellement problématique, mais question mise en page, j’aurais personnellement encore plus isolé le prénom de Martha, comme si après l’introduction, c’était un autre poème qui commençait…

Les termes musicaux sont savamment distillés, sans en faire trop, ni pas assez, et se confondent en parfaite harmonie avec le corps même de l’artiste, je reviens à ma comparaison avec Keith Jarret, ce n’est pas un corps et un piano, ce sont les deux qui fusionnent et ne forment plus qu’une seule et même identité, il n’y a plus d’artiste, il n’y a plus de piano, il y a une transmutation totale, l’alchimie a opéré, le plomb s’est transformé en or, le Grand Œuvre a été réalisé sous nos yeux incrédules et ébahis…

« La froideur du silence envahit l’horizon
Et mon âme se perd au bord du précipice. »

C’est le calme après la tempête, après l’orage, ma boucle est bouclée, mais l’âme en a pris un coup sur la caboche, elle aura certainement du mal à s’en remettre !

Peut-être blessée dans son orgueil resté à la gare Saint-Lazare, l’artiste a-t-elle voulu nous faire voyager dans un train de direction la Pologne pour un périple inoubliable et d’une poésie à couper le souffle…

   marcolev   
19/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour,

Les variations dans la métrique des vers crée une fluidité qui sert le thème de la musique.

Le titre est en accord avec le texte.

Merci de ce beau partage

   Cristale   
20/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour Myndie,

Ce poème est une apparition de feu et de musique où chaque geste devient vibration cosmique. Tu décris le jeu pianistique de Matha comme une déferlante de lumière et de sang.

Un piano, une artiste et Chopin dont je suis fan, sous la plume de la poétesse : que demander de plus ?

Des vers habités d'un souffle presque sacré comme celui de Martha qui accompagne les notes du bout de ses lèvres.

Une bien belle composition, bravo et merci !

   Provencao   
20/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour Myndie,

Douce vibration sous ses doigts blancs enserrée dans une harmonie universelle des créatures qui répond à un ordre céleste.

Un délicat moment au souffle supernel.

Au plaisir de vous lire,
Cordialement

   Lariviere   
21/4/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Salut Myndie,

J'ai beaucoup aimé ce poème.

Tout d'abord merci de me faire connaitre Martha Argerich. J'aime beaucoup le piano dans la musique classique, autant voire même plus que le violon. Je suis donc content de pouvoir découvrir une artiste qui pour certains est la meilleure pianiste de l'histoire. Dès que je peux, j'irais écouter ses interprétations.

Au départ j'ai cru qu'elle était polonaise, mais j'ai lu qu'elle était argentine, naturalisé suisse et j'ai compris que la Pologne était en référence au morceau de Chopin, en plus c'est dit dans l'exergue...

Sur la forme, ton écriture est toujours aussi plaisante. Le vocabulaire est riche, de haute tenue. Le style est ample et les très belles images sont à la hauteur de ta volonté de nous faire partager l'émotion et le ressenti des œuvres de la pianiste, en plus de nous la faire connaitre (pour ceux qui comme moi ne l'a connaissait pas). Il se dégage donc du ressenti quelque chose de fort, charnel, une chaleur intense faite de feu et de sang. Au passage, il est intéressant de voir l'opposition qui se dégage selon moi entre cette chaleur de la composition et la froideur du piano, comme instrument, dans son aspect premier.

J'ai trouvé la réalisation de la deuxième strophe assez singulière en ce sens que le rythme et le tempo est assez nerveux. Ca colle bien à l'intention de nous faire vivre un morceau de piano de musique classique. Les strophes 1 et 3 qui l'encadrent sont plus douces, équilibrent ton poème, et avec le travail de découpe des vers, donnent à l'ensemble l'effet voulu.

Arriver à faire vivre la musique et à en faire ressortir l'émotion profonde au lecteur, dans son rythme et dans un ressenti "visuel" et sensoriel, n'est pas toujours facile à réaliser pleinement. Tu as réussi à le faire parfaitement, avec ce texte d'une grande solidité et cohérence dans sa construction et grâce à la sensibilité hautement communicable de ton écriture propre. bravo !

Merci pour la lecture et bonne continuation !


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