Page d'accueil   Lire les nouvelles   Lire les poésies   Lire les romans   La charte   Centre d'Aide   Forums 
  Inscription
     Connexion  
Connexion
Pseudo : 

Mot de passe : 

Conserver la connexion

Menu principal
Les Nouvelles
Les Poésies
Les Listes
Recherche


Poésie contemporaine
Ramana : De quoi donc as-tu peur ?
 Publié le 05/08/26  -  12 commentaires  -  1069 caractères  -  163 lectures    Autres textes du même auteur


De quoi donc as-tu peur ?



Depuis mille ans déjà, le fleuve nonchalant
Déroule ses lacets sur la plaine repue.
Sur ses rives les joncs, témoins de son allant,
Se plaisent en ses eaux, manne ininterrompue.

Sous le dôme des cieux, des oiseaux au long cours,
Ivres du bleu d’azur, portent dans leurs sillages
Les écumes des mers, et du vent les amours
Quand il fait ondoyer l’infini des herbages.

Dans la douce chaleur immobile du soir,
L’expansion des sens ouvre soudain l’espace
À des flots de silence où viennent s’émouvoir
Les rêveurs éperdus dans le jour qui s’efface.

Lorsque la nuit tombée invite le regard
À se noyer au cœur des astres innombrables,
L’âme y voit son reflet sans voiles et sans fard
Et connaît un instant ses causes ineffables.

Hommes, bêtes et dieux, gloire des soleils morts,
Tout n’est qu’impermanent, mais sans fin recommence,
Car l’orchestre majeur intime ses accords
Au jeu sempiternel des êtres en cadence.

De quoi donc as-tu peur ?


 
Inscrivez-vous pour commenter cette poésie sur Oniris !
Toute copie de ce texte est strictement interdite sans autorisation de l'auteur.
   Polza   
16/7/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Juste après avoir lu ce superbe poème, j’ai aussitôt pensé à ce passage de Rabindranath Tagore dans « L’offrande lyrique »


« Mort, ta servante, est à ma porte. Elle a franchi la mer inconnue ; elle m’apporte ton appel.

La nuit est sombre et mon cœur est peureux —
pourtant je saisirai la lampe ; j’ouvrirai les vantaux et j’inclinerai mon accueil. Car c’est ta messagère qui se tient devant ma porte.

Mains jointes, je l’honorerai de mes larmes. Je répandrai le trésor de mon cœur à ses pieds.

Et elle s’en retournera, son message accompli,
laissant sur mon matin son ombre sombre ; et dans la maison désolée rien ne restera plus, mon Seigneur, que moi-même à t’offrir en suprême don. »

Ça commence comme un poème agreste et ça se termine presque comme un poème panthéiste… le narrateur s’adresse aux hommes, aux bêtes et aux dieux comme si lui-même semblait ne pas en faire partie, comme si c’était la voix du narrateur qui, subitement (« De quoi donc as-tu peur ? »), m’interpellait directement, ou comme s’il s’agissait d’une conscience universelle dépassant les hommes, les bêtes et les dieux…

Les images sont d’une grande force poétique et l’écriture d’une grande maîtrise… on me dirait là maintenant tout de suite que ce poème est de LeChevalier que je n’en serais pas vraiment surpris, mais s’il est d’un ou d’une autre onirienne, j’ai vraiment hâte de découvrir lequel ou laquelle…

Je pense également à Maître Eckhart

« Si tu as peur de la mort, si tu te cramponnes trop tu vois des démons qui t’arrachent à la vie, mais si tu as fait la paix en toi, alors ces démons deviennent des anges qui t’affranchissent du poids de la terre… Tout dépend de la façon dont tu vois les choses »…

ou à Angelus Silesius

« Je ne crois à nulle mort : que je meure à toute heure du jour,
Chaque fois j’ai trouvé vie meilleure. »

Je ne vais pas écrire tout ce que votre poème m’évoque, sinon, il faudrait que je parle des « Pensées » de Pascal et je ne sais combien d’autres philosophes encore ! allez, puisque vous insistez, une petite citation pour la route !

« Par l’espace, l’univers me comprend et m’engloutit comme un point, par la pensée je le comprends. »

Désolé de vous commenter davantage par citations que par mes propres réflexions, ce n’est vraiment pas pour faire mon intéressant (d'ailleurs ce n'est peut-être pas si intéressant que cela), mais comme je dis toujours, quand je trouve un poème aussi abouti et poétique, j’ai tendance à m’effacer devant lui, je ne sais plus trop quoi dire, d’ailleurs je ne dis plus rien…

   Passant75   
18/7/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime un peu
J’ai d’abord été séduit par la beauté des images et la fluidité de l’écriture, ce qui a pour effet d’installer une atmosphère propice à la méditation. Un détail de musicalité m’a toutefois heurté ; le vers « Sous le dôme des cieux, des oiseaux au long cours » produit, à mon oreille, une sorte de zézaiement par l’enchaînement des sonorités en « zo » (« des zou a zo zo… »), ce qui alourdit légèrement la diction et rompt momentanément la fluidité recherchée. Cette réserve m'est apparue cependant mineure au regard de la qualité générale de l’écriture.

En revanche, le raisonnement qui conduit à la conclusion m’a laissé plus réservé. En effet, si la nature baigne dans l’harmonie et que tout est merveilleusement cyclique, il n’y aurait donc aucune raison d’avoir peur. La démonstration m’est apparue incomplète, voire un peu rapide.

La nature est idéalisée, tout y est calme et équilibré. Cette accumulation d’images positives me semble quelque peu biaisée, car la violence, les catastrophes et le chaos sont totalement absents de cette vision contemplative. Or, la vie c’est aussi le lieu de la destruction, de la souffrance et de la mort. En faisant abstraction de cette réalité, le poème propose une harmonie davantage affirmée que véritablement démontrée. Dès lors, la question finale, « De quoi donc as-tu peur ? », me paraît perdre une partie de sa force. Elle me semble davantage relever d’une évidence énoncée, presque d’une injonction que de l’aboutissement logique d’un cheminement poétique. J’aurais trouvé la conclusion plus convaincante si le texte avait d’abord reconnu qu’il existe des motifs légitimes de peur, avant d’inviter à les dépasser.

   Boutet   
5/8/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime un peu
Le texte est très bien écrit, c'est une certitude mais il me manque, personnellement, une compréhension.
Pour moi qui aime que la poésie délivre un message, et bien ce message s'il existe je ne l'ai ni reçu, ni compris et c'est dommage. Peut-être l'éternité incarné par ce fleuve nonchalant ?

   Provencao   
5/8/2026
trouve l'écriture
aboutie
et
aime bien
Bonjour Ramana,

J'aime ce titre qui à mon sens, me laisse supposer qu'il reste et que cela présage des journées et des nuits qui ne sont pas rien, et que nous sommes : tout est vie, tout invite à, tout émeut... il y a quelque chose, c’est ce que nous pourrions appeler l’âme du devenir, et qui nous protège de la négation.

Ne subsiste -t-elle que pour et par une moralité ou conscience? où doit-on estimer qu’il y a un temps fidèle dans la nature, qui pourrait ou pas féconder la peur ?

Au plaisir de vous lire,
Cordialement

   rendu   
5/8/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime bien
Un très bel écrit où les vers s'enchainent dans une grande fluidité et une belle description. Par contre, je ne vois pas bien le rapport entre le titre et le poème. Peur de la mort inévitable ? Je ne saisis pas.
Un très beau poème dans son écriture mais moins dans sa compréhension, du moins en ce qui me concerne. Peut-être qu'un exergue m'aurait aiguillé ? L'auteur nous en dira plus en forum.

   Pussicat   
5/8/2026
Le premier quatrain installe le décor, le date, et décris une nature dont éléments se réjouissent de sa source nourricière. J’ai commencé à tiquer sur la suite, que je trouve chargé «  dôme des cieux / écumes des mers / vent les amours / ondoyer l’infini des herbages. (j’entends que le vol des oiseaux est si bas et si puissant qu’il modèle les herbes… j’apprécie : « portent dans leurs sillages / Les écumes des mers », bien trouvé ! « mais « et du vent les amours » qu’est-il ? Sont-ce les oiseaux « Ivres du bleu d’azur / et du vent les amours »?), j’avoue ne pas avoir saisi les vers 6, 7 et 8 dans leur continuité.

Une « chaleur immobile » intéressant, mais « L’expansion des sens » me trouble d’autant que le vers semble claudiquer – voilà que je fais l’exégète… (je te tiens à l’œil Pussicat !) à moinsse que l’ex-pan-si-ion.

En vérité, plus je lis votre texte et plus je m’égare, je vais m’arrêter là. Je ne saisis pas le propos, sinon le tableau d’une nature - Maître des lieux si ce n'est Maître en Tout - devant laquelle chacun, chacune, ne cessera de s’émouvoir, son pouvoir est si puissant et inspirant, mais le titre m’intrigue tant qu’il ne semble pas correspondre au contenu. J’ai cherché mais n’ai pas trouvé les correspondances.

à bientôt de vous lire,

   Cristale   
6/8/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bonjour Ramana,

Merci pour ce poème, une peinture dirais-je même, qui évoque 'harmonie universelle où chaque être et chaque élément naturel éphémères apportent leurs petites touches de couleur au mouvement éternel.

Une versification excellement régulière qui, sauf erreur de ma part, aurait mérité la catégorie classique et je regrette ce dernier vers en écho du titre qui vient rompre le tempo pourtant quasi parfait du rythme et de la résonnance des rimes et qui ferme l'accès au classique.
D'autant plus que le titre initial plane au-dessus du poème jusqu'au dernier vers, comme une question posée à soi-même qu'il n'était pas nécessaire de réitérer. Je connais la réponse, et vous ? :)

Ma notation, exceptionnellement, s'oblige à faire abstraction de ce détail au vu de la beauté picturale des vers.

   Polza   
6/8/2026
Bonjour Ramana, je rajoute une apostille à mon commentaire. En général j’édite et je rajoute en bas de mon commentaire, mais je veux être sûr que vous lisiez ces quelques mots en plus.

Je pense que votre poème est typiquement le genre de récit où chacun voit ce qu’il a envie de voir. Je m’explique avec un conte de Bruno de La Salle qui s’intitule « L’orage »…

« Il avait essuyé un terrible orage, alors qu’il traversait une forêt.
Pris au dépourvu, il avait cherché un abri et trouvé une misérable cabane habitée par un couple de vieilles gens.

Il avait été accueilli comme un prince. Malgré leur pauvreté, les deux vieux
lui avaient donné de quoi se changer, se chauffer, se nourrir, et un
lit pour dormir, sans rien lui demander en échange.

Aussi, le lendemain, était-il parti en les remerciant du mieux qu’il pouvait,
mais en se promettant de revenir leur apporter un cadeau. Il avait
remarqué qu’il n’y avait aucun miroir dans la maison. Il en acheta
un dans la ville voisine et retourna le leur donner.

Quand il arriva, la vieille était partie, et il donna donc le cadeau
au vieux. Celui-ci s’en alla ouvrir son cadeau, il n’avait jamais vu
de miroir de sa vie, et le regardant, il pensa voir là le portrait de
son vieux père, et il en fut tout réjoui, réjoui à en pleurer de bonheur.
Croyant que ce portrait ne pourrait intéresser personne d’autre
que lui, il s’en alla le cacher dans le grenier sans rien dire à sa
femme.

Et chaque fois qu’il pensait à son père, il s’en allait dans le
grenier contempler ce qu’il croyait en être le portrait.
Sa femme fut intriguée par ce manège. Un jour qu’il était parti,
elle monta, à son tour, dans le grenier voir ce qu’il pouvait bien y
cacher et elle découvrit le miroir. Elle n’en avait jamais vu non plus.
Elle crut y voir tout autre chose que ce que croyait y voir son époux.

– Je savais bien qu’il me trompait, s’écria-t-elle, mais cela m’est
bien égal, parce qu’elle est laide et encore plus vieille que moi !

Et puis elle n’en parla plus, mais les relations des deux vieux se
dégradèrent.

Elles se dégradèrent à tel point qu’un garde champêtre qui était
de leurs amis et ignorant tout autant qu’eux les objets de notre
civilisation s’en inquiéta et, les réunissant, leur demanda ce qui se
passait.

Les deux vieux lui montrèrent l’objet qui était à l’origine de
leur discorde, et le garde champêtre, regardant le miroir dans
lequel se reflétait son image, ne put que constater qu’il ne comprenait rien, lui non plus, car ce qu’il voyait, lui, c’était un garde
champêtre. »

Si dans un premier temps je n’ai pas compris pourquoi votre poème n’avait pas plus de succès, dans un deuxième temps, j’ai repensé à ce conte et je me suis dit que le plus important pour moi c’était que votre poème éveille une résonance au plus profond de mon être…

Je suis quelqu’un de naturellement anxieux, angoissé par la vie et par la mort, aussi, « De quoi donc as-tu peur » me parle !

Ce poème était présenté en classique et se retrouve en poésie contemporaine pour la raison évoquée par Cristale. Je trouve cette histoire de règle sur le rythme stupide, mais ce n’est pas une critique envers le choix de catégorie du CE puisque cette règle existe depuis bien plus longtemps que la création d’Oniris.

Quand je lis des poèmes en néo-classique qui s’autorisent pas mal de transgressions par rapport à la poésie classique, je trouve dommage qu’un seul changement de rythme (et il faut préciser qu’il est volontaire) ne vous donne pas accès à la catégorie souhaitée par vous même…

Ceci étant dit, pour ma part et contrairement à Cristale, la réitération du titre dans le dernier vers me paraît indispensable. Cela ne veut bien évidemment pas dire que j’ai raison et que Cristale a tort, c’est une question de conception personnelle…

En fait, ce que je souhaitais surtout rajouter à mon premier commentaire, c’est qu’après avoir lu et lu votre poème, je n’ai pas compris pourquoi dès ma première lecture je n’ai pas pensé à évoquer « Siddhartha » de Hermann Hesse que j’apprécie énormément (et le livre et l’auteur). En particulier le chapitre sur le fleuve et le passeur…

Il y a un côté méditatif dans votre poème que j’aime considérablement, cela m’apaise, mais j’imagine que vous n’avez pas choisi votre pseudonyme, Ramana, pour rien !

Pour finir, votre poème m’a également fait penser à Jiddu Krishnamurti dont je vous laisse 2 citations en guise de conclusion…

Si cela était autorisé, je remettrais que je trouve l’écriture très aboutie et que j’aime beaucoup !

Comprendre l'ensemble de la vie

Vous devez comprendre la vie dans son ensemble, et pas seulement une partie. C’est pourquoi vous devez lire, c’est pourquoi vous devez regarder le ciel, c’est pourquoi vous devez chanter, danser et écrire des poèmes, et souffrir, et comprendre, car tout cela est la vie.
 
Ce n'est que lorsqu'il n'y a pas de peur que l'on peut demander s'il y a un dieu

Lorsqu’il n’y a pas de peur, l’esprit est dans une dimension tout à fait différente. Ce n’est qu’alors que l’on peut se demander s’il y a un Dieu ou non.

   AMitizix   
6/8/2026
trouve l'écriture
convenable
et
aime un peu
Je n’ai pas trouvé ce poème désagréable à lire, mais je n’ai pas été véritablement accroché.

La description de cette nature apaisante me semble chaleureuse et maîtrisée, en général. Les alexandrins sont le plus souvent fluides et agréables à l’oreille, mais il y a tout de même plusieurs tournures qui me heurtent : « des oiseaux au long cours » (la double liaison en « z », et le « z » d’oiseaux au milieu, est malheureuse), « et du vent les amours » (je trouve l’inversion un peu trop brutale), « sans voiles et sans fard » et « ses causes ineffables » (à chaque fois, la liaison en « z » pour les pluriels de « voiles » et « causes » est assez désagréable, surtout pour « causes » qui compte déjà un son « z »). Enfin, l’apposition « manne ininterrompue » du vers 4 me semble assez incongrue, je n’en saisis pas bien le sens. Le poème est assez long, ce qui dilue un peu mon inconfort de lecteur, mais je trouve que l’avant-dernier quatrain en particulier en sort diminué, c’est dommage.

Malheureusement, même si le poème se lit sans déplaisir, je n’ai pas été touché par ce tableau auquel pourtant je n’ai pas grand-chose de tangible à reprocher si ce n’est les quelques points que je viens de mentionner. Pour moi, il manque ce « quelque chose », ce souffle qui fait la puissance d’un texte, qui le rend capable d’atteindre le lecteur ; et ce, même quand il est volontairement, comme c’est le cas ici, très descriptif (j’avais parlé de tableau d’ailleurs).
Je remarque pourtant la progression du texte, de la description des deux premiers quatrains vers une sorte de narration descriptive dans les deux suivants (avec l’introduction du temps, qui progresse du « soir » à la « nuit ») ; le tout fermé par les cinq derniers vers en forme d’appel ou d’hommage plus « métaphysique » (on sort d’ailleurs de la description ici, le terme de tableau n’est peut-être pas le plus approprié finalement). Je trouve cette construction très habile, bien menée et rigoureuse. Malgré tout, ça ne fonctionne pas pour moi…
Peut-être manque-t-il plus d’incarnation (le péril de la description poétique étant toujours paradoxalement l’abstraction), de musicalité (que je n’ai pas vraiment sentie), plus d’effets de style ? Je ne saurais pas vraiment dire pourquoi je passe à côté. En tout cas, le tout m’a paru un peu trop plat ou monotone.
J’ai lu rapidement les autres commentaires qui prouvent que ce texte en a touché plus d’un, et d’ailleurs je vois le potentiel qu’il avait de me toucher aussi ; mais l’écriture n’a pas réussi à emporter ma sensibilité.

Il n’en reste pas moins que j’aime bien l’idée derrière le poème (même si je suis réduit à l’apprécier en tant que concept et non en tant que poésie) ; et puis il y a quelques vers que j’ai bien aimé, et surtout ce « Tout n’est qu’impermanent, mais sans fin recommence », magnifique, une formule excellente pour dire l’essentiel de la philosophie du texte. Allez, j’ose le dire : j’ai rédigé tout ce commentaire rien que pour le plaisir de signaler à l’auteur que ce vers m’a marqué, j’adore ! Alors, même si le reste ne me convainc pas, je ne boude pas ma lecture, loin de là. D’ailleurs, j’ai bien aimé le dernier quatrain et l’apostrophe finale dans leur ensemble (touchante – vraiment – manière de dire la sagesse propre à l’auteur, ou en tout cas à son narrateur, même si la partager est une affaire non résolue) ; comme quoi, c’est surtout à la description que je n’ai pas accroché, non à tout le texte.

Merci pour ce partage !

   LeChevalier   
6/8/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
C'est un excellent poème à la vérsification purement classique. Certes, il y a un ajout à la fin, qui sort des habitudes, mais quand on compare ce poème avec les autres de la catégorie « contemporain » onirien... eh bien, c'est le jour et la nuit ! Du coup, la catégorie « contemporain » n'a aucune homogénéité, elle est une sorte de poubelle... Mais, attention ! Il ne faut pas croire qu'on y trouve des ordures !! Loin de là, ce poème est une perle, comme celle que le coq trouve sur un fumier dans une fable de La Fontaine. D'ailleurs, il y a une fable de cet auteur qui contient un vers blanc (qui ne rime avec rien).

Alors, pourquoi la vérsification des quatrains est-elle classique ?
* rimes qui respectent les contraintes graphiques des consonnes susceptibles de faire liaison ;
* césures après la 6e syllabe ;
* diérèses parfaitement respectées (et c'est sans doute l'écart le plus significatif avec ce qu'on peut appeler vérsification contemporaine) ;
* tous les e muets traités comme il se doit ;
* consonnes muettes au milieu du vers prises en compte.

Maintenant, pour le fond. Si pour la forme on est forcément objectif, pour le fond on ne peut qu'être subjectif. Et moi, personnellement, j'ai beaucoup aimé. C'est un vrai poème qui fait réfléchir, une sorte de méditation. Les éléments de la nature ne sont pas juste décrits, leur présentation est empreinte d'une recherche de sens mystique, qui devient explicite dans la dernière strophe. Je ne vais pas analyser vers par vers, mais on y trouve tout : la majesté de la nature minérale, l'étendue du ciel, le foisonnement de la vie, les êtres spirituels, invisibles aux yeux mais perceptibles dernière le rideau de la nature matérielle. Cela me fait penser au psaume « Coeli enarrant gloriam Dei ».

L'ajout « hors œuvre », un hémistiche qui pourrait faire penser à un vers inachevé, me paraît très clairement une négation de la peur de la mort, mais aussi de la peur de la nature sauvage, si typique du citadin du XXIe siècle, stressé à l'aspect d'une araignée domestique.

Mon vers préféré est dans la troisième strophe : « l'expansion des sens ouvre soudain l'espace ».

Merci beaucoup et bravo pour ce magnifique poème où tout est beaute !

   Cyrill   
8/8/2026
trouve l'écriture
très aboutie
et
aime beaucoup
Bjr Ramana.
C’est un poème impressionnant. D’emblée inquiétant avec le titre, puis on l’oublie un peu en amorçant la lecture tant le propos respire la sérénité. Chaque quatrain recèle son petit joyau, là une « manne ininterrompue », ici « l’infini des herbages »… Plus loin « rêveurs éperdus dans le jour qui s’efface ». De bien belles images, très suggestives.
les voyelles ouvertes et nasales donnent de l’ampleur au tableau, on voit presque un bras généreux montrer dans un geste large tout un panorama.
Mais le poème ne s’en tient pas à la description pure, lentement il glisse de la position contemplative à la mystique réflexive – panthéiste, Polza a lâché le mot. La question finale, que soit dit en passant je ne cesse de retourner dans mon esprit – est amenée très progressivement et presque subrepticement, alors qu’on se croyait bientôt sauvé par le gong, ou du moins exonéré d’y apporter une réponse. Mais non, la voilà, implacable, et ce demi-alexandrin est du plus bel effet, et très malin, parce qu’il prolonge forcément le poème.
Mais avant, combien de tourments existentiels sont passées par l’esprit, entre ce déploiement de la nature et cet inventaire profus (« Hommes, bêtes et dieux, gloire des soleils morts ») !
Faut répondre à la question ? Je ne crois pas nécessairement, l’important, semble me dire le poème, c’est de contempler et de se questionner. Quoiqu’il en soit et même si « Tout […] sans fin recommence », je ne sais pas jusqu’à quel point notre planète pourra recommencer ses cycles, ça me paraît bien compromis. Au delà de ma propre mort, cette peur-là est bien réelle.
Je suivrai avec grand intérêt les prolongations... non, les prolongements, en forum, et cela même si la réponse est peu ou prou dans la façon de poser la question.
Bravo, et merci pour le partage.

   Ramana   
8/8/2026


Oniris Copyright © 2007-2025