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Poésie libre
Meaban : Chemin de l'estrade
 Publié le 27/11/09  -  6 commentaires  -  607 caractères  -  215 lectures    Autres textes du même auteur

Une ancienne mine de spath, des marches solitaires, de vieux massifs centraux...


Chemin de l'estrade



Une cabane tchanquée au faîte des mélèzes
Des moutons orangés, pupilles de vipères
Layons industrieux, percent le fond des bois noirs
Où vertes fluorines gravillonnent les tertres

Mon ombre virevolte dans un lacis d’ombrages
Saccages silencieux, poudre de souvenirs

Solitudes vespérales et langueurs d’averses
Courtes nuits estivales, aux immenses étoiles
Lunes franches qui s’éteignent aux matins que l’on s’offre

Ocres d’aubes ténues sous le joug des brouillards
Zéniths impitoyables, fourmilières ventrues
Parcourues d’ouvrières…


 
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   jaimme   
27/11/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↓
Ce poème est comme l'exergue, un projeté d'impressions juxtaposées. Les images n'agissent pas, elles sont là, l'une à côté de l'autre pour former un tableau de souvenirs.
Souvenirs minéraux, de couleurs minérales. D'ombre, de nuit, de brouillard et d'ouvrières, fourmis et sans doute rappel de ceux qui ont souffert dans cette mine.
Quelques touches donc pour un poème court.
Voila comment j'ai compris ce texte.
Mon ressenti reste un peu distant, j'ai l'impression de quelques très belles photos, sans doute belles et surprenantes, mais je feuillette et voudrais en savoir plus sur les impressions du visiteur.
Je ne comprends pas bien "Zéniths impitoyables". Cette strophe utilise les mots "jougs", "impitoyables", "fourmilières", "ouvrières": j'y vois des références au travail de ceux qui ont travaillé dans ces lieux...
Je reste donc un peu à l'extérieur car je voudrais en savoir plus. Ce n'est que mon goût, bien sûr. D'autant que ces quelques vers mettent souvent l'eau à la bouche, pour un thème réellement original.
Merci Meaban.

   Chene   
28/11/2009
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Meaban

Ma première lecture, hier, m'avait laissé une impression mitigée, comme s'il manquait quelque chose à ton poème.
En relisant ce matin, il me semble que non, et qu'une seule formulation pourrait qualifier ton poème : la quête de l'esprit des lieux du "Chemin de l'estrade", à interpréter dans le registre de la perception sensorielle chère aux tenants de la Gestalttheory (Max Wertheimer, Wolfgang Köhler, Kurt Koffka et Kurt Lewin) et de la Psychologie de la forme (Paul Guillaume).

Ce qui est perçu ici c'est un tout en ce sens que tes vers évoquent différents aspects de ta perception du lieu :
- perception visuelle : "cabane tchanquée au faîte des mélèzes", "fourmilières ventrues", etc.,
- perception du caractère anthropique de l'espace : "layons industrieux", - et en miroir -"saccages silencieux", "gravillonnent les tertres",
- perception mémorielle : "poudre de souvenirs"
- perception psychologique : "solitudes vespérales", et l'ensemble de la 3ème strophe
- perception physique : "zéniths impitoyables"

Il s'agit bien d'un tout plus que d'un simple assemblage d'images perçues et c'est bien cet ensemble et ce "tout impressionniste" (l'esprit du lieu) dont parle l'auteur et qui me parle à moi, lecteur.

Ouvrir ses sens à l'ensemble des perceptions et à ce qu'elles évoquent n'est-ce pas une clé d'entrée possible de l'approche poétique ?
Personnellement, j'en suis persuadé et tes mots, tes vers qui tracent les lignes de force de ce Chemin de l'estrade, Meaban, nous offrent de partager "en poésie" tes propres perceptions.

Merci pour ce partage.

Chene

   Lapsus   
28/11/2009
 a aimé ce texte 
Bien
Que peuvent signifier ces énigmatiques flashs relatant le souvenir du marcheur, de ses randonnées qui bivouaquent le temps de quelques nuits à proximité d'une mine oubliée ?

Si la végétation a repris ses droits, la mine a laissé ses traces de couleurs bigarrées et insolites :
"Layons industrieux, percent le fond des bois noirs
Où vertes fluorines gravillonnent les tertres".
Le travail de l'homme s'est écrit durablement au passé :
"Saccages silencieux, poudre de souvenirs"

Mais ce lieu désolé est le bivouac parfait pour des nuits à la belle étoile par un été bien clair :
"Solitudes vespérales et langueurs d’averses
Courtes nuits estivales, aux immenses étoiles
Lunes franches qui s’éteignent aux matins que l’on s’offre"

Lorsque ce lieu ombragé doit être quitté, le contraste avec le reste du chemin est frappant, l'aube orangée et sa promesse à travers le brouillard qui finira par se lever, puis le soleil implacable d'un début d'après-midi.
Le seul rappel de la mine sont les fourmilières qui parsèment l'itinéraire. De nouvelles galeries, mais à présent vivantes et animées :
"Ocres d’aubes ténues sous le joug des brouillards
Zéniths impitoyables, fourmilières ventrues
Parcourues d’ouvrières…"

De bien jolies photographies, figées dans ce texte comme dans un journal de voyage, à la manière d'un haïbun.

   Anonyme   
1/12/2009
 a aimé ce texte 
Bien ↑
De cette succession d'impressions fugaces et pourtant fortes, je retiens avant tout de belles trouvailles comme :
"Saccages silencieux, poudre de souvenirs"
"Lunes franches qui s'éteignent aux matins que l'on s'offre"
"Ocres d'aubes ténues sous le joug des brouillards".
Très peu de verbes dans ce texte, cela renforce l'idée de passage, d'observations successives ; cela donne en outre un ton faussement impersonnel dont j'apprécie l'effet.
Je ne connaissais ni la cabane "tchanquée", ni les fluorines ; ce qui au départ, a un peu gêné ma lecture. Mais à présent plus je relis ce texte, et plus il me plaît, dans sa subtilité d'images, ce lien délicatement suggéré entre les observations du promeneur et ses émotions ...
Un bel écrit.

   David   
3/12/2009
 a aimé ce texte 
Pas
Bonjour Meaban,

Je n'ai pas aimé celui-là. Ce qui ressort c'est la présence d'adjectifs quasi-systématiques avec les noms : "cabane tchanquée" (wikipédia : Une cabane tchanquée est une cabane en bois perchée sur pilotis typique du Bassin d'Arcachon.), "moutons orangés", "Layons industrieux" (XMLittré : Terme de chasse. Petits chemins que, dans quelques chasses privées et gardées, on trace en ligne droite, afin que le chasseur y marche sans embarras.), "bois noirs", "vertes fluorines", "Saccages silencieux", "Solitudes vespérales", "Courtes nuits estivales", "Lunes franches", "d’aubes ténues", "Zéniths impitoyables" et "fourmilières ventrues".

La majeur partie des noms est renforcée ou précisée d'un adjectif, sans que je trouve cela systématiquement pertinent, je veux dire que j'y trouve un sens, un "plus", mais surtout, l'abondance nuit à l'ensemble pour un poème court, il y a plus de mot que de sens, que d'images vraiment parlantes, à mon goût.

   Meaban   
3/12/2009


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