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| AMitizix
15/7/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
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J’aime bien l’idée du texte : la description d’une journée passée au parc, s’effaçant derrière la mésaventure de ce feuillet qui s’envole, encadrée par l’Angélus (image bien trouvée pour figurer le passage du temps et clore le poème sur son commencement). Le choix d’ancrer le poème dans un cadre spatial clairement défini, et non simplement un lieu « abstrait » (avec la référence au parc Monceau et à sa Naumachie) me plaît. Cela lui donne une incarnation et une puissance supplémentaire. Au bémol près que, pour le non-initié, le vers 6 est difficilement compréhensible (j’en ai levé l’obscurité par une rapide recherche), ce qui est dommage.
L’image du manuscrit enlevé par le vent est jolie, avec la comparaison à la feuille de l’arbre, même si elle me semble un peu faible (ou insuffisamment développée) pour fournir à elle seule la matière principale du texte et de cette journée. Elle m’a fait penser à cette plume qui vole dans le générique de "Forrest Gump" : pourquoi ne pas la voir elle aussi comme une métaphore de l’histoire que le protagoniste s’apprête à raconter ? Je regrette donc que l’histoire racontée par ce poème soit à peine esquissée, sans trouver vraiment de conclusion ou de liant entre le rêveur et son vers. Je trouve généralement les alexandrins bien écrits, même si je suis heurté par certaines tournures qui me semblent maladroites. Ainsi, l’inversion « matinal rêveur » est un peu lourde (« rêveur matinal » étant presque une collocation, l’expression inversée apparaît particulièrement peu naturelle). Il en est de même pour le « déserté de chaleur » du vers 13. De plus, le singulier « un vers » est incongru (n’est-ce pas plutôt une feuille, des vers qui s’échappent ?) ; enfin, je n’ai pas bien saisi le sens du vers 14 et de sa lumière « félonne ». Je souligne en revanche quelques belles trouvailles, notamment le joli « Et l’offre au même exil que la feuille insoumise » et l’écho entre le premier et le dernier vers. AMitizix, en EL. |
| Ornicar
18/7/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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Une belle poésie émane de cette courte pièce. Tout y concourt : la beauté du cadre (le parc Monceau, son bassin, ses colonnades), l'ambiance nocturne et l'heure matinale, empreintes de mystère et d'étrangeté ("la brume attarde sa blancheur / Autour des tilleuls nus qu'une lueur irise"), l'apparente immobilité de la scène qui semble figée pour l'éternité ("Le gel rive au vieux banc le matinal rêveur").
Le seul signe de vie tangible surgit d'un mouvement d'humeur d'une "bise importune" qui fait s'envoler un feuillet de l'une des poches de l'homme au pardessus. Et c'est tout. Autrement dit, rien. Mais de ce rien, de ce non-évènement, l'auteur parvient à en faire un objet infiniment poétique, étirant le mouvement comme dans un ralenti : pas moins de cinq vers pour décrire l'envol et la chute au sol du feuillet soumis au "même exil que la feuille insoumise" - très joli. L'écriture, maitrisée, trahit un sens aigu de l'observation, ou de l'imagination, c'est à dire cette faculté à se projeter dans un ailleurs parfaitement crédible. La scène est très visuelle, d'une grande photogénie. Le format court en renforce l'impact. Le poème se clot comme il a commencé : "Longuement l'Angélus déchire la noirceur" puis à la fin "Lentement l'Angélus referme la noirceur". J'ai particulièrement apprécié le dernier vers du tercet : "Nul témoin n'a suivi sa chute monotone". Ce vers n'est pas de pure forme, il a son utilité, sa finalité. Il fait d'une scène à priori banale quelquechose de rare et précieux, et de chaque lecteur un témoin unique, et donc privilégié. Ainsi, par cette simple mention, le plomb de la réalité se trouve transmuté en or poétique. Habile et bien vu, madame ou monsieur l'alchimiste. Je n'ai pas vraiment ressenti à la lecture la contrainte de la forme fixe. L'inversion au vers 5 ("matinal rêveur") et le raccourci du vers 13 ("déserté de chaleur" pour "déserté par la chaleur") ne m'ont pas géné au regard des nombreuses autres qualités que j'ai trouvées à ce texte. Ornicar |
| Passant75
20/7/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
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Une gérardine qui ne m'a pas pleinement convaincu. Si l’atmosphère hivernale est bien brossée, le texte m'a souvent semblé assez obscur. Le rêveur, sans doute un poète comme le suggère le « vers froissé » emporté par la bise, reste un personnage énigmatique dont la présence manque d'épaisseur. Certaines expressions, comme « souffle ras d'un automne effacé », « lumière félonne » ou « déserté de chaleur », m'ont paru peu naturelles et parfois forcées. J'ai eu le sentiment que la recherche des rimes imposées prenait parfois le pas sur la clarté des images et l'émotion. Qu’ajouter sinon que cette gérardine au parc Monceau m'a davantage laissé perplexe qu'elle ne m'a réellement touché.
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| GiL
22/7/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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Que voilà une belle gérardine, en bonne et due forme ! Présentée en néo-classique : serait-ce à cause de l’insidieux hiatus « feuillet arraché » ? Le Littré en ligne précise que « le t [de feuillet] ne se lie pas dans le parler ordinaire » : autrement dit, a contrario, en poésie classique il ne devrait pas provoquer d’hiatus…
Mais négligeons ces considérations techniques pour parler de l’important : l’atmosphère lugubre de cette aube hivernale où, sur un banc du Parc Monceau, rêve un personnage ; l’ambiance est parfaitement rendue par le vocabulaire, le rythme et le choix des rimes. J’ai été saisi à la lecture par la tristesse du lieu, le froid et la solitude du poète insomniaque. Tout se passe pendant la sonnerie des cloches de l’angélus, la gérardine déroule, comme il se doit, sa courte narration en forme de petit drame vers la conclusion du monostiche final qui reprend – en le renouvelant – le premier vers. Merci pour ce moment de grâce. |
| Myndie
6/8/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
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Bonjour Marcolev
J'ai trouvé beaucoup de douceur à votre poème, une mélancolie très fin de siècle (dans la lignée de Verlaine ou Samain) , visuelle et musicale. Pour être moi-même coutumière des structures en boucle, j'en apprécie particulièrement l'effet insistant, répétitif ou obsessionnel ; ici, le promeneur/rêveur/poète, semble enfermé dans une parenthèse temporelle, dans la bulle de ses pensées et les échos de l'Angélus. La deuxième strophe, ma préférée, saisit avec une délicatesse infinie l'inspiration poétique, fragile et fugitive, intimement liée au romantisme nostalgique du décor parisien. Je pourrais tout citer pour exprimer ce qui me plaît : l'atmosphère subtile du Parc Monceau dans la brume d'un petit matin de gel, le sentiment de froid et d'immobilité (rendu par les sonorités en r et s), le pittoresque des images, et surtout le parallélisme poétique entre le végétal et l'écrit, aussi éphémères l'un que l'autre, emportés par l'automne. Je préfère vous dire tout simplement que votre poème m'a emportée bien loi et m'a fait ressentir des émotions familières. Merci pour cette belle lecture. |
| Boutet
6/8/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
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Une gérardine, dit-on, je ne connais pas tellement cette forme de vers mais ça ne l'empêche pas de nous brosser un joli tableau d'automne. Quel est ce matinal rêveur( je n'aime pas trop l'inversion qui passe mal
et n'est pas trop naturelle) ? Un poète en recherche d'inspiration ou d'écriture ? Un début de poème chassé par le vent comme les feuilles d'automne ? Beaucoup de questionnements dans ce tableau. Un poème plaisant à lire. |
| Provencao
6/8/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
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Bonjour Marcolev,
Le nacré du monde, son écho éphémère et cossu des arcanes du dessous, a besoin de cette parlure qui décrypte la nature hermétique à la raison, c’est pourquoi il est celui de l'histoire, de ces feuilles insoumises, ces mystères universels, qui invitent le sacré entre les mains de l'Angélus. J'ai bien aimé ce Parc Monceau. Au plaisir de vous lire, Cordialement |
| rendu
6/8/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
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Bonjour
Un joli tableau d'un quartier de Paris qui fleure bon la nature et ici la fin de l'automne ou le début de l'hiver. "Le gel rive au vieux banc le matinal rêveur" le vers est beau mais le rêveur ne doit pas avoir bien chaud Le vers froissé qui s'envole du vieux pardessus est une belle image. C'est peut-être Verlaine sur le banc même s'il préférait de beaucoup la chaleur des bistrots. Une lecture plaisante d'un instantané. |
| Polza
6/8/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime beaucoup
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Je n’ai pas tout de suite compris pourquoi ce poème se trouvait en catégorie néo-classique alors qu’il me semblait pouvoir prétendre à la catégorie classique.
Je peux me tromper, mais j’imagine que cela est dû au fait que la géraldine, forme inventée par Quoi qu’il en soit, j’ai apprécié votre poème, c’est ce qui compte en fin de compte ! Ce poème, où en apparence il ne se passe pas grand-chose, m’a fait penser à la magnifique scène devenue culte du film de Sam Mendes « American Beauty » quand Ricky montre sa vidéo sur un sac plastique tourbillonnant dans le vent parmi les feuilles mortes à Jane… Je vous laisse la vidéo avec la musique ainsi que les dialogues en français de cette scène « C’était une de ces journées grises, où il va se mettre à neiger d’une minute à l’autre et qu’il y a comme de l’électricité dans l’air, tu peux presque l’entendre, tu vois. Et ce sac était là en train de danser avec moi, comme un enfant qui m’invitait à jouer avec lui, pendant 15 minutes. C’est là que j’ai compris qu’il y avait autre chose, au-delà de l’univers, plus loin que la vie, je sentais cette force incroyablement bienveillante qui me disait qu’il n’y a aucune raison d’avoir peur, jamais. Sorti du contexte, les images n’ont aucun sens, je sais, mais ça m’aide en m’en souvenir, j’ai besoin de m’en souvenir. Et parfois, je me dis qu’il y a tellement de beauté dans le monde, que c’en est insoutenable, et mon cœur est sur le point de s’abandonner. » J’ai aimé l’opposition entre le premier et le dernier vers, le cycle se referme comme cela se fait pour une géraldine d’après ce que j’ai cru comprendre (même si l’intégralité du premier vers peut-être reprit, mais je trouve le léger changement plus surprenant…) « Longuement l’Angélus déchire la noirceur De la nuit qui s’étire à l’aurore indécise. » J’ai grandement apprécié cette introduction très imagée, très poétique… « Autour des tilleuls nus qu’une lueur irise ; Le gel rive au vieux banc le matinal rêveur. » Cette image m’a fait sourire, c’est expressif, poétique et malicieux en même temps je trouve… « Près de la Naumachie, une importune bise Fouille son pardessus, ravit un vers froissé, Et l’offre au même exil que la feuille insoumise, Livrée au souffle ras d’un automne effacé. » Je trouve qui’l n’y a rien à jeter dans ce quatrain (je ne dis pas qu’il y en a dans le reste de votre poème), les images sont très bien trouvées… « Le feuillet arraché s’élève et tourbillonne, Puis retombe sans bruit sur le gravier glacé ; Nul témoin n’a suivi sa chute monotone. » Vous avez réussi à placer « automne » et « monotone » mais sans les faire rimer, j’ai trouvé ça malin, parce que l’on trouve souvent cette rime en poésie classique.. « L’homme se lève enfin, déserté de chaleur ; » Peut-être est-ce le vers que je trouve le plus faible de votre géraldine, le « déserté de chaleur » ne m’apparaît pas être la meilleure formule que vous pouviez choisir… Un autre petit reproche serait que l’on passe de l’aube au crépuscule à la vitesse de l’éclair, sans qu’il ne s’y passe rien, j’ai eu du mal à imaginer le poète ou le rêveur se cailler les miches à rien foutre toute la journée assis sur un banc du parc Monceau. Mais si je fais abstraction de tout cela, alors comme je vous le disais au début, j’ai apprécié votre poème… |




