Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Forums 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie libre
Robertus : J'ai surpris le ciel
 Publié le 07/08/26  -  5 commentaires  -  730 caractères  -  86 lectures    Autres textes du même auteur


J'ai surpris le ciel



Ce matin j'ai surpris le ciel qui enfantait ce jour



Toutes les étoiles
De la nuit
Se sont rassemblées

Lentement


Cet amas de lumière
avait la fraîcheur d'un

Commencement


Sur la langue du ciel
Les nuages dragées
Ont fondu

Doucement



Ce matin j'ai surpris le ciel qui enfantait ce jour



Sans contraction
Sans douleur et sans

Vagissement


Sur les toits sur les branches
les oiseaux écoutaient en silence

Attentivement


Un vent céleste souffla sur l'ensemble
Et enfanta ce jour

Imperceptiblement


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Ornicar   
27/7/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Dix jours que ce petit poème, tout simple, est dans l'espace lecture. Et toujours pas l'ombre du moindre commentaire ? Alors, frais comme un gardon que je suis après une longue nuit de sommeil réparateur, je me lance.
J'ai vraiment aimé le titre en forme de pochette surprise ainsi que l'entame du premier vers : "Ce matin j'ai surpris le ciel qui enfantait ce jour". L'accroche est bonne et fonctionne. Ca me change des sempiternels couchers de soleil, image de la fin, de la disparition, de la mort parfois, avec tous ses épanchements d'hémoglobine. Ca, le rouge de l'hémoglobine, ajouté à tout ce qui rougeoit en ce moment, je finis par saturer.

Aussi, traiter le lever du jour comme un enfantement est un... enchantement. Question registre métaphorique, c'est même cohérent et tout à fait en phase avec la symbolique relative aux couchers de soleil. Une certaine fraîcheur, légèreté, spontanéité se dégage de ces vers. La personnification des éléments (les étoiles, le ciel, sans oublier le nouveau venu, "le jour", héros de l'histoire et de lui-même) ajoute sa touche de poésie. Parmi les figurants, seuls "les nuages" se retrouvent chosifiés, ravalés au rang de simples "dragées". Pour fêter comme il se doit l'heureux évènement, sans doute ? J'ai bien aimé cette image qui m'a fait sourire. Mais leur a-t-on demandé leur avis, aux nuages ? Avaient-ils au moins eu vent du scipt avant d'être engagés pour ce rôle de composition, mais très éphémère ?

Le premier tercet ("Toutes les étoiles / De la nuit / Se sont rassemblées") a des résonnances bibliques. On ne peut manquer de faire le parallèle entre les étoiles assemblées et les rois mages réunis dans la crèche. Même écho biblique un peu plus loin avec ce "commencement" : "Cet amas de lumière / avait la fraîcheur d'un / Commencement".

J'ai un peu moins aimé, sur la longueur, la série des adverbes. Avec leurs rimes en "ment" et leurs mouvements "lents" ("lentement", "doucement", "attentivement", "imperceptiblement") il m'évoquent une certaine idée de la "gravité", pas seulement au sens figuré mais surtout au sens physique de lourdeur, en contradiction, il me semble, avec la tonalité générale du poème, telle que je la ressens. A l'exception notable de ce "vagissement", qui arrive à point nommé, pour ne pas dire à terme, et qui m'aura bien fait sourire aussi dans cette strophe : "Sans contraction / Sans douleur et sans / Vagissement". Mais il se trouve justement que ce n'est pas un adverbe... Au final, un poème agréable et plaisant à lire.

PS : c'est quand même un drôle d'accouchement et une drôle de maternité, toute "céleste" qu'elle soit. J'espère que la maman et le bébé se portent bien et sont en bonne santé. On verra demain. Le jour d'après.

Ornicar

   Provencao   
7/8/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Bonjour Robertus,

Une délicieuse et délicate naissance en vos vers où surprendre le ciel m'enflamme et m'élève hors de vue dans la vue, là où la langue du ciel n’est plus la rivale, déguisant la même en autres, l’assoiffant jusqu’à la liberté secrète que je ne peux dire " sienne ".

Au plaisir de vous lire,
Cordialement

   rendu   
7/8/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Une manière bien originale de décrire l'aurore et qui a le mérite de sortir de l'ordinaire car si un sujet fut particulièrement souvent traité c'est bien celui-là.
Un petit poème de forme libérée bien agréable à lire.

   Passant75   
7/8/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Toute la famille se réunit quand s’annonce un heureux événement. On a déjà prévu les dragées pour la fête. De plus, l’accouchement s’est fait sans douleur. Pourquoi ne pas emprunter au vocabulaire de l’arrivée d’un bébé, la naissance cosmique du jour ! Je doute que Robertus ait voulu composer une nouvelle version de la Genèse, mais je n’ai pu m’empêcher d’y penser.

Cela étant, cet enfantement baigne dans une sereine délicatesse, pas même un vagissement qui, d’ordinaire, permet de témoigner de la vitalité du nouveau-né. Un bémol tout de même, pourquoi répéter le verbe « enfanter » trois fois, c’est, à mon goût, une fois de trop. Par ailleurs, pourquoi considérer qu’assister au lever du jour, fait au demeurant assez banal, pourrait constituer une surprise ?

Mais ce qui a finalement retenu mon attention, c’est justement cette invitation à regarder autrement ce qui nous est devenu familier. Le lever du jour cesse d’être un phénomène ordinaire pour devenir une naissance silencieuse, presque miraculeuse. Par la douceur de ses images, Robertus transforme ainsi un simple commencement en un instant d’émerveillement. Tout cela se laisse lire ... tranquillement !

   Pussicat   
9/8/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Comment dire, me voici surprise, comme le ciel, prise dans une ambivalence, sur-prise même. Ambivalence de sensations, de sens, de directions à prendre (il y a un commencement, une fin, de quoi parles-tu ? Ça, c’est pour moije, une façon de ne pas perdre le fil) 

« Toutes les étoiles / De la nuit » évidement me dis-je, toutes les étoiles se sont rassemblées, elles n’ont pas été rassemblées, elles se sont rassemblées mues par une force, quelque chose à venir, quelle est cette force ?

Mais « De la nuit », pourquoi cet ajout ? C’est précis, ce sont les étoiles de la nuit, pas d’autres. C’est intriguant. Cela installe l’action dans le temps : ce sont « les étoiles / De la nuit ». C’est rassurant, finie l’intrigue.

« Cet amas de lumière / avait la fraîcheur d'un » enjambement, ouche, ouche, audacieux, impérieux même, s’agissant d’un « Commencement ».
amas glisse vers une matière encore informe, non définie, comme quelque chose en train de… ce n’est qu’un amas, c’est la vie, mais c’est informe, ce n’est qu’un amas, qui comme tout « Commencement » est frais, nouveau.

J’avoue un arrêt/pause sur ces vers et son enjambement, votre texte se déplie ainsi, sur enjambement adverbial rimé « Sans contraction / Sans douleur et sans / Vagissement », parce que j’ai tiqué, et l’ambivalence a commencé a me titiller. Si je saisissais le jour qui se lève en miroir d’une naissance libellée animale (Vagissement), je tiquais sur l’absence de contraction et de douleur, au singulier.  

« Imperceptiblement » est perturbant. Le jour qui se lève provoque des perceptibles, selon sa nature et l’état dans lequel on le vit, le prend. Ou, c’est un matin comme les autres et le jour se lève, imperceptible, sans rien d’extraordinaire l’accompagnant, c’est à dire qu’on n’y prend même pas garde, on s’en fiche, on n’y pense pas. Or c’est tout l’inverse du thème que je pense saisir.

Et reviennent, en retour ces vers « Sans contraction / Sans douleur et sans / Vagissement ». Donc, qu’a t-il d’extraordinaire, ce jour qui se lève, imperceptiblement, sans violence, sans cris, sans mouvement ?
 
J’avoue également une fatigue de lecture aux enjambements refrain en adverbe, une insistance imprimée que je comprends mais qui a fini par me lasser.

Je retiens le titre et le vers qui le reprend et l’enserre : « Ce matin j'ai surpris le ciel qui enfantait ce jour », toutefois, le retour du verbe en toute fin, au passé composé « enfanta », revêt une sensation de « trop » dans la lecture, comme une répétition qui n’aurait pas lieu d’être.

Je retiens « Sur la langue du ciel / Les nuages dragées / Ont fondu / Doucement » belles trouvailles !

A bientôt de vous lire,


Oniris Copyright © 2007-2025