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Poésie contemporaine
Meaban : Abyssinie d'Ouessant
 Publié le 12/01/15  -  7 commentaires  -  623 caractères  -  261 lectures    Autres textes du même auteur

http://tools.wmflabs.org/geohack/
53°58'01'' N / 10°00'00" O


Abyssinie d'Ouessant



C’est un chemin de quartz, labourant la tourbière
Adossés sous les grès, errant dans les halliers
De grands moutons obscurs hèlent les trépassés

La lime des nuages, agneaux qui s’effilochent
Gambadant sous l’écume de disettes anciennes,
Contemple nos silhouettes, fondues dans le décor

Les pans anéantis d’estives désertées
Chantant sur l’agonie des heures disparues
Étirent le décor d’un chemin parcouru

Les terres sont d’énergie, au rados de nos pas
Elles sondent nos pensées et nous donnent l’osmose
Et le miracle d’être dans les brumes s’allège.


 
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   Anonyme   
2/1/2015
 a aimé ce texte 
Passionnément
Le lien de présentation ne fonctionne pas.

Ouessant comme un royaume. Tout y est avec puissance, les moutons, les trépassés.
Je suis râpé par la lime des nuages, perdu dans l'écume, avec la faim dans ce paysage brutalement beau. Une terre vivante même dans la brume.
C'est fort et puissant, je me retrouve dans le climat breton.
"rados" ? Je n'ai pas trouvé.

   papipoete   
12/1/2015
 a aimé ce texte 
Un peu
bonjour Meaban, qui n'a pas lu dans le ciel les images que nous inspiraient les nuages? Formes douces de coton enveloppant des moutons? Enorme silhouette d'un géant brandissant un continent?
Vous voyez Ouessant sous un ciel cotonneux mis en scène pour une superproduction, un spectacle époustouflant!
Vos vers sont pour moi trop abstraits pour que je puisse en dire la qualité; et le manque de ponctuation me gêne toujours autant

   Anonyme   
12/1/2015
Bonjour Meaban... Le titre est trompeur mais je me suis souvenu d'un autre poème écrit de votre main, intitulé "Ma fille mon gaillard", qui commence ainsi :

C’est un chemin de quartz tranché dans la tourbière
Où les moutons obscurs nous regardent passer...

Ce chemin de quartz m'a mené vers l'Irlande et non pas vers la Bretagne comme le titre peut laisser à penser dans un premier temps.

Poésie contemporaine bâtie à partir d' alexandrins dont, malheureusement, le suivant (14 syllabes) : Contemple nos silhouettes, fondues dans le décor... accroche un peu à la lecture.
D'autres vers m'ont bien plu comme celui-ci... Les pans anéantis d’estives désertées...

Aurez-vous l'obligeance de m'éclairer sur ce "rados" dont je ne connais pas le sens ?

Malgré quelques jolis passages je ne suis pas convaincu par ce sonnet d'autant que le tercet final ne m'éclaire pas vraiment sur la finalité de ce poème...

   Francis   
12/1/2015
 a aimé ce texte 
Bien ↑
Aux confins de la terre, de la mer, du ciel . Des décors où se mêlent les sens, le passé, le présent. J'ai trouvé ma place sur vos chemins de quartz.

   Curwwod   
13/1/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Qui voit Ouessant voit son sang...votre évocation rude, en perpétuel mouvement comme ce morceau de terre que vous rattachez à la grande tradition bretonne, crée une atmosphère prenante, à la limite effrayante. L'écriture est belle, évocatrice de ce sentiment d'isolement dans un milieu à la fois très attachant et extrêmement dur.
Belle lecture.

   jfmoods   
28/5/2015
Le titre - qu'on peut lire comme une métaphore ou comme une périphrase d'ordre intime désignant le lieu - ne manque pas de fasciner le lecteur. « Abyssinie d'Ouessant ». Les termes d'un contraste saisissant résonnent, offrant en pâture de paradoxales noces entre situation océane et sécheresse infinie, aridité abyssale des conditions de vie.

Le présentatif initial (« C'est ») met en exergue l'endroit. Balisant le paysage en largeur et en hauteur, le jeu des personnifications (« Adossés sous les grès », « De grands moutons obscurs hèlent », « La lime des nuages... Contemple nos silhouettes », « estives désertées / Chantant », « Les terres... Elles sondent nos pensées ») fixe la profondeur de l'envoûtement exercé. Les champs lexicaux croisés du dénuement ( « s'effilochent », « disettes », « désertées ») et de la mort (« trépassés », « anéantis », « l'agonie », « disparues ») jalonnent les trois premières strophes. Deux verbes (« labourant », « Étirent ») impriment une violence - verticale et horizontale - au propos.

La fin du poème reflète la volonté d'intérioriser une topographie singulière, revêche à l'homme. Par un travail d'arpenteur (métaphore : « aux rados de nos pas »), le poète parvient à entrer en contact, à s'arrimer à l'intimité du lieu (terme éminemment mélioratif : « l'osmose », expression à valeur hyperbolique : « le miracle d'être dans les brumes s'allège »).

Difficile pour le lecteur de ne pas mettre en perspective ce poème avec une version plus ancienne. Une lecture comparée des deux textes s'impose, qui laisse apparaître une volonté de...

- gommer les aspérités premières laissées libres là-bas par une ponctuation minimale (comblée ici) et l'ambiguïté de l'adjectif verbal (« errants ») qui devient ici un participe présent précédé d'une virgule.
- se montrer moins démonstratif (« C'est » → « C'est... qui », « labourant » → « tranche », « d'un chemin parcouru » → « du chemin parcouru », « rados » → « prouesses »)
- marquer de manière plus affirmative la conclusion (« dans les brumes s'allège.» → « dans les brumes s'allège... »)

Merci pour ce partage !

   Raoul   
13/1/2015
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Toujours ce maniement précis du vocabulaire, pas cuistre, il dessine sûrement, il grave, il incise le cuivre de cette eau forte en cours. J'ai pense aux différents états des gravures de Rembrandt. La seule minuscule réserve serait sur l'utilisation de "décor" qui m'évoque plus la toile peinte conventionnelle d'une pantomime que la puissance, la matière, ou la pesanteur d'un ciel lourd comme un couvercle... Ce poème reste pour moi d'une grande force évocatrice ! Très beaux alexandrins à l'oreille. Puissants et tourbes.


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