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Poésie libre
mattirock : Onze
 Publié le 12/10/15  -  8 commentaires  -  3420 caractères  -  122 lectures    Autres textes du même auteur

XI. Onze, deux uns, miroir de l'unité.


Onze



I – MOULINS À VENTS

La nuit dernière je me suis battu
J’étais seul
Ils étaient sept milliards trois cent soixante-cinq mille
Neuf cent vingt-huit.
Cela devient usant
De s’en prendre au monde entier.

II – BATAILLE

Les poings fermés
Le bout des doigts
Contre les paumes
Les yeux ouverts
Le bout des cils
Contre tes poings.

III – HACHE

Tant d’embûches
Pour si peu de feu.

IV – LAIT FRAIS

Hier soir le Livreur De Problèmes est venu
Le même livreur que d’habitude
Celui que je croise
Tous les matins
Il m’a apporté ma dose
De problèmes
Faut dire que je me la coulais douce
Depuis quelques semaines.
Je l’ai remercié
Et l’ai envoyé chez mon voisin
Que j’aime bien.


V – Mr MOJO RISING

Elle avait un casque de moto
Un casque de moto de course
Un casque de moto de course avec une visière
Une visière de course.
Un blouson en jean
Qui lui écrasait la poitrine
Sa poitrine
De course.
Un futal qui lui serrait les jambes
Et lui bouffait les fesses.
Elle avait un casque de moto
Un casque de moto de course.
Quand elle a enlevé son casque
Son casque de moto de course
J’ai vu les cicatrices immondes
Et les blessures immuables
Qui lacéraient béantes
L’intérieur de ses yeux
Ses yeux de moto de course.

VI – DIALOGUE

La lumière :

« Ce n’est pas que j’ai peur du noir
J’ai pas peur du noir.
C’est que je le déteste.
Je hais la nuit.
Comme on aime à la folie.
Comme on aime jusqu’à la folie.
Je n’en ai pas peur
Mais si je pouvais attraper
La fin du jour
Je l’embraserais de passion
Avant de lui planter mon poignard dans le dos.
Je n’ai pas peur du noir
Mais je le hais.
Je l’aime.
À la folie.
Je le hais. »

L’Ombre :

« Il n’existe que deux choses qui laissent à la lumière
La place qu’elle exige :
Les fissures
Et la nuit. »


VII – VOLEURS

Crocheter les portes
Des étoiles
Voler leurs diamants
Aux dieux.

VIII – AMANTS

Crocheter les portes
Des étoiles
Se réfugier
À l’intérieur.

IX – ROIS

Crocheter les portes
Des étoiles
Et se rappeler
Qu’on a la clé.


X – LES FRUITS DES FENDUS

Tu m’avais dit
Qu’on irait manger les fruits
Des fendus.
Tu m’avais dit
Qu’on s’aimerait la nuit
Défendue.
Tu m’avais dit qu’on irait
Jusqu’au bout du chemin
Tu m’avais dit qu’il serait
Le plus beau des chemins
Et quand je nous vois aujourd’hui
Je comprends
Que tu n’avais pas menti.

XI – FANTÔME

Décale-toi
Pendant que j’ouvre les grilles
Viens
Rentrons sur le petit terrain
Regarde le petit étang
Vois le gué et sa rivière
Qui coule doucement
Qui bruisse en chuchotant.
Le soleil est doux
La bise est chaude.
Là-bas, tu vois la cabane ?
Et ici, nos reflets dans l’étang.
Tu vois, à ta gauche cet homme qui sourit ?
C’est moi.
Ne m’oublie pas.


 
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   Mauron   
23/9/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément ↑
Un véritable univers poétique, à la fois fantasque et suggestif, des jeux de mot enfantins et assez drôles. L'ensemble est souriant mais n'est pas dénué d'inquiétude. Le dialogue entre la lumière et l'ombre le montre bien et surtout le plus beau de tous ces petits poèmes, celui de la motarde. J'aime beaucoup les embûches et le feu, le livreur de problèmes, ce sont de vraies inventions poétiques, à la fois quotidiennes et fantaisistes. Révélatrices et éclairant des ombres. J'aime cet univers parfois petit, mais qui va jusqu'aux étoiles. J'aime beaucoup également cette motarde, cette moto, ces cicatrices qui montrent la fissure sous l'apparente tranquillité. Le dialogue entre la lumère et l'ombre me paraît également assez juste.

Je ne suis pas sûr que Onze soit le bon titre, il est formaliste et alambiqué alors que les textes ne le sont pas du tout et ne cherchent pas à "faire poème"... Bien sûr, qui dit miroir, dit forcément unité brisée, et ce 11 est donc un un qui se répète (et qui donc se renie) et une unité impossible. Mais à quoi bon ces jeux formels ici, je n'en vois pas l'utilité. Surtout qu'il eût fallu que l'un des uns fût à l'envers pour qu'il fût vraiment "en miroir"...

Que dire sinon? Qu'il convient d'approfondir, de continuer cette aventure poétique qui me semble authentique. Mais son concepteur est son seul maître, même si la maîtrise n'y est sûrement pas pour grand chose. Espérons que l'ombre saura rayonner en vous, encore entre des mots transparents et mystérieux. J'ai pensé en vous lisant à Henri Michaux que tout le monde connaît et à un délicieux écrivain drôlatique et charmant beaucoup moins connu mais irrésistible: Jean-Luc Coudray. Allez lire son "Mister Tock", excellent petit livre plein de drôlerie aux éditions l'Amourier.

Ps la brise peut être chaude, mais pas la bise (à moins qu'il ne s'agisse d'un bisou)...

   Curwwod   
27/9/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément
Décalé, loufoque et poétique. Vous vous êtes offert un joli délire au sein duquel je ne sais quoi privilégier. J'adore le livreur de problèmes, les yeux de moto de course, voler les diamants des dieux... Derrière cette fantaisie débridée transparaît une grande sensibilité, une grande tendresse que les deux dernières strophes dévoilent avec délicatesse. Ce mélange de tonalités où on passe du farfelu au grave est absolument délicieux.

   Francis   
12/10/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément
Comme une succession de scénettes ou de tableaux qui nous conduisent de la dérision à la tendresse, du livreur de problèmes ou de la fille à la moto aux voleurs d'étoiles. La vision poétique est présente dans chaque tableau, exprimée dans un registre lexical où la plume joue avec les mots. J'aime beaucoup les fruits des fendus. merci pour ce partage.

   Lulu   
12/10/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
"Faut dire que je me la coulais douce" : une expression toute faite que je n'aime pas du tout. Elle est bien trop familière par rapport au reste...

Sinon, j'ai beaucoup aimé votre poème, notamment "Amants", "Les fruits des fendus" et fantôme".

Il m'a semblé que plus je progressais dans ma lecture, plus l'ensemble me semblait poétique.

Tous mes encouragements pour la suite.

   Nilina   
12/10/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour,
"l'architecture" est merveilleuse et les onze en sont élevés très haut du coup. J'apprécie beaucoup la variété que vous avez mis en place pour réunir la thématique de l'amour.

   Anonyme   
12/10/2015
 a aimé ce texte 
Un peu
Bonjour Mattirock

je trouve des éclairs dans votre texte ainsi :

"La nuit dernière je me suis battu
J’étais seul".
Le reste de cette partie me semble un peu du remplissage,

"Le bout des cils
Contre tes poings. " belle image de bataille
"
L’Ombre :
« Il n’existe que deux choses qui laissent à la lumière
La place qu’elle exige :
Les fissures
Et la nuit. »"

AMANTS en entier.

Pour le reste je ne sais pas…j’ai une impression de verbiage, et c’est dommage car vous démontrez une capacité d’invention et de structuration très intéressante, si je puis dire, mais peut-être est-ce trop structuré ou trop réfléchi pour que le souffle subsiste.

À vous relire

PS. j’avais oublié HACHE qui est excellent de concision.

   Anonyme   
13/10/2015
 a aimé ce texte 
Un peu ↑
Voici toute l'ambiguîté de ce poème : je n'ai pas compris grand-chose - un peu, mais pas beaucoup - pourtant j'ai relativement apprécié l'ensemble. La seule chose qui me gène est que je n'arrive pas à entrevoir de fil conducteur qui aurait pu me permettre d'éclairer un peu plus ma lanterne et apprécier un peu mieux au final.

Pourquoi "Onze"... et pas "Douze", ou "Dix" ?

Wall-E

   Anonyme   
3/11/2015
 a aimé ce texte 
Pas
Bonjour
Je n'ai sans doute pas saisi la trame de ce poème ( s'il y en a une..) Un ensemble de textes différents , je ne vois pas ici une poésie, elles sont au nombre de onze.
J'aime pas de trop désolé


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