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Poésie libre
Meaban : Un doux capharnaüm
 Publié le 02/01/14  -  9 commentaires  -  1412 caractères  -  194 lectures    Autres textes du même auteur

Le soir à la nuit j'ai coutume de griller une cigarette, aux portes de mon garage ; alors, mon esprit s'envole avec la fumée vers le ciel, tantôt piqueté d'étoiles, tantôt dans les volutes de la pluie…


Un doux capharnaüm



Capharnaüm

Un ciel capharnaüm et tout sablé d’étoiles
La poésie de l’air aux portes du garage

Fumée d’Américaine et l’esprit en vacance
Au loin les Wyoming, les trapps sibériens
Les trios de Schubert, l’espace d’une cuisine

Au-dehors, le Mékong, le sourire des filles
Et les berges du Tibre où tu me sourirais

Les gares de Bamako, et celle de Langeac
Et de longs travers-bancs…

Dans la chambre tu lis, les cheveux sur le mur
Un contraste de Sienne, l’amour que tu me donnes.

Un doux capharnaüm.







Le travers-banc
"Le délégué approchait déjà de l’infernal chantier : un tonnerre de marteaux-piqueurs, de pics et de pelles ; deux Tchèques en pointe, des Polonais et quelques Arabes qui suivaient. Nus totalement, vêtus seulement d’une couche de fard blême, ils attaquaient le rocher avec acharnement, et s’enfonçaient dedans.
Ce n’étaient plus des mineurs, mais les spectres blafards d’un clair de lune macabre, dans une danse dont la fin connue n’était jamais l’aurore. Ces Tchèques, ces Polonais, ces Arabes, appartenaient à l’ordre redoutable des hommes qui sortent blancs des entrailles de la terre, l’ordre inquiétant des boulangers du charbon, ordre volontaire où l’on accepte de mourir d’un jour toutes les deux heures." (La gueuse, Jean-Pierre Chabrol.)


 
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   rosebud   
17/12/2013
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'aime beaucoup les juxtaposition improbables (Bamako et Langeac le Mékong et le Tibre, Schubert dans la cuisine). Un beau Capharnaüm! Et le puis le petit plus du ciel "sablé d'étoiles", pas émaillé, pas semé, non: "sablé". C'est très simple et très juste. Mais ce que je préfère - à quoi ça tient parfois? - ce sont "les cheveux sur le mur". Je la vois, la compagne brune terre de Sienne du garagiste.
Je ne connaissais pas les "travers bancs" qui disent bien ce qu'ils veulent dire et ne dépareillent pas dans ce Capharnaüm.

   senglar   
2/1/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Bonjour Meaban,


Citer Jean-Pierre Chabrol c'est bien :)

Griller une cigarette aussi (lol)


Pour décrire un capharnaüm tu décris un capharnaüm. Un peu déstabilisant. Pas sûr que la gare de Langeac fasse le poids (sob) - même si c'est étudié pour - J'aurais choisi celle de Perpignan... ou celle de Maubeuge... ou celle de Vesoul... ou... une gare qui connote quoi - malgré tout - :)

Heureusement il y a la fille, la fille et ses cheveux, et elle est internationale et éternelle.

Alors je suis près à grimper aux murs... Comme toi :)

Brabant

   Lhirondelle   
3/1/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Meaban


Quand la mémoire renferme un tel capharnaüm, je suis ravie qu'il soit si poétiquement restranscrit.

Un réel talent celui que d'allier sur deux vers un "sablé d'étoiles" et "aux portes du garage" et qu'il en ressorte une poésie si singulière et séduisante.

La suite est du même acabit "Les trios de Shubert, l'espace d'une cuisine"

La pause toute en volute bleue nous fait voyager en "doux capharnaüm" de souvenirs.

J'apprécie tout autant l'après pause cigarette et l'intrusion toute en sobre sensualité dans la chambre "les cheveux sur le mur, Un contraste de sienne, l'amour que tu me donnes"

Merci pour cet instant poétique.

Et très belle année 2014

   Anonyme   
6/1/2014
Salut Meaban

Le premier vers est superbe et donne le ton
suivent une série de dodécasyllabes non rimés, mais bien balancés
propres à enchanter les pupilles et l'imagination

Le lecteur lit et relit et prend son pied, comme un voyageur immobile.

Après la pause d'un hexasyllabe, on se retrouve dans une chambre en tendre compagnie :
un doux capharnaüm

Bravo et merci

au vers 4, j'imaginais qu'il y avait coquille et qu'il fallait lire « les trappeurs sibériens »
mais je me suis ravisé suite à un échange avec David

NB: Jadis, j'ai souvent rasé les cailloux du côté de Meaban

   Arielle   
6/1/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
j'aime ce contraste saisissant entre deux capharnaüms réunis par la fumée d'une cigarette.
Le poème déploie ses volutes entre les confins de l'univers et la porte de ton garage, traverse la planète pour entrer dans ta cuisine, nous promène du Mali à l'Auvergne avant de refermer la porte de ta chambre sur son intimité "Un hémisphère dans une chevelure" aurait écrit Baudelaire , s'il était venu fumer à tes côtés ...

J'ai rarement été touchée aussi intensément par la poésie d'un de tes textes. Sa grâce apaisée semble jeter sur la vie un regard à la fois amusé et attendri que le titre rend à merveille.

   Raoul   
7/1/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Le coq à l'âne des idées, pensées, visions est là. On est dans l'en deçà du dit, et ça c'est de la poésie. dans un quelque part indécis et malléable puisqu'il est dans ce qui surnage de la mémoire (y compris la -ou une, ou des… culture(s)).
Sous ses dehors foutracs, il est poli comme un galet cet aléatoire capharnaüm.
Beaucoup, beaucoup aimé.
;-)

   Anonyme   
11/1/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
J'aime beaucoup le coté "apaisé" qui ressort de ce pêle-mêle d'images et de souvenirs.
En peu de vers ce poème emporte loin.
Une porte de garage, une ouverture sur l'univers, sur le monde et vers soi même.

   Chene   
12/1/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup ↑
Bonjour Meaban

Toujours aussi séduit par tes écrits. Et ce dernier en particulier qui, en quelques touches contrastées et concises, vient offrir au lecteur cet ensemble de sensations et de perceptions... "la poésie de l'air", une bien belle formulation qui nous emporte de continent en continent...
L'esprit voyage de lointains, géographiques et musicaux, en lieux de vie plus proches, familiers, habituels, quotidiens ou amoureux.

Le tout évoquant "un doux capharnaüm" perceptif le temps d'une pause "clope"... Il fallait y penser et savoir le mettre en mots !

C'est très réussi et d'une lecture fort agréable !

Cordialement

Chene

   aldenor   
18/1/2014
 a aimé ce texte 
Beaucoup
Quelle belle fluidité dans cette rêvasserie romantique ! Qui va parallèlement de pièce en pièce d’une maison et de contrées en contrées.
Je me suis arrêté sur « Au-dehors » qui ne me semble pas suffisamment surenchérir sur « Au loin ». Et sur « ...où tu me sourirais » qui fait rattrapage après « le sourire des filles ».


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